‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1032 sur 1729 · I.AS>K · texte numérisé non relu

I.AS>K

MOLLET (de mou, mol), en lat. sura, gras de la jambe, saillie que forment à la partie postérieure <le la jambe les mnsdes jumeaux et le muscle soléaire. Les fortes contractions dont ces muscles sont susceptibles, font du mollet le siège fréquent de cram|)es douloureuses. Voy. crampe.

MOLLETON (de mollet, dimin. de mou), tissu de laine ou de coton, doux, chaud, moelleux, légèrement foulé, tiré à poil d'un seul ou des deux côtés et ressemblant à une llanelle épaisse. — On estime surtout les molletons d'Angleterre et d'Allemagne. En France, on fabrique des molletons de laine à Rouen, Beauvais, Mazamet, Castres (Tarn), Sommières (Gard), et des molletons de coton à Paris, Troyes, Villefranche, etc. Le molleton s'emploie généralement en blanc pour langes, jupes, camisoles, doublures de gilets et autres effets d'habillement, pour couvertures, etc. Il y en a aussi de différentes couleurs, telles que gris, vert, bleu ou rouge, dont on fait im grand Uï^age, surtout à la campagne. — On l'emploie encore dans l'ameublement et on le place entre l'étoffe et la doublure des grands rideaux afin de les rendre plus chauds.

MOLLETTES ou molettes, poulies verticales sur les-

Îuelles passent des coj-des destinées à soulever un fardeau. 1 se dit particulièrement des poulies sur lesquelles passent les câbles qui descendent dans les puits de mine, et qui servent à remonter les bennes d'extraction.

MOLLUSCUM, nom latin qui signifie propr. nœud d'érable, désignait, en Médecine, une maladie cutanée caractérisée par des éruptions de forme saillante ou verruqueuse. Auj. on ne désigne plus guère sous ce nom que le fibroma molluscum, forme de tumeurs pédiculées plus ou moins volumineuses. On a confondu sous ce nom d'autres affections cutanées, entre autres l'acné varioliforme.

MOLLUSQUES (du lat. motlusca, noix à écorce fort tendre, 5° embranchement du Règne animal, comprend des animaux aux formes les plus variées et souvent les plus bizarres. Ces animaux sont couverts d'une peau appelée manteau, sur laquelle ou dans laquelle se développe la plupart du temps un test calcaire appelé coquille, qui sert à protéger leurs organes, et qui est tantôt bivalve, comme dans l'huître, ou univalve, comme dans l'escargot, tantôt rudimentaire, comme dans la testacelle, ou complètement nul, comme dans la limace rouge. — Certains mollusques ont une tête distincte, d'autres sont dépourvus de tête: chez tous, l'intestin qui forme des circonvolutions j)lus ou moins compliquées offre une bouche et un aims distincts : la bouche est souvent munie d'une petite râpe appelée radula ; l'estomac est tantôt peu développé, tantôt comiK)sé de plusieurs poches sinueuses. Certains mollusques sont herbivores, d'autres se nourrissent de petits animaux qu'ils saisissent par force ou par ruse; d'autres enfin, dépourvus de locomotion, attendent que les eaux leur apportent les particules animales ou végétales qui forment leur nourriture. Quelques mollusques vivent sur terre, comme le cyclostome, la limace et un certain nombre d'hélix, et respirent l'air en nature ])ar des poumons ; mais le plus grand nombre vivent sous l'eau et respirent par des branciiies. — Chez les mollustjues bivalves, le système circulatoire se compose : d'un renflement appelé caswr, qui présente un seul ventricule et deux oreillettes, et d'où partent deux vaisseaux ramifiés qui portent, l'un dans la partie antérieure du corps, l'autre dans la partie postérieure, un liquide généralement blanc que l'on a comparé au sang des vertébrés; des veines, qui suivent une route inverse, ramènent ce sang dans un réservoir commun situé au-dessus du cœur, d'où il se rend aux branchies pour revenir au cœur. Dans les gastéro|)odes,'la circulation est analogue; seulement le coeur et ses annexes ne sont symétriques qu'autant que la (wiuille l'est elle-même. Dans les mollusques les plus parfaits, outre le cœur central, il y a deux coeurs latéraux destinés à activer la circulation, et de plus, les veines qui aboutissent aux cœurs sont pourvues de valvules. — Le système nerveux des mollusques est en

harmonie avec le plus ou moins de complication de leur organisme. Chez les plus parfaits, il se compose d'ordinaire d'une partie centrale placée au-dessus de l'œsophage, et à laquelle on a donné le nom de ganglions cérébroïdes, et d'une suite de ganglions et de filets nerveux qui se rendent dans les différents organes. Dans ceux dont l'organisme est plus simple, il se compose de ganglions doubles qui communiauent entre eux et se distribuent dans les diverses parties au corps. Chez les mollusques inférieurs, conune l'huître, les sens du goût, de l'odorat, de l'orne et de la vue sont complètement atrophiés, et le sens seul du tact paraît développé, il réside principalement dans les franges du manteau. Chez d'autres, comme les gastéropodes et surtout les céphalopodes, le goût et l'odorat paraissent exister, quoique à un faible degré ; le tact réside non seulement dans les bords du manteau, mais encore et surtout dans les tentacules dont leur tête est armée. Enfin les yeux surmontent au nombre de deux ces mêmes tentacules chez les gastéropodes, ou sont placés à la base des bras chez les céphalopodes. Un grand nombre de mollusques sont privés de locomotion : telles sont l'huître fixée au rocher par sa coquille même, ou la moule

3 ni y adhère par l'intermédiaire d'un cordon ou byssus ; 'autres sont ballottés par la marée. Mais un grand nombre, tels que les gastéropodes, rampent sur le sol à l'aide d'une expansion charnue qu'on appelle leur pied, ou, conune les céphalopodes, nagent dans l'eau avec rapidité. — Chez quelques mollusques, les sexes sont séparés; d'autres, au contraire, sont hermaphrodites.

Cuvier a divisé 1 embranchement des mollusques en 6 ordres : les Céphalopodes, à tête développée; les P léropodes, qui ont de chaque côté du cou deux espèces d'ailes membraneuses ou nageoires servant à la locomotion ; les Gastéropodes, qui rampent sur le ventre ; les Acéphales, sans tête distincte ; les Brachiopodes, qui ont des Dras charnus et membraneux roulés dans l'intérieur de leur cocjuille, et les Cirropodes ou Cirripèdes, qui ont des membres nombreux appelés cirrhes. — Alcide d'Orbigny rattachait, conformément aux travaux de H. Milne Edwards, les Cirripèdes aux Annelés ; il faisait rentrer les Ptéropodes dans la classe des Gastéropodes; enfin il détachait des polypiers, sous le nom de bryozoaires, des animaux possédant comme les mollusques un tube digestif complet muni d'une bouche et d'un anus distincts et dont le manteau est le plus souvent revêtu d'un empâtement calcaire appelle cellule. Les 6 classes de l'embranchement des Mollusques étaient donc, d'après lui : 1» les Céphalopodes ; 2° les Gastéropodes ; ô" les Acéphales ou Lamellibranches ; 4" les Brachiopodes ; 5" les Tuniciers ; 6° les Bryozoaires.

Auj . on considère les Tuniciers comme des Vertébrés dégénérés par la fixation, et l'on rapproche des Vers les Bryozoaires et les Brachiopodes, en sorte que les Mollusques contiennent seulement trois grandes classes : Céphalopodes, Gastéropodes et Acéphales.

Aristole est le premier qui se soit occupé de l'histoire naturelle des Mollusques. Après lui, cette partie de la science resta statioimaire jusqu'au xvi" siècle, époque où Rondelet et Belon firent quelques observations sur les mollusques aquatiques. En Î6i8, Lister donna une classification méthodique de ces animaux. Ceux qui depuis ont le plus contribue aux progrès de cette science sont Rumph ri 711), D'Argenville (1742), Guettard, Adanson, Bruguièrc, Poli, Cuvier, Lamarck, Blainville, Férussac, Aie. d'Orbigny, Milne Edwards, Deshayes, Lacaze-Duthiers, Fischer, etc. — Consuher, outre les ouvrages cités à l'article i;osciiYi.ro- LOGiE : l'Histoire des animaux sans vertèbres de Lamarck (revue par Deshayes et 11. Milne Edwards, 1835-45) ; l'Histoire des mollusques, par Blainville; l'Histoire générale et particulière des mollusques, par Férussac (continuée par Deshayes) ; l'Histoire naturelle des mollusques de France, par Moquin Tandon; enfin l'art. MOLLUSQUES du Dictionnaire universel d'histoire naturelle de Ch. d'Orbigny.

MOLOSSE, Molossus, espèce de Chiens aue les anciens employaient à la chasse et à la garde oes troupeaux, iMiraît n'être autre chose que notre Dogue [Voy. ciuen'. Ils tiraient leur nom de la Molosside, contrée d'Epirc, qui fournissait les plus beaux.

Les Zoologistes mœlernes donnent ce nom à un genre de Chauves-Souris d'Amérique, famille des Vespertilionidcs, qui a pour type le Mulot volant.

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