‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1082 sur 1729 · NATURALISME · texte numérisé non relu

NATURALISME

NALMACHIE

KATURALiSATio-. En Phvsiologie, ce mot se dit : 1" de l'introduction définitive d'une espèce animale ou végétale dans un pavs où elle était auparavant inconnue, mais dont le climat est plus ou moins semblable à celui de son pays natal ( Voy. acclivatatiox) ; 2° de l'état d'une espèce animale ou végétale qui, importée dans un pavs, panient à y vivre comme les espèces naturelles, c.-a-d. à l'état sauvage : le rat noir et le surmulot parmi les animaux, le robinier faux acacia parmi les végétaux olfrenl des exemples de la naturalisation ainsi entendue. — Consulter sur ce sujet Is. Geolfroy St-llilaire, Histoire naturelle générale.

NATURALISME 'du lat. naluralis] , s)slèmc philosopliiqui' qui. conlondant Dieu avec la Mature [Voy. ce mot), prétend expliquer l'existence et les propriétés de tous les êtres par i'actioii de forces inhérentes à la matière, d'où sortent nécessairement, par des transformations successives, la vie et l'intelligence. La Providence est ainsi remplacée par le développement des énergies latentes du monde, par une espèce d'instinct obscur et inconscient jusqu au jour où l'esprit humain arrive à le penser. Telle est la doctrine exposée par Lucrèce, Diderot, Goethe et quelques écrivams du xix° siècle. Elle se réfute par les mûmes arguments que le tnatérialisnie {Voy. ce mot). — Consulter aussi Caro, Vidée de Dieu, etc.

Un appelle encore ^Naturalisme le système religieux qui divmise les forces et les lois de la Nature, en identifiant le monde physique avec le monde moral. C'est l'origine du Polythéisme.

NATLKALissiE. M. Zola a donné ce nom au procédé littéraire qu'il met en pratique dans ses romans et qu'il considère comme le dernier mot de l'art. Distinct du réalisme, qui se Ijorne à l'étude aussi exacte que possible, à la représentation tout unie de la vie de tous les jours, le naturalisme prétend mettre plus de variété clans ses sujets d'étude, en ce qu'il descend plus bas dans l'oliservation du fait, ne reculant pas devant les détails de la vie grossière, malpropre ou atroce.

NATURALISTE (du lat. naturalis], celui qui s'occupe de l'élude des productions de la Nature. Voy. histoire

KATCRFU.E.

Naturaliste préparateur. Voy. empaillemext.

NATURE (du lat. natura: de nasci, naître). Ce mot sert à désigner : 1° le monde physique, c-à-d. l'ensemble des êtres coi-porels, avec leurs propriétés et leurs lois, dont l'étude est l'objet des sciences physiques et naturelles Voy. ce mot) : on lui oppose le monde moral, qui comprend l'ensemble des êtres immatériels, c.-à-tl. les âmes et Dieu ; 2" l'ensemble des propriétés qu'un être possède dès sa naissance et tient de son organisation {Voy. essence) , par opposition à celles qu'il peut devoir à l'art ou à des causes accidentelles. — Dans aucun de ces sens, la nature n'est une cause : il n'y a point d'autres causes réelles que les substances actives. Quand donc on admet que le monde manifeste une puissance intelligente et qu'on l'appelle Sature, ou ce nom n'exprime qu'une abstraction, ou il désigne la Providence divme créant et conservant l'ordre de l'univers par les lois immuables. — Voy. àme

ne SIOXDE.

La Nature, considérée au point de vue du naturalisme (Voy. ce mot), est souvent représentée, chez les anciens, sous l'emblème de Pan. dont le nom en grec veut dire Tout. Les Egyptiens la peignaient sous limage d'une femme couverte d'un voile, pour faire entendre qu'elle est impénétrable. Sur quelques médailles, c'est une femme

Î|ui a les mamelles gonflées de lait, comme symbole de la écondilé.

Philosophie de la Sature ou Métaphysique des sciences physiques, partie de la Métaphysique qui traite de l'essence des corps, telle qu'elle nous est connue par les lois les plus générales de l'astronomie, de la physique, de la chimie cl de la physiologie. Elle applique à la matière les notions de substance et de cause, détermine ses rapports avec X espace et le temps, d'où résultent les définitions du mouvement, de la masse et de la vitesse. Elle examine si l'essence de la matière comprend Vétendue et la force motrice, ou consiste dans l'une d'elles exclusivement, comme le prétendent le dynamisme et le mécanisme. Elle démontre la nécessité d'admettre la création; elle explique la formation du monde 'cosmogonie) par les propriétés que Dieu a données a la matière en la créant. Enfin elle définit la vie des êtres organisés, la génération et Vespèce,

et discute les différentes théories qui ont été émises sur ces questions, animisme, organicisme et vitalisme ( Voy. tous ces motsj. — En France, on peut citer sur cette partie de la Métaphysique la Philosophie spiritualiste de la Nature, de M. 11. Martin (en y joignant l'ouvrage intitulé les Sciences et la Philosophie]; mais les diverses (juestions qu'elle comprend ont été traitées séparément dans de nombreux écrits, dont on trouvera l'indication dans les articles cités plus haut. En Allemagne, après la Monadologie de Leibniz, Kant a publié les Principes métaphysiques de la science de la Salure 1786); Schelling, Idées sur la philosophie de la Sature 1797 , De l'âme du monde (1/98), Esijuisse d'un système de la philosophie de la Sature (l /99) ; Hegel, Philosophie de la Sature. Le Cosmos de Humboldt offre un magnifique résumé de l'ensemble des connaissances positives que nous possédons sur la Nature.

Sature morte, se dit, en Peinture, des animaux tués, et particulièrement du gibier, dont la représentation constitue un genre particulier de peinture. Ce nom s'applique aussi à la reproduction de fleurs, de fruits et même de vases, d'armes, etc.

NATUREL (du lat. tiaturalit), qualité du style. Voy.

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