MOULIN
a ainsi la moufle plaie ou mouflette. Les poulies ainsi assemblées sont dites poulies mouflées. Un j)alan comprend deux systèmes (le poulies mouflées, reliées par une même corde qui passe alternativement de la poulie de la chape inférieure à la poulie correspondante de la cliapc supérieure.
On se sert quelquefois de moufles, en Chirurgie, pour pratiquer l'extension, lorsqu'il s'agit de réduire une luxation ou une fracture. L'extension par la moufle présente cet avantage qu'elle peut être augmentée, diminuée ou rendue permanente au oegrc convenable, sans secousses et sans oscillations.
MOUFLE (du b.-lat. viuffula, orig. germaniq.), se dit d'une espèce de gant qui ne laisse de libre que le pouce et recouvre les quatre autres doigts sans qu'il y ait de séparation. — Les Vitriers appellent moufle un morceau de bois fendu avec lequel ils prennent leur fer à souder.
MOUFLE (substantif masculin), petit four en forme de voûte allongée, qu'on place transversalement dans un plus grand fourneau, et qui reçoit les matières destinées à la coupcUation. — Les Chimistes donnent ce nom à un vaisseau de terre dont ils se servent pour exposer des corps à l'action du feu, sans que la flamme y touche immédiatement.
MOUFLETTES, nom donné par les Plombiers et les Fontainiers à deux dcmi-cylindres creux dont ils se servent pour prendre le manche de fer à souder quand il est chaud.
MOUFLON (orig. incert.), nom commun à tous les Moutons sauvages. Le Mouflon d'Europe, souche de notre mouton domestique, est surtout répandu en Sardaigne et en Corse, où il est connu sous les noms de Mufioue et de Mufoli. Il a 1 m. 20 de long sur 0 m. 80 de haut. Ses cornes, triangulaires à leur origine, se terminent en véritables lames; sa queue est très courte. Sa toison olfrc deux sortes de poils : les uns, en dessous, grisâtres, laineux et doux au toucher, les autres, en dessus, fauves ou noirs et raides. Les mouflons errent en troupes sur le sommet des montagnes; la chasse en est fort difficile. — Le M. d'Afrique, ou M. à manchettes, a la taille du mouton ordinaire, et le pelage court et d'un fauve roussàtre ; ses cornes, un
Ïieu plus longues que la tète, se touchent à leur base, s'éèvent d'abord droites, puis se recourbent en arrière et un peu en dedans. — Le M. d'Amérique, ou Bélier de montagne, se fait remarquer par sa taille svelte et ses longues jambes ; ses cornes, grandes et larges chez le mâle, sont ramenées au-devant des yeux, en décrivant à peu près un tour de spirale; son poil est court, raide, d'un brun marron ; sa queue, noire. Voy. mouton.
MOUHAME, sorte de couscous en usage dans la régence de Tunis.
MOUILLAGE, lieu où im vaisseau peut mouiller, c.-ly-à. jeter l'ancre, à l'abri du vent et de la grosse mer. Il demande un fond qui ne soit pas vaseux et une quantité d'eau suffisante. C est surtout dans les baies et à l'embouchure des rivières qu'on trouve les meilleurs mouillages. On dit aussi ancrage.
Dans le Commerce des eaux-de-vie, on appelle mouillage le mélange !d'un spiritueux faible avec un plus fort, ou bien encore d'un esprit avec une certaine proportion d'eau. Pour ce dernier procédé, on observe certains calculs, dont voici un exemple : soient 1 000 litres d'esprit à 86" que l'on veut réduire à 50° ; on multiplie \ 000 par 86, et on divise le produit par 50, ce qui donne \ 720 : c.-à-d. qu'avec 1 000 lit. à 86» on obtiendrait 1 720 lit. à 50% et que par conséquent on devrait y ajouter 720 lit. d'eau ; mais, à cause de la contraction qu'éprouvent l'eau et l'esprit en se combinant, il faut en ajouter 761, c.-à-d. 1/13 en sus du premier nombre. — On mouille aussi les vins en y ajoutant de l'eau et en compensant la force qu'ils ont perdue, par l'addition d'une certaine quantité d'alcool ou d'eau-devie. Il ne faut pas confondre le mouillage avec le coupage, qui consiste à mélanger des vins de qualités différentes pour en améliorer le goût ou pour donner quelque valeur a des vins de qualité inférieure.
MOUILLE-BOUCHE, sorte de Poire fondante et sucrée que 1 on mange particulièrement à Paris. Elle mûrit vers la mi-octobre.
MOULAGE (de moule). On distingue : 1» le moulage des métaux et autres substances fusibles (soufre, cire, etc.), gm se fait on amenant la matière à l'état liquide par le feu; 2° le moulage des ouvrages en plâtre, en carton, etc..
qui se fait au moyen de matières employées à l'état liquide.
Dans le })remier cas, les moules sont en potée ou en sable ; on les façonne sur des modèles en cire, en argile, en iilâtrc [Vog. fonte). — On moule en sable et à découvert les plaques de cheminées, les saumons, les gueuses, etc. ; on coule en terre et dans des moules recouverts les grosses pièces de fonte. — On se sert aussi de moules en fonte ou en cuivre, dits coquilles, pour les pièces dont la surface doit être polie. Voy. fondebie, caxox, cloche.
Dans le moulage en plâtre, on se sert d'un modèle en argile, en cire, quelquefois en métal, en pierre ou en bois, qu'on enduit d'abord d'huile pour empêcher l'adhérence, et qu'on recouvre ensuite de plusieurs épaisseurs de plâtre; après quoi, si l'on moule à bon creux, c.-à-d. si 1 on veut obtenir plusieurs épreuves, on détache le moule par pièces qu'on rajuste ensuite : c'est ce qui fait qu'il existe sur l'œuvre moulée des coutures ou balcvres. Si, au contraire, on moule à creux perdu, c.-à-d. si l'on brise le moule pour avoir l'empreinte, on se débarrasse du modèle en cire en le détruisant à l'aide d'un feu doux. — Consulter Lebrun et Magnier, Manuel du mouleur.
C'est à André Yerrocchio, qui vivait au xiV siècle, qu'on attribue la première idée de façonner des moules en plâtre sur le visage, pour obtenir une image parfaitement ressemblante. On n'appliqua d'abord cet art qu'aux personnes mortes; on a depuis peu réussi à l'appliquer aux personnes vivantes. Enfin, au moyen d'une ingénieuse machine à réduction, on est parvenu à diminuer les proportions des ouvrages obtenus par le moulage, de manière à exécuter des bustes et des statuettes de petites dimensions. Voy. aussi galvanoplastie. On fait aussi des reproductions de statues au moyen de moidage.
Moulage d'ornementation. Voy. ouxement.
MOULÉ (du lat. modulus, dimin. de modus, mesure), tout objet qui a un vide, un creux taillé ou façonné de telle sorte, que la matière qu'on y introduit à l'état de fusion ou liquéfiée, molle ou détrempée, reçoive une forme déterminée {Voy. moulage). Dans oeaucoup d'industries, ce mot est synonyme de forme, de calibre, de matrice. Voy. ces mots.
Les Boulonniers appellent moule un petit morceau de bois ou d'os, plat, rond et percé au centre, qu'on recouvre d'étolTe pour en faire un bouton d'habit.
MOULE, Mytilus, genre de Mollusques acéphales, de l'ordre des Orthoconques intégropalléales et type de la famille des Mytilidées : coquille allongée, équivalvc et fermée, dont le crochet forme presque l'extrémité inférieure; ligament marginal très long; une seule impression musculaire buccale. On trouve des moules fossiles depuis l'étage dévonien; les espèces actuelles habitent toutes les mers, fixées par leur byssus aux rochers voisins des côtes. — L'espèce la plus connue est la Moule comestible [M. cdulis], dont la chair est assez agréable au goût et dont on fait une grande consommation surtout l'hiver. Elle est très commune dans la Manche et sur les côtes de la Belgique. Les ostréiculteurs redoutent ce mollusque, qui par sa voracité coupe les vivres aux huîtres et les alTaine. D'autre part il constitue une importante ressource alimentaire : il s'accroît, en effet, avec une rapidité extraordinaire et peut être mangé lorsqu'il a atteint l'âge de deux ans. Cependant les moules déterminent quelquefois de véritables empoisonnements. Le premier symptôme est un malaise général, puis le gonflement de toute la tète, avec une éruption caractéristique sur la peau, difficulté de respirer et spasmes nerveux. Ces accidents ont été attribués à tort à de petits crabes vivant en commensaux dans les moules, au frai des étoiles de mer, au voisinage dps coques de navire doublées en cuivre. Il est à croire que les accidents provoqués par les moules tiennent plutôt à une prédisposition organique. Le vinaigre est considéré par quelques médecins comme l'antidote de cet empoisonnement : les gens d'Isigny et des autres localités côtièrcs emploient avec bien plus de succès le lait froid ou chaud.
Moule des étangs. Voy. anodoxte.
Motde des peintres. Voy. mulette.
MOULIN (nu b.-lat. molinus, du lat. nwla. meule), machine à moudre. On se sert de moulins, non seulement pour réduire les grains en farine, mais aussi pour broyer les couleurs, pour pulvériser le plâtre, le labac, la garance; pour écraser les graines oléagineuses, les fruits dont on veut retirer le jus; pour feutrer les draps, pour scier le
MOULINAGE