‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1037 sur 1729 · ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT

MONITEUR UNIVERSEL, aucicn joumal officiel du Gouvernement français, fondé en 1789 par Ch.-Jos. Panckoucke, et qui se continue encore, mais comme journal ordinaire. Le premier numéro parut le 24 novembre i789. C'était d'abord une simple gazette, sans caractère officiel : il ne ; prit ce caractère qu'à partir du X"' nivôse an vin (22 décembre 1799); il l'a perdu en 1868; la feuille officielle s'appelle auj. Journal officielde la République française [Voy. journal). — La collection du Moniteur, qui olfre les documents les plus complets et les plus authentiques pour l'histoire de nos révolutions, forme plus de 100 volumes. Le premier volume contient un abrégé historique des anciennes formes du Gouvernement français, de ses états généraux, des événements qui amenèrent laPiévolulion, etc. : cette introduction est duc à M. Thuau-Granville. Il a été publié des Tables chronologiques, qui facilitent les recherches dans cet immense répertoire de faits politiques. — On a fait aussi plusieurs réimpressions partielles du Moniteur.

MUNITION (du lat. monitio), avertissement qui se fait en certains cas, par l'autorité de l'évêque, avant de procéder à l'excommunication. On fait d ordinaire jusqu'à trois mon! lions.

MONITOIRE (du lat. monitorius), ordre émané d'un juge ecclésiastique, qui oblige, sous peine d'excommunication, lolis ceux qui ont connaissance du fait qui y est dénoncé à révéler ce qu'ils en savent aux curés et aux vicaires chargés de la publication. Alexandre III est le premier pape qui ail introduit l'usage des monitoires ; aujourd'hui cet usage n'existe plus en France. — Aux termes d'un décret du 10 décembre 1806, le Gouvernement pouvait recourir aux monitoires pour découvrir quelque crime grave. C'était le minisire de la justice qui seul pouvait les ordonner, et c'était à lui nue les révélations pouvaient être adressées, après avoir été reçues par les magistrats, les curés et les vicaires.

MONITOR (c.-à-d. qui avertit], genre de Reptiles, de l'ordre des Sauriens, famille des Lacertiens, renferme des espèces de taille intermédiaire entre les crocodiles et les lézards, çt qui passaient pour prévenir l'homme, ])ar leur sifflement, de l'approche des Crocodiles, leurs ennemis mortels. On désigne ordinairement sous le nom de Varans les espèces de l'ancien continent et sous celui de Sauvegardes (Salvators) ou de Tupinambis, celles du nouveau (VÀméiva et le Monitor propr. dit).

MONNAIE (du lat. moneta, de Juno monefa, dans le temple de laquelle la monnaie se fabriqua d'abord à Rome). Prise dans sa nlus large acception, la monnaie est un instrument d'échange qui, en même temps qu'il sert de mesure youT la valeur des objets échangés, en est par luimême l'équivalent. Les matières les plus diverses ont pu être employées comme moyens d'échange : le sel a servi de monnaie en Abyssinie, la morue à Terre->euve, certains coquillages appelés cauris aux Maldives et dans plusieurs parties de l'Inde et de l'Afrique, le cacao au Mexique, le

cuir en Russie, jusqu'à Pierre !•', etc. Aujourd'hui on emploie presque partout des métaux à cet usage, et l'on n'entend vulgairement par monnaie que des espèces métalliques.

L'Académie définit la monnaie : a Toute sorte de pièces de métal, servant au commerce, frappées par autorité souveraine, et marquées au coin d'un prince ou d'un Ktat souverain ». Les métaux universellement adoptés sont l'or, l'argent et le cuivre. Toutefois en Russie on a employé, de 1828 à 1845, des monnaies de platine, et en Belgique, en Suisse, on fait encore usage «le monnaies de bilion en nickel. On remplace quelquefois la monnaie par du papier, qui prend alors le nom de papier-monnaie. Voy. ce mol.

On distingue : 1° les monnaies réelles ou effectives, espèces d'or, d'argent ou de cuivre, ayant cours dans le commerce et auxcpielles l'Etat a assigne une valeur déterminée ; 2° les monnaies de compte, qui n'existent plus ou même n'ont jamais existé comme espèces réelles, et qu'on emj)loie soit par l'cfrel d'anciennes habitudes, soit pour faciliter les comptes en les établissant toujours sur un pied certain et non variable : tels sont les liV7-es sterling en Angleterre, les 7'éaux de vellon en Espagne, les reis en Portugal, la livre de banque [pfund] en Prusse, le rouble de compte en Russie, etc. — On appelle : monnaie obsidioncle ou de nécessité celle que, dans certaines circonstances, les villes assiégées frappent pour suppléer aux espèces qu'elles ne peuvent recevoir du dehors ; monnaie fiduciaire, le papier-monnaie.

Dans toute pièce de monnaie, on distingue : le côté de la tête [face], cl le coté opposé [revers); la légende, inscription gravée autour de la figure ou dans le champ de la pièce ; V exergue, espace réservé du côté et au bas du revers pour quelque inscription ; le cordon, tour de la pièce sur son épaisseur; le millésime, date de sa fabrication. Le lieu où la pièce a été frappée est désigné par une lettre ou par une marque, dite point secret; on appelle déférent ou différent la marque du graveur. — Pour k fabrication des monnaies, voy. monnayage.

Les monnaies d'or et d'argent sont toujours alliées à une certaine quantité de cuivre destiné à leur donner plus de dureté. Leur titre est le rapport du poi<is du métal lin cp'elles contiennent à leur poids total : ainsi, dire que le titre des monnaies d'or françaises est de 0,9, c'est dire que l'or fin forme les 9 dixièmes de leur poids. On nommefrai la diminution de poids qu'éprouvent les pièces de monnaie par l'effet de la circulation. Les monnaies peuvent être démonétisées : 1° lorsque le frottement d'une longue circulation a effacé leur empreinte ou lorsqu'elles ont été rognées au point d'avoir perdu une partie notable de leur poids ; 2» lorsqu'une loi a ordonné un changement dans le titre, le poids ou la forme des monnaies. Dans ce cas, elles cessent d'avoir cours légal et ne sont plus reçues que jwur leur valeur intrinsèque.

L'origine de la monnaie métallique est fort ancienne. L'étalon monétaire des Egyptiens était Vouten de cuivre, pesant de 91 à 95 grammes. La Bible parle de monnaies dites sicles à l'époque du voyage d'Abraham en Egypte. Chez les Grecs, l'invention des monnaies était alfriluiée soit aux Lydiens, soit à un roi d'Argos au ix° siècle avant J.-C. Les monnaies des Grecs portaient l'empreinte des figures symboliques particulières à chaque pays : à Athènes une chouette, à Delphes un dauphin, en Beotie un Bacchus et un Hercule, en Macédoine un bouclier, etc. Chez les Romains, l'as porta d'abord l'effigie d'un bœuf (pecus, bétail; pecunia, argent). Chez les modernes, la monnaie offre le plus souvent l'effigie du souverain régnant. Les princes musulmans y mettent seulement leur chiffre. — L'unité monétaire clicz les Grecs était la drachme, qui valait 81 centimes. Les multiples étaient la mine ou 100 drachmes, le talent d'argent ou 60 mines, et le talent d'or ou 10 talents d'argent. Au-dessous de la drachme était l'obole qui valait env. 16 centimes. — Chez les Romains, les monnaies les plus connues sont l'as, ilont la valeur était d'abord de 54 centimes ; le sesterce ou niimmus, qui valait 2 as 1/2; le denier d'argent [denarius), qui valait 4 sesterces ou 10 as ; l'aureus d'or (26 fr. 57) sous Auguste, le solidus (15 fr. 67) sous Constantin.

En France, pendant tout le moyen âge, la plus grandeconfusion régna dans les monnaies. La faculté de battre monnaie appartenait en effet à la plupart des seigneurs suzerains, et même à de simples abbés. Peu à peu cependant les rois réussirent à se réserver la frappe de la moa-

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