‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1126 sur 1729 · OPTION · texte numérisé non relu

OPTION

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n'est qu'une privation, et par consé()ucnt n'a \mul de cause efficiente. L'optimisme est la doctrine de Leibniz, ou Théorie du meilleur monde possible : « S'il n'y avait pas un monde qui fût le meilleur [optimum] parmi tous les mondes possibles. Dieu n'en aurait produit aucun » {Tliéodicée, % 8), théorie résumée dans le curieux mythe de Sextus. Le défaut manifeste de cet optimisme dogmatique et complaisant est de ne point expliquer, malgré d'habUes artidces, pouifjuoi il y a une limite effective et très réelle de perfection ou d'iiarmonie dans l'ensemble des choses comme dans le détail des existences, l'homme compris; de ne point éclaircir des lois fatales, inexorables et cruelles. Leibniz sacrifie troj) aisément, comme Pope lui-même dans son Essai sur l'homme, les êtres particuliers à l'ensemble, et l'homme à une harmonie conjecturale et incertaine de l'univers physique. On sait comment Voltaire, dans Candide, a crible ne railleries tout le système. Le meilleur argument de la doctrine leibnizlcnne consiste à dire que l'univers est capable d'une pcrfectil)ililé indéfinie. « Il se pourrait que l'univers allât toujours de mieux en mieux, si telle était la nature des choses qu'il ne fût point permis d'atteindre au meilleur (l'un seul coup. » Cette idée, trouvée légitime même par Voltaire (« Un jour tout sera mieux, c'est là notre espérance »), fait auj. le fond de l'évolutionnisme optimiste de M. Herbert Spencer.

OPTION (du lai. optio), se dit, en Droit, de la faculté de choisir entre deux choses, entre deux partis. Le droit d'option se rattache à une foule de contrats importants et forme même la condition essentielle des conventions dites, pour cette raison, obligations alternatives (C. civ., art. 1189-96).

En vertu du droit d'option, la femme a la faculté de renoncer à la communauté après sa dissolution, et l'héritier, à la succession de son auteur (art. 1453J.

OPTIQUE (du gr. ôtîtixô;, d'ôirTOixai, voir), partie de la Physique qui s'occupe des lois de la lumière et de la vision. On la divise en 0. f/éomél7-ique, qui étudie la marche des rayons lumineux, leur décomposition en rayons de couleur simple, les instruments d'optique, sans s'occuper de la nature de la lumière, et correspond aux anciennes divisions de Dioplrique, Catoptrique , Chromatique ( Voy. ces mots) ; et en 0. physique, qui étudie les conditions de production de la lumière [Etude des radiations, intimement liée auj. avec la Chaleur rayonnante] et les phénomènes qui tiennent de près à la constitution d'un rayon lumineux, comme les interférences, la diffraction, la polarisation, la double réfraction, etc.

Les anciens avaient quelques connaissances en Optique, en particulier relatives aux miroirs ardents, mais qui nous ont été bien imparfaitement transmises. On peut citer un écrit de l'astronome arabe Albazen, au xi° siècle, et, à l'époque de la Renaissance, l'invention des besicles, par Maurolico de Messine, et celle de la chambre noire, par Porta. En 1637, la Dioplrique de Descartes vint changer la face de la science en faisant connaître les lois de la réfraction. En 1667, on vit paraître les Leçons d'optique de Barrow, et, en 1678, le Traité de la lumière de liuygens, oîi l'on trouve la première théorie sur l'origine de la lumière, théorie dite des ondulations, à laquelle fut opposée celle de l'émission [Voy. lumière) : ces deux ouvrages contribuèrent beaucoup à étendre le domaine de l'optique; mais c'est Newton qui lui fit faire le plus de progrès Dans son Traité d'optique, publié en 170i, on trouve la découverte importante de la décomposition de la lumière blanche en rayons simples. Huygens avait, au XVII» siècle, donné la loi expérimentale des" phénomènes de double réfraction. Les expériences et les essais de théorie de ISewton sur les anneaux colorés, les vues ingénieuses de Th. Young (au commencement du xix' siècle) sur les interférences et la découverte do la polarisation (lar Malus donnent naissance aux admirables travaux de Fresnel. Le grand mathématicien Cauchy a contribué après Fresnel au développement de l'optique physique. On doit citer également les noms d'Arago, Biot, Hrewster, Aim. de Senarmont, etc. Foucault et Fizeau ont, après les métliodes anciennes de Rœmer et de Bradlev, déterminé la vitesse de la lumière. Foucault a aussi beaucoup amélioré la construcUon des instruments d'optique. L'étude des radiations a conduit Kirchhoff et Bunsen à la découverte de lanalj^e spectrale [Voy. spectroscope), et, à un point de vue plus pratique, Daguerre et Niepee à celle de la

|)liotographic [Voy. ce mot]. Pour l'optique physiologique [théorie de la vision], il faut citer surtout le nom d'Helmlioltz.

Les livres anciens les plus remarquables sur l'optique sont le Traité de la lumière de liuygens et le Traité d'optique de Newton; au xix" siècle, les Mémoires de Fresnel tiennent une place à part. Viennent ensuite le Traité d'optique de Billet, V Introduction de la haute optique de Berr, YOplique physiologique d'ilclmboltz, 1 Optique physique de Verdet, etc., et tout récemment le Traité d'optique de M. Mascart, qui résume l'état actuel de la science.

OPTIQUE. En Anatomie, on appelle nerf optique un nerf

Îiui part des tubercules quadrijumeaux, entre-croise ses ibres avec celles de son symétrique [chiasma] et aboutit à l'orbite de l'œil situé du côté opposé, à travers le trofi optique, perce la sclérotique, et forme par son épanouissement la membrane connue sous le nom de rétine. Voy'.

ŒIL et nÉTINE.

OPTOGRAPHIE OU photogiuphie réti.nie.nxe. Voy. ciaprès KÉTINE.

OPTOWIÈTRE. Voy. optimètre.

CPU LUS (viburxum), l'Obier, plante. Voy. viorne.

OPUNTIA, genre de la famille des Cactées, se compose d'arbrisseaux à tronc et à rameaux cylindriques, ou bien à tige formée de plusieurs articulations aplaties, ovales ou onlongucs, munis de faisceaux de soies ou d'épines ; à fleurs jaunes, rouges ou blanches; à fruits jaunes ou pourpres, comestibles, souvent en forme de figues, et mûrissant ordinairement la deuxième ou la troisième année. L'espèce type est le Figuier de Barbarie [Cactus opuntia] ; c'est sur une de ses variétés, VOpuntia nopal, vulg. Raquette, qu'on trouve la cochenille. Voy. ce mot.

OQUE, poids turc. Voy. ocque.

OR (du latin aurum]. Au = 196,5, corps simple métallique, d'une couleur jaune et brillante. C est le plus malléable et le plus ductile des métaux : on peut le réduire en feuilles d'un neuf-millième de millimètre d'épaisseur; ces feuilles, vues par transparence, paraissent vertes. L'or n'est pas très tenace; un fil de 2 millim. de diamètre rompt sous un poids de 68 kilogr. Le poids spécifique de l'or est de 19,'257. L'or est inaltérable à l'air. Il est moins fusible que l'argent et le cuivre : on évalue à 1 200 degrés la température où il entre en fusion. Il a la plus grande affinité pour le mercure, avec lequel il forme un amalgame, d'où on le sépare facilement en distillant le mercure.

L'or forme avec l'oxygène deux composés : l'oxyde aureu.x Au*0 et Yoxyde aurique Au*0'. Ce dernier se combine aux alcalis pour donner des sels appelés aurates. Le sel le plus im|K)rtant est le chlorure d'or AuCP, qu'on obtient en dissolvant l'or dans l'eau régale. C'est un corps jaune soluble dans l'eau, qui est facilement réduit avec précipitation d'or métallique. Le chlorure d'or donne avec les chlorures alcalins, des sels doubles. Une solution étendue de chlorure stanneux donne dans le chlorure d'or le pourpre de Cassius [Voy. pourpre), qui sert en photographie iK)ur le virage des épreuves positives.

L'or se trouve dans la nature soit à l'état natif, soit allié à d'autres métaux comme le rhodium, le palladium, l'argent, etc., soit enfin combiné au tellure [Voy. ci-après or natif). On exploite ce métal au Brésil, au Chili, en Colombie, au Mexique, en Sibérie, dans l'Oural (depuis 1814), et surtout en Californie (depuis 1848) et en Australie (depuis 1851). Plusieurs rivières de France, coinnie l'Ariègc et le Gardon, ainsi que le Rhin, près de Strasbourg, charrient des paillettes d'or dans leurs sables, mais en quantité trop minime pour être exploitées.

Pour séparer l'or des métaux qui l'accompagnent, on le soumet à l'affinage. Voy. ce mot.

Le rapport légal de 1 or monnayé à l'argent a souvent varié; il est auj. de 15,5 à 1, c.-à-d. qu'à poids égal l'or vaut 15 fois 1/2 plus que l'argent. Le kilogr. d'or pur vaut en moyenne 5,444 fr. 44 ; mais, avec la retenue du change, on ne le paye que 3,437 fr. 77.

L'or a été de tout temps pour l'homme le représentant de la richesse et de la puissance ; les alchimistes l'appelaient le roi des métaux, à cause de sa belle couleur cl de la résistance qu'il oppose à presque tous les agents. Son inaltérabilité, sa mollesse, sa ductilité lui doiiii<;nl une haute importance pour la confection d'un grand nombre d'objets utiles ou d'objels d'ail, d'instruments et d'ustensiles. On

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