NATURALISATION
Festucacécs, renferme des espèces de roseaux gigantesques, voisin des Buinbuus : ils sont communs «iuiis l'île de la Réunion, où ils s'élèvent en arbres, et jettent de leurs nœuds des rameaux en verticilles, chargés de fleurs à leur sommet. — Dioscoride désignait sous ce nom plusieurs espèces de roseaux servant à faire des flèches. On présume qu'il s'agit d'un Rotang.
NASUA, nom latin du Coati. Voy. ce mot.
NATAL, }ialalis (lies. Ce mot, qui désigne proprement le jour de Noël, se disait autrefois, dans l'Eglise, pour désigner une fête quelconque. On appelait spécialement les Quatre Nataux les fêtes de Noël, de Pâques, de la Pentecôte et de la Toussaint.
NATALITÉ. Voy. naissance.
NATATION (du lat. natatio). L'homme n'a pas, en naissant, la faculté de nager. La pesanteur de sa tète paraît être, avec la crainte de se noyer, le principal obstacle à son maintien au-dessus de la surface liquide. En même temps
Îue l'art de nager donne à celui qui le possède le moyen 'échapper, dans certains cas, à une mort cruelle, l'cxei^ cice de la natation fortifie la constitution du corps en général, et augmente surtout les forces musculaires; il agit aussi comme sédatif sur le système nerveux ( Voy. bains froids). — Les anciens attachaient à cet art une grande importance; il est, au contraire, trop néglige chez nous. La première école de natation fut établie à Paris en 178o à la pointe de l'ile St-Louis par le sieur Turquin; aiij. on en compte une trentaine. En 1853, des mesures ont été prises par le Gouvernement pour former à l'art de la natation les marins et les soldats. — Thévenol, Evrard Degbi, Nie. Vinmann, Alph. Borclli, Courtivron, J. llenin, etc., ont rédige les préceptes de cet art.
NATICE, Natica, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pectinibranches, et type de la famille des Naticidées : coquille spirale, globuleuse, à spire régulière, dont la bouche semi-lunaire est pourvue d'un ombilic ouvert et encroûté. L'animal est pourvu d'une trompe et se nourrit de proie vivante. Les Natices vivent dans presque toutes les mers. On distingue parmi les espèces vivantes : la N. orangée ou Téton orangé, des mers de la Chine et de l'Océanie; la iV. glaiicitie, la N. mamillaire, etc. Les espèces fossiles sont nombreuses dans tous les étages secondaires et tertiaires. — Le genre Naticelle (Naticella, Deshayesia), très voisin des Natices, mais qui présente dans l'intérieur de la bouche, sur le bord columellaire, deux dents analogues à celles des Nérites, ne se trouve qu'à l'état fossile et appartient à l'étage falunien.
NATION, NATIONALITÉ (du lat. natio). On appelle nation une agrégation d'hommes habitant un même territoire, soumis aux mêmes lois et vivant en communauté de mœurs et de langage : c'est en ce sens qu'on dit la nation française, la nation allemande, la nation espagnole. Souvent, dans l'usage, le mot nation se confond avec le mot peuple ; il en dill'ère toutefois en ce que par le mot nation on entend particulièrement l'agrégation politique, et que le mot peuple rappelle avant tout l'origine, la race : le peuple juif vit auj. dispersé par toute la terre et ne forme plus un corps de nation. Toutefois la nationalité d'un peuple peut survivre à son indépendance (Pologne), et plusieurs nationalités peuvent être confondues sous l'empire d'un même souverain (Autriche, Russie]. On entend auj. par principe des nationalités un principe en vertu ouquel ues portions d'une race d'hommes politiquement séparés mais parlant la même langue tendent à se constituer en un seul corps de nation. L'Italie, l'Allemagne, etc., offrent de nos jours l'application souvent contestable de ce principe.
NATIONS, Gentes, Gentiles, se prend, dans l'Ecriture sainte, pour les peuples infidèles et idolâtres. St Paul est appelé VApôtre des nations, le Docteur des nations, parce qu'il s'attacha principalement à convertir et à mslruire les païens.
Nation se disait autrefois, dans l'Université de Paris, d une société de maîtres et d'étudiants de la même nation, vivant sous les mêmes règles, ayant les mêmes préfets. On distinguait quatre nattons : France, Picardie, Normandie et Allemagne.
Collège des Quatre-Nations, collège fondé par Mazarin pour recevoir les élèves de l'Université appartenant aux provinces espgnoles, italiennes, allemandes et flamandes, nouvellement réunies à la France. Les bâtiments du col-
lège des Qualre-Nafions forment maintenant le palais de l'Institut.
Nations, dans l'ordre de Malte. Voy. langues.
NATIONAL, qui est de la nation, se dit par opposition à ce qui est étranger. Voy. ce mot.
Garde nationale. Voy. uarde.
Biens nationaux. Voy. biens.
NATIVITÉ (du lat. nativitas), jour de naissance. Celle expression s'emploie en parlant île Jésus-Christ, de la Vierge et des plus grands saints. L'Eglise catholique fête, le 25 décembre, la Nativité du Sauveur (Voy. noël) ; le 8 septembre, la N. de la Vierge ; cl le 24 juin, la N. de St Jean-Baptiste.
Les Astrologues appelaient thème de nativité la disposition des astres au moment d'une naissance.
NATRIUM, ane. nom du Sodium : d'où Na, symbole de ce métal. Voy. sodicm.
NATRIX (c.-à-d. nageuse), nom latin de la Couleuvre à collier ou Serpent d'eau. Voy. couleuvre.
NATROLITHE. Voy. mésotïpe.
NATRON (de l'aralbe natroun), Natruni, carbonate de soude naturel [Na*O.CO*-l- 1011*0] : substance blanche, soluble, qui se présente sous forme saccharoïde, fibreuse, compacte, ou confusément cristallisée en prismes clinorhombiques. On la trouve dissoute dans les eaux de certains lacs, ou à l'état solide, en Egypte, en Perse, etc.
NATTE (du lat. natta), tissu grossier fait de diflérentes matières, telles que joncs, roseaux, sparte, paille, ou de quelques plantes et écorces d'arbres faciles à se plier et à s'entrelacer. La paille, ainsi que les autres matières dont on fait des nattes, doit être fraîche et longue; on la mouille, et ensuite on la bat sur une pierre avec un lourd maillet de bois pour l'écraser et l'aplatir. Quelques nattes fines de jonc viennent du Levant ; mais les plus belles sont celles de l'Inde, de la Chine et du Japon. On fait en Portugal et en Espagne des nattes de sparte teint qui sont d'un elict agréable. La Russie fabrique une grande ouantité de nattes faites avec des herbes aquatiques et de l'écorce de tilleul. Pendant longtemps les nattes ont servi de tapis; auj. elles servent encore à cet usage dans tout l'Orient et même en France, pour cabinets de toilette, maisons de campagne, etc. ; on en recouvre aussi les murs. — On les emploie parfois pour l'emballage. Le sucre de l'île Maurice vient dans des nattes grossières faites avec l'écorce du lalanier.
Les nattes ont été les premiers produits de l'art de tisser. Les sauvages de l'Amérique, ainsi que les insulaires de l'Océanie, font preuve d'une grande habileté dans ce genre de travail.
Dans le Commerce, on a donné le nom de Natte à plusieurs coquilles : ainsi on nomme Natte d'Italie, les Conus tessellatus et litteratus; N. de jonc, N. sans taches, des Tellines.
NATURALISATION (du lat. natnralis, naturel), acte par lequel un étranger devient membre d'un Etat qui n'est jioint le sien, et obtient ainsi les droits et privilèges dont jouissent les naturels. Autrefois, en France, le roi seul avait le droit d'octroyer à un étranger des lettres de naturalité. La Constitution du 3 septembre 1791 transjMrta ce droit au pouvoir législatif; mais, depuis, il a été rendu au pouvoir exécutif. — La naturalisation a été réglementée à nouveau par la loi du 29 juin 1867, et, depuis, par la loi récente du 26 juin 1889, elle s'obtient auj. à la suite d'une demande formée par l'étranger qui a résidé dix ans en France; ce stage est réduit à cinq ans s'il y a eu autorisation donnée à l'étranger par le gouvernement d'établir son domicile en France ; il est même réduit à un an pour ceux qui ont rendu à la France des services importants, apporté une industrie ou invention utile, forme un grand établissement ou une grande exploitation agricole, ou épousé une Française. L'étranger naturalisé jouit de tous les droits du citoyen français, sauf qu'il n'est éligible aux assemblées législatives qu'après dix ans de naturalisation. Les enfants mineurs de l'étranger sont naturalisés ipso facto avec lui; sa femme et ses enfants majeurs peuvent être naturalisés soit par le même décret que lui, soit par l'effet d'une simple déclaration de leur part faite dans le courant de l'année suivante. — La femme étrangère qui épouse un Français devient Française de plein droit : c'est ime sorte de naturalisation qui s'obtient sans l'intervention du gouvernement (C. civ., art. 13). Le Français naturalisé à l'étranger perd la qualité de Français (art. 17). Voy. André Weiss, De la Nationalité (1892).