ORDRE
ORDONNANCE, soldat mis à la disposition d'un officier pour son service personnel ; chaque olTicier a droit à une ordonnance; ceux qui sont détenteurs de plus de deux chevaux, au terme «lu règlement, ont une ordonnance pour 2 chevaux.
— On appelle officier d'ordonnance celui qui est mis à la disp>sition d'un officier général pour la transmission de ses orifres, leur rédaction, et pour le seconder dans toutes les parties du service où il lui convient de l'employer; les généraux de brigade ou de «livision ont un officier d'ord. : ceux qui commandent les corps d'armée en ont deux. On les nommait autrefois aides de camp, désignation qui a dis|)aru en 1886 : toutefois il exislait alors également des oir. d'ord. auprès de certains généraux, des aides de camp auprès d'autres ; les maréchaux de France et les généraux |K)urnis de grands commandements avaient à la fois les uns et les autres : les premiers plus particulièrement eraplovés au service personnel du général, les seconds chargés de la rédaction des ordres.
ORDONNANCEMENT [A' ordonnancer). En termes de Finances et d'Administration, c'est une formalité qui consiste à vérifier l'accomplissement des services ou l'exécution des marchés et à en ordonner le payement.
ORDONNATEUR ^comnissaire), tit^c que l'on donne à des administrateurs qui ordonnancent les déjienses de l'armée et de la marine ; tels sont les Commissaires de la marine, tels étaient les Commissaires des guerres. Voy. ces mots.
ORDONNÉ. En Algèbre, on dit qu'un pohTiôme est ordonné par rajiporl aux puissances croissantes ou décroissantes d'une même lettre, quand les termes y sont disposés de telle sorte que les exposants de cette lettre vont constamment en croissant ou en décroissant d'un terme à l'autre. La lettre elle-même est dite lettre ordonnatrice; son plus fort ex|)osanl est le degré du polyncJme par rapjMirt à cette letlrc. — Ordonnée. Voy. coonDONTiÉES.
ORDOVICIEN, nom donné à l'étage moyen du système silurien, correspondant à la faune seconâe (étage D) de Barrande. En Angleterre et en Scandinavie, l'Ordovicien est surtout représenté par des schistes, dans lesquels on a établi différentes assises d'après les Graptolithes qu'ils conliennent. En >'ormandie, on distingue successivement de bas en haut : les grès à Bilobites, les schistes ardoisière d'Angers à Calymènes, les grès de May et les schistes ampéliteux. L'Ordovicien est représenté en outre en Bretagne, tians la Montagne Noire, en Bohème, aux Etats-Unis. etc. Dans toutes ces régions, le Silurien moyen est caractérisé par les genres de Trilobites Triniicleùs, Ogygia, Asap/nis. etc. ; on y rencontre les premiers Céphalopodes, les premiers Tétracoralliaires et les premiers Polypiers tabulés, qui joueront un rôle considérable pendant tout le reste de l'ère primaire.
ORDRE du lat. ordo\ Ce mot, qui, dans son acception la plus générale, signifie l'arrangement des parties d'un tout ou le commandement d'un supérieur, a différentes acceptions spéciales.
En Philosophie, on nomme : ordre physique, l'ensemble des lois physiques manifestées par les phénomènes qui l'imbent sous nos sens; ordre moral, l'ooservation de la loi morale par l'homme, l'accomplissement de la destinée qui répond à sa nature (Voy. loi et destisée). — En général, l'ordre est l'accomplissement du bien, c.-à-d. de la fin que Dieu a imposée à chaque être en lui donnant ses propriétés ou son organisation ou ses instincts et ses facultés. Il est ainsi la manifestation de la Providence. Voy.
DIEN. DIEC, PROVIDENCE.
I>ans les classifications admises pour les sciences, Vordre r-l une des principales divisions. En Histoire naturelle, les classes sont ordinairement subdivisées en ordres, qui euxmêmes se subdivisent en familles [Voy. classification).
— En Géométrie, le mot ordre est pris souvent avec le même sens que degré. Ou dit les courbes du socoiul ordre (coniques) aussi bien que les courbes du second degré. Ordre infinitésimal. I og. rxFUii.
Dans le langage Militaire, le mot ordre s'entend : 1" des presc^riptions du commandement, qui peuvent avoir les objets tes plus variés ; 2" des dispt>sitions suivant lesquelles ''■ml répartis les éléments d'une troupe qui marche, stationne ou se liât. — Les ordres du coiumaudeinent concernant les mouvements à exécuter eu campagne se nomment 0. de mouvement, et indiquent ce qu'on sait de l'ennemi, ce (lu'ou veut faire soi-même, la composition et l'itinéraire (les diverses colonnes, le but à atteindre par chacune d'elles ;
] ils sont adressés par le chef de chaque unité à ses subor- I donnés immédiats ; leur rédaction et leur expédition sont j confiées au service A' Etat-major {Voy. ce mot). — Ceux I qui ont pour but de porter à la connaissance de toute une t troupe une prescription générale, un fait d'armes, portent j le nom d'O. du jour et sont lus à tous ceux qu'ils concernent ; la citation à l'ordre du jour constitue pour un militaire une haute récompense. — En temps de paix, les I commandants d'armes de chaque ville de garnison donnent leurs instructions par la voie de l'ordre journalier. — L'ordre, entendu comme arrangement ou disposition des troupes, se distingue du mot formation en ce qu'il s'applique à un ensemble d'unités combattantes, tandis que la formation est la disposition prise par chacune de celles-ci. On a : l'O. mince, Ï'O. profond, VO. oblique, qui se rapportent à la disposition sur le champ de bataille ; l'O. de marche, à celle en marche, l'O- de stationnement, à celle de repos. — L'O. de bataille, au contraire, est simplement l'éuumération des corps d'armée, divisions, brigades, régiments, etc., qui entrent dans la composition d une armée. Dans les Assemblées délibérantes, on entend par ordre du jour la succession des objets dont on doit s'occuper dans la séance du jour. — Passer à Vordre du jour, c'est cesser de s'occuper <le la question sur laquelle on délibère, pour pass'^r à celle qui vient après dans le programme de la séance.
En Architecture, on appelle ordre la nature et les proportions des colonnes ou des pilastres et celles de lenlableraent. La détermination de ces éléments joue un grand rjle dans l'antiquité, parce qu'on employait de larges blocs de pierre, de granit ou de marbre qui avaient besoin d'être supportés à de courtes dislances par des piliers pour former des galeries internes ou externes. L importance des filiers dans ce système de construction en fit le type de architecture et caractérisa le style propre à l'Inde, à l'Egvpte, à la Perse et à la Grèce. Cette dernière contrée procTuisit trois ordres parfaitement déterminés : 1» ordre dorique : colonnes cannelées sans base et d'un galljc sensiblement conique ; chapiteau compose d'une grande moulure en forme de coupe ; frise coupée de triglyplies (Parthénon d'Athènes , temples de Pestum et d'Agrigente, etc.) ; 2° ordre ionique : emploi de la base, chapiteau orné de grandes volutes, frise continue, corniche décorée de moulures d'un galbe fin (temples d'Ercchlhée et de Minerve Poliade, à Athènes); 5"" ordre corinthien : formes plus élégantes encore : chapiteau décoré de volutes et de feuilles d'acanthe, frise ordinairement ornée de feuillages enroulés (Tour des vents et Monument de Lysicrate, à Athènes). Les Romains employèrent dalwrd Vordre toscan, analogue à l'ordre dorique, mais sans aucun ornement; ensuite ils se servirent des ordres grecs dans leurs temples, en altérant toutefois l'ordre dorique et en créant Vordre composite, qui allie l'ordre ionique et l'ordre corinthien, mais il est d'un goût moins pur parce qu'il a une grande profusion d'ornements (Arc de Titus et Thermes de Dioclétien, à Rome). — On appelle encore : ordre composé, les ordonnances qui s'éloignent des règles ordinaires ; ordre persique, celui où l'on voit des ligures d'esclaves en place de colonnes ; ordre attique, un petit ordre de pilastres de la plus courte proportion, ayant pour entablement une corniche architravée ; ordre français, celui dont les colonnes sont formées de tambours alternativement en saillie l'un sur l'autre.
Dans le Clergé, on distingue dilTérents degrés qui composent la hiérarchie ecclésiastique ; ces degrés forment deux ordres : les ordres mineurs, au nombre de 4 (ceux de portier, lecteur, exorciste et acolyte), et les ordres majeurs ou sacrés, au nombre de 3 Je sous-diaconat, le diaconat et la prêtrise). — Le sacrement de C Ordre, le 6* des sacrements institués par Jésus-Christ, est celui qui donne un caractère particulier aux ecclésiastiques lorsqu'ils se consacrent au service des autels. Pour ordonner un prêtre, l'évêque lui impose les makis en récitant les prières propres à la circonstance; il le revêt ensuite des ornements du sacerdoce, lui consacre les mains avec l'huile des catéchumènes et lui confère le droit d'olfrir le saint sacrifice en lui faisant toucher le calice plein de vin et la patène avec le pain. Le nouveau prêtre prononce les prières de la messe en même temps que l'évêque, et, après la communion, l'évêque lui impose de nouveau les mains et lui donne le pouvoir de remettre les péchés. — L'orduiation des évêques s'appelle consécration, sacre.
Voy. ÉVÉQCE.