‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1213 sur 1729 · RHÉTORIQUE · texte numérisé non relu

RHÉTORIQUE

PERTE (^du lat. perditus). Le débiteur est libéré de son obligation par la perte de la chose due (C. civ., art. 1502). Les objets perdus peuvent être revendiqués pendant trois ans (art. 2279). En cas de perte d'une lettre de change, il peut être fait opposition au paiement entre les mains du tiré, et la lettre de change perdue peut être remplacée de la manière déterminée aux articles 149-155 du Code de commerce. En cas de perte d'un titre au porteur, il faut faire opjjosition au paiement des coupons entre les mains de la compagnie qui a émis le titre et avertir le syndic des agents de change. — Profits et pertes. Voy.

l'ROFITS.

PERTE DE SANG, OU simplement perte, synonyme d'Hémorragie utérine.

PERTÉRÉBRANT(du lat. perterebrare]. En Médecine on appelle douleur pertérébrante celle qui semble produite par un instrument pénétrant.

PERTUIS (du lat. pertusus, percé, ouvert), nom que l'on donne, en Géographie : 1° à plusieurs passes de l'Océan sur les côtes occidentales de France : tels sont le P. d'Antioche. entre les îles de Ré et d'Oleron, le P. de Mauniusson, entre l'île d'Oleron et le continent, le P. breton, entre l'île de Ré et le continent; 2" à un passage étroit entre des montagnes, tel que le P. Bostan, près de Briançon (Hautes-Alpes). — On appelle encore pertuis im passage étroit pratiqué dans une rivière, au moyen debatardeaux, pour élever artiilciellement le niveau de l'eau et faciliter ainsi la navigation.

PERTUISANE (de l'esjMig. partesann, arme de partisan), espèce de hallebarde, à fer long, large et tranchant. Cette arme était inconnue avant Louis XI. L'infanterie la porta jusqu'en 1670: à celle époque elle fut laissée seulement aux invalides, aux gardes de la prévôté, aux huissiers d'armes, etc.

PERTURBATION du lat. perturbation En Astronomie, on appelle perturbations les déviations qui altèrent le mouvement elliptique des planètes. Si ces astres n'étaient soumis qu'à la seule attraction solaire, ils parcourraient une ellipse ayant le soleil à l'un de ses foyers. Mais, outre l'attraction solaire, les planètes éprouvent de la part les unes des autres des attractions qui les dérangent dans leur coui-se : de là leurs perturbations. Les perturbations causent les inégalilés périodiques ou .séculaires. C'est en étudiant les perturlwtions de la planète l'ranus que Le Verrier a «lémontré l'exislence et lixé la position de la planète Neptune.

En Physique, les perturbations de l'aiguille aimantée sont les mouvements en apparence accidentels que cette aiguille éprouve tous les jours à l'E. et à 10. du méridien magnétique. L'inclinaison magnétique et l'intensité du magnétisme terrestre éprouvent aussi des perturbations du même ordre.

PERTUSE <Iu lat. pertusus), se dit, en Botanique, des feuilles parsemées de petits points transparents qui les font paraître comme criblées de pores : telles sont les feuilles du Millepertuis.

PÉRULE (du lat. perula. sac), se dit, en Botanique : 1" de l'enveloppe «les lx)urç;eons des arJires ; 2° n'une sorte lie sac oblong formé par les bases prolongées et soudées de deux des lanières du périgone dans certaines Orchidées.

PERVENCHE, Vinca. Pervinca. genre de la famille des Apwynées, tribu des Plumériées, renferme un petit nombre d'espèces, les unes indigènes, les autres exotiques. Les premières sont sous-t'rutescentes, à tige tantôt sarmenteuse, tantôt droite ; à feuilles opposées, entières et persistantes, d'un vert très luisant ; à fleurs en forme d'entonnoir et à limbe découpé en 5 festons, et qui s'épanouissent dés les premiers beaux joui"s du printemps. La P. mi-

neure (V. minor] ou Violette des sorciers a des fleurs d'un bleu d'azur, qui se succèdent pendant plus de quatre mois; elle est commune dans les lx)is, au pied des coteaux rocailleux. On la cultive en bordure dans les jardins: il en existe des variétés doubles, violettes, blanches ou roses. La P. majeure ( V. major) ne dilFère guère de la précédente que par sa grandeur. Les feuilles de la pervenche ont une saveur amère et stj-ptique : elles sont toniques et astringentes ; à forte dose, elles sont légèrement purgatives et font, dit-on, passer le lait des femmes en couches.

On a fait de la pervenche le symbole de l'amitié éternelle, du bonheur durable et surtout de la virginité; il était autrefois d'usage en Belgique de la répandre, au moment des noces, sous les pas des jeunes fdles. En Toscane, on en couronnait les vierges après leur mort.

V.A Pervenche de Madagascar [V.rosea . espèce exotique, est un arbrisseau, droit et raide, à feuilles opposées, entières, et à fleurs roses ou purpurines.

PESAGE, de peser ^du lat. pensare). Bureaux de pesage. Voy. POIDS. — Instruments de pesage. Voy. balance,

BASCULE, HYDROSTAT, PESON, CtC.

PESANTEUR de pesant), force en vertu de laquelle les corps sont attirés vers le centre de la terre ; c'est Vattraction considérée dans les corps terrestres ( Voy. attraction). — Les corps tombent avec un mouvement accéléré : cette accélération de la chute provient de ce que la pesanteur est une force sans cesse agissante, et qu'à cnaque instant une nouvelle impulsion s'ajoute à celle que le corps a déjà reçue. La chute des corps est régie par trois lois : 1" Dans le vide, tous les corps tombent avec une égale vitesse : 2° L'espace parcouru par un corps qtii tombe est proportionnel au carré du temps écoulé depuis le moment de son départ: 5° La vitesse croit proportionnellement au temps. L'espace parcouru par un corps qui tombe à la surface de la terre pendant la première seconde de sa chute est. à Paris, de 4"", 9044 ; la vitesse acquise par seconde est de 9"", 8088.

On vérilic la loi de la chute des corps à l'aide du plati incliné de Galilée, de la machine d'Ativood, de la machine de Morin, etc. — Le plan incliné de Galilée est un plan sur lequel on fait rouler une poulie de mi-tal ; si la surface était horizontale, la vitesse de la poulie serait nulle ; si la surface était verticale, cette vitesse aurait son maximum. .V un certain degré d'inclinaison du plan, le mouvement est plus ou moins ralenti, mais la loi des espaces, qui devient alors facilement observable, reste toujoui-s la même, quelle que soit cette inclinaison ; on en conclut qu'elle serait encore la même en chute libre. — La machine d'Atwood consiste essentiellement en une poulie très légère et très mobile, dans la gorge de laquelle passe un fil très lin qui est lire à chaque extrémité par un poids : l'équilibre existe quand les deux poids sont les mêmes, quelle que soit la hauteur de l'un ou de l'autre ; mais l'équilibre est troublé dès qu'on ajoute un excédent à l'un des poids; cet excédent entraîne le jioids sur lequel il repose, et le force à descendre tandis qu'il force l'autre à monter ; mais comme alors sa descente est très lente, on peut la mesurer aisément. A cet elfet, l'appareil porte une règle verticale et divisée, destinée à mesurer les espaces parcourus, ainsi qu'une horloge à secondes pour compter le temps pendant lequel le mobile s'est mù. — La machine de Morin se compose essentiellement d'un cylindre vertical, qui tourne autour de son axe, tandis qu'un corps pesant, muni d'un crayon, tombe le long de ce cylindre, et y trace une courbe.

Il ne faut pas confondre \vi pesanteur avec le poids. Le poids d'un corps est la résultante des actions exercées sur ce corps par la pesanteur, et se mesure à l'aide du peson ou de la balance, par comparaison à celui d'un corps donné, qui est Vétalon de poids. Le poids est pro|»ortionnel à la masse; le rapport des deux nombres donne la valeur de l'accélération due à la pesanteur, noml)re qui sert de mesure à l'intensité de la pesanteur. On peut dire que la pesanteur se mesiu-e par le poids de l'unité de masse.

Les observations de la durée des oscillations du pendule {Voy. ce mot) ont prouvé que la jesanteur n'est pas la même sur toute la surface ae la terre, et que l'intensité de cette force est moindre à l'équateur qu aux jvîles ; ce fait tient à deux causes : 1° à la force centrifuge résultant du mouvement de rotation de la terre, qui est nulle au pôle et maximum à l'équateur ; 'i" à l'aplatissement de la

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