‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1125 sur 1729 · OPHIDIENS · texte numérisé non relu

OPHIDIENS

OOSPORE. nom donné par divers auteurs à l'œuf résultant d'un phénomène de conjugaison chez les végétaux Cryptogames.

OPACITÉ du lat. opacilas], nualité des corps qui ne laiss<^nl pt>int passer les rayons lumineux : tels sont les métaux. On opjx)se aux corps opaques les corps diaphanes.

Voy DlAPIUSÉITt.

OPALE (du lat. oyw/H« ; sanscrit upala. pierre précieuse), minerai formé de Silice hvdratée, de composition assez variable. C'est une pierre d'un blanc laiteux olfrant ))arfois «les retlets irisés remarquables qui la font rechercher des lapidaires- Les principales variétés sont 10. noble, 10. de feu. l'Hyalite, la Glysén'te. la fiésinite. la Ménilite, VUydrophanc, le Cacholong , le Silex nectique. — Les anciens connaissaient lopale et la tiraient de l'Inde, de l'Egypte et de l'Arabie. Aujourd'hui les plus Ijolles opales viennent de Hongrie : elles se trouvent dans des trachytes.

OPATRE, Opalrum. genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères hétéromères et voisin des Ténébrions, a pour ty|)c VO. des sables, commun dans toute l'Europe.

OPÉRA, mot italien qui signifie « œuvre », sort à désigner un ouvrage dans lequel la poésie et la musique se prêtent un mutuel concours, et destiné à être représenté sur ta scène. Par extension, on donne aussi le nom d'opéra soit à la partition sans les paroles, soit au livret ou librelto sans la musique, soit enlîn au théâtre réservé à ce genre de représentations. En France, on distingue deux sortes d'oj>éra : le grand opéra, drame lyrique dans lequel le chant n'est jamais interrompu, les parties dialoguées étant mises sous la forme de récitatifs; et V opéra-comique, dans lequel le chant alterne avec le dialogue. En Italie, il faut signaler, outre Vopéra séria, analt^c à notre grand o|)éra : Vopéra buffa, entièrement en musique, ce qui en fait un gein-e différent de notre opéra-comique, et caractérisé par la présence d'un personnage boull'e, et Vopéra dani-seria, qui n'est qu'un compromis entre les deux autres. Cette nomenclature serait incomplète si nous ne disions un mot de deux genres d'opéras de création plus récente : Voj)n-eUe, qui est en réalité un diminutif de l'oix-ra-comiquc, et Vopéra-bouffe français, qui est à ce dernier ce que la farce est à la comédie, sans avoir rien de commun avec Vopéra-bouffe italien.

L'oi^éra est d'origine italienne : en dépit de tentatives antérieures, ce n'est qu'à la fin du xvi" siècle, avec la Daphné de Péri, bientôt suivie de V Eurydice de Monteverde, que commence son histoire. A dater de ce moment il se développe rapidement avec Scarlalti et son école, Piccinni, Cimarosa. Paësiello, puis, plus près de nous, Rossiiii. Bellini, etc. Quant à Vopéra buffa, d'alwrd simple intermède, il trouva sa forme définitive avec la Serva padrona de Pei^lèse. Les premiers opéras joués en France furent des opéras italiens; rappelons la représentation de la Finta jmzza, de Strozzi, en 1645, par ordre de Mazarin. Dieu qu'il ne faille pas oublier l'œuvre de Cambert. le premier com|X)siteur d'o|HM'as français, c'est Lulli. qui acclimata vraiment l'opéra en France. Il obtint le privilège <le l'Académie royale de musique en 1675. A sa suite, nommons le rénovateur de l'art dramatique, Gluck, puis Rameau, et. tant en France qu'en Allemagne, à la fin du xviir' siècle et au commencement du xis.', Mozart, Méhul, Webor. Meyerbeer, etc.

Parmi les auteurs qui se sont distingués dans l'opéra, on remarque : comme poètes ou librettistes, Quinaull, Campistron, Fontenelle, Lamotte, Cahuzac, J.-J. Rousseau, Lesage, Piron. Favart, Sedaine, Marsollier, Jouy, Scrilje, etc.; comme compositeurs. Lulli. Rameau, Mondoville, Gluck, Piccinni, Gretry, Monsigny, Duni, Paësiello. Sacchini, Mozart. Haydn, Lesueur, Weber, Siwnlini, Dalayrac, Rossini, Cherubini, Boieidieu, Nicolo, llerold, Bellini, Ad. Adam, Meyerlxîer, Donizetti, Verdi. Anber. Halévy, Berlioz, Félitien David, Gonnod. Massenet, Sainl-Sacns, etc.

Consulter : Ménétrier. Des rej)réscntations en musique (Paris, 1681); Chassiron. lié flexions sur les tragédiesovéra (1751); yo'iT\il\c, Histoire de l'Académie royale de musique (1752); Algarotti, Saggio sopra l'opéra (Livourne, i763); Planelli. Dell'opera in musica (Naples, 177'21; Sutherland, Histoire de l'opéra (en angl., 1861). etc.

L'origine de l'opéra-comique, genre essentiellement français, remonte à la fin du xvir" siècle; d'abord simple pièce à ariettes jouée sur les théâtres de la Foire, il atteint son apogée avec Grélry et Monsigny et continue à jouir d'une

grande faveur avec Boieidieu, Nicolo, Auber, Hérold, Adam. etc.

OPÉRATION, MÉDECINE OPÉRATOIRE. Tot/. C5IIRIRGIE.

oi'ÉRATiox, en Mathématiques. Une opération mathém.itique, elVecluée sur une ou plusieurs quantités, est là moyen de déduire de ces quantités une autro quantité. Ainsi l'addition permet de déduire de deux nombres la somme de ces nombres. D'une part, il est aisé de reconnaître que certaines opérations ont des propriétés communes, p. ex. : dans une somme on jwut intervertir l'ordre des termes ; dans un produit on peut intervertir l'ordre des facteurs ; dans une somme on peut remplacer tels termes que l'on veut par leur somme effectuée ; dans un produit on peut remplacer tels facteurs que l'on veut par leur jHXxiuit effectué. Dans la soustraction ou la division, les deux tenues ne jouent pas le même rôle. D'autre part, une même opération s'applique à des objets très différents : on peut ajouter deux nombres entiers, deux fractions, deux nombres algébriques, deux segments de droite, etc. On conçoit donc qu'il y ait une théorie générale des opérations, indépendante des éléments sur lesquels on opère, ne retenant que ce qu'il y a de commun dans ces opérations. Celte théorie classe les opérations d'après certaines propriétés, et conduit pour chaque opération à des concepts abstraits très généraux. Elle a été fondée par Grassmann. M. Houël en a résumé, de la meilleure façon, les points essentiels.

Opération de t'time. Vou- facclté.

OPERCULAIRE, Opercuïaria, genre de la famille. des Rubiacées, est composé d'espèces propres à l'Australie, et dont les principales sont : l'O. à ombelles, VO. rude, VO. à graines, VO. à feuilles dhyssope, VO. à feuilles de basilic.

OPERCULE (du lat. operculum, couvercle^. On nomme ainsi : en Botanique, l'espèce de couvercle qui ferme l'urne des mousses; — en Ichtyologie, un ap|)arcil osseux composé de quatre pièces, qui, dans beaucoup de poissons, couvre et protège les branchies ; — en Conchyliologie, une pièce calcaire ou cornée qui ferme plus ou moins complètement l'ouverture de certaines coquilles univalves.

OPÉRETTE [àwam.A'opéra]. Ce nom, donné dalKud en Allemagne et au xviii' siècle à de petites pièces de théâtre intermédiaires entre l'opéra-comique et le vaudeville, est passé dans notre langue et s'applique aujourd'hui à de petites pièces chantées qui se jouent sur les petits théâtres ou dans les salons. C'est ce que les Italiens appellent burlelta. La Fille de Mme Angot, la Belle Hélène, la Grande-Duchesse de Gerolstein, les Cloches de Corneville, la Mascotte, Miss Hélyelt, sont des opérettes célèbres. Voy. OPÉRA.

OPHÉLIA, 171* petite planète, trouvée le 15 janv. 1877 par Borrelly. à Marseille, loy. pla.nètes.

OPHICÉPHALE (du gr. ôsi;, serpent, et xesaAT,. tèlej, Ophicephalus, genre de Poissons acanthoptérygiens, ne l'ordre des Squamodcrmes, famille des Pharyngiens labyrinthiformes. Comme les Anabas [Voy. ce mot), ils ont, au-dessus de leurs branchies, des cavités, qui retiennent l'eau et leur donnent la faculté de vivre asstv longtemps hors de leur élément naturel. Les Ophicéphales habitent, dans l'Inde, les rivières et les étangs. Ils ont la vie si dure qu'on leur arrache les entrailles et qu'on en cou|)e des morceaux sans qu'ils meurent à l'instant. Les jongleurs s'en servent pour divertir la populace.

OPHICLÉIDE (du gr. ôçiî. ser|)ent, et xAcÎ;, clef), instrument à vent en cuivre, sorte de serpent à clefs, ainsi que l'indique son nom, de la même famille que les bugles. D'origine hanovrienne, il fut inlrothiit dans les musiques militaires françaises vers 1815 et à l'Opéra vers 1817 par Spontini, mais fut vite abandonné un peu partout pour les tubas à pistons et les saxhorns. On distinguait 2 sortes d'ophicleides à peu près seules en usage : l'ophicléide de basse en ul ou en si b. et l'ophicléide alto en tni i>, ayant l'un et l'autre une étendue d'environ 5 octaves. Quelques facteurs tentèrent aussi, mais sans succès, de construire des ophicléides-«x)ntrebasses, dits ophicléides monstres.

OPHIDIENS (ilu gr. ôsiî, serpent), 4' ordre de la classe des Reptiles propr. dits, réunit tous les véritables Serpents. Ces animaux ont le corps allongé et dépourvu de membres. Leur peau est sujette à des mues régulières par suite desquelles elle se détache tout d'une pièce et comme un fourreau. Elle est toujours recouverte d'écaillcs, sou-

OPHIDIUM

OPISTIIODOME

vent de trois espèces : écailies ordinaires, plaaues céplialiquos, plaipios ventrales. Les pièces des màclioires sont allongées el douées «l'une très grande mohililé, ce qui peraiet à la houclie de se dilater démesurément pour enj,d«)utir des proies volumineuses. Au lieu de paupières, ces animaux ont une écaille épidcrmique transparente qui dans la mue tombe avec le reste de la peau; leur langue est bilidc ; leurs dénis sont coniques, inlléchios en arrière. La classification de Duméril, adoptée au Muséum, est fondée sur la considération de ces dents; il distingue : les Ti/phlopidcs, qui n'ont des dents qu'à l'une des deux mâchoires; les Solcnoglyphes, dont les dents maxillaires antérieures sont creusées d'un canal pour donner passage au venin; les Protérof/lyphes, cliez qui au lieu d'un canal il n'y a qu'un simple sillon; les Opisthoglyphes, ciiez qui le sillon au lieu d'appartenir aux dents maxillaires antérieures appartient aux postérieures; enfin, les Aglyphes, entièrement dépourvus de sillon. Le degré de développement du sillon ou du canal indique le degré de leur venimositi'-. Les zoologistes réunissent ordinairement les Solénoglyplies et les Protéroglyphes en une seule l'amillc, celle des Vipéridés. Les Opisthoglyphes et les Aglyplies forment la famille des Coluuridés, qui, avec les Typhlopidés, constituent les trois groupes qu'on distingue parmi les 500 espèces d'Ophidiens connus.

Les anciens nous ont laissé les noms d'un très grand nombre de serpents, dont on n'a pu toujours établir la synonymie comparative; tels sont, p. ex., le Dipsas dont j)arlc Lucain, le Dragon de Pline, et le Serpent de Régulus.

OPHipiUM, espèce d'Anguille. Voy. donzei.le.

OPHIOGLOSSE (dugr. ô'.f!t;, serpent, ctvAwaaa, langue), vulg. Langue de serpent, genre de la famille des Fougères, type de la tribu des Ophioglossées : sporanges réunis en un épi distique articulé, uniloculaires, à déhiscence transversale sans anneau. Ces plantes habitent les lieux marécageux : elles ont des feuilles lancéolées, entières, d'une consistance molle, d'un vert tendre. L'O. commune [0. vulgatum), vulg. Langue du Christ, Herbe sans couture, ciinimuneen France, a environ 0 m. 20 de haut. Sa souche t<l fibreuse. Elle passe pour vulnéraire. Les Ophioglossées comprennent les genres Ophioglosse et Botî-ychium.

OPHION (du gr. ôcpt;, serpent), genre d'Insectes, de l'ordre des Hyménoptères térébrants, famille des Pupivores, tribu des Icnneumonides : antennes fdiformcs, abdomen pédoncule en forme de faucille. L'espèce type est VOphion jaune [0. liiteus], dont la larve vit aux dépens de certaines chenilles et principalement d'une espèce de Bombyx.

OPHIOSTOME (du gr. ôœiç, serpent, et <TTÔ[j.a, bouche), Ophiostoma, genre d'Helminthes nématodes, renferme une espèce \'0. Pontieri, qui serait parasite de l'homme.

OPHISAURE (du gr. ôcp'.î, serpent, et aaûpa, lézard), Ophisaurus, genre de Reptiles serpentiformes, de l'ordre des Sauriens, famille des Chalcidicns. On n'en connaît qu'une seule espèce, VOp/iisaure ventral, dit aussi Serpent de verre, qu'on trouve dans le sud des Etats-Unis.

OPHISURE du gr. ôcpi;, serpent, et ovpi, queue), Ophisitrus, genre de Poissons malacoptérygiens apodes, de l'ordre des Squamodernes, famille des Anguilliformes, dill'ère des Anguilles en ce que la doi-sale et l'anale se terminent avant d'aiTÏver au ixjut de la queue, qui se trouve ainsi dépourvue de nageoires. La Méditerranée en nourrit une espèce, nommée aussi Serpent de mer ou Anguille serpent.

OPHITE (du gr. ôotxT);), roche éruptive basique de com- TOsition minéralogique variaiile, mais présentant toujours la structure dite ophilique, caractérisée par la présence des bisilicates cristallisés en dernier lieu au milieu d'un agrégat de cristaux de feldspath allongés à la manière des raicrolilhes. Cette structure peut se rencontrer dans les montes, les diabases, les gabhros, les jwrphyrites, les basaltes, dont les variétés ophitiques ont été désignées sous le nom Aophites, surtout lorsqu'elles se présentaient sous la tornie de roches vertes à cristaux blancs, cas qui est surtout réalise dans les Pyrénées, où les ophilcs jouent un roie considérable et ont donné lieu aux interprétations les

^ nDu,."!^"''^ ''"f "' ^ '•^"'' "^'^ <"' « ''^»'' "i"<'c d'origine. OPHIUCHUS (c.-a-<l. en gr. qui tient un serpent), con-

stellation. Voy. SERPENTAIRE.

OPHIURE (du ÇT. Ô9..C. serpent, et oioâ, n Opiuura, genre d Echinodermes, type de ia ciaa

ueue), classe des

Ophitir idées, est caractérisé par la forme allongée et serj)entiforme des rayons <jui bordent son corps et qui se distinguent nettement du disque central. Ou trouve des espèces de ce genre dans toutes les mers.

OPHIUSE, Ophiusa, genre d'Insectes, de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, a pour type l'O. lunaris, commune aux environs de Paris.

OPHRYS (du gr. ô-joû;, sourcil ; de la forme de plusieurs pétales), genre de la famille des Orchidées, type de la tribu des Oplirydées, diffère des Orchis propr. dits en ce que le pétale inférieur [labelle] n'est pas terminé en éperon; de plus, les Ophrys offrent dans l'ensemble de leurs pétales des figures qui ne se trouvent que rarement dans les Orchis : l'œil croit voir dans certaines Heurs la forme d'une abeille (0. apifera), d'un gros bourdon [0. myiodes), d'une araignée (0. arachnites). — Outre le genre type, la tribu des Oplirydées renferme un grand nomijre de genres : Orchis, Serapias, Sahjrium, Gymnaderia, Habenaria, Ilolothrix, Disa, Corycium, etc.

OPHTALMIE (du gr. ocpOaXfita), nom par lequel on désignait généralement autrefois toutes les affections inflammatoires du globe de l'œil. On le réserve auj. pour désigner les maladies superficielles de l'œil, les conjonctivites calarrhale, granuleuse, purulente, qu'on appelle encore 0. granuleuse, calarrhale, etc. On se sert également du terme ophtalmie pour désigner l'O. sympathique ou migratrice, dans laquelle un œil sain peut être infecté par son congénère qui est malade, et cela par des voies profondes. L'iritis et l'irido-cyclite engendrent surtout l'O. sympathique. L'énucléation de l'œil malade peut seule enrayer les accidents.

Ophtalmie purulente des nouveau-nés, SiSection contagieuse, est caractérisée par le gonflement des paupières et l'amas d'une matière purulente entre le globe oculaire et les paupières. Cette ophtalmie peut se borner à la conjonctive palpébrale, mais elle s'étend le plus souvent à la conjonctive oculaire, et même jusqu'au globe de l'œil. C'est aloi-s une affection extrêmement grave : un grand nombred'enfants qui en ont été affectés restent aveugles ou en conservent des taies qui gênent plus ou moins l'exercice de la vision. L'existence d'un écoulement vaginal chez lai mère est la cause la plus fréquente de l'O. des nouveaunés. L'enfant s'inocule au passage. La cautérisation au nitrate d'argent à 2 ou 3 pour 100, associée aux lotions antiseptiques répétées, est le seul traitement efficace.

Ophtalmie périodique, chez le Cheval. Voy. flcxion.

OPHTALMOSCOPE (du gr. ôcp6a)>[xoî, œil, et <jv.OTzel'^, examiner), appareil imaginé, en 1851, par Ilelmholtz, et destiné à éclairer et à explorer les milieux de l'œil. Il consiste essentiellement en un miroir métallique fortement éclairé et percé à son centre, qui se place devant l'œil de l'observateur, et une lentille biconvexe qui s'applique près de l'œil du patient. De nombreuses modifications ont étéapportées à cet appareil par plusieurs oculistes.

OPIACÉ (d'opium), se dit, en Pharmacie, de toute préparation qui contient de Vopium. Voy. ce mot.

OPIAT (du lat. opiatum, opiacé). Les anciens Pharmaciens nommaient ainsi les électuaires dans la préparation desquels il entrait de Vopium. Aujourd'hui on donne ce nom à plusieurs médicaments officinaux dans quelques-uns desquels il n'entre même point du tout d'opium, cl qui nedifférent en rien des électuaires. Ainsi on dit opial purgatif, opiat pour les dents : ces derniers sont faits avec des poudres incorporées dans du miel, du sirop, du vin, etc.

OPINION (du lat. opinio), jugement fondé sur unesimple probabilité, commun à un certain nombre d'hommes, mais sujet à discussion ; on l'oppose à la science. Voy. probabilité.

En Politique, on appelle opinion publique l'accord desesprits sur toutes les questions qui intéressent les citoyensd'un pays. C'est une force avec laquelle tous les pouvoirs, même les plus des})oliques, comme en Turquie et en Chine, sont obliges de compter.

OPISTHOBRANCHES (du gr. ÔTOaOôî, en arrière, et de branchies), nom donné à un groupe de Mollusques gastéropodes dont le caractère est à la fois d'avoir des branchies et d'avoir un cœur placé à l'arrière de ces branchies. Son opposé est Prosobranches.

OPXSlHOCOVWiSic.-di-A. huppe en arrière), aisesxu. Voy.

IIOAZIN.

OPISTHODOME, opisthiox ou opistiioxaos (du gr. OTîiorOô- So[ioç), se dit, en Architecture, de la partie postérieure

OPISTHOGRAPHES

OPTimSME

d'un temple antique, et en particulier, eu parlant des monuments d'Alliènes, de la cellule la plus reculée d'un temple, qui servait de trésor public. (J'est la jvartie opposée au proiiaos et que les Romains appelaient poslicum.

OPISTHOGRAPHES (du )rr. o-'.sQôvpajo;). On a donné ce nom aux acte?, aux chartes anciennes écrites sur le recto et le verso de la pafçe. Ces pièces sont extrêmement rares, la plupart des actes, du monis jusqu'au siv* siècle, n'étant écrits que d'un seul ciUé.-

OPISTHOTONOS, variété de tétanos dans laquelle le corps se courbe en arrière. Voy. tétanos.

OPIUM (du gr. ô-:ov, dimin. de ôrô;, suc), suc laticilère é()aissi provenant de plusieurs espèces de pavots, notamment du Papaver soniiiifenim; on le recueille à l'aide d'incisions faites aux capules ou tètes de pavots non encore mûres, d'où il découle sous la forme d'un suc laiteux qui se concrète promptement. Il a une forte odeur vireuse et une saveur amère. L'opium se prépare surtout en Asie Mineure, en Pers<^ et dans les Indes orieutales, il'où il nous arrive sous la forme de masses plus ou moins dures, brunes, amères, et d'une odeur vireuse. On distintinpue dans le commerce Vopiitm de Sniyrne, qui est considéré comme le meilleur, 1 opium de Conslantinople et Vopiiini d'Egypte ou thébaïque; l'Algérie produit aussi lie l opium d'excellente qualité.

L'opium est un médicament des plus précieux; à petite dose, il déprime la sensibilité nerveuse, tout en stimulant les mouvements du cœur et relevant ainsi le pouls ; souvent aussi il provwjuc l'ivresse et l'Iiallucination; à dose élevée, il agit comme poison narcotique et donne promptenienl la mort : on peut en comljaltre les effets en administrant d'alx)rd des vomitifs, puis des excitants, café, thé, etc. Employé d'une manière continue, il linit par amener la cachexie et l'abrutissement le plus complet. — On administre l'opium à l'intérieur, en pilules, en lavements, ou à l'extérieur, en lotions, en injections, etc. ; on en prépare des sirops, des teintures, des extraits; le laudanum de Sydenham et celui de liottsseaii sont des vins d'opium comjx)sés.

L'opium doit ses propriétés calmantes aux alcaloïdes qu'il renferme ; les plus nnportants sont : la morphine et la codéine: viennent ensuite la Ihcbaïne, la papavén'ne, la narcéine et la narcodne, puis une substance neutre, la méconine, et divei's acides dont le principal est l'acide méconifjve. On peut encore en extraire des résines, de l'albumine végétale, une matière oléagineuse, etc. L'opium de bonne qualité doit renfeianer en moyenne de 10 à l'2 p. 100 de morphine.

Les Orientaux, et surtout les Chinois, ont une véritable passion pour l'opium: ils l'avalent ou le fument pour se procurer une certaine ivresse, et ils arrivent graduelleineiit à en consommer à la fois des quantités prodigieuses. X |)lusieurs reprises, le gouvernement de la Chine a essayé de prendre des mesures pour combattre celte habitude funeste: mais ses elforts paraissent n'avoir obtenu aucun résultat.

OPOBALSAMUM (du gr. ôtÔî, suc, et pàXTajiov, banmo . Voy. bai.samodesdro>' et térébenthine.

OPODELDOCH. Voy. bacue opodeldoch.

OPOPANAX (du gr. ô— ozàvaç), gomme-résine que l'on obtient par des incisions faites au collet de la racine de VOpopanax Chironium, plante omlwllifère. Elle nous vient de Syrie, sous forme de grumeaux irréguliers, d'un rouge brun, d'une odeur désagréable, d'une saveur amère et acre. On a employé ro|)opanax comme antispasmodique; auj. il est surtout utilisé en parfumerie.

OPOSSUM. Didelphis virginiana, espèce du genre Sarigue, particulière à l'.^mérique. L'Oiiossum est un peu plus gros que l'Ecureuil ; sa queue est un peu plus courte que le corps et la tète, et son pelage d'un roux mêlé de blanc jaunâtre. Voy. sabigce.

OPPAVIA, '255' petite planète, trouvée le 31 mars 1886 par l'alisa. à Vienne. Voy. planètes.

OPPILATION (du lat. oppilatio), synonyme d'Obstruction. Voy. ce mot.

OPPOSÉ, se dit, en Botanique, des organes des végétaux qui sont disposés par paires et placés vis-à-vis l'un de l'autre à la même hauteur. Les feuilles sont opposées dans les Labiées, les Gentiances, le Gui, les llypericum. la Véninif|ue oflicinale, etc. Les branches, les rameaux, sont opposés dans les l.ilas. les Frênes, le Marronnier, etc.

OPPOSITION (du lat. oppositio). En Droit, ce mot dé-

; signe en général l'obstacle mis à quelque chose. On forme opposition à la levée des scellés, à une vente, à un payement, à un mariage ; l'opposition ne peut être levée que du consentement de celui qui l'a formée, ou par jugement. — On se sert aussi de rop|)osilion pour se pourvoir contre les jugements rendus par défaut : dans ce cas, |X)ur que le tribunal admette l'opposition, il faut qu'elle soit faite dans la huitaine qui suit la signilicalion taite à l'avoué de la partie condamnée, si le jugement a été rendu par défaut contre avoué : en cas de défaut contre partie, 1 opposition est admise jusqu'au jour de l'exécution (C. de pi-oc., art. 155-165).

La tierce opposition est celle que peut former une partie à tout jugement qui préjudicie à ses droits, et loi-s duquel ni elle ni ceux qu'elle représente n'ont été appelés. La partie qui succombe dans la tierce opposition est condamnée à une amemle qui ne peut être moindre de 50 fr (C. de proc, art. 474-479). Voy. Alljert Tissier, De 'la tierce opposition (1889).

En Politique, l'opposition est la partie d'une assemblée délibérante eu opposition de vues et de principes avec la majorité, et qui combat systématiquement les actes et la politique du gouvernement.

OPPOSITION'. En Astronomie, on dit qu'un astre est en opposition quand sa longitude géocenirique dilTère de celle du soleil de mÙ'. — Les éclipses de lune ont lieu lorsque la lune est en opposition, c.-à-d. à l'éjKXjue de la pleine lune. — Les petites planètes comprises entre l'orbile de Mars et celle de Jupiter ne sont visibles que dans le voisinage de leur opposition.

OPPRESSION (du lat. oppressio), état dans lequel le malade éprouve la sensation d'un poids sur la partie affectée, dont l'action est par cela même embarrassée. Employé seul, le mot oppression désigne spécialement l'oppression de la poitrine : c'est dans cerlaines alfections du cœur, dans certaines formes d'urémie, dans l'asthme, que cette oppression se fait le plus péniblement sentir. Voy. asthme.

OPSIMOSE. altération de la Rhodonite Voy. ce mot).

OPTATIF (du lat. optât ii'tis, d'oplare, souhaiter). Dans certaines langues, notamment en grec, on appelle mode optatif ou optatif un mode du verbe qui sert à exprimer le souhait et quelquefois le conditionnel. Dans les langues où l'optatif manque, comme en français, il est remplace par le subjonctif, comme dans ces formules : Puis se- je ! Que je puisse !

OPTATION du lat. optatio), figure de Rhétorique qui consiste à exprimer un vœu, un souhait favorable, sous la forme d'une exclamation : c'est le contraire de l'imprécation {Voy. ce mot). Racine en offre lui exemple dans Phèdre (I, 3) :

Dieux que ne suis-je assise à l'ombre des forêts !

OPTICIEN, celui qui fabrique des lunettes et des instruments d'optique.

OPTIMETRE ou optomètre Mu gr. ô-xoua:, voir, et de pÉToov. mesure), instrument uestiné à mesurer la distance de vision distincte des différents yeux.

OPTIMISME (du lat. optimus^ qui a deux sens : très bon, et le meilleur], doctrine philosophique d'après laquelle le monde, étant la création dune cause infinie et ])arl'aite, doit être considéré comme une œuvre entièrement rationnelle, admirable dans son ensemble et douée d'une perfection relative extrêmement grande. Cette conception, liée à celle de Providence divine, est le fond de toute explication théologique ou religieuse de l'univers : elle est commune au platonisme et au stoïcisme, on la retrouve dans St Augustin {Cité de Dieu, xxii, 50. etc.) et St Thomas, puis elle est adoptée par les cartésiens, Bossuet, Fénelon. Malebranche. Pour éviter l'objection du mal, les théologiens ont coutume d'invoquer le péché originel, l'incompréhensibilité des voies de Dieu, le dc^nrao de la rédemption et de la grâce. L'optimisme des philosophes, en dehors des dermes théologiques, a été souvent et est encore mis en demeure d'expliquer l'origine du mal. de renverser les objections de Bayle ou des pessimistes tirées du mal métaphysique, du mal phvsique et du mal moral. Problème diflicile, puisque rendi-e compte du mal par des raisons rationnelles c'est le justifier, c.-à-d. prouver ou bien qu'il n'existe point ou qu'il implique en réalité le bien malgré l'apparence; c'est aboutir enfin à celte subtilité métaphysique que le mal

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