‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 108 sur 1729 · ARMOISE · texte numérisé non relu

ARMOISE

ARMER un navire, un canot, c'est mettre à bord l'équipa^ et tous les objets nécessaires à la navigation.

ARMERIA, genre de la famille des Plonibaginées, tribu des Statiiées, renferme des plantes ^azonnantes, à feuilles linéaires, lancéolées ou oblongues, à fleurs en capitules, roses ou blanches. L'^. commun ou Gazon d'Olympe est ime plante indigène, vivace et rustiijue, propre aux Iwrdures dans les terrains légers et frais : elle est souvent dévorée par les vers blancs. L'.4. maritime est employée au.\ mêmes usages ; elle croît spontanément sur le bord de la mer et aussi sur les montagnes.

ARMES A FEC RAYEES. L'avantage des rayures a été remarqué dès le xv« siècle ; mais la cause en resta d'abord inexpliquée et le tracé des premières rayures fut loin d'être Sttvant. Vers 1620 on fabriquait beaucoup de fusils raves, très recliercliés. En 1742, l'Anglais Robins démontra que l'avantage de la rayure est dû au mouvement de rotation imprimé, pendant son trajet dans le canon de l'arme, au projectile dont les saillies, ménagées à l'avance ou

[irocfuiles par le forcement, s'engagent dans les rayures qui es guident. Ce mouvement, dont l'axe coïncide avec la ligne de direction du projectile, s'oppose aux déviations qu'entraîneraient des actions inégales de la résistance de 1 air, et assure ainsi la justesse du tir en même temps qu'une grande portée. Ces principes, combattus par Euier, ne furent pas admis et c'est seulement au début du XIX" siècle qu'ils ont été appliqués. Les armes rayées, presque complètement abandonnées pendant le xviir" siècle, sont auj. universellement adoptées. Malgré des améliorations de détail et l'adaptation aux armes portatives d'un mécanisme de plus en plus perfectionné, la mise du feu à la charge resta précaire, et par suite la proportion des ratés considérable, jusqu'à la découverte des amorces fulminantes, au commencement du xix* siècle. Peu après l'adoption des armes rayées, le chargement par la bouche, seul usité jusqu'alors, fut abandonné, à cause surtout de sa lenteur. On lui substitua le chargement par la culasse, qui est très rapide et qui permet l'utilisation complète de la force d'expansion de la charge, par l'emploi de projectiles disposés de façon à obtenir une obturation parfaite du canon en même temps qu'un forcement régulier. Ce mode de changement avait été essayé à diverses reprises depuis l'invention des armes à feu, mais on avait toujours dû y renoncer jusqu'ici, faute de pouvoir réaliser une fermeture empêchant toute fuite de gaz du coté de la culasse. — Toutes les armes portatives ainsi que les bouches à feu en fonte et en bronze destinées aux armées françaises de terre et de mer sont exclusivement fabriquées sous la direction d'officiers d'artillerie dans des manufactures de l'Etat, où l'on termine également les bouches à feu en acier

Îui sont fournies, dégrossies par l'industrie privée. Des ispositions analogues sont prises dans la plupart des puissances d'Europe. L'industrie des armes est soumise en France à la loi du 14 août 1885 qui ne prévoit de restriction que pour les armes à feu des modèles réglementaires dans l'armée.

ARMES HÉRALDIQUES. Voy. ARMOIRIES.

ARMES d'hoxnecr, ai'mcs décernées aux soldats pour des actions éclatantes : ce gcïire de récompense, déjà fréquent chez les anciens, notamment chez les Romains et les Gaulois, fut renouvelé sous la République française par un décret de la Convention. Cette institution a été supprimée lors de la création de la Légion d'honneur. On peut voir à Paris, au musée d'.\rtillerie. quelques armes d'honneur du temps de la première République.

ARMES PROHiDÉES. Aux termes d'ime ordormance du 23 mars 1728, encore en vigueur, toute fabrication, commerce, port et usage de poignards, fusils. l>aïounettes, pistolets de poche, cannes à épée. et autres armes offensives, cachées ou secrèt»s. sont défendus. Les fusils à vent et les cannes renfermant une arme à feu ont, depuis, été compris dans la même prohibition. Aux termes de 1 art. 314 du Code pénal, tout porteur d'armes prohibées est puni d'un emprisonnement de 6 jours à 6 mois et d une amende de 16 à 200 fr. — Quant au port d'armes pour la chasse, il est permis aux époques et aux conditions déterminées par la loi. Voy. port d'armes.

ARM ET. Voy. CASQCE.

AI^MILLAIRE (sphère). Voy. sphère.

ARMILLES (du lat. armilla . En Architecture, on nomme armilles, annelels ou bracelets les moulures qui entourent en forme d'anneau le chapiteau dorique inmié-

diatement au-dessous de l'ovc. Ces moulures cnt été employées fréquemment dans les monuments des su* et xni" siècles, comme Iwigue ou anneau autour d'une colonne et à des hauteurs variables du fût de la colonne.

En Astronomie, on nomme armille un instrument composé de deux cercles de cuivTC gradués, fixés dans le plan de ré(juateur et du méridien, et dont on se servait autrefois pour prendre des angles. Tycho Brahé est le dernier astronome qui se soit servi d'aniiilles.

ARMISTICE (du lat. arma et de la termin. stilium, dérivée de stare, s'arrêter), suspension des actes d'hostilité entre deux années. Sa durée est déterminée par une convention : on ne reprend les armes que quand une des parties belligérantes a notifié à l'autre la reprise des hostilités : c'est ce qu'on appelle dénoncer l'annistice.

ARMOIRE (du lat. amiarium). Les comptables ont généralement une Armoire à trois clefs, où sont déposées les sommes importantes, et qu'ils ne peuvent ouvrir sans le concours d'agents supérieurs.

Armoire de fer, armoire secrète du château des Tuileries, découverte en novembre 1792 par les révélations <!o l'ouvrier Gamain qui l'avait construite pour Louis XYI. l.i-* papiers (lu'on y trouva fournirent contre l'infortuné monarque plusieurs chefs d'accusation.

ARMOIRIES ou armes héraldiques, emblèmes de nobles; e et de dignité que l'on portait originairement sur les armures et les drapeaux, et qui servent à distinguer les personnes, les familles, les sociétés ou corporations, les villes et les nations. La science qui traite de ces emblèmes est le Blason [Voy. ce mot]. — On distingue 8 espèces d'armoiries : 1° il. de domaine, destinées à symboliser les empires, royaiunes, fiefs; 2" A. de dignités, symboles de certaines fonctions, que l'on porte indépendamment des armes personnelles; o» A- de concession, qui contiennent quelques signes ou pièces des armoiries des souverains, concédées par honneur à un particulier; 4°^!. de villes, que les cités adoptèrent pour la plupart lors de l'alTranchisscment des communes; h" A- de patronage, dans lesquelles les armes de la ville sont unies à celles d'un prince, sous le patronage duquel elle se place; &" A. de prétention, qui contiennent des pièces destinées à indiquer les droits que l'on prétend avoir sur certains domaines; 7» A. de sociétés ou de corporations, telles qu'universités, académies, communautés religieuses, corps de marchands et artisans; %" A. de famille, les plus nombreuses de toutes, qui sont dites : légitimes, vraies, pures, et pleines, quand elles ne sont accompagnées d'aucun signe accessoire; brisées, quand les cadets les modifient i>our se distinguer des aînés: diffamées, quand le souverain, pour quelque méfait, y apporte quelque modification injurieuse ; à enquerre ou fausses, lorsqu'elles violent les règles héraldiques, et présentent quelque chose de louche: parlantes, lors(^u'elies désignent le nom de celui qui les porte. Sous 1 ancien régime, le juge d'armes composait les armoiries des nouveaux anobhs. — Les armoiries de famille avaient été abolies en France, en même temps qiie la noblesse, par l'Assemblée nationale, le 20 juin 1790. Elles ont été rétablies en 1804 par Napoléon I", qui créa une nouvelle noblesse, à laquelle il donna de nouvelles armoii'ies. Elles ont été reconnues par Louis XVIII, et ont survécu à la révolution de 1848. Les armoiries des villes avaient aussi été supprimées à la Révolution: elles ont été rétablies par ordonnance du 26 septembre 1814: il est d'usage de les graver sur le sceau de la mairie, de les représenter sur les édifices municipaux, etc. — On peut consulter, outre les traités de Blason : la Vraie et parfaite science des armoiries du marquis de Magny, 1845; le Nouveau Traité historique et archéologique de la science des armoiries, du même : V Essai sur l'origine des armoiries féodale» d'A. de Barthélémy, 1872; G. de Geiiouillac. liecueil d'armoiries des maisons nobles de France, 1860, etc.

Voy. ARMORIAL et BtASOS.

ARMOISE (du gr. àpxe|xtv(a), Artemisia, genre de la famille des Composées, tribu des Sénccionidées-Anthémidées, renferme des plantes herbacées ou frutescentes, à feuilles alternes, découpées, cotonneuses en dessous: i fleurs en capitules discoïdes disjwsés en panicules rameuses. La plupart des espèces contiennent une huile volatile cl un pruicipe amer, auxquels elles doivent des propriétés aromatiques et toniques. Les principales sont : Y A. vulgaire [A. vulgaris], haute de 1 m., et remarquable par ses bouquets de fleurs petites, d'un blanc jaunâtre, lrt«

ARMOISIN

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