MINE
MIMULE, Mimulus, le Mimiis personalus de Linné (ainsi appelé à cause de la forme de la corolle qui a été comparée à un mascjue de théâtre), genre de la famille des Scrofularinées, tribu des Gratiolées, renferme une trentaine d'espèces de plantes herbacées, la plupart originaires do l'Amérique, à tige décombante ou dressée, à feuilles opjwsées, à fleurs grandes, remarquables par l'état de leurs couleurs. On cultive comme plantes d'ornement : le M. de Virginie [M. ringetis], à fleurs violacées ou bleuâtres; le M. cardinal (M. cardinalis), à fleurs d'un beau rouge minium; le M. jaune [M. luteus], etc.
MIMUS, nom lat. scientifique du genre moqueur.
MIMUSOPE (du gr. p-î[Aoç, mime, et 5f\i, aspect), Mimiisops, genre de la famille des Sapotées, renferme des arbres lactescents de l'Asie tropicale et de l'Australie, à feuilles alternes, très entières, brillantes ; à fleurs blanches portées sur des pédoncules axillaires ou groupées. Le M. elengi se distingue par son port élégant, son épais feuillage et le parfum de ses fleurs, dont la forme ressemble à celle de notre petite Marguerite. Les femmes de l'Inde s'en parent, et en parfument leurs meubles et leurs vêtements. Le fruit est ovo'ide, charnu, semblable à l'olive, mais rouge à maturité : il est comestible. Les Hindous pré-
Carent avec l'eau distillée de ses fleurs une espèce de thé. e bois de l'arbre est dur, blanc, et se conserve longtemps dans l'eau. Le M. à bois rouge, de l'île Maurice, sert à faire des nattes.
MINARET (de l'arabe menara, fanal, tour), tour généralement élevée annexée à une mosquée, et terminée en forme de clocher ou en flèche. Ces tours sont ceintes, à diftérentes hauteurs, de balcons en saillie, orientés selon les quatre points cardinaux, et du haut desquels le muezzin annonce les heures et appelle le peuple à la prière.
MINAZITE. Voy. monazite.
MINE (comme minière, du lat. miniaria, mine de minium, et par extension mine en général), lieu souterrain où gisent les minéraux, et surtout les métaux; il se dit aussi des excavations pratiquées pour extraire les métaux; ces excavations prennent le nom de carrières, de houillères, quand il s'agit de pierres ou de houille. Les minéraux se trouvent dans les mines en filons, en couches, en amas, en nids ou rognons. Souvent ils sont répandus à la surface du sol dans des terrains d'alluvion et peuvent être exploités à ciel ouvert : la mine prend alors le nom de minière. Loreqn'ils sont à une ccrtame profondeur, on parvient à leur gîte par des tranchées ouvertes, par des galeries horizontales ou des puits verticaux. Il y a des raines dont la profondeur a plus de 1 000 m. : on y^ descend soit dans des caisses suspendues à un treuil, soit à l'aide d'échelons, soit enfin au moven des échelles mécaniques, dites man engines en Angleterre, Fahrkunst en Allemagne.
L'aérage des mines ofl're d'assez grandes difficultés : 011 est obligé, pour s'y procurer un courant d'air actif, de forer deux puits à la fois et de les faire communiquer entre eux de distance en distance, ou d'établir une cloison
Ï|ui partage le puits en deux; le mouvement de l'air, dans a mine, suit les galeries d'aération, et est déterminé par de puissants ventilateurs {Voy. ce mot) installés à la surface du sol ; on réussit ainsi à rompre l'équilibre qui tient l'air stagnant, et à forcer l'air extérieur à venir remplacer celui de l'intérieur des mines, qui est impropre à la combustion des lampes et jà la respiration. Dans les mines de houille, on rencontre quelquefois un gaz carburé, le grisou, dont le mélange avec l'air des galeries rend le milieu impropre à la respiration, et |>eut même déterminer, dans certaines conditions, de violentes explosions. Dans les galeries grisouteuses, on fait exclusivement usage, pour l'éclairage, des lampes de sûreté. Voy. ces mots.
On trouvera l'indication des mines les plus célèbres à l'arlicle de chacun des métaux et des minerais.
Consulter : Héron de Villefosse, De la richesse minérale; C.-P. Brard et J.-F. Blanc, De l'exploitation des mines; Elie de Beaumont, Coup d'œil sur les mines; Gallon. Matériel et procédés de i exploitation des mines. Voy. aussi la collection du Journal des mines et des Annales des mines.
Historique. De toute antiquité on a apprécié et exploité les richesses minérales. Dans le pays le plus anciennement civilisé, en Egypte, les Pharaons tiraient leurs principales ressources des mines d'or et d'argent. Les Assyriens con-
naissaient le travail des mines : en Asie Mineure, les richesses de Crésus, roi de Lydie, sont restées légendaires. Chez les Grecs, l'industrie minière apparut de bonne heure. Athènes dut une partie de sa puissance aux mines d'or de la Thrace et de la Chalcidique, ainsi qu'aux mines d'argent du Laurium, dont on exploite auj. les scories avec bénéfice. A Rome, au moins sous les empereurs, l'Etat exploitait pour son compte un grand nombre de mines. En France, l'industrie minière acquit de l'importance surtout à partir du xv» siècle. Le célèbre Jacques Cœur exploitait les mines de <^ivre de Chessy, dans le Lvonnais. Les ordonnances réglant la matière se succédèrent "à jiartir de Henri IV : mais en réaUté l'industrie et par conséquent la législation minière n'ont pris une grande importance qu'au xix' siècle, depuis que la découverte des propriétés de la vapeur a rendu la houille aussi nécessaire que le pain à l'homme.
Législation. Le princi|x? fondamental de la législation mo<lenic des mines en France est qu'elles ne peuvent être exploitées que du consentement et sous la surveillance de la nation. La matière a été réglée par le décret des 12-28 juillet 1791 sur les mines, la loi du 13 pluviôse an IX, enfin la loi du 21 avril 1810 qui est resiée jusqu'en lb80 le code en vigueur sur la question. Cette loi comprend 10 titres et 96 articles : elle fait de la mine une propriété privée, pei-pétuelle et transmissible, mais cette propriété ne peut être vendue pr lots ou partagée qu'en vertu d'une autorisation préalaulc du gouvernement. Le propriétaire du sol sous lequel s'exploite la mine n'a plus seulement droit à une indemnité, mais l'acte de concession doit régler ses droits sur le produit des mines concédées La propriété des mines étant d'une nature particulière, l'Etat s'en est réservé la surveillance, qui est exercée par les ingénieurs des mines. Une redevance annuelle proportionnelle aux produits est également due à l'Etat. La loi du 21 avril 1810 a été complétée par celle du 27 avril 1838 qui a surtout pour but d'assurer l'assèchement des mines, la loi du 17 juin 1840 (sel gemme et sources d'eaux salées), la loi du 9 mai 1866 (exploitation des minerais de fer par les propriétaires du sol). Mais ces dispositions ont soulevé de nombreuses critiques : l'enquête parlementaire de 1873 fit reconnaître l'urgence d'une réforme, et après avis préalable du Conseil d'Etat la loi du 29 juillet 1880 est venue modifier la loi de 1810. L'article II de la nouvelle loi réforme l'ancienne jurisprudence, trop favorable au propriétaire de la surface, et l'article 43 fixe les conditions dans lesquelles le concessionnaire jiourra prendre jiosscssion du sol {Voy. aussi le décret du 23 sept. 1882).
Il existe en France un Conseil général des Mines, chargé d'assister le ministre des Travaux publics, et un Corps des Ingénieurs des Mines, chargé, dans l'intérêt de l'Etat et de la société, de la surveillance des Travaux des mines. Ils ont sous leurs ordres des agents auxiliaires, dits garde-mines. Les ingénieurs se recrutent dans l'Ecole nationale supérieure des Mines, à Paris, boulevard St- Micliel, 60. Cette école reçoit des élèves ingénieurs, des élèves externes, des élèves étrangers et des élèves libres. Les élèves ingénieurs, pris exclusivement parmi les élèves sortant de l'Ecole polytechnique, entrent seuls au service de l'Etat. Les élèves externes sont préparés pour les positions qu'offre l'industrie : ils se recrutent par voie de concours. Les élèves étrangers et libres sont admis les uns sur la demande de leurs ambassadeurs, les autres sur requête j)ersonnclle et autorisés par le ministre. Les cours durent trois ans {wur les élèves sortis de l'Ecole polytechnique et quatre pour les autres. L'enseignement est entièrement gratuit. L'Ecole des Mines possède un bureau d'essais où l'on peut faire exécuter gratuitement ^os^ai des minerais et de toutes substances minérales. Il y a aussi une Ecole des Mines à St-Etienne et une Ecole de Maîtres-Ouvriers mineurs à Alais et à Douai.
Production minière de la France. La France contient des mines assez riches de houille et de fer : elle prmluit passablement de plomb et est pauvre pour tout le reste. Nos mines de houille fournissent les deux tiers de notre consommation : le reste nous est apporté par l'Angleterre, la Belgique et l'Allemagne. Production annuelle de houille, 20 millions de tonnes, dont 9 et demi pour le bassin de Yalenciennes, 3 pour la Loire, 2 pour le Gard. L'extraction des minerais de fer s'élève à 3 millions de tonnes, la production de la fonte à 2 millions et celle des aciers