ARMATURE
• elle n'est l'être qa'en puissance: l'être n'est achevé, n'est complet, n'est en acte, que par la forme. La matière aspire
■ donc à revêtir la forme : une fois qu'elle l'a revêtue, cette forme sert à son tour à l'être de matière pour atteindre une forme plus haute. II y a ainsi dans la nature une perpétuelle évolution de chaque forme vers les formes plus parfaites. Le principe est le dernier terme de cette évolution, c'est Dieu, forme parfaite, acte pur, qui n'a pas créé de toutes pièces le monde (car la matière coexistait avec lui
. de toute éternité), qui même ne connaît pas à proprement parler le monde (car la pensée divine ne pense qu'ellemême), mais qui le meut cependant et l'appelle à soi par l'attrait de sa propre perfection. — IL Psychologie. L'âme
• est la forme et l'acte du corps. Dans sa partie supérieure, la raison, elle est immortelle. Toute connaissance vient des sens, mais doit être élaborée par le raisonnement (Aristote est l'inventeur du syllogisme : Voy. ses traités de Logique, notamment les Analytiques). — III. Morale. Aristote proteste contre la doctrine de Socrate et de Platon, qui assimilaient la vertu à la science : il montre que, pour faire le bien, il ne suffit pas de savoir, il faut encore vouloir; il établit I existence et le rôle du libre arbitre. Pour lui, la vertu est une habitude d'accomplir des actions droites; et elle réside dans un juste milieu entre deux extrêmes également vicieux (l'économie, par exemple, est également éloignée de la prodigalité et de l 'avarice] . Au-dessus des vertus pratiques est la vertu contemplative qui nous mène à Dieu. — En Politique, Aristote se montre, à l'inverse de Platon, rigoureux observateur des faits : sur l'origine des sociétés, de la monnaie, etc., il émet des vues ingénieuses et profondes. — Le même caractère de réaUsme se retrouve
•dans son Esthétique. — Il s'oppose en somme à son maître Platon comme le réalisme à l'idéalisme. Voy. Ravaisson, la Métaphysique d' Aristote ; E. Boulroux, Aristote.
Après Aristote, son école fut dirigée par son neveu Théophraste. Longtemps oubliés à la suite de l'invasion des Romains en Grèce, les écrits d'Aristotc furent plus tard retrouvés et savamment commentés par Alexandre d'Aphrodise. Au moyen âge, l'aristotélisme inspira les philosophes arabes (Averroès, Avicenne) et juifs (Maïmonide). Associé à l'Evangile, il domina le moyen âge chrétien. [Voy.