NOBLESSE
•suivant les cas, la différence de niveau ainsi déterminée, •on a la cole du point M.
.Mvellement par la pente. On peut aussi déterminer j)ar le calcul la différence de cole entre deux points si l'on connaît la distance qui les sépre horizontalement et la pente de la ligne qui les unit. Ce procédé de nivellement, un peu moins précis peut-être que le nivellement direct, est en revanche heaucoup plus rapide; c'est le seul qu'on puisse emploj-er pour l'étahlisseraent des cartes topographiques. L'instrument qui sert à la mesure des pentes se nomme Véclimclie ; a se compose d'une lunette mobile le long d'un arc vertical gradué; la ligne 0 — 180° <le celui-ci étant étal)lie horizontalement à l'aide d'un niveau, et la lunette étant dirigée sur le point à viser, on lit sur la production l'angle que forme celte ligne avec l'horizon. Si a est cet angle, d la dislance horizontale entre les deux j)oints, li la différence de niveau, on a h = d.lga, quantité à laquelle il faut ajouter ou retrancher la hauteur de l'uislrumcnt au-dessus du sol.
Le nivellement direct (c.-à-d. par les niveaux), simple ou composé, est employé en arpentage et pour les levés de précision, tels que ceux qui doivent servir de base à l'établissement de travaux de construction ; le nivellement indirect (par les pentes) est celui dont on fait usage dans les levés topographiques. Dans ce dernier cas, on procède à la détermination des cotes de chacun des sommets des jwlygones en même temps qu'on en fait le levé; on détermine ensuite les cotes des {wints importants compris à l'intérieur de ces figures. Lorsque le levé est étendu, il faut apporter aux dillérentcs cotes calculées des corrections résultant : l" de la courbure de la sphère terrestre, 2" de la réfraction de la ligne de visée dans son passage au travers des couches d'air inégalement denses. On rapporte alors les cotes à un niveau commun qui est celui des mers supposé prolongé sous les continents ; la hauteur d'un point au-dessus de cette surface idéale se nomme allilude. — Les travaux d'Yvon Yillarceau, du colonel lioulier, de M. Lallemant, en France, parus depuis 1868, ■ont démontré que la détermination du nivellement était chose plus complexe qu'on ne se le figurait autrefois, :j)ar suite des attractions locales et de la variation de la pesanteur à la surface terrestre; ils ont conduit à deux tliéories du nivellement : l'une or t home trique, dans l.iquclle les diverses surfaces de niveau du sphéro'ide terrestre restent é((uidistanles; l'autre, dynamique, fondée -ur le principe dos variations de la pesanteur. — Consulter : li's Traités de nivellement de Laiiire, de Puissant, de IJreton (de Champ), etc.; Yvon Yillarceau, Théorème sur les attractions locales ; Goidier, Corrections de nivellements de précision (Comjjles rendus 'de l'Académie des sciences) ; lallemant, Aofc sur le principe fondamental de la théorie du nivellement; et, parmi les traités élémentaires, le Traité d'arpentage et de nivellement de M. C. Yacquant.
NIVÉOLE (du lat. nix, nivis, neige), Leucoium, quel- <juefois vulg. Perce-y'eige, genre de la famille des Amaryllidées, renferme des plantes herbacées, bulbeuses, qui croissent dans la région méditerranéenne et aussi dans le centre de la France; périanthe coloré, campanule, à 6 divisions sur 2 rangs, 6 étamines; le fruit est une capmile charnue à graines noires. La y. printanière {L. vernum) a un bulbe arrondi, une hampe courte entourée à sa base de feuilles planes d'un vert foncé et portant à son extrémité des fleurs blanches; elle fleurit dès les premiers beaux jours : on la trouve au milieu des lx)is et des prés humides. La X. d'été (L. œstivum), ou A'. « bouquets, ne fleurit qu'en mai : sa hampe est plus haute et ses feuilles plus longues. \a y. d'automne [L. aulutnnale) fleurit encore un j»eu plus tard.
NIVÔSE (du lat. nix, nivis, neige), 4* mois du Calendrier républicain, connnence, suivant les années, le 21 ou le 22 décembre. Voy. calendrier.
NIZAIVI, titre de dignité dans l'Hindoustan ( Voy. le Dict. d'IIist. et de Géogr.). — Dans l'empire ottoman, on donne aussi ce nom aux soldats qui composent la première levée, inar opposition aux rédifs, qui forment une espèce de landwehr.
NOBILIAIRE, recueil où l'on trouve les noms des familles nobles avec leui*s litres et armoiries. Voy. noblesse, armo-
RIAL, LIVRE d"0R.
NOBILISSIME (du lat. nobilissimus, très noble), titre Jionorilique qui, dans le lias-Empire, était réservé à la
famille des empereurs. Il donnait le droit de porter la pourpre.
NOBLE (du lat. nobilis), qui fait partie de la noblesse-
Voy. NOBLESSE.
NOBLE (monnaie), nom donné jadis à plusieurs monnaies. Le noble à la rose était une monnaie d'or d'Angleterre, qui portait la rose d'York ou de Lancastre. Les premiers furent frappés par Edouard III, en 1334. Sous Henri YI, les Anglais étant maîtres de la France, on battit à Paris, en 1426, des nobles à la rose, valant environ 23 fr. 71, des demi-nobles et des quarts de noble. Le noble Henri, monnaie d'or d'Angleterre, eut cours en France sous les premiers Valois : il valait un peu moinsque les noblesà la rose.
NOBLE-ÉPINE, nom impropre qu'on donne quelquefois à Y Aubépine et à ï'Epine-vinette.
NOBLESSE (du lat. nobilis, noble). Il y a eu de tout temps et chez tous les peuples des distinctions entre les hommes d'une même nation, dues à la conquête, aux dignités, à l'illustralion personnelle ou à celle des ancêtres, etc. : de là l'origine de la noblesse. Chez les Juifs, la noblesse était surtout attachée à la priinogéfiiture ; chez les Persans et les autres peuples dt; l'Orient, elle naissait des hautes fonctions remplies auprès de la personne du souverain, ou de la distinction des castes. A Rome, les patriciens, les sénateurs, tous ceux qui avaient le droit A'itnages {Voy. ce mot), et, dans un rang moins élevé, les chevaliers constituaient la noblesse : elle se recrutait au moyen des hommes nouveaux qui arrivaient aux grandes magistratures. — Avant la conquête de la Gaule, la noblesse proprement dite existait certainement chez les Franks; dans la suite, on appela nobles tous ceux qui possédaient, à titre héréditaire, des charges importantes, comme celles de ducs, comtes, marquis, etc. ; les bénéfices ou fiefs concédés à des particuliers, et plus tard déclarés inamovibles et enfin héréditaires, devinrent une seconde source de noblesse ; enfin le droit de noblesse fut attaché à la possession de certains offices d'administration ou de magistrature, confiés par le souverain ou même achetés à prix d'argent. De là l'établissement de diverses catégories dans la noblesse elle-même.
Avant 1789, on distinguait en France 8 catégories de nobles, savoir : 1° le Boi; 2» la JV. couronnée, celle des princes du sang; 5" la N. de race ou de parage, transmise héréditairement et par la ligne paternelle ; 4° la y. par lettres, conférée par le roi pour services rendus à l'Etat (les premières lettres d'anoblissement datent de Philippe le Hardi) ; 5° la iV. d'office, que conférait la possession de certains offices de judicature (on lui domiait aussi le nom de iV. de robe, par opposition à la noblesse de race, qu'on nommait alors N. d'épée, parce qu'elle dérivait de la conquête et qu'elle se consacrait spécialement au métier des armes) ; 6° la A', de cloche, celle qui, dans les provinces, provenait du titre de maire ou d'éclievin ; 7° la iV. de coutume ou par les mères, privilège de naissance qui passait de la mère noble en la personne de ses enfants, quoique le père fût roturier ; 8» la .V. bâtarde. — On appelait encore y. de finance, celle qui s'acquérait en achetant des lettres de noblesse. — Pour les degrés de noblesse, voy. quartier. ,
La révolution de 1789, en abolissant tous les privilèges (nuit du 4 août 1789), voulut détruire la noblesse, et les nobles furent pendant la Terreur l'objet des plus barbares proscriptions. Napoléon l" créa une nouvelle noblesse, fondée sur la distinction mihtaire ou sur le mérite civil. L'ancienne noblesse reparut avec la Restauration; mais elle ne reprit que ses titres, sans privilèges. Le Gouvernement provisoire avait aboli les litres de noblesse par un décret du 29 février 1848; ils furent rétablis le 24 janvier 1852, et, depuis, la propriété des titres de noblesse fut protégée : 1° par le décret du 8 janvier 1859 qui rétablit le conseil du sceau des titres [Voy. sceau), appelé à statuer sur les demandes en collation, confirmation et reconnaissance de titres; 2» par l'art. 259 du Code pénal revisé en 1858 (Loi du 28 mai), qui punit d'une amende de 500 à 10000 fr. quiconque a, sans droit et pour s'attribuer une distinction honorifique, pris publiquement un titre qui ne lui ap|)artient pas ou changé le nom que lui donne son acte de l'étal civil. — Les titres nobiliaires acluellemenl en usage en France sont, dans l'ordre ascendant, ceux de chevalier, baron, vicomte, comte, marquis et duc. Quant au litre de prince, quand il ne désigne pas les prince du sang, il est presque toujours d'origine étrangère.