‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1059 sur 1729 · MOURINE · texte numérisé non relu

MOURINE

bois, le marbre, etc. On emploie à ces divers usages des tnouUns à bras ou à manège, des moulins à vent, des moulins à eau, dos moulins à vapeur.

Les moulins mus à bras d'hommes, ou par des animaux à l'aide d'un manège, ont en général un mécanisme l'ort simple; Ceux qui servent à moudre la farine sont de deux sortes : ils sont à meules de pierre ou à meules métalliques. Les premiers sont formes de deux meules horizontales, dont l'inférieure est fixe et creusée cylindriquemcnt ou en forme de cône tronqué, pour recevoir dans son intérieur la meule tournante : le grain, après avoir été réduit en farine entre les deux meules, sort par une ouverture qui est au centre. Les seconds sont ou à meules fiâtes, placées dans une position verticale, l'une mobile et l'autre fixe : ces meules sont en fonte dure, un peu concaves; ou à boisseau et à noix métallique, et dans ce cas ils ressemblent aux moulins à poivre et à café, dans lesquels la meule est ronde et sillonnée par des cannelures angulaires en spirale, et tourne dans un cylindre également cannelé.

Les moulins à vent se composent d'une tour en plâtre ou en bois, à laquelle sont adaptées des ailes mobiles placées presque verticalement; la charpente de la tour est soutenue par une forte pièce de bois qui la traverse en partie, et forme un pivot autour duquel elle peut tourner elle-même, afin de présenter toujours les ailes au vent le plus favorable. Celles-ci, ordinairement au nombre de quatre, sont munies de voiles qu'on étend à volonté. Le vent, soufflant sur les ailes, fait tourner un ari)re qui met en mouvement une grande roue verticale dentée de chevilles perpendiculaires, appelée rouet, et communique un mouvement horizontal à une grande cage cylindrique dite lanterne; celle-ci fait mouvon* la meule supérieure connue dans les moulins à bras : le grain, écrasé par la meule, tombe dans le blutoir, où il se nettoie et se tamise (Voij. MOUTURE et dldtage). La vitesse des ailes du moulin est proportionnelle à celle du vent ; elle est d'environ 6, 8, 10 ou 12 tours par minute.

Les moulins à eau ont ordinairement pour moteur une ou plusieurs roues hydrauliques, à aubes ou à augets, mises elles-mêmes en mouvement |)ar un cours d'eau ou par une chute; leur mécanisme intérieur est celui des moulins à vent. Les uns sont bâtis sur le bord d'un cours d'eau : on les appelle moulins de pied ferme ou pendants; les autres sont montés sur bateaux. Dans les moulins à turbines, il n'y a point d'engrenage : ce sont des cuves ou turbines en bois de chêne, ayant la forme d'un cône tronqué et renversé, au fond desquelles sont placées des roues à aubes qui tournent horizontalement. L'eau entre daus la cuve dans une direction inclinée à l'axe de la turl)ine qui porte la roue tournante et qu'elle entraîne. — Les alternances dans la hauteur du niveau moyen de l'Océan, qui sont considérables en certains points du littoral, fournissent la force motrice des moulins de marée, établis ordinairement dans les vallées étroites où la mer monte, et où il est facile d'établir des barrages artificiels.

Les moulins à vapeur ne diffèrent des moulins ordinaires que par leur moteur : ils font encore peu de concurrence aux précédents, mais on les rencontre souvent associés aux grands moulins à eau qui sont exposés aux chômages par insuffisance du courant.

Les moulins sont fort anciennement connus. On attribue aux Egyptiens l'invention des moulins à bras : on employait à ce travail fatigant les esclaves, les prisonniers de guerre, les criminels : Samson tourna la meule chez les Philistins ; Plante fit, dit-on, ce pénible service pendant qu'il était esclave. Les moulins à eau étaient connus des Romains au commencement de l'ère chrétienne. Dès 650, les Arabes se servaient de moulins à vent; des pèlerins rapportèrent cette invention en Occident vers 1050. Depuis deux siècles, les moulins, surtout les moulins à eau, ont reçu de notables perfectionnements. Le moulin à vapeur ne date que du xix" siècle. Les moulins à vent sont presque entièrement délaisses.

Sous le régime féodal, on appelait moulin banal celui où les vassaux demeurant dans l'étendue d'une seigneurie étaient obligés de venir moudre leur blé, en payant au seigneur un droit de moulure.

MOULINAGE (de moulin), action de tordre ou de filer la soie grège avec une espèce de moulin garni de bobines et de fuseaux, pour la préparer aux divers besoins de la

fabrication. Un faisceau de deux ou trois fils grèges tordus ensemble à raison de 75 à 100 tours par mètre s'appelle trame; l'opération produisant cette torsion est appelée filage. Pour faire un organsin, il faut deux couples de lils grèges ; chaque couple reçoit un filage ou premier apprêt, qui consiste en une torsion de 500 à 600 tours par mètre ; ensuite on assemble les deux couples en un faisceau uniciue, auquel on fait subir une torsion de sens contraire à la première de 400 à 500 tours par mètre, c'est ce qu'on appelle le tors ou deuxième apprêt. On obtient ainsi les soies ouvrées. Ces torsions sont mdispensables pour que les fils de soie ouvrée ne s'embrouillent pas dans les opérations subséquentes du décreusage, de la teinture et du tissage. — Le premier moulinage fut établi en France, à Neuville, près de Lyon, en 1670. Il en existe aui. un grand nombre, dans les départements du Rhône, ae la Loire, de l'Ardèche et de la Drôme.

MOULINET (de moulin). On appelle moulinet de Wollmann un instrument dont on sert, en Hydraulique, pour mesurer la vitesse du cours d'une rivière ou d'un lleuve. Un axe très mobile et armé à l'une de ses extrémités de cinq palettes planes et disposées comme les ailes d'un moulin est placé dans la direction du courant; cet axe porte une vis sans fin qui engrène avec un système de roues dentées de manière que, l'une de leurs dents servant de point de départ, on puisse calculer le nombre de loui"s que le moulinet effectue en une minute. Le moulinet doit être gradué à l'avance par son immersion daus un cours d'eau à lit régulier dont on coiniaît la vitesse.

Les pêcheurs appellent moulinet un instrument qui permet de prendre, même avec une canne très légère, des poissons d'un poids considérable, tels que truites, saumons, etc. C'est un petit cylindre de cuivi-e muni d'une manivelle qui le fait tourner à volonté ; une roue dentée pressant sur un ressort d'acier fait entendre, chaque fois que le cylindre est mis en mouvement, une série de petits cliocs qui avertissent le pêcheur qu'un poisson est ferré. Les premiers efforts de celui-ci s exercent alors non sur la canne, mais sur le moulinet, au déroulement duquel on oppose une résistance calculée. Si le poisson se fatigue, on enroule de nouveau la ligne ; dans le cas contraire, on laisse filer un peu de soie, jusqu'à ce que l'animal puisse être recueilli dans l'épuisette.

MOULURE (de moule), nom donné, en Architecture, à tout ornement, plat ou arrondi, en saillie ou en retraite, placé sur le nu d'un mur ou d'un lambris. On les appelle ainsi parce- que les dessins que représentent les moulures se ressemblent entre eux, et se répètent comme s'ils avaient été moitiés les uns sur les autres. C'est l'assemblage des moulures qui forme les corniches, les impostes, les chambranles, les bases des colonnes et des pilastres, etc. On distingue parmi les moulures plates le filet ou listel, la fasce ou plate-bande, la plinthe, le larmier, etc.; parmi les moulures rondes, la baguette, le tore ou boudin, love ou quart de rond, l'astragale, qui sont en saillie; la

Îjorge, le cavet, le congé, qui sont en creux; le talon et a doucine, qui sont à la fois en saillie et en creux, etc. Longtemps ce fut une des parties les plus difficiles de l'art que d'exécuter les moulures; aujourd'hui on les exécute sans peine, au moyen d'instruments qui représentent le contour des profils, et appelés calibres. Les moulures constituent par leurs profils, très variables, un caractère distinctif des divers styles d'architecture et donnent à l'architecte l'un des moyens d'accuser son originalité.

Moulures se dit également, par analogie, des ouvrages saillants de menuiserie et autres semblables dont on se sert pour les encadrements. Les moulures droites se font avec une espèce de banc à tirer, formé d'une longrine faisant corps avec une crémaillère, et d'un porte-outils dont on règle la hauteur à volonté; les moulures cintrées intérieurement ou extérieurement, à simple ou double courbure, se font avec une machine dite toupie {Voy. ce mot).

MOUREILLER, arbre exotique. Voy. mai.pighier.

MOURINE, Myliobates, genre de Poissons chondroptcrygicns, de l'ordre des Plagiostomes, famille des Sélaciens, établi par Duméril aux dépens des Raies, a |K)ur espèce principale la Mourine aigle (M. aquila), dite aussi Faucon de mer, Pastenague, Hatepenacte, qui est commune sur les côtes de la Provence : elle a la queue armée d'un aiguillon dentelé on scie, et la tête enveloppée dans ses pectorales ; elle pèse jusqu'à 5 kilogr.

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