PALLIUM
tos : on Hétruisit ainsi un grand nombre d'ouvrages précieux |K)ur y écrire des légendes. Un des plus célèbres palinipst'sles est ceh» de Vérone où Niebubr a retrouve en ISlti les liistitulcs du jurisconsulte romain Gaïus, qu'on avait imparfaitement grattées pour écrire par-dessus les ,1'uvrcs ne St Jéix>nie. Depuis, un bibliotbécaire du Vatican, Angelo Mai, retrouva sous la nouvelle écriture de divere palimpsestes de nombreux fragments d'auteurs anciens, d'Homère, dq Symmaque, de Dion Ossius. des lettres d'Antonin, de Marc-Aurèle, de P'ronton, etc.: en 182'2, il eu lira des fragments importants du Traité de ta république de Cicéron, et, en 1853, un grand nombre de morceaux des premiers Pères de l'Eglise. Voy. mancscrits.
PALINDROME (du gr. TtaÀî'/opofioç), synonyme A'Ananjclique. Voy. ce mot.
PALINGÉNÉSIE (du gr. zaAiyvs'/sjîa), renaissance ou régénération des êtres. La croyance à un retour perpétuel de [^)ériodes semblables teriuinées par une conflagration générale fut admise \\&t l'antiquité presque entière : l'Inde la connut : dans la Cbaldée, dans l'Egypte, dans la Grèce, un même symiwie en fut partout l'expression : le pbcnix renaissant éternellement de lui-même. Les Stoïciens développèrent cette conception en cbeirliant à expliquer par la transformation successive du feu en air. en eau et en terre la submersion universelle (xa-raxT^uatiôç) et l'universelle conflagration (èxTÛpws;;), dont l'une commence et l'autre finit cliacune des périodes que remplit la durée entière d'un monde. Les Néoplatoniciens rc[»rirent la même idée. Cbez les Gaulois, les Druides enseignèrent la même doctrine en y joignant la métempsycose [Voy. ce mot). Cbez les modernes. Bonnet de Genève a ex|K»sé, sous le nom de Palingénésie philosophique, une liy|X>tbèse où il admet le progrès continuel des êtres dans une série indéfinie d'existences successives. Ballancbe a imaginé une Palingénésie sociale, système d'après lequel les mêmes formes sociales, les mêmes luttes, les mêmes révolutions se reproduiraient éternellement dans un ordre donné : Vico avait déjà enseigné une doctrine analogue.
Voy. RKGÊXÉnATION.
PALINOD. nom donne au xvi» siècle à un ])oèmc en riionneur de l'immaculée conception de la Vierge, qui était comme une rétractation, une palinodie, des impiétés proférées contre la Mère du Christ par les prolestants; les académies de Rouen, de Caen et de Dieppe donnaient annuellement un prix à la meilleure pièce de ce genre, et le jour de cette solennité s'appelait la fête des palinods. Le (lalinod se faisait, au gré du poète, sous la forme de cbant royal, de ballade, d'ode, de sonnet, etc. — Voy. prv.
PALINODIE (du gr. TaA:-/woîa), cbant dans lequel le jx)ète exprime une rétractation de ce qu'il a dit dans un ouvrage antériear. On attribue la première palinodie au poète f.rec Stésichore, qui, selon la Fable, aurait été privé de la vue jiar les Dioscures jwur avoir écrit des vers mordants contre Hélène leur sœur, et qui l'aurait recouvrée, après avoir exalté dans d'autres vers la Ijeauté et la vertu de cette princesse. L'ode d'Horace à la jeune Tyndaris (I, 16) est une charmante palinodie. — .\mj. le mot palinodie a perdu son acception littéraire, et se dit de tout brusque changement dans les jiaroles ou dans les actions : chanter la palinodie, c'est louer ce qu'on avait dénigré, ou réciprw|uement.
PALINURUS, nom latin scientifique du genre Langouste. Voy. ce mol.
PALISSADE (du vieux français palis, suite de pieux formant clôture^. Les palissades employées en fortification se composent de palis à section triangulaire, de 5 m. 50 de hauteur, qu'on enfonce de 1 m. à I m. 50 dans le sol et qu'on réunit par un liteau horizontal placé à l'intérieur du retranchement : on laisse entre deux palis un intervalle de 5 centimètres environ. Les palissades servent de défense accessoire, c.-à-d. contribuent à augmenter l'olistacle que l'on opj)ose à l'ennemi, mais comme l'artillerie les détruit aisément, on ne peut les placer que dans des parties défilées, telles que les fossés. On en ganiit généralement aussi les chemins couverts. Les fraises sont des palissades disposées suivant un plan horizontal ou légèrement incliné. Les palanques. composées de pièces de liois joinlives ie 0 m. 25 à 0 m. 50 de diamètre, renforcées le plus souvent par de la terre, sont des palissades défensives, percées de créneaux; elles conslituenl un véritable relranchcment.
En termes de Jardinage, une palissade csl un mur de verdure, une réunion d'arbres toulFus, taillés en forme de mur le long d'une allée ou contre la muraille d'un jardin [Voy. charmille). Les palissades, d'une grande utilité et d'un fort lx)n elfet dans les jardins français, sont passées d'usage comme ces jardins eux-mêmes. Dans les jardins agrestes, on les remplace par des massifs.
En Anatomie végétale, on ap|M?lle tissu en palissade celui qui dans les feuilles aériennes se trouve au-dessous de l'épidermc supérieur. Il est formé de cellules très riches en chlorophylle allongées perpendiculairement à celte dernière membrane.
PALISSAGE, manière de disposer et de tailler les arbres pour en faire des espaliere. Il y a deux modes de palissage : le P. à la loque et le P. sur treillage. Le premier, qui est le meilleur, permet de placer les |)oints d'attache où l'on veut et d'accoler l'arbre au mur, dont la température est ainsi mise à profit; les loques qu'on emploie sont en drap, et on les fixe dans le plâtre au moyen de clous à tète. Dans le second, on se sert de liens d'osier qui ont l'inconvénient de comprimer les branches et de nuire ainsi à leur développement : pour bien faire, il faut visiter ces liens fréquemment et les desserrer au besoin.
PALISSANDRE ou palixandre, beau lx)is de couleur violette, susceptible d'un jxili très brillant, et répandant une o<leur assez agréable, dont on fait un grand usage dans l'ébénislerie. Il provient soit du Jararanda mimosaefolia. de la famille des Bignoniées, soit Au Dalhergia latifolia. arbre du Brésil, de l'Inde et de l'Afrique, de la famille des l'apilionacées. Il croit dans les forêts de la Guvane et dans les îles de l'Amérique du Sud. Le lx)is de palissandre est connu dans le commerce sous le nom de Bois violet.
PALI U RE, Paliurus, genre de la famille des Bhamnées, tribu des Zizyphées, renferme des plantes épineuse;s voisines des Jujubiers, indigènes de l'Europe méridionale. On en compte trois espèces, dont 1 une croît spontanément dans les broussailles et les lieux incultes du midi de la France et de l'Italie : c'est le Pallure épineux [P. aculeulus], vulg. Porte-Chapeau, Chapeau d'évéque. Capelet. Epine amère ou È. jaune, etc., arbuste épineux offrant un buisson haut et touffu, et propre à fournir des haies impénétrables : feuilles alternes, ovales, dentées en scie et armées, à leur extrémité, d'un double aiguillon; fleurs petites, jaunes. Le fruit est un drupe sec, remarquable |iar la large membrane qui l'environne horizontalement. Cette plante passait autrefois pour être efficace contre les hyaropisies. Elle est rangée depuis longtemps parmi les plantes nuisibles avec les ronces et les chardons (Virgile, BucoL. V, 59).
PALLADIUM, statue de Pallas à la possession de laquelle était attaché le salut de Troie {Voy. le Dtcl. d'Hist. et de Géogr.). Ce nom s'est par suite étendu à tout gage de conservation.
PALLADira (du nom de la planète Pallas), Pd =: 106,.5, métal qui a presque l'éclat et la couleur de l'argent. Il est très malléable, ductile, moitié moins dense cpie le platine (env. H,1), fusible à 1500". Il se rencontre dans les minerais de platine de l'Oural ; on le trouve aussi dans les sables aurifères du Brésil. — Le palladium a été découvert en 1805 par Wollaslon dans le minerai de platine. On s'est servi de palladium pur ou d'un alliage de palladium et d'argent pour faire les cercles divisés des instruments d'astronomie, inaltérables aux agents atmosphériques ; allié au cuivre il forme un métal dur, élastique.
PALLAH, Antilope aux pieds noirs. Voy. gazelle.
PALLAS, t petite planète, trouvée le 28 mars 1802 par 011)ei"8. à Brème. Voy. planètes.
PALLE. ornement d'église. Voy. pale.
PALLÉAL (du lat. palla, manteau), se dit, en Malacologie, de ce qui a rapport au manteau des Mollusques. Voy. acéphales.
PALLIATIFS (du lat. palliatus, de palliare, pallie»-). En Médecine, on désigne sous ce nom les remèdes qui tempèrent ou guérissent en apparence les maladies incurables, parce qu'ils les cachent ou les recouvrent pour un temps. Au premier rang se place l'opium, qui calme la douleur |)lutOt qu'il ne guérit.
PALLIUM (mot latin qui veut dire manteau), omennent ecclésiastique que le pape envoie aux archevêques pour les investir de leur «lignite, et qu'il accorde quelquefois aux évoques comme faveur particulière. C'est une bande de