‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1029 sur 1729 · ORDRES · texte numérisé non relu

ORDRES

En Histoire naturelle, on donne vulgairement le nom de Moines à des singes, à des Mainmifères marins qui appartiennent au genre Phoque, enfin à certains Oiseaux, parce (|ue leur couleur extérieure, généralement mi-partie noire et blanche, rappelle celle du vêtement de certains moines. — Un le dotme aussi à plusieurs Insectes qui sont «ommmis dans les couches des jardins et dans les potagers, dans le lan et dans le bois pourri, parce que leur corselet forme une sorte de capuchon.

MOINEAU (de moine, à cause de la couleur grise de son plumage'.'), Fringitla, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux conirostres, type de la famille des Fringillidés, comprend, outre les Moineaux propr. dits, les Chardonnerets, les Bouvreuils, les Gros-Becs, les Pinsons, les Tarins, les Veuves, les Serins, les Bengalis, etc., etc. Tous ces divers oiseaux se reconnaissent à un bec conique, plus ou moins gros à sa Iwise, non anguleux à sa commissure.

Les Moineaux propr. dits sont hanlis, familiers et surtout très voraces : ils consomment une quantité considérable fie grains. Du reste, ils détruisent aussi une énorme quantité de chenilles et d'insectes. Le Moineau domestique ou M. franc [F. domeslica), vulg. Pierrot, fait sa résidence habituelle dans le voisinage de nos habitations. Son ])lumage est varié de roux, de nrun, de cendré et de gris blanc ; ses formes sont lourdes, son vol pesant, son cri monotone et fatigant. La femelle, qui est plus petite que le mâle, pond 3 et 4 fois par an de 5 à 8 œufs, qu'elle dépose dans des nids au sommet des arbres ou dans les trous de muraille. Le moineau s'apprivoise facilement, et vit jusqu'à plus de quinze ans. Il supporte également les chaleurs de l'été et les rigueurs de l'hiver. Le M. des bois (F. montana), dit aussi Uambouvreux, parce qu'il est commun aux environs de Hambourg, et Friquel, parce qu'il frétille sans cesse lorsqu'il est perché, est moins familier que le moineau domestique et se tient plus éloigné de nos habitations. Il a deux liandes blanches sur l'aile, une calotte rousse et le côté de la tête blanc avec une tache noire. Ces deux espèces sont répandues par toute l'Europe ; elles ont été 'longtemps inconnues à l'Amérique, où elles n'ont été importées que de nos jours.

MOIRE (de l'arabe mokhayyar, étoffe en poil de cbè\Te très brillante). C'est, à proprement dire, l'effet de lumière changeant et ondulé que l'on donne à certaines étoffes en écrasant leur grain avec la calandre ou le cvlindre. — Moire s'est, par suite, dit de toute étoffe qui a reçu cet apprêt, et spécialement d'une sorte d'étoffe de soie dans le genre du gros de Tours, mais moins forte. Lyon, Paris, Nîmes et Tours sont les villes de France où Ton apprête les étoffes de moire. On fabrique aussi à St-Etienne de très beaux rubans de soie moires.

MO! RÉ MÉTALLIQUE, métal offrant une apparence cristalline avec un éclat chatoyant, et représentant des dessins très variés qui imitent des feuilles, des étoiles, etc. — On produit ces dessins en versant sur du fer-blanc (fer étamé) de l'acide chlorhydrique, de manière à enlever la couche granuleuse superficielle de l'étain et à mettre à nu la couche cristallisée qui adhère au fer : on expose ensuite la feuille encore mouillée à la chaleur. On obtient le même résultat en faisant chauffer le fer-blanc de manière à faire fondre l'étain et à le faire refroidir ensuite brusquement en versant de l'eau sur le côté opposé ( Voy. fer- BLAxc|. On emploie le moiré métallique comme ornement dans la construction des lampes, des plateaux et d'une foule de petits meubles d'un usage journalier. Quelques métaux autres que le fer-blanc peuvent aussi recevoir le moiré métallique.

MOIS ((kl lat. niensis, de menstira, mesure), division de l'année fondée sur la marche de la lune. La l'érolulion synodique de la lune (espace de temps compris entre deux nouvelles lunes consécutives), ayant une durée de 29 j. 12 h. 44 m. 2 s., c-à-d de 29 jours 1/2 environ, les

mois dans le principe, et notamment dans le calendrier de Numa Pompilius, étaient alternativement de 29 jours et de 50 jours. Celte sorte de mois était pareillement adoptée chez les Grecs, les Juifs et les Egyptiens. Elle s'est conservée chez quelques peuples modernes, notamment chez les Turcs. Elle est connue sous le nom de mois lunaire. — La nécessité de mettre la division du temps en harmonie avec l'année solaire, fondée sur la révolution tropique du soleil, et qui ne se compse pas d'un nombre exact de mois lunaires, porta quelques peuples de l'antiquité à composer l'année d'un certain nombre de mois lunaires et de jours complémentaires. Chez les Romains, dont le calendrier est l'origine du nôtre, on préféra répartir ces jours complémentaires sur les différents mois de l'année, qui cessèrent dès lors d'être conformes à la révolution lunaire, et furent désignés sous le nom de mois solaires ou mois civils. — Àuj., chez la plupart des peuples civilisés, l'année se compose de 12 mois [janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, ' septembre, octobre, novembre et décembre^ Les noms des quatre derniers viennent de ce qu'ils étaient en effet les derniers de l'année de Numa Pompilius, laquelle ne comprenait que 10 mois. Les mois de janvier, mars, mai, juillet, août, octobre et décembre ont 51 jours. Les autres en ont 50, à l'exception de février qui en a 28 ou 29 suivant que l'année est commune ou bissextile.

Voy. ANNÉE.

l)ans le calendrier républicain, l'année était foi-mée de 12 mois de 50 jours, partagés chacun en trois jiériodcs de 10 jours appelées décades, et suivis de 5 ou 6 jours complémentaires. Ce svstème a été abandonné à la fin de l'an XII (1800).

Quelquefois, surtout en Poésie, on désigne chaque mois par le signe du zodiaque auquel il correspond ; ainsi on dit : le Verseau pour janvier, le Bélier pour mars, le Lion pour juillet, etc. — Boucher a fait un poème des Mois.

Pour les divers noms et les diverses divisions des mois,

voy. ANNÉE, CALKXIIRIER, SEMAINE, CALENDES, IDES, NONES.

Pour les détails particuliers à chaque mois, voy. le nom de chacun d'eux.

moïse (^orig. obscure). Il se dit, en Construction, de pièces de bois plates assemblées deux à deux avec des iwulons et servant à maintenir la charpente; et de tirants en fer qui résistent princijjalement aux efforts peu obliques par rapport à la verticale.

MOÏSE (arbre de) ou BUISSON ARDENT [Voy. cc mot).

MOISISSURES (du lat. mucere, moisir), nom donné en général à tous les Champignons inférieurs qui se développent sur les matières animales ou végétales en putréfaction. Ces Champignons appartiennent à des familles très diverses, mais surtout aux Mucorinées et aux Mucédinées.

MOISSON (du lat. messio, acte de moissonner; de messis, moisson), récolte des blés et des autres céréales. Dès les temps les plus anciens, et pour ainsi dire jusqu'à nos jours, la faucille a été à peu près le seul instrument généralement employé pour la récolte des céréales. Mais aujourd'hui, surtout dans le nord de l'Europe et en Amérique, on a vu d'abord la faucille remplacée par la faux et par la sape flamande, dont le travail est plus expédilif ; puis, dans les grandes exploitations, ces deux instruments ont dû céder la place aux machines à moissonner [Voy. moissonneuse) . — Le tem|)s que l'on doit préférer pour faire la moisson est l'instant où le chaume perd sa couleur verte pour se rembrunir, quoique le grain de l'épi puisse ne pas résister encore à la pression. L'avoine a besoin d'être coupée un peu plus verte que le froment, le seigle et l'orge. Après avoir coupé le blé, on le met en gerbes, puis en moyettes et enfin en meules, ou bien, quand cela se peut, on le rentre immédiatement dans les granges, dans lesquelles on le laisse sécher [Voy. meule, moyette, GERBE, javelle). — La manière de récolter varie suivant les pays : en certains lieux on prend ))our moissonneurs des ouvriers à la journée; ailleurs ils sont payés en raison de l'étendue de la terre qu'ils moissonnent ou de la mesure de la récolte ; dans d'autres lieux, on paye à raison de tant par mesure de grain semé, et les moissonneurs sont obligés d'abattre la récoite et de la lier en gerbes; enfin, en quelques autres, ils sont chargés non seulement d'abatire la récolte et de la lier en gerbes, mais encore de la mettre en meule ou de la rentrer en grange, de la baltre. vanner et cribler, et ils reçoivent pour salaire une quantité de

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