PERSPECTIVE
PERSÈQUE (du lat. persica), ancienne forme du mot
PficIlC. loi/. l'ÉCIIK.
PERSICÀ, nom latin botanique du genre pêcher.
PERSICAIRE, Polygonum pemicaria, espèce du genre Renonoc. l'oy. iie.nouke.
PERSIENNE, sorte de jalousie fixe, formée de deux volets à jours en bois et quelquefois en fer, dont les lames inclinées sont assemblées dans un châssis. La mode en est venue de Perse, d'où son nom. On fait aussi des persienncs en lames de verre dépoli, qui laissent passer l'air et le jour, tout en abritant contre les rayons du soleil : les Halles, à Paris, sont garnies de persiennes de ce genre.
PERSIL, Petroselinum, plante bisannuelle de la famille des Ombcllifères, tribu des Amminées, comprise dans le genre Ache (Apiuni) : racine fusil'orme, pivotante, grosse *el charnue: tige haute de 0 m. 55 à 0 m. 50, anguleuse, rameuse; feuilles alternes, composées de folioles ovales, incisées, celles du haut de la tige entières, lancéolées; fleurs petites placées au sommet des tiges. Le fruit est ovoïde ou globuleux. Toute la plante répand une odeur aromatique agréable. On cultive trois variétés de persil conimun : le Persil ordinaire, que tout le monde connaît; le P. panaclié, dont les feuilles sont mi-partie jaunâtres et vertes, et le P. frisé, dont les feuilles sont finement découpées et frisées sur les bords. On multiplie le persil d'éclats et de graines. Les semis de persil ne lèvent qu'au bout de six semaines; il faut les arroser fréquemment. — Le persil fournit un assaisonnement très usité : il excite l'appétit et favorise la digestion; mais le plus souvent il ne sert qu'à orner les plats. Sa graine est excitante : c'est une des quatre semences chaudes mineures de l'ancienne
fiiiarmacie; elle contient une huile volatile. Les lièvres et es lapins sont avides de persil : il est funeste aux poulets et surtout aux perroquets.
On nomme vulg. : Persil d'âne, le Cerfeuil sauvage; /'. bâtard, P. de chien. Faux Persil, YMlhusa cynapium ; P. de bouc, le Boucage saxifrage; P. de chat, P. de crapaud, P. des fous, la Ciculaire aquatique; P. de Macédoine, le Bubon; P. de maj'ais, le Céleri, le Selinum palustre; P. de montagne, laLivèche commune; P. noir, le Maceron commun, etc.
PERSILLÉ, se dit d'un fromage dont l'intérieur est parsemé de points ou taches vcrdâtres qui imitent assez bien le persil haché : le fromage de Roquefort, celui de Sassenage sont persillés. Cette marbrure est due à un champignon microscopique, le Pénicillium glaucum (Voy. penicilmum).
PERSISTANT (du lat. persistere), se dit, en Botanique, de tout organe dont la durée se prolonge au delà de l'époque qui semble fixée pour sa chute : par exemple, des feuilles qui restent en place plus d'une année révolue, du style qui ne tomi)e pas après la fécondation, etc.
PERSONNALITÉ (du lat. personâlis], qualité de ce qui est personnel. — Personnalité, en Philosophie. Voy. personne.
Dans l'histoire du Droit, on appelle Epoque de la personnalité' des lois une période tle l'histon-e du moyen âge qui commence à l'invasion des barbares et dure jusque vers le w" siècle, période pendant laquelle les habitants d'un même pays sont régis par leur loi d'origine, les Gallo- Romains par le droit romain, lesFranks par la loi salique, etc. C'est ce qui a fait dire à Alcuin que de cinq personnes conversant ensemble il n'y en avait quelquefois pas deux qui fussent soumises à la même loi.
PERSONNAT (du b.-lat. personatus), se disait autrefois d'une sorte de bénéfice, dans une église cathédrale ou collégiale, qui donnait préséance sur les simples chanoines.
PERSONNE, personnalité (du lat. persona, masque, personnage|. En Philosophie, on entend par jjersonne l'être intelligent et libre, qui a conscience de son existence et est responsable de ses actes [Voy. responsabilité). On oppose personne à chose : ainsi le minéral est une chose ; l'homme est une personne. La personnalité est le caractère en vertu duquel un être mérite le nom de personne. Ia personnalité divine est le caractère de Dieu considéré comme cause créatrice de l'univers. — Dans la Religion chrétienne, il est de foi qu'il y a trois personnes divines, formant la Ste Trinité : Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le St-Esprit. Ces trois personnes, par leurs attributions diverses, sont réellement distinctes, et cependant elles ne sont qu'un seul Dieu puisqu'elles n'ont qu'une seule et même nature : c est la le mystère fondamental du Christianisme.
En Droit, on oppose également personne à chose, et l'on donne ce nom à tous ceux qui font partie de la société civile et <|ui peuvent y exercer des droits. Les lois règlent tout ce qui est relatif à l'état et à la capacité des personnes : le 1""^ livre du Code civil est tout entier consacré aux personnes. On distingue deux sortes de peisonnes : les P. phijsiques, qui sont les individus, et les P. morales, qui sont des collections d'individus ayant des <lroils distincts de ceux de leurs membres : ainsi une commune, une société commerciale, un établissement d'utilité publiiiue, sont des personnes morales : on donne aussi à ces dernières le nom cle P. civiles.
Personne interposée. Voy. interposition.
En Grammaire, on appelle personnes les diverses relations que le sujet de la proposition peut avoir avec l'acte de la parole, et les diverses formes par lesquelles ces relations sont exprimées dans la conjugaison du verbe. Si l'action est faite par le sujet qui parle, c'est la première personne; si elle est faite par le sujet à qui Ion parle, c'est \sL deuxième personne; si elle est faite par celui de qui l'on parle, c'est la troisième personne. — On nomme pronoms personnels les pronoms je, tu, il, qui servent à indiquer ces relations.
PERSONNE (du lat. personatus), se dit, en Botanique, d'une corolle monopétale irrcgulière et bilabiée, dont les deux lèvres sont closes par le renflement intérieur de la corolle, de manière à représenter grossièrement un masque ou le mufle d'un animal. La lèvre inférieure est nommée palais ; la seconde, lorsqu'elle est comprimée, casque.
Plusieurs botanistes donnent le nom de Personnées à la famille des Scrofularinées, dont toutes les fleurs offrent une corolle personnée.
PERSONNEL (du lat. personâlis). Action personnelle.
Voy. ACTION.
Contribution personnelle et mobilière. Voy. impôt.
Pronom personnel. Voy. pronom et personne.
PERSONNIFICATION (de personne), figure de Rhétorique, qui consiste à faire d'un être inanimé ou d'une pure abstraction un personnage réel, doué de sentiment et de vie. La personnification des idées abstraites a remplacé, dans plusieurs poèmes modernes, le merveilleux des anciens; la Mollesse et la Discorde, dans le Lutrin de Boileau, et le Fanatisme, dans la Henriade, sont des personnifications. — La prosopopée suppose le plus souvent une personnification. Voy. prosopopée.
PERSPECTIVE (du lat. perspicere, voir à travers) , art de représenter sur une surface plane des objets à une distance et dans une position données, tels qu'ils seraient vus à travers un plan transparent placé entre eux et l'œil. La perspective se divise en P. spéculative et P. pratique : la première comprend la théorie optique et géométrique des différentes apparences des objets suivant les positions de l'œil qui les regarde ; la seconde enseigne l'art de les représenter sous une forme semblable à celle que nous leur voyons. On distingue encore la perspective pratique en P. linéaire et P. aérienne, selon qu'elle considère seulement la forme des objets ou les nuances des couleurs de leur surface. L'art d'appliquer les couleurs et de représenter les diverses parties des objets d'après la manière dont ils sont éclairés est du ressort de la peinture ; la perspective en est une des parties les plus importantes : c'est celle qui contribue le plus à l'illusion. Au point de vue géométrique, la perspective est la même chose que la projection conique [Voy. projection) : l'œil ou point de vue est réduit à un point géométrique 0 La perspective d'un point quelconque A sur le plan du tableau est l'intersection de ce plan et de la droite OA : la perspective d'une figure est l'ensemble des perspectives des points de cette figure. La perspective est une des plus importantes méthodes de transformation.
La perspective linéaire était connue des anciens dès le temps d'Eschyle ; on en trouve des traces dans Vitruve, mais aucun -ouvrage spécial ne nous est parvenu sur ce sujet. La science de la perspective a été de nouveau créée par les modernes. Albert Durer et Pietro del Borgo sont les premiers qui en aient donné les règles. En 1600, Guido Ubaldi fit paraître le premier traité systématique de perspective. Jean Goujon, Vignole et plus récemment Dœchœles, Lamy, 'S Gravesande, Taylor, Ozanam, etc., ont j)ublié des traités sur le même sujet, considéré à des poin's de vue différents. — Consulter : la Théorie des ombres
PERSFIRATION