‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 107 sur 1729 · ARME · texte numérisé non relu

ARME

ARMEMACA

Terre dans les bouteilles de Leyde et dans les batteries clcctriques.

Dans les Arts mécaniques, on nomme minatitre tout assemblante de barres ou liens de fer servant à soutenir ou à contenir les parties il'uu ouvrage de maçonnerie ou de cliarpentcrie, d'iui modèle de sculpture en terre, etc.

En Musique, Varmalure est la réunion des signes qui se trouvent à la clef et qui déterminent le ton du morceau.

ARME. Voy. AiiMES.

ARMÉE, l'ensemble des forces militaires d'un pays, généralement divisées en A. de terre et A. de mer. Certams Etats (Angleterre, Hollande, Espagne) ont en outre une armée coloniale.

L'A. de terre se partage en deux catégories [Voy. becrctemf.xt). La première [armée active ou permanente et sa réserve) est destinée à la formation des A. d'opérations. La seconde (armée territoriale et sa réserve) est chargée plus spécialement d'un service territorial, défense des places fortes et des côtes, etc.

Aux termes de la loi du 24 juillet 1873, le territoire continental de la France est divisé, pour l'orpnisalion de l'A. active et de sa réserve, de l'A. territoriale et de sa réserve, en 18 régions et en subdivisions de région (8 généralement). Chaque région est occupée par un corps d'armée Îii y tient garnison. 1 Lille. 2 Amiens. 3 Rouen. 4 Le ans'. 5 Orléans. 6 Châlons-sur-Marne. 7 Besançon. 8 Bourges. 9 Tours. 10 Rennes. H Nantes. 12 Limoges. 13 Clermont-Fcrraud. 14 Grenoble. 15 Marseille. 10 Montpellier. 17 Toulouse. 18 Bordeaux. Un corps d'armée spécial est en outre affecté à l'Algérie.

Les troupes stationnées dans les départements de la Seine et de Seine-et-Oisc sont placées sous le commandement du Gouverneur militaire de Paris. De même, le dé|)artemeiit du Rhône et les communes limitrophes forment le Gouvernement militaire de Lyon (loi du 5 janvier 1875).

La loi des cadres du 13 mars 18/5 (modifiée par les lois des 16 mars 1882,24 juillet 1883,25 juillet 1887, 11 juillet 1889, 23 juillet 1891) fixe la composition de l'armée active, du cadre de réserve et de l'armée territoriale, ainsi que le nombre et la composition des cadres sur le pied de paix et sur le pied de guerre, et l'effectif normal en sim-

Eles soldats sur le pied de paix. Le Président de la Répulique détermine, sur la |)roposition du Ministre de la Guerre, la composition détaillée sur le pied de guerre de tous les éléments constitutifs des armées (Personnel, Matériel, Services auxiliaires).

L'A. active se compose : 1° des corps de troupes de foules armes (Infanterie, Cavalerie, Artillerie, Génie, Train des é(|uipages militaires) ; 2° du persomiel de lEtat-Major général et des services généraux de l'armée (Service d'Etat-Major,Corps du Contrôle); 3° du personnel des Etats-Majors et services particuliers (Etats-majors de l'artillerie et du Sénie, Services des poudres et salpêtres, Service de l'intenaiice. Service de santé. Vétérinaires, Interprètes, Recrutement et Mobilisation, Trésorerie et Postes, Télégraphie, Chemins de fer. Ecoles militaires. Justice militaire, Remonte, Affaires indigènes en Algérie et Tunisie) ; 4» de la Gendarmerie ; 5° des Sapeurs-Pompiers de la ville de Paris.

Les troupes de l'A. active et celles de la terriloriale sont groupées en divisions., brigades, bataillons ou escadro)is, compagnies, escadrons ou batteries ( Voy. ces mots). L'A. territoriale comprend des troupes de toutes âmes. Chaque subdivision de région fournit un régiment d'infanterie à effectif variable. Chaque région fournit un régiment d'artillerie, un bataillon du génie, un escadron du train, un nombre variable d'escadrons de cavalerie, enfin tes services correspondants à ceux de l'A. active. L'A. territoriale a en tous temps ses cadres au complet.

L'A. de mer se compose de deux parties distinctes : la marine ( Voy. ce mot) proprement dite et les troupes de la marine. Ces dernières sont chargées, aux Colonies (l'Algérie exceptée), du service qui incombe en France à l'A. active. Elles comprennent de l'infanterie et de l'artillerie [Voy. ces mots). On leur adjoint les troupes indigènes formées dans chaque colonie.

Les lois, décrets, décisions de toute nature concernant l'armée font l'objet d'une publication spéciale, nommée Bulletin militaire officiel du ministère de la guerre ou Journal officiel du ministère de la marine.

On doit au lient enant-cofonel Beaugé, à MM. Blochet et Cherbouneau. officiers d'administration, des traités complets dé législation et d'administration militaires, et au colonel

Rau des études sur letat militaire de l'Europe. — Voici les priuci|)ales dispositions de la loi du 15 juillet 1889. Tout Français doit le service militaire personnel. L'obligation du service militaire est égale jiour tous. Elle a une durée de vingt-cinq années. Tout Français reconnu propre au service militaire fait partie successivement de l'armée active pendant trois ans, de la réserve de l'armée active pendant sept ans, de l'armée terriloriale pendant six ans, de 1p réserve de l'armée territoriale |)en(lant neuf ans. Ne font cependant qu'un an dans l'armée active, sous certaines conditions spécifiées dans la loi, les instituteurs laïques, les instituteurs ecclésiastiques appartenant à des congrégations reconnues d'utilité publique, les élèves des facultés des lettres, des sciences, de droit, de médecine, des écoles de pharmacie et vétérinaires, de l'école Normale supérieure, de l'école Centrale, des écoles des Chartes, des langues orientales, d'administration de la marine, des ponts et chaussées, des mines, du génie maritime, de l'institut national agronomique, des haras du Pin, des écoles d'agriculture de Grand-Jouan, Grignon, Montpellier, des écoles des mines de St-Etienne, A lais. Douai, des arts et métiers d'Aix, Angers, Chàlons, des hautes études commerciales, des écoles supérieures de commerce reconnues par l'Etat, les prix de Rome, les prix ou médailles d'Etat, les jeunes gens exerçant les industries d'art à raison au plus d'un demi pour cent du contingent, les élèves des séminaires qui se préparent à la prêtrise. (Voy. le décret du 23 novembre 1889.) Enfin, chaque année après les opérations du recrutement, le ministre de la guerre fixe le nombre des hommes qui seront envoyés dans leurs foyers en disponibilité après leur première année de service.

Histori(^ue. Les armées n'ont d'abord été que des masses sans cohésion et sans discipline, où chacun se battait pour son compte, comme cela se passe dans l'Iliade. Avec le temps et la civilisation, on voit aiiparaître des armées, petites il est vrai, mais bien organisées en Grèce d'abord, à Rome ensuite. L'armée romaine surtout est restée célèbre par l'esprit de discipline et de patriotisme qui y régnait, et les grandes choses qu'elle accomplit. Elle fut d'abord temporaire, puis permanente à partir de l'empire. Plus tarcf, sous la féodalité, l'organisation de la société ne comporta pas d'armée permanente. On n'y revint qu'à partir du règne de Charles V et surtout de Charles Vil (ordonnance d'Orléans, 1439). Mais pendant longtemps encore l'ancien système coe.xista à côté du nouveau, et celui-ci ne triompha en France que sous Louis] XIV, avec Louvois. — A notre époque, les armées des peuples civilisés reçoivent à peu près toutes la même organisation : elles comprennent, outre l'état-major général, l'infanterie, la cavalerie, l'artillerie, le génie, le train des équipages militaires, l'intendance militaire, le corps de santé militaire, le service militaire des chemins de fer, de la télégraphie, de la trésorerie et postes, de la justice militaire, etc. Avec le service obligatoire pour tous, dont l'usage tend à triompher en Europe, et les effectifs qui en résultent, les armées constituent une charge écrasante pour les nations modernes. On peut consulter à ce sujet le livre de Von der Goltz, la Nation armée, Paris, 1884.

AUMÉE (Hygiène). Au point de vue de l'Hygiène, l'armée constitue un groupe particulier, soumis non seulement aux milieux et aux modifications communes, mais à certaines conditions spéciales. La jeunesse du soldat et l'impressionnabilité plus grande qui en résulte, le changement de milieu, la vie en commun, en font souvent une proie facile pour les épidémies. L'hygiène militaire s'occupe non seulement de l'habitation, de l'alimentation,' des vêtements, des soins corporels et des exercices du soldat eu temps de paix, elle prévoit en temps de guerre les épidémies, plus meurtrières que le feu de l'ennemi, puisque la campagne de Crimée a (ionné 20 000 morts par blessures contre 75 000 morts de maladies. Elle s'occupe de l'hygiène des camps, du bivouac, (les cantonnements, de l'ambulance, du navire; de la désinfection du champ de bataille, etc. Voy. outre les traités généraux de l'hygiène : Morache, Hygiène militaire, 1873; Ch. Viry, Manuel d'hygiène militaire, 1889.

ARMÉE NAVALE. Dous l'auc. Marine à voiles, elle se composait de 3 escadres, commandées, la 1'° par un amiral ou par un vice-amiral commandant en chef, la 2" par un viceamiral, et la 3° par un contre-amiral. Chacune des escadres devait avoir au moins 2 divisions, comptant chacune au moins 3 vaisseaux.

ARMENIACA (prcncs), nom lat. de l'Abricotier.

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