‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1214 sur 1729 · PÈSE-ACIDE · texte numérisé non relu

PÈSE-ACIDE

PESTi:

lerrc, la dislatice au centre de la terre étant plus grande de 1/5(10 à récjualcur qu'au p»Me.

Galilée a le premier découvert les lois de la pesanteur; Newton a prouvé l'identité de la pesanteur et de la force qui retient les planètes dans leurs orbites, et a reconnu

3 ne la pesanteur doit diminuer à mesure <]u'on s'éloigne u centre de la terre ; Bouguer et La Condamine ont confirmé expérimentalement cette vérité à l'aide du pendule. Pour l'action de la pesanteur sur les végétaux, voy.

GKOIROPISSIE.

Pesanteur de l'air. Voy. air et baromètre. Pesanteur spécifique, raj)port du poids d'un corps à son volume. Voy. densité.

PÈSE-ACIDE. Voy. aréomètre.

PESÉES (méthode des doubles). Voy. balance.

PÈSE-LAIT, l.ACTOMÈTRE, LACTODE.NSIMÈTRE, CtC, CSpècC

d'aréomètre à poids constant, destiné à apprécier la densité du lait. Le plus employé est le laclodemimètre de Quévenne. Ses divisions s'étendent de 15 à 45 : elles indiquent la densité du lait par une simple lecture (de 1,015 à 1,045). La moyenne est voisine de 1,052. Les résultats obtenus par cet instrument sont insuffisants pour donner une notion exacte sur la valeur d'un lait : l'ecrémage augmentant en effet le poids spécifique, et l'addition d'eau lej diminuant, les fraudeurs peuvent toujours amener le lait falsifié à la densité normale ; il est donc nécessaire de faire en même temps le dosage de la matière grasse : c'est dans ce but que sont employés les crémomctres, les lactobutyrotnètres [Voy. ces mots). Cependant les résultats donnés par ces instînments ne sont jamais très exacts : l'analyse complète, bien qu'assez difficile et délicate, est nécessaire lorsqu'on veut se faire une opinion exacte sur la valeur d'un lait déterminé.

PÈSE-LETTRES. Voy. PESON.

PÈSE-LIQUEUR. Voy. aréomètre.

PÈSE-IVICiT. Voy. glucomètre.

PESO (c.-à-d. poids), monnaie de compte d'Espagne, plus connue sous le nom de piastre forte.

PESON (de peser), instrument qui sert à mesurer des poids ou des forces. C'est un levier coudé, sur le point d'appui duquel est fixée à angle droit une tige pesante. Si l'instrument est disposé de telle sorte que le centre de gravité du levier coïncide avec le point d'appui, on trouve que, lorsque l'on suspend un poids à l'une des extrémités (Kl levier, la tangente de l'inclinaison de l'aiguille est proportionnelle au poids du corps. Pour connaître le poids, l'on gradue le limbe d'un quart de cercle fixé au support de l'instrument. — On appelle peson à ressort un peson qui indique le poids par la déformation plus ou moins grande d'un ressort. On le nomme ainsi pour le distinguer du |)eson ordinaire, qu'on nomme aussi peson à contrepoids. — Le plus souvent, peson est employé comme synonyme de romaine. Voy. balance.

Les appareils employés dans le commerce pour peser les lettres (pèse-lettres) rentrent dans la catégorie des pesons.

PESSE (du lat. picea), Hippuris, vulg.jQweue de cheval. Pin aquatique, genre de la famille des Haloragées, renferme des plantes aquatiques à tige simple, garnie de feuilles verticillées, longues et linéaires, ayant quelque ressemblance avec une queue de cheval ; les fleurs sont axillaires. L'espèce principale est la Pesse d'eau [H. vulgaris) : sa tige est haute de 0 m. 50; ses fleurs sont rougeâtres et très petites. Cette plante est commune aux environs de Paris : il est à remarquer qu'elle change d'aspect suivant son mode d'immersion.

Pesse est aussi le nom vulgaire du Sapin épicéa.

PESSIMISME (du lat. pessimus, le plus mauvais), conception philosophique qui, tout en accordant que le monde est une machine curieuse, le considère comme une œuvre mauvaise, misérable ou avortée, mdifférente ou médiocrement appropriée aux besoins et au bonheur de l'homme, le plus souvent et peut-être toujours étrangère à toute idée de moralité, de pitié ou de justice. Le pessimisme relatif reconnaît l'existence du mal dans la nature, mais croil à la possibilité de le réduire, et, sans trancher le probk'mc de l'origine du mal, professe que le développement de l humanité peut se concilier avec les idées de providence, de progrès, de destinée finalement bonne de 1 univers ; le pessimisme absolu déclare le mal irréductible et indestructible, et conclut à la négation de la providence. On trouve des expressions mélangées de l'un et de l'autre dans la Bible, le livre de Job, VEcclésiaste, les doctrines

cyrénai'aues d'ilégésias, le naturalisme stoïcien et l'atomisme épicurien de Lucrèce. Mais le pessimisme systémati(iue et doctrinal est originaire de l'Inde, il est le fond propre et la création originale du bouddhisme, résumé clans les quatre vérités sublimes de Çakyà-Monni et dan» cette maxime : Le mal, c'est l'existence [Voy. bouddhisme). La religion bralimanisle, où le dieu destructeur Siva est une des incarnations éternelles de la trinité indienne, l'anliane religion persane et le manichéisme sont des formes mitigées de pessimisme. Parmi les modernes, l'un des ])lus signalés écrivains de la thèse pessimiste a été le sce|)tique Bayle {Voy. optimisme). Au xix" siècle l'idée pessimiste s'est déclarée à la fois un état d'âme et un thème fécond de l'inspiration littéraire et poétique, avec Bvron, Leopardi, Lamartine, Musset, Amiel, sans parler des romanciers. Cette idée a été érigée en métaphysique dogmatique par le philosophe allemand Schopenhauer dont la doctrine, appelée « un bouddhisme germanique » , a obtenu un succès de nouveauté, aujourd'hui fort compromis. Elle rej)ose sur les trois points suivants : 4" le plaisir n'est qu'un étal négatif de noire sensibilité, mais la douleur en est l'état positif ou permanent; 2" la somme du mal est plus grande que celle du bien, pour l'individu, pour l'humanité et pour l'univers; 3" le mal est indestructible. Cette même thèse a été reprise par son disciple Hartmann, qui s'efforce encore d'enchérir et prend plaisir à l'aggraver (Voy- Caro, le Pessimisme; Schopenhauer, le Monde comme Volonté, trad. Burdeau, 1888; E. de Hartmann, Philosophie de l'Inconscient, trad. Nolen, 1878).

PESTE (du lat. pestis, fléau). Ce mot, longtemps appliqué à toutes les maladies cpidémiqucs qui décimaient les populations, désigne s])écialement aujourd'hui le typhus ou fièvre grave d'Orient, qui est caractérisée par des bubons, des hémorragies externes ou interstitielles (pétéchics, taches pourprées), des gangrènes partielles (taches, pustules charbonneuses), et par des troubles nerveux très graves. La marche de la peste est généralement ascendante, sans alternatives d'exacerbation et de rémission ; sa durée moyenne est d'un septénaire, quelquefois de deux ; souvent la mort arrive du second au troisième jour ou même plus (ôt. Desgenettcs y distingue trois degrés : le 1'', où la fièvre est légère et sans délire : dans ce cas, la guérison est prompte et facile et le mal laisse peu de traces; le 2*, où le délire d'abord violent s'apaise vers le 5" jour, et la fièvre vers le 7® : ce degré offre quelques cas de guérison ; mais les forces reviennent lentement , et les malades^ restent toujours languissants, privés d'une partie de leur intelligence et de 1 usage d'un ou de plusieurs membres; le 5*, où le délire et la fièvre sont considérables et le mal presque toujours mortel. — La peste exerce principalement ses ravages sur les côtes orientales de la Mécliterranée.

Aucune maladie n'a été jusqu'à présent aussi meurtrière que la peste. Sans rappeler les pestes de l'antiquité, notamment celle qui désola Athènes au temps de Périclès^ (peste qui par les svmplômcs paraît différer des épidémies plus récentes et qu on a désignée sous le nom de peste antique, par opposition à celle observée plus récemment et désignée sous le nom de peste à bubons), ce fléau a, dans les temps modernes, du vi" au xvin'= siècle, frappé successivement presque toutes les populations des divers Etats de l'ancien continent. La première des grandes pestes connues éclata en 542, sous Justinien. Tout le monde sait 3uels ravages la peste exerça dans l'armée des Croisés evant Tunis, et que St Louis en mourut (1270). L'Italiefut ravagée par ce fléau jusqu'à quinze fois dans les xiv et xv siècles, Londres fut décimé en 16G5, la Provence en 1720, la Russie en 1771. En 1798 elle fit de nombreuses victimes dans notre armée d'Egypte. L'épidémie a sévi en Egypte et à Constantinople en Ï854 et 1835, en 1858 en Tri'politaine, en 1875-1874 en Cyrénaïque; en 1870 la peste noire se montre à Astrakan; en 1894, la poste à bubons fait de terribles ravages en Chine.

Le traitement de la peste est encore bien peu avancé aujourd'hui. Les essais tentés de nos jours ont montré qu'il n'y avait à employer contre ce mal qu'un traitement symptomatique, dans lequel doit dominer l'emploi des antiph logistiques. L'émétique et le phosphore ont été essayés sans succès ; l'application du cautère actuel a quelquefois réussi.

Les causes de la peste ont été l'objet de discussions trè» vives. Qu'elle soit ou non contagieuse, elle paraît être ori-

PET-I)'Ai\'E

Page 1