MOSQUÉE
'sorte de croûte blanchâtre. Pour les sécher plus complètement, on les expose au soleil et ensuite à la fumée : ces dernières prennent le nom de morues sèches ou parées : on les confond aussi fort souvent, sous le nom de merluches, avec les merlans préparés de la même manière sur les côtes de la Provence. Dans la Baltique, on donne aux provisions de morue et de merlan secs le nom de stockfisch. — La chair des morues n'est pas la seule partie dont on fasse usage : leur langue, fraîche et même salée, est un morceau délicat; on lire de leur foie une huile qu'on emploie contre les maladies de poitrine, les scrofules, etc., et qui est très rechercliée dans plusieurs arts [Voy. HUILE DE Moans): on fait avec leur vessie natatoire une colle qui ne le cède en rien à celle de l'esturgeon; on conserve leurs œufs pour la table. Avant de faire cuire la morue, en la fait dessaler pendant 24 heures dans de l'eau douce.
C'est au commencement du xvi" siècle que le Portugais Gaspard de Corte-Real fit la première pèche de la morue près du banc de Terre-Neuve ; depuis, cette pèche a pris une extension considérable ; elle fournit annuellement plus de 25 millions de kilogr. de poisson. La France ne pos- . sède plus dans ces parages que 3 petites îles : celle de St- Pierre et les deux Miquelon, avec le droit de pêcher et de saler les produits de sa pèche sur la côte de Terre-Neuve, entre le cap Rouge et le cap St-Jean. Cette pèche occupait, en 1859, 5o2 bateaux et 18 357 hommes; en 1866, on n'a r compté que 446 bateaux et 1 i 075 honunes.
Morue longue. Voy. lote.
MORUS. nom latin botanique du genre hûrier.
MORVAN. Cette région montagneuse (Nièvre et Côtcd'Or nourrit une race particubère de bœufs et de chevaux ; ce sont des animaux petits, mais robustes et courageux.
MORVE (du lat. malleus). Outre son sens vulg., dans lequel il désigne l'humeur visqueuse qui découle des narines de l'homme, ce mot est le nom spécial d'une maladie redoutable qu'on observe surtout chez le cheval et l'âne, et qui consiste dans une infection microbienne générale de l'organisme, se traduisant par des ulcérations des muqueuses des voies respiratoires, par im jetage grisâtre agglutinatif, quelquefois sanguinolent, et par un engorgement et une induration des ganglions hiuphatiques de l'auge. La morve se présente sous deux états, létat aigu et l'état chronique, qui ne sont d'ailleurs que des degrés l'un de l'autre. Elle est contagieuse sous ces deux formes, et peut se transmettre à l'homme. Les travaux remarquables du D' Rayer, de Bouley, et ceux plus récents de Strauss, Nocard, Cadéac, etc., en ont fait connaître le mode de propagation, les causes et les dangers. — Voy. aussi malléine.
jusqu'à ce jour, la morve n'a pu être guérie ni chez l'homme ni chez le cheval. Elle est classée parmi les vices rédhibitoires et tomlie sous le coup de la loi du 2 août 1884, ainsi que sous celui de la loi du 21 juillet 1881 relative à la police sanitaire des animaux.
MORVÈDRE, cépage du midi de la France; il se rapproche du Carignan, et donne comme lui un \\n noir riche en alcool. Il résiste mieux aux maladies cryptogamiques.
MORVÉNITE, var. A'Harmotome [Voy. ce mot).
mosaïque (du b.-lat. musaicum, du lat. mjisicum; du gr. ixo'jTîrov, parce qu'on en orna d'abord les musées, les galeries), assemblage de petits morceaux de marbre, de pierre, de matières vitrifiées qui, réunis à l'aide de mortier, de stuc, d'un mastic composé de chaux et de poudre de marbre, ou de résine et de plâtre, forment des compartiments, des ornements et des figures. L'avantage de ce travail est de résister à l'humidité et à tout ce qui altère la peinture. Il paraît avoir donné naissance à la peinture en émail. Voy. émail.
La mosaïque fut employée chez les Grecs pour décorer les pavés des monuments. Les Romains s'en servirent en outre pour l'ornement des murailles et des voûtes dans les édifices publics et particuliers : ils portèrent cet art à sa perfection, comme on peut le voir par les ruines d'Herculanuni et de Pompéi et par les ouvrages qu'on a découverts dans les restes des monuments antiques. On distingue trois espèces de mosaïques : 1° l'opus tessellalum, pavé composé de petits cubes ordinairement de deux couleurs; 2" Vopus sectile, mosaïque de marbres de ditférentes couleui-s, sciés en lames minces et taillés suivant le dessin ; 5° l'o/ws vermiculatum , mosaïque de toutes couleur?, formant de grandes comjwsitioiis. Les chrétiens firent servir ce travail à la décoration des basiliques en
Orient et Occident; on en cite de nombreux exemples au moyen âge. En France, par suite de la rareté des marbres, on en vint à les remplacer soit par des carreaux incrustés de terre colorés ou emaillés, soit par des dalles de pierre de liais dont on remplit les entailles de mastics colorés, à l'imitation du pavage que les Romains nommaient pavimentum sculpluratum. La tradition de cet art se conserva en Itahe, surtout à Rome et à Florence, où elle atteignit aux nw, xvn" et xvui" siècles sa plus grande perfection. A Rome, l'église de St-Pierre renferme d'admirables mosaïques faites sous la direction de Mathiole, par les ordres de Léon X. A Florence, on inventa de fabriquer pour les meubles ce qu'on nomme lavoro a composlo, assemblage de pierres dures découpées, dont l'imitation a donné naissance à la marqueterie en bois [Voy. ce mot). Dans ces derniers temps, quelques grandes mosaïques ont été exécutées en France : on cite celles dont Belloni, sous l'Empire, a orné le pavé d'une des salles du Louvre. — Consulter J.-F. Artaud, Histoire de la peinture en mosaïque (1835) ; H. Barbet de Jouy, Mosaïques chrétiennes des églises de Rome (1857).
MOSANDRITE, minéral très rare, qui est un silicotitanate de cérium, lanthane, didyme, avec fer et manganèse; se trouve dans la syénite de Brevig (Norvège).
MOSASAURE, Môsasaurus, genre de Reptiles fossiles, de l'ordre des Pythonomorphes. La colonne verli'brale se compose de 54 vertèbres précaudales et d'environ 100 vertèbres caudales. La tète est allongée. Les dents larges sont supportées par des expansions coniques qui partent du bord de la mâchoire; la couronne de la dent est conique et recourbée, et sa face extérieure est plate et bordée de chaque côté par ime côte longitudinale. La ceinture scapulaire, la cemture pelvienne et les extrémités sont encore mal connues. L'espèce la plus connue est le .V. Camperi, dont un magnifique exemplaire, trouvé en 1780 sur les Iwrds de la Meuse [Mosa), dans la craie de Jlaëstricht, est conservé au Muséum de Paris.
MOSCATEL, vin de liqueur, fabriqué en Espagne dans la province de Malaga ; c'est un vin d'un beau jaune ambré et d'une saveur très caractéristique. On le prépare avec les raisins de muscat qu'on ne veut pas faire dessécher pour en fabriquer des raisins secs.
MOSCATELLE ou moscatelli.ve, Adoxa, genre de la famille des Araliacées, voisin des Saxifragéos, renferme des plantes agrestes que l'on trouve dans les bois ombragés de l'Europe septentrionale : tiges simples, grêles, peu élevées; feuilles opposées, découpées en plusieui-s folioles; fleurs en grappe terminale, sans corolle, mais |)ourvue d'un calice à 5 divisions ; baie globuleuse. Toute la plante exhale une odeur de mttsc; de là son nom.
MOSCHUS, nom latin du Musc et du Chevrolain.
MOSCOUAOE, sucre brut, coloré par la mélasse et autres substances étrangères. Voy. sucre.
MOSETTE ou jcozette, espèce de camail que portaient les Cordeliers et que portent encore les évoques et les chanoines. Voy. cajjail.
MOSQUÉE (de l'arabe mesdjid, lieu d'adoration), temple où les mahomélans s'assemblent pour faire leurs prières. C'est ordinairement une salle carrée ou ronde surmontée d'une coupole, souvent décorée de colonnes de marbre. On n'y voit ni autels, ni images : une grande quantité de lampes et des arabesques peintes sur les murs en sont le principal ornement; le pavé est couvert de riches tapis, et les mahométans ôtent leurs chaussures avant d'y entrer. A l'extérieur s'élèvent un ou
Klusieurs minarets [Voy. ce mot), avec des balcons du aut desquels les muezun invitent le peuple à la prière : il y a orainaireracnt une grande cour ombragée d'arbres, au milieu de laquelle une fontaine verse dans un bassin de marbre l'eau destinée aux ablutions; cette cour est entourée de portiques qui servent de demeure aux imams; quelquefois elle renferme une école, etc. Les mosquées de la Mecque et de Médine sont considérées comme les deux sanctuaires de l'islamisme ; les mahométans doivent, en faisant leurs prières, se tourner vers celle de la Mecque. Sous le rapport de l'architecture, on cite la moscjuéc d'Omar à Jérusalem (sur l'emplacement du temple de Salomon), celle de Damas, celles de Tliouloun et d'AI- Hakem au Caire, celle d'Aclunet à Constantinople, etc., et jadis celle de Cordoue, auj. transformée en église [Voy. architecture sarrasise et moresque). — Les mosquées, comme nos anciens monastères, ont été enrichies par les