‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1033 sur 1729 · MONADE · texte numérisé non relu

MONADE

MOLOSSE, pied employé dans la Versification grecque et latine : il se composait de trois lonffucs. On le nommait ainsi, ou d'une danse des Molosses qu'il servait à accompagner, ou parce que, dans le temple de .Jupiter, en Epire, on chantait en l'honneur de Molossus, (ils do Pyrrhus et <rAndromaque, des odes dans lesquelles entrait ce pied.

MOLTO, mot italien signifiant « beaucoup ». Ajouté au tiMiao ^\lû sert à déterminer le mouvement d'un morceau de musKpie, il lui donne une force plus grande : adagio mollo, allegro inolto.

MOLUCELLE, Molucella, genre de la famille des Labiées, tribu des Stachydées, renferme des espèces annuelles, (mi croissent sur les bords de la Méditerranée : l'mie a'elles est connue sous le nom de Mélisse épineuse.

IViOLY (en gr. [awXu), nom donné par Homère [Odyssée, X, ")02-06) à une plante merveilleuse que Mercure donna à Ulysse pour le préserver des enchantements de Circé. « La racine en était noire et la fleur blanche ; les hommes ne pouvaient l'arracher. » On a cherché quelle était la plante désignée par Homère; mais il est à croire que cette plante est une pure liclioii, et ou'il faut entendre ce

3 n'en dit Homère dans un sens allégorique. — Linné a onné le nom de molg à une plante bulbeuse du genre Ail [Allium nioty), qui dilTère essentiellement de la plante» d'Homère eu ce que ses fleurs sont jaunes, ce qui l'a fait aussi appeler Ail doré. C'est une plante d'ornement.

MOLYBDÈNE (du gr. p.oX'j6Saiva, minerai de plomb argentifère, à cause de la ressemblance du molyndène sulfuré avec le plomb), corps simple métallique [Mo;=:96], d'un blanc mat, susceptible de poli, d'une densité de 8,6. On le trouve dans la nature à l'état d'oxyde et en combinaison avec le soufre [molyhdénite], ainsi qu'avec le plomb et l'oxjgène [wulfénile). Il forme avec l'oxygène trois combinaisons, dont la plus oxygénée est connue sous le nom A' anhydride molybdique [Mo^O^l, et se présente sous la forme d'une pouilre blanche volatile; à l'acide molybdique [Mo 0*11*] correspondent des molybdates, dont le plus intéressant est le molybdate d'ammonium, qui donne avec les phosphates et les arsénialcs, en liqueur azotique, un précipité jaune de phosphomolybdate d'ammoniaque utilisé pour caractériser le phosphore et l'arsenic. On obtient le molybdène en calcinant fortement un mélange d'acide molybdique et de charbon dans un creuset brasqué. — Scheele obtint le premier, en 1778, l'acide molybdique par la calcination du molybdène sulfuré, et peu après, en 1782, Hielm isola le métal de cet acide.

MOLYBDÈXE OXYDÉ. Voy. MOLYBDÉ.NOCRE.

MOLYBDÈNE SULFURÉ. Voy. MOLYBDÉNIIE.

MOLYBDÉNITE, sulfure de molybdène naturel (Mo S*), se trouve en lames d'apparence hexagonale, ressemblant absolument au graphite, dont elle ne se distingue que par les caractères cliimiques, dans les roches granitiques des Alpes, des Pyrénées, etc., et dans quelques gîtes métallifères.

MOLYBDÉNOCRE ou molybdine, acide molybdique naturel [MoO^], en enduits pulvérulents jaunâtres sur la molyhdénite des gîtes métallifères.

MOLYSITE, sesquichlorure de fer naturel (Fe-CP), se dégage de la lave du Vésuve.

•YIOMENT (du lat. momentum, de movimenlum, formé lui-même de movere, mouvoir) , t. de Mécanique et de Géométrie. Le moment d'une force par rapport à un point est un nombre positif ou négatif égal en valeur absolue au produit de la force par la distance du point à la force et dont le signe est -(- ou — , suivant que la force tend ou non à faire tourner une tige articulée au point dans le sens choisi pour les rotation^ positives dans le plan de la force et du point. C'est aussi un segment de droite perpendiculaire au plan de la force et du point, dont la longueur est mesurée par le nombre précédemment défini et dont le sens est réglé par une convention faite à l'avance : ce sens peut être choisi, p. ex., de façon qu'un observateur qui serait traversé des pieds à la tête par la direction considérée verrait se mouvoir de gauche à droite un mobile qui se mouvrait sur la direction de la force, du point d'ai)plication vers l'extrémité. Enfin l'origine du moment est le point par rapport auquel on le prend. Lç moment d'une force par rapport à une droite est la projection sur cette droite du moment de la force par rapport à un point quelconque de la droite : celte projection reste la même quel que soit ce dernier point. A cette projection on

substitue aussi le nombre (jui la mesure. — Pour gu'un système de forces appliquées à un corps solide soit en équilibre, il faut que la résultante des moments de ces forces par rapport à un point quelconque soit nulle. Il faut en outre que la somme géométrique de ces forces soit nulle. Ces conditions sont suffisantes. La théorie des moments est, au fond, identique à celle des couples. — Enfin on appelle quelquefois moment de deux forces le segment auisi défini : par un point de l'espace on mène deux segments équipollents [Voy. ce mot) aux deux forces et l'on prend le moment de l'un de ces segments considéré comme une force par rapport à l'extrémité de l'autre.

MOMIE (de l'arabe moumyâ, formé lui-même de 7num, cire, ou, selon d'autres, du gr. ap.w(iov, parfum), nom donné aux corps d'hommes ou d'animaux embaumés par les anciens Egyptiens et conservés presque intacts jusqu'à nos jours dans leure cercueils de bois de cèdre ou de sycomore. La couleur des momies est d'un brun foncé, souvent noire et luisante; le corps, aussi dur et aussi sec que du bois, répand une odeur aromatique particulière. A l'exception de la face, si bien conservée quelquefois que les yeux ont encore leur forme, ce corps est entièrement enveloppé d'étroites bandelettes [Voy. embaumement). On trouve encore auj. beaucoup de momies dans la moyenne Egypte, soit dans les pyramides, soit dans les tombeaux souterrains. On a apporté en Europe un grand nombre de momies, que l'on voit dans les musées; mais l'humidité de nos climats ne permet pas de les conserver longtemps. Sieber (1810) et Granville (1825) ont publié des observations curieuses sur les momies d'Egypte.

MOMORDIQUE, Momordica, genre de la famille des Cucurbitacées, renferme une douzaine d'espèces herbacées, grimpantes, appartenant à l'Asie et à l'Amérique tropicales. La Momordique balsamine, plante annuelle, originaire de l'Inde, a des tiges anguleuses et grimpantes, des feuilles alternes, aiguës, luisantes; des fleurs jaunes et solitaires; des fruits oblongs, du volume d'une grosse prune, d'abord verts, puis d'un jaune orangé. Ces fruits ont des propriétés balsamiques et vulnéraires ; on les connaissait autrefois sous le nom de pommes de merveille. Une des espèces les plus remarquables, la M. élatérium ou Concombre sauvage, a été érigée par L.-C. Richard en un genre à part sous le nom à'Ecbatium. Voy. ecba-

LIUM et ÉLATÉRIUM.

MOMOT, Momotus, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux syndactyles : bec long, robuste, épais; tarses de raoycnno grandeur, écussonnés ; queue longue et étagée ; plumage brillant (vert, rouge, azuré, etc.), très fourni à la tête; parties supérieures couvertes de plumes longues, faibles et décomposées. Ces oiseaux habitent les forêts du Brésil et du Paraguay ; ils sont sauvages et défiants, volent difficilement et nichent presque à terre. Leur cri est monotone et désagréable. Ils se nourrissent de vers, d'insectes, de petits mammifères et aussi de fruits. Principales espèces : le M. houtou ou à lé te bleue, le M. d'Ombey ou Tutu, le M. oran-roux, etc.

MONACANTHE (du gr. p-ôvoi;, seul, et dîxavÔa, épine), Monacanthus, sous-genre de Poissons plectognathes, ae l'ordre des Ostéodermes, établi dans le genre Baliste, renferme des poissons d'un brun foncé qui habitent les mers de la zone torride et se nourrissent de polypes et de coraux. Voy. baliste. — Nom donné aussi à une Orchidée.

MONADE, MONADisME (du gr. [iovàç, unité). Par opposition au Mécanisme de Descaries qui, réduisant tout à l'étendue et à la pensée, supprime la force dans la matière et tend à annuler l'activité de l'âme. Leibniz établit que la substance consiste dans la force faisant effort pour agir et produisant toujours quelque action effective : a'un côté, l'essence du corps est la résistance, la puissance d'agir et de pâtir, sans laquelle il n'y aurait qu'un espace vide, incapable de changement ; d'un autre côté, si nous considérons notre âme, l'expérience intime de la conscience nous atteste que nos actions sont bien nôtres et que nous les produisons spontanément par un pouvoir inhérent à notre nature. De ces principes, Leibniz conclut que tout compose se résout en monades, c.-à-d. en unités substantielles, qui ne sont ni des points physiques, comme les atomes o'Epicure, ni des points mathématiques, c.-à-il. de purs abstraits, mais des points métaphysiques, des forces réelles et indivisibles ; ces monades, en s'agrégeant autour d'une monade principale, constituent tous les êtres; eu vertu de

MONADELPHIE

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