‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1053 sur 1729 · MORUE · texte numérisé non relu

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— On trouvera dans l'Annuaire du Bureau des longitudes les tables de Deparcieux et de Duvillard.

Pour la mortalité, en tant que désignant le nombre d'hommes ou d'animaux succombant à une maladie régnante,

VOy. ÉPIDÉMFE et ÉPIZOOTIE.

MORT- BOIS, terme d'Eaux et forêts, désigne le droit de couper le bois sec qui reste sur l'arbre. Il se dit par opposition au droit de bois mort, qui est celui de recueillir et d'omporler le bois sec détaché de l'arbre et gisant à terre.

MORTE-EAU, nom vulgaire des petites marées au temps des quadratures. Voy. marée.

MORTES-PAYES, nom donné autrefois aux vieux soldats que les gouverneurs des villes et des provinces soldaient aux frais de leur gouvernement, et dont ils faisaient leurs estafiers, ou qu'ils chargeaient de la garde des places.

MORT-GAGE, se dit, en Droit, du gage dont on laisse jouir le créancier sans qu'il soit tenu d'imputer les fruits et les intérêts de la dette. En Angleterre et aux Etats- Unis, l'hypothèque sur les navires est désignée sous le nom de mort-gage. Voy. amiciirèse et gage.

MORTIER (du lat. 7nortarium), mélange en proportions variables de chaux, de sable, d'argile et d'eau, qui sert à réunir et à souder pour ainsi dire ensemble les moellons et les pierres de construction. On donne souvent aux mortiers le nom de ciments {Voy. ce mot et bétos). Les mortiers ordinaires se préparent avec de la chaux grasse qu'on transforme en bouillie en l'éteignant avec de l'eau, et à laquelle on mêle intimement plus ou moins de sable qiiartzeux. Le mortier est dit : gras, si le volume de la chaux est beaucoup plus grand que celui que laissent entre eux les vides du sable; maigre, si la chaux manque et

Su'il ne soit pas liant ; blanc, s'il est fait avec une chaux e faible qualité; bâtard, s'il est fait avec un mélange de chaux et ciment avec du sable de rivière. La dureté que prennent les mortiers avec le temps provient de la conversion de la cliaux en carbonate de chaux aux dépens de l'acide carbonique de l'air : le sable contribue par ses aspérités à la solidification. Les mortiers qu'on emploie dans les constructions sous l'eau sont faits avec de la chaux hydraidique [Voy. ce mot). Souvent on remplace le sable, dans les mortiers ordinaires, par le ciment, la pouzzolane, le trass ou l'argile, qui les rendent plus ou moins hydrauliques. L'usage des mortiers remonte à la plus haute antiquité ; ceux des Egyptiens, des Grecs et des Romains ont conservé une très grande dureté : quelques-uns sont devenus, par la pénétration de l'acide carbonique, de véritables marbres.

MORTIER, sorte de vase hémisphérique au fond évasé dans la partie supérieure, et fait de métal, de marbre, de verre, de porcelaine ou même de bois. On s'en sert surtout dans la Pharmacie, pour y piler ou triturer les substances qui entrent dans la composition des médicaments. Un bon mortier doit être à l'intérieur parfaitement lisse et uni et ne présenter aucun trou ni aucune fissure. L'inclinaison de ses parois doit cire telle, que les substances soumises à l'action du pilon retombent naturellement dans la partie inférieure. Quant à la matière du mortier, on comprend qu'il faut la

choisir selon la nature de la substance à triturer. II en est de même du pilon qui, suivant les cas, est de fer, de bois ou de porcelaine.

Dans l'Artillerie, le mortier est une bouche à feu fort courte faite autrefois à peu près comme un mortier à piler : on s'en sert pour lancer des bombes [Voy. ce mot), pour jeter des carcasses pleines de pierres ou de matières inflammables. L'usage des mortiers parait dater de 1510. — On appelle bombardiers les artilleurs chargés du service de ces bouches à feu. — Les mortiers rayés actuels lancent des obus ogivaux contenant de fortes charges intérieures ; leur aspect ne rappelle plus en rien celui de l'appareil qui leur a donné son nom. Ce sont des pièces plus courtes dont l'affût n'est pas mobile.

On donne encore ce nom à un bonnet rond de velours noir, en forme de mortier renversé, que portaient dans l'origine le clergé et les gradués, et qui l'ut ensuite réservé aux présidents des parlements : ce qui les faisait appeler présidents à mortier. Le bonnet des présidents à mortier était de velours noir avec un galon d'or ; celui du chancelier de France était d'étoffe d'or avec une bordure d'hermine. Les magistrats, les avocats, les professeurs, portent encore auj. une coiffure analogue. — Les empereurs de Constantinople portaient en guise de couronne une coiffure en forme de mortier. Nos rois de la 1" race adoptèrent cette coiffure des empereurs ; on la retrouve aussi dans la 2" et la 5" race.

MORT- NÉ. L'enfant mort-né n'est capable d'acquérir aucun droit (C. civ., art. 725, 906). 11 est donc important de savoir si l'enfant qui est né a eu vie ou non. Cette question ne peut être résolue que par le témoignage des personnes présentes à l'accouchement ou par la constatation des gens de l'art. L'officier de l'état civil auc[ucl on déclare un enfant comme mort-né, ne peut dresser qu'un acte de décès : il doit se borner à mentionner qu'on lui a présenter un enfant sans vie (Décret du 3 juillet 1800).

MORTS-FLATS, vers à soie atteints de flaclierie [Voy, ce mot).

MORUE (jadis molue, du lat. merlus), Gadus morrhua, genre de Poissons malacoptérygiens subbrachicns,do l'ordre des Squamodermes, famille des Gadoïdes, se distingue des autres genres de cette famille en ce qu'il a 3 dorsales, 2 anales et un barbillon attaché au bout de la mâchoire inférieure. La Morue franche, qu'on appelle Cabillaud ou Cabéliau quand elle est fraîche, a de 0 m. 70 à i m. : tête grosse et comprimée, lx)uche énorme, yeux gros, à fleur de tête et voilés par une membrane transparente; dents simplement implantées dans les chafrs et mobiles. Son corps est couvert de grandes écailles grises sur le dos et blanches sous le ventre avec des taches dorées. La morue est très vorace : elle se nourrit de poissons, notamment de harengs, de mollusques, etc. Sa fécondité est prodigieuse : on a trouvé dans une femelle jusqu'à 4 millions (d'autres disent 8 millions) d'œufs. Cette espèce est répandue dans toutes les mers septentrionales de l'Europe et de l'Amérique, et surtout aux environs du banc de Terre- Neuve, où se fait la pêche la plus considérable [Voy. ciaprès). — Parmi les autres espèces, on remarque : la Morue égrefin, aigrefin ou segtefin [Gadus seglcfinus), plus allongée, marquée d'une ligne noire et d'une tache noirâtre sur chaque flanc : elle est commune sur les C("ites de la Bretagne ; sa chair est moins estimée que celle du cabillaud; la Petite Morue ou Dorsch [G. callarias), abondante dans la Baltique, sur les côtes de la Norvège et de l'Islande; le Capelan, Capel ou Caplan, dit aussi Officie)- [G. minutus), bon à manger frais; il sert aussi d'appât pour la pèche de la grande morue ou s'emploie comme engrais.

La pêche de la morue a lieu soit en février, soit en mai; au grand banc de Terre-Neuve, c'est en mai. Cette pêche se fait avec de longues lignes faites d'une pièce de corde de 2 à 300 mètres, portant à ses 2 bouts des poids pour l'immerger et sur laquelle sont attachées de mètre en mètre de courtes cordes portant chacune un hameçon. On amorce avec du capelan, de l'encornet, etc. Les lignes sont relevées et amorcées tous les jours. Après avoir pris les morues, on les sale, ou bien on les fait sécher. Dans le premier cas, on les éventre et on leur ôte le foie et les œufs, après avoir coupé la tête et la langue, que 1 on met à part; elles portent alors le nom de morues vertes. On appelle 7norues blanches colles nui ont été salées mais séchées promptement, et sur lesquelles le sel a laissé une

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