‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1129 sur 1729 · ORDONNANCE · texte numérisé non relu

ORDONNANCE

F elle, le cor, le cornet à pistons, le basson, le trombone, opliicléide, les timbales, les cymbales, le tambour et la KiDsse caisse. Le nombre et l'importance relative des nisirumcnts ont varié selon les é|io(|ues et le goiit des comjHJsileurs. La connaissance des instruments, de leur partie, de leurs clï'ets, de la manière dont ils s'encliaînent et se commandent, est ï instrmnentation ; l'art de les employer dans un but déterminé est Vorcheslratioii. — L'orcbestre français date du siècle de Louis XIV. 11 fut organisé par LuUi, mais il ne commença réellement à devenir important que depuis tîluck. Aujourd'bui l'orcbestre a pris des proportions énormes, et trop souvent il écrase les voix, quand il ne devrait servir qu'à les faire valoir.

loi). r.ONCKRT, COXSERVAÏOniE, OPÉRA, CtC.

ORCHESTRINO ou orpuéox, instrument de musique en forme de petit piano ou de grande vielle composée de cordes en boyau qu'on fait résonner par le moyen d'une roue, ou à laide d'un clavier semblable à celui d'un clavecin.

ORCHESTRION, espèce d'orgue automatique et mécanique, l'of/. ORGUE.

ORCht IDÉES (du g.-type Orchis), famille de plantes Monocolylédtines sans albumen, renferme près de ù 000 espèces. Toutes remarquables par la bizarrerie de leurs fleurs. Ce sont des niantes berbacées, vivaces, quelquefois épi-

(ihytes, dont la racine, composée de libres simples et cyinclriques, est souvent accompagnée d'un ou de deux tubercules cbarnus qui sont des faisceaux de racines soudées : feuilles simples, engainantes, naissant immédiatement de la tige ou de rameaux courts, renflés, cbarnus : lleui-s souvent très grandes, tantôt solitaires, tantôt disposées en épis, en grappes ou en cymes, mais toujours accompagnées d'une seule bractée plus ou moins longue; corolle anomale, dans la(|uelle on distingue trois parties principales : le casque [galea], de couleur foncée, quelquefois verte ; les ailes [alx], composées de deux pétales latéraux plus ou moins étroits ; le tablier [labelltnn], qui alTecte les formes les

[)lus variées et qui dans quelques espèces présente à sa )ase un prolongement dit éperon. L'étamine, unique (sauf dans les Cypripédiées) et à deux loges, est soudée avec le style et le stigmate en un seul corps, dit gyiioslème, et recouvert par une bursicule en forme de capucbon. L'ovaire est une capsule uniloculaire, à trois carpelles et à placentation pariétale, contenant des graines nombreuses et très menues. — On divise ordinairement cette famille en 7 grandes tribus : Malaxidées, Epidendrées, Vaivlées, Ophrydées, Aréthiisées, Néottiées, Cypripédiées. Principaux genres : Orchis, Liparis, Lœlia, Ophrys, ISeottia, Epidendrtim, Angrec, Peristeria, Limoaorum, Vanille, Cypripedium, etc.

A part la Vanille, dont les fruits sont employés à cause de leur pulpe parfumée, et VOrchis, dont les tubercules fournissent le salep, il y a peu d'Orcbidées qui soient utiles ; mais on en cultive un grand nombre comme plantes d'agi'ément : les plus extraordinaires sont originaires du Mexique, de Madagascar, etc.

ORCHIS (du gr. ôpyiî, testicule; de la forme des racines), genre type de la famille des Orcliidées, tribu des Opbrydées, renferme des plantes berbacées, à feuilles radicales, à fleurs en épi terminal et à racines tuberculeuses. Il comprend un grand nombre (l'espèces ; les plus remarquables sont : l'O. militaire (0. miliiaris), dont les fleurs purpurines, quelquefois mélangées de rose et de blanc, forment à l'extrémité de la tige unpanaclie long de 0 m 10 : celte plante est commune au printemps dans les prés et les bois montueux ; l'O. singe (0. siniia), à fleurs purpurines, dont le labelle inférieur offre des divisions profondes, linéaires, que l'on a comparées aux quatre membres d'un singe; l'O. maculée [0. maculai a], dont les feuilles sont parsemées de taches noirâtres ; l'O. bouffon (0. morio), du midi de la France : ses fleurs ont la forme dune marotte; l'O. papilionacée (0. jmpilionacea), très belle espèce à fleurs grandes et d'un pourpre rougeàtre : cette plante liabite le midi de l'Europe et le nord de 1 Afrique. — Voy. salep.

ORCINE, composé qui se forme quand on fait bouillir tlivcrs Lichens {Voy. ouseiixe) avec de l'eau, et qui provient du dédoublement de plusieurs acides naturels contenus dans ces plantes. L'orcine est un corps soluble dans eau, 1 alcool, l ciher, et qui cristallise en prismes incolores; soumise a 1 action de l'air et de l'ammoniaque, elle se colore en rouge ; c'est là la matière tinctoriale ou

orcéine. L'orcine s'oxyde aisément et donne ainsi des matières fortement teintées de brun ou de rouge. SlM. Vogt et Henninger ont fait la synthèse de l'orcine et ont montré que c'est un dipbénol dérivant du toluène.

ORCYNUS, poisson scombéro'ide Voy. germon.

ORDALIE (de l'anglo-saxon ordâl, jugement). Voy. JUGEMENT DE DIEU au DicHoiinaire d'Histoire et de Géographie.

ORDINAIRE (i/). En Droit canon, on désigne ainsi le supérieur ecclésiastique ayant juridiction ordinaire dans une certaine circonscription de territoire [proprius paslor). Dans l'usage commun, le mot ordinaire s'emploie en parlant de l'évoque et de son droit de juridiction dans son diocèse.

Dans la Liturgie, on appelle : ordinaire [ordo] un livre

3 ni indique pour chaque jour la manière de réciter l'office ivin, de dire la messe, en un mol ce qui doit se dire à l'autel et au chœur; ordinaire de la messe, les prières qui se disent tous les jours à la messe, et qui ne changent jamais.

Dans l'Armée, Vordinaire se dit de tout ce qui constitue la nourriture des caporaux et des soldats. L'ordinaire s'alimente par un versement journalier prélevé sur la solde des hommes, par les indemnités représentatives de viande et eau-de-vie, et bénéficie de quelques produits supplémentaires (vente des os et eaux grasses, prêt des hommes punis de prison, etc.). Il est administré par le capitaine de la compagnie, qui fait procéder à l'achat des denrées, soit directement par le caporal d'ordinaire, soit par l'intermédiaire dune commission dite des ordinaires, constituée dans chaque corps de troupe et qui passe îles marchés pour la fourniture des denrées alimentaires (pain de soupe, viande, légumes, etc.). La comptabilité des ordinaires est tenue sur un livret spécial par le sergentmajor, elle est arrêtée tous les cinq jours et vérifiée par le lieutenant de la compagnie et le capitaine. — Aucun caporal ou soldat ne peut se dispenser de manger habituelment à l'ordinaire, sans une permission expresse du capitaine.

ORDINAL (l'), du lat. ordinalis. Les Anglais appellent ainsi un livre composé sous le règne d'Edouard YI et su!>slilué dans tout le royaume au Pontifical romain. Ce livre contient le détail des cérémonies religieuses nécessaires pour la célébration du service divin.

ORDINATION (du lat. ordinatio), cérémonie religieuse catholique par laquelle on confère les ordres. Voy. ordre.

ORDONNANCE (d'ordonner). Avant 1789, le mot ordonnance désignait les lois faites par les rois de France, et comprenait, outre les ordonnances proprement dites, nui étaient consacrées aux matières d'un intérêt général, les édits, déclarations, lettres patentes, etc. Elles portaient en tète : Au nom du roi, étaient signées du souverain et scellées du grand sceau ; elles se terminaient par cette clause : car tel est notre bon plaisir. — Ce n'est que sous la ô" race que l'on voit employer la mol ordonnance'. on disait auparavant édit, constitution, capilulaire. La première ordonnance rendue en français est datée de 1287. En réalité, ce qui distingue l'ordonnance de notre loi actuelle, c'est que, à l'imitation des lois romaines pcr saturatn, elle peut embrasser plusieurs matières à la fois. La collection des Ordonnances des rois de France de la 3' race, commencée par l'ordre de Louis XIV en 1706, se continue encore aujourd'hui par les soins de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

Sous la Restauration et sous la monarchie de Juillet, on a donné le nom d'ordonnances aux règlements faits par le roi pour l'exécution des lois, ou sur des objets d'administration qui ne doivent pas être la matière d'une loi. Voy. DÉCRET et, au Dict. d'Hist. et de Géogr., le mot ordonnances.

On donne aussi le nom d'ordonnances : X" aux décisions du Conseil d'Etat en matière contcntieuse, lorsqu'elles sont revêtues de l'approbation du chef de l'Etat ; 2° aux décisions rendues, en matière criminelle, par les tribunaux de première instance, réunis en la chambre du conseil, et sur le rapport du juge d'instruction ; 3° à l'ordre ou autorisation que donne un juge, au bas d'une requête, à la suite d'un procès-verbal ; 4° à certaines mesures disciplinaires prises par les évoques dans les limites de leur autorité; 5" aux mandats de payement délivrés par un administrateur supérieur (ministre, préfet, etc.), en exécution de la loi, etc.

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