PHILOLOGIE
PHÉNYLAMINE. Voy. axh.ine el aminés.
PHÉNYLE, groupe monovalent C'II^, dont la Ijenzinc est riiviIrui-L', et le phénol, l'hydrate; il existe dans tous les composés phcnvliques. Ce radical peut se substituer soit à Ihvdrogène des hydrocarbures, pour donner des corps plus complexes, comme le triphénylniéthane Cll(C''ll^i^; soit à l'hydrogène de rammouia<|ue. pour donner les phénylamiiies. On n'a pas isolé ce radical, mais on connaît le diphényle, qui se produit quand on fait passer de la benzine dans un tube de porcelaine au rouge. Ce sont des lames incolores et insolubles dans l'eau.
PHÉNYLINE, nom donné au groupii C^ll* diraient, dont on conuiiit des dérives, comme les phénylènes diamines qui ont pour formule C''H*(AzH*)*.
PHÉRÉCRATIEN (du poète Phérécrate), vers IjTiquc des Grecs et des Latins : c'était un trimètre dactylique (un dactyle entre deux spondées) :
Gras do | uaberis | haedo.
PHILADELPHE (du gr. cptXàoî/.so;, qui aime son frère), l'/iHadelphus, nom lalin Ijotanique du Serinyal, genre ralt;tch(!' aux Saxifragacécs.
PHILAGORIE, 274° petite planète, trouvée le 5 avril 1888 par l'alisa, à Vienne. Voy. pla.nèies.
PHILANTHE (du gr. çt>kOî, ami, el lïvOo;, ileur), Philanlhus, genre d'Insectes, de l'ordre des Hyménoptères jK)rte-aiguillon, famille des Fouisseurs, tribu des Crabronites. Le /\ triangulaire ou P. apivore, noir tacheté de jaune, se trouve dans les lieux secs et sablonneux. Pendant l'été, les femelles creusent leur nid dans le sable: elles y déposent les insectes qu'elles ont tués eu les piquant avec leur aiguillon, et lors(|ue le nid est suffisamment rempli, elles y pondent un œuf et ferment le trou. Les l'hilantlies attaquenl surtout les abeilles.
PHILANTHROPIE (du gi". oîT^Oî, ami, et dt'/OpwTO;, homme), amour des hommes, amour de l'humanité, fondé sur le sentiment de la fraternité [Voy. ce mot). Ce nom, adopté par la philosophie du dernier siècle, est à pi^u près synonyme de bienfaisance, de charité: cependant on appelle plus particulièrement philanthropes ceux qui s'occU|K'nt d'améliorer le sort de leurs semblables, et parmi ceux qui ont exercé la philanthropie dans un but particulièrement religieux : St Louis, St Vincent de Paul, le bienheureux Pierre Fourier, Oberlin, etc. Parmi les
Philanthropes les plus célèbres, on cite \\. Penn, Howard, ranklm, Wilberforce, Rumfonl. Charost, Montyon, Turgol, di; Cérando, de Lasleyrie, Larocliefoucault, de Broglie, Dometz, etc. Les Economistes du xvii!° siècle s'intitulaient philanthropes; le marquis de Mirabeau discrédita quelque peu ce nom.
On doit aux philanthropes l'aljolitiou de la traite des non"s, la propagation de l'instruction primaire, les salles d'asile, les crèches, l'amélioration du sort des aliénés, des prisonniers, le régime pénitentiaire, et plusieurs autres mslitulions utiles. — La Société philanthropique, fondée à Paris en 1780 sous la protection de Louis XVI, Uvre au plus bas prix aux indigents des aliments préparés à l'aide de fourneaux économiques, donne des consultations gratuites, distribue des médicaments, encourage la création de sociétés de prévoyance et de secours mutuels.
PHILÉDON, l'hilcdon, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux denliroslres, famille des TurcUdés et voisin des Martins : Ijec médiwre, un peu convexe en dessus, fléchi et aigu à la pointe; langue longue, un peu extensible, terminée par un pinceau de fdaments cartilagineux ; pouce amié ti'im ongle robuste. Les Philédons se trouvent dans l'Australie et les Indes orientales. Ils sont vifs et courageux, et se nourrissent d'insectes, de miel et du suc des ueui"s. Priaci|)ales es|)èces : le P. à pendeloques, dont les joues sont garnies de caroncules ; le P. noir et jaune, le P. polochion, le P. à cravate frisée. Voy. cixxïriués.
PHILIA, 280» petite planète, trouvée le 29 oct. 1888 |wr Palisa, à Vienne. Voy. pla.nètes.
PHILIPPE. Les Macédoniensr avaient une monnaie de ce nom, frapjjée au coin du roi Philippe. On en ignore la valeur. — C'est aussi le nom d'une monnaie d'argent de Milan, (jui valait 5 fr. 95, et d'une monnaie de Motlènc, qui valait G fr. 13.
PHILIPPIQUES. On nomma d'alwrd ainsi les fameuses harangues que Démosthène prononça, de 549 à 3")8 av. .I.-C. contre Philippe, roi de Macédoine, (|ui menaçait l'indépendance de la Grèce. — Par allusion aux harangues
précédentes, Cicérou donna le même titre à quatorze de ses discours, qui étaient principalement dirigés contre Antoine.
Au xviii" siècle, Lagrange-Cbancel intitula aussi Philippiques des odes satiriques dirigées contre Philippe, duc d'Orléans, régent de France. — Auj. on désigne sous ce nom toute harangiu?, tout discours violent et personnel.
PHILLIPSIA, genre de Trilobites caractéristique du Carbonifère et du Pcrmicn.
PHILLIPSITE. Voy. cuivke paxaciié. — Ce nom a été aussi pris comme syn. de Christianite.
PHILLYREA, nom lat. botaniq. du genre d'Oléacées- Oléées.
PHILOLOGIE (du gr. oiXo'kofioL, amour des lettres), science qui se propose l'élude du développement intellectuel des peuples d'après leurs monuments littéraires. Sa tâche principale est l'interprétation intégrale des œuvres et partant la restitution des textes altérés (critique verbale). La linguistique, la paléogi*aphie, l'archéologie, l'histoire, la philosophie, les sciences, les arts même, éclairent la philologie et y tiennent par plus d'un point. On distingue : la P. classique, qui étudie les monuments écrits qui noiis sont restés des Grecs et des Romains; la P. orientale, qui unit à l'étude des langues sémitiques celle des langues savantes de l'Inde et de la Perse ; la P. moderne, qui s'occupe des langues vivantes; enlin la P. comparée, qui étudie les rapports existant entre les diverses langues. Voy. lixgcistique et grammaire.
La philologie classique ne date réellement que de la ciration de l'école d'Alexandrie. Eralosthène, astronome et géographe qui florissait vers 270 avant J.-C, reçut le premier le surnom de Philologue, nom qui avait alors beaucoup plus d'étendue qu'aujourd'hui. Les plus célèbres érudits alexandrins furent Zénodote, Aristophane de Byzance, Aristarque, qui trouva un rival dans Cratès de Mallos. chef de l'Ecole de Pergame. C'est celui-ci qui introduisit à Rome la méthode des recherches grammaticales, représentées plus tard avec éclat par Varron. Sous l'Empire, la science alexandrine trouva des continuateurs dans Apollonius Dyscrie, llérodien et leurs successeurs, dont l'enseignement se transmit aux Byzantins.
Intro<luite eu Italie avec la langue grecque, après la prise de Constanlinople, \>av Démétrius Chalcondyle. Théodore Gaza et autres savants byzantins, la philologie y fut cultivée tout d'abord avec ardeur par la plupart des esprits éminents de ré|XKjue : chez Pic de la .Mirandole, Marsile Ficin, Ange Politien, elle se confond avec l'étude de l'art et de la civilisation antiques. Ramenée à son véritable caractère par Philelphe, Vettori, Ricchieri, Aide Manuce, elle ne tarda point à franchir les Alpes. Tandis que Guill. Budé et Jules Scaliger fixaient en France la science nouvelle. l'Allemagne la voyait prospérer entre les mains de Reuchlin, Ulric de llutlen, Erasme, Camerarius. Néaiider, Méianchthon, Sturm, etc., quon a appelés l'école des humanistes. Cependant, grâce à la netteté de l'esprit français et aussi aux excellents pixK'édés de méthode introduits dans les universités de Paris, d'Orléans et de Toulouse par l'étude de la jurisprudence, la philologie prenait chez nous une portée lieaucoup plus grande. C'est ré|MKjue des immenses travaux des Estieïine, de Joseph Scaliger, de Casaulx)n, de Turnèbe, de Saumaise, de Lambin, trop tôt interrompus par les guerres de religion. La Hollande ouvrit aloi-s un asde aux philologues, et l'université de Leyde où Scaliger succéda à Juste Lipse, compta parmi ses maîtres les Dousa, les Heinsius, les Vossius, Grotius, etc. Au xvu" siècle, tandis que T. Lefèvre, Dacier et les autres philologues français se réduisaient au rôlt de commeutateui-s, l'Angleterre produisait Rich. Bentley et plusieurs autres érudifs du premier mérite, auxquels succédaient |>endant le siècle suivant Toup, Tyrwhitt, Elmsley, Taylor, l'orson, etc. A côté des critiques anglais se placent, en Hollande, Tib. Hemsterliuys, Vaickenaer. Ruhnken, ^Vyttenbach ; en Allemagne, les continuateurs des humanistes (îesner, Ernesti. Fabricius, Reiskc: en France, Larcher, Villoison, Brunck, Schweigliœuser, le Grec Corav. Mais, à la tin du xviii" siècle, une nouvelle période s ouvre en Allemagne. Fr.-Aug. Wolf fonde la science philologique mo<lerne et provmpie un mouvement d'érudition considérable, marqué par les noms de Heyne, de Creuzer, de Godefroy llermann, de VVelcker, d'Aug. Bœckh, le maître d'Osfried Mûllcr. Dès lors, c'est la philologie allemande qui prend le pas en Euro|)e et ses méthodes se propagent plus ou moins rapidement dans chaque pays.
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