‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1221 sur 1729 · PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE

Au xrx" sii'clc, loiitos les braiulics de la ])l)ilologie ont clé l'iillivces avec une égale anleur en Alleiua},'ne ou par des Allemands. >'ous citerons dans la philologie classique : pour le grec, A. Meineke, les Dindorf, Théod. Bergk, Nauck, etc. ; pour le latin, Kiessling, Haupt, Lacliniann, Ritschl, Ribbeck, et de nos jours IJsener, Diels, Wilaminvitz-Moellendorir, Kaibcl, etc. ; dans la philologie comparée, Bopp, Kûhn, Fick, Corssen, Max Mûller, G. Curtius, Léo Meyer, etc. Le nombre îles pliilologues qui s'occujient des langues orienlales ou vivantes n'est pas moins considérable. En dehors de l'Allemagne, il faut citer : en France, les hellénistes Boissonade, Lelronne, Alexandre Weil, Tournier, liraux, les latinistes Quicherat, Boissier, Thurot, Riemann; en Hollande, Peerlkamp, Cobet et ses élèves ; en Angleterre, Gaisford, Grote, Badhani, Blaydes; en Danemark, Madvig; en Italie, Borghesi, A. Mai, de Rossi, Comparetti. Consulter sur l'histoire de la philologie : F.-A. Wolf, Matthiœ, Cbr.-D. Beck, Heeren [Histoire de l'étude de la littérature classique, 1797- 1801), Creuzcr [De l'étude de l'anticiuité, 1807;, Bcrnharily {Gruiidlimen der Encyclopiedie der P/iiloloçjie, ISS'i) ; Otto .lahn {Discours académique prononcé à Bonn en 1859, dans les Prcussische Jahrbucher, vol. IV); H. Usener (Philoloçjie und Geschichtswissenschuft, 1882) ; L. Ilavct [Discours d'ouverture au Collège de France, 1889); Max Bonnet [Discours d'ouverture à la Faculté des Lettres de Montpellier, 1891).

PHILOMATHIE (du gr. ipi'koi, ami, et [laOerv, apprendre), amour de la science, de l'instruction. On a formé de ce mot celui de philomathique, et l'on a désigné sous les noms de Société philomathique. Institut philomathique, des établissements qui avaient pour but de cultiver la science et de la répandre.

PHILOMEDA, synonyme de Gomphie. Voy. ce mot. PHILOMÈLE (du gr. cptXo[jn^>ia), nom donné par les })oèles anciens au Uossignol.

piuLOMÈi-E, 196° petite planète, trouvée le 14 mai 1879 par C. H. F. l'eters, à Clinton (Etats-Unis), Voy. planètes. PHILOSOPHALE (pierre). Voy. pierre.

PHILOSOPHE, celui qui étudie la philosophie et qui la praliquc. Au rapport de Cicéron [Tusculanes], ce titre remonte à Pythagore : dans l'origine, on nommait sages (en gr. aosoo) ceux qui passaient pour posséder la «agresse (coaîa), c.-à-d. la science unie à la vertu, l'ythagore y substitua le litre plus modeste de philosophe, c.-à-d. ami de la sagesse (de taO^oç, ami, et ao'-sia., sagesse). — Dans une acceplioii plus restreinte et toute morale, le philosophe est celui qui possède la force d'âme, qui se met au-dessus des passions et des opinions du vulgaire, qui méprise les honneurs et les richesses. Celte philosophie pratique, par laquelle ont brillé Socrate, Epictèle, etc., se manifeste surtout lorsque l'homme est aux prises avec l'adversité. Voy. force d'âme.

PHILOSOPHIA, 227" petite planète, trouvée le 12 août 1882 par Paul Henry, à Paris. Voy. planètes.

PHILOSOPHIE (de /j/«7oso7>/ie). La philosophie est l'étude des questions scienliliques les plus générales, de celles qui par conséquent importent le plus à l'esprit humain. Chaque science a donc sa philosophie propre, qui est l'élude de l'objet, de la méthode etdes conclusionsde cette science: c'est en ce sens qu'il y a une philosophie zoologique, une philosophie de l'histoire, etc. Mais, de plus, ces pliilosophics des sciences particulières peuvent et doivent èlre synthétisées en un corps unique de doctrines, résumant l'ensemble des notions que nous fournit la science, et peuvent se diviser en (pialre parties -.i" psychologie, ou étude de l'esprit humain, en qui réside la science ; 2° logique, ou étude (les méthodes de la science et des conditions de la certitude scientifique ; 3" métaphysique, ou ensemble des conclusions de la science sur l'homme, sur l'univers cl sur Dieu; ¥ morale, ou application de nos connaissances à noire conduite dans la vie.

Dans les temps modernes, depuis qu'on a substitué l'examen a l'autorité, et abandonné la méthode syllogislique de la Scolaslique, beaucoup de plnloso|)hes ont pratiqué deux mélhoiles également exclusives. Les uns, séduits par 1 \\^^*^ '^' l'enchainement des idées qu'on admire dans les Mallicmatiques et qui leur ont valu le nom de sciences exactes, ont employé la méthode démonstrative en s'appu-sanl sur des définitions posées a priori, comme Spiiiosa ou sur des hypothèses, comme Hegel, sans tenir compte des données de l'expérience : ils se sont perdus

dans des spéculations abstraites, oubliant que la philosophie doit établir l'existence d'êtres réels et qu'elle ne le peut sans se fonder sur des faits positifs. D'autres, subissant l'influence des progrès accomplis par les Sciences physiques, ont préconisé l'emploi de la méthode e.rpérimèntale et ont enseigné que la philosophie doit débuter par l'observation, ce qui est une vérité incontestable ; mais ils se sont trompés en confondant l'observation des sens et l'observation de la conscience, en ne reconnaissant pas la valeur propre du sens intime.

Histoire de la philosophie. Son étude est une iiarlie essentielle de la Philosophie de l'Histoire, puisqu'elle fait connaître le développement scientifique de l'esprit humain. Elle offre en outre un grand intérêt pour les jirogrès mêmes de la Philosophie : la connaissance des problèmes agités par les différentes écoles, des méthodes qu'elles ont suivies et des solutions qu'elles ont données permet de proliter de leurs recherches on d'éviter leurs erreurs ; la critique oblige l'esprit à se rendre compte de la valeur de ses opinions en considérant toutes les questions sous leurs divers points de vue. — Si l'on veut remonter aux origines premières des systèmes actuellement [irofessés et comprendre leur filiation et leure rapports, il est nécessaire d'étudier les écoles de la Grèce : E. d'ionie (Thaïes, Anaximandre, Aiiaximèire, lléraclile, Anaxagore, Archélaiis, Diogène d'Apollonie) ; E. italique (Pythagore, Timée, Archytas, Philolaùs, Empédocle : Voy. physique) ; E. atomistique (Leucippe, Démocrite : Voy. atomisme) ; E. d'Elée (Xénophane, Parménide, Zenon); E. sophistique (Gorgias, Prolagoras, Polus, etc. : Voy. logique) ; E. socratique (Socrate, Xénophon, Criton, Cébès : Voy. bialectiquk) ; E. cynique (Antisthène, Craies, Diogène, Ménippe); E.cyré- HaJ'^Me (Aristippe, etc.); E. éristique (Euclide de Mégare, Stilpon) ; E. a Elis et E. d'Erétrie (Phédon, Ménédème) ; Académie (Platon, Speusippc, Xénocrale, Polémou, Cranlor : Voy. idéalisme, dialectique, académie, platonisme); E. péripatéticienne ou Lycée (Arislotc, Théophraste : Voy. logique, psychologie, physique, métaphysique, péhipatétisme) ; E. épicurienne (Epicure, Métrodore, Lucrèce) ; E. stoïcienne ou Portique (Zenon, Cléantbe, Chrysippe, Panétius, Posidonius : Voy. psychologie, métaphysique, vertu) ; Académie nouvelle (Arcésilas, Caniéade, Philon, Antiochus : Voy. probabilisme) ; E. sceptique (Pyrrhon, Timon, Enésidème, Sextus, Empiricus : Voy. époque). — A home, la philosophie grecque inspira l'épicurien l,ucrèce, l'éclectique Cicéron. les stoïciens Sénèquo, Epictèle, Marc- Aurèle. Sous l'Empire, le génie grec, subissant l'inllueuce de l'Orient, produisit VE. néo-platonicienne ou E. d'Alexandrie (Ammonius Saccas, Plotin, Porphyre. Jamblique, Proclus. Simplicius, Olympiodore : Voy. idéalisme, métaphysique, mysticisme. NÉO-PLATOXISME, ALEXANDRE [pIIII.OSOPHIe]),

dont Boëce exposa plusieurs théories dans sa Consolation philosophique. — La Philosophie chrétienne fut constituée par les Ph-esde l'Eglise [Voy. ce mot), qui, pour la plupart, s'appliquèrent à concilier la doctrine })lalonicicnne avec le christianisme : le plus important à ce point de vue est St Augustin. — Au moyen âge. la philosophie fut subordonnée à la théologie et enseignée exclusivement dans les écoles : elle reçut de là le nom de Scolaslique. Elle puisa ses matériaux dans les Pères de l'Eglise et dans Aristote. Son plus grand docteur fut St Thomas, qui fonda le péripatétisme chrétien. En dehors des dis^ eussions auxquelles donnèrent lieu le Sominalisnie, le Conreptualisme. et le Réalisme, elle produisit quelques esprits indépendants, Abélard, Hugues de St-\ictor, Amaury de Chartres, Roger Bacon, Gereon, Raymond de Sébonde, Guillaume d'Occam, Jean de Salisbury, cic. — La Renaissance essaya d'émanciper la philosopiiie par le retour aux systèmes de la Grèce ou par des innovations plus téméraires que fructueuses. Elle eut : des érndils, Ange Politien, Erasme; des platoniciens, Bessaiion. G. Pléthon. Marsilc Ficin, Palrizzi: des péripatéticiens, Pomponazzi, Cesalpini, Charpentier; un stoïcien, .lusle Lipae; des mystiques. Pic de la Mirandole, Reuchlin, Cornélius Agrippa. Paracelse, Cardan, Jacob Bœhm, li. Fludd. les Van lleimont; des novateurs, Telesio, Campantlla, Jordano Bruno, Ramus; des moralistes, Montaigne, ('liiiiTon, Calvin, St François de Sales; des politiques, Machiavel, J. Bodin, Th. Morus, Grotius.

La Philosophie moderne a pour foudalcurs Bacon et Descaries. — Philosophie française. Au xvii« siècle domina le cartésianistne : Descartes, Robaull, DelaforgC,

PHILOTECHME

PHLEGMOiN

Pascal (sccptiquo en Métaphysique), Arnauld. Nicole, Buf- j fier. Bossuet, Fcneloii, Jlalèbrancho, Fontcnelle: Spinosa i foiiila le panlhéisine ; Gassendi restaura Vépiriirisme : La Motlte le Vayer, Bavle cl lluct professèrent le scepticisme; La Kocliëfoucaufil. La Bruyère et VauvenarsTucs s'illustrèrent comme moralistes. Au xviii', le sensualisme eut pour chef Condillac et se continua par l'idéologie (Condorcet, Destutt de Tracy, Garât, Volney). .\ cette doctrine se rattachèrent plus bu moins: les épicuriens, Helvétius et Lamcttrie ; les encyclopédistes, Diderot, d'Alem- , Ix^rt et d'Holbach ; les plïysiolog^istes. Bichat, Cabanis, j Pinel. Gall, Broussais. Montesquieu, Voltaire. Mably. J.-J. i Botisseau développèrent de nouvelles théories politiques. Quant à notre siècle, il olfre une grande divergence dans les tendances. Parmi les spirilualisles, on remarque Haine de Biran, Boyer-Collard, Cousin, Joulfroy, etc. Il y a en outre V école critique, l'école positiviste et les sectes socialistes de St-Simon, de Cn. Fourier et de Proudlion. — Philosophie anglaise. Après Bacon, le principal rôle appartint à l'empirisme : llohbes, Locke, Berkeley (idéaliste), D. Hume (sceptique). Leurs doctrines furent combattues par l'école écossaise : Hutcheson, Smith, Beid, D. Stewart, Th. Brown, \V. Hamilton. Elles ont été reprises par l'école de l'association des idées : H. Spencer. J. Stuart Mill, etc. Cependant divers auteurs ont Cl >mi)osé des écrits remarauables sur la Théologie naturelle ' Voy. ce mot). — Philosophie allemande. Les chefs d'école sont Leibniz , Kant , Fichle, Schelling, Hegel. Schopenhauer (Foy. inÉAttïME, dynamisme, pax- THÉisME, etc.). Le matérialisme y est représenté par MM. Bûchner, Moleschott, etc. — Philosophie italienne. Ses penseurs les plus connus sont : Galilée, Vico, Boscovich, Filaiiiïieri, Beccaria, Bomagnosi, Galuppi, Bosmini, Giolx'rti, Slamiani {loy. ces noms dans le Dict. d'H. et de G.]. Consulter : Zeller, Histoire de la philosophie grecfiue; Hauréau, Histoire de la scolastique; Janet et Séaillcs, Hist. de la philosophie; Alfred Weber, Hist. de la philosophie.

PHiLosijPHiE CLASSIQUE. Au moycn âge, l'enseignement de la Philosophie dans les écoles constitua la Scolastique, qui. ayant pour objet principal la Théologie, se bornait à étudier et à commenter en latin la Logique d'Aristote,son Traité de l'Ame, sa Métaphysique et sa Morale. Il se forma ainsi un certain fond de doctrine qui se transmit par tradition jusfju'à la révolution française , comme on en peut juger par les anciens cours de philosophie (Philosophie de Séguy,de Lemoniiier; Philosophie de Lyon.olc). Cependant le Cartésianisme enseigna à traiter les matières philosophiques en français, avec clarté et méthode : Arnauld et S'icole composèrent la Logique de Port-Royal pour l'instruction du duc de Che\Teuse: Bossuet, le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même, et la Logique, pour l'éducation du grand Dauphin, iils de Louis XlV, etc. — Après avoir, depuis la fin du ïviii' siècle, éprouvé des vicissitudes diverses qui ont tour à tour restreint ou agrandi son domaine, l'enseignement classique de la philosophie comprend auj. la Psychologie, la Logique, la Morale el la Métaphysique (Foy. ces mots). Ainsi organisé, il constitue le complément nécessaire d'une éducation libérale : il donne une culture spéciale et directe à la réflexion et à la raison, en appelant l'esprit à méditer sur les problèmes qu'agite la philosophie et à se former des convictions qui doivent le guider dans sa carrière. — Consulter : E. Rabier, Leçons de philosophie; R. AVorms, Précis de philosophie et Eléments de philosophie scientifique et de philosophie morale.

PHILOTECHNIE (du gr. j'Xoî, ami , et TévvT,, art), amour des arts. La Société philotechnique, fondée à Pans à la fin du xyiii" siècle, se compose d'amis des arts et des sciences, encourage les inventions, propose des sujets à traiter et décerne des prix. L'Association philotechniqur a |)our but de développer l'instruction chez les adulti's.

PHILTRE (du gr. oÎATpov), breuvage qu'on supposait propre à inspirer de l'ainour. Les anciens accordaient beaucoup de foi à la puissance de ces préparations magiques. Ils y faisaient entrer diverses herbes, notamment la mandragore, certains os de grenouille, la pierre astroïte, Fhippomane. etc. (Voy. Thcocrite, Idyll. ii, et Virgile, Egl. viii).

PHLÉBITE (dû gr. o'hé-^, tfkz^ôç, veine, et de la désinence ite). inflammation des veines. Elle a pour cause soit une infection microbienne locale ou générale (veines ou-

vertes dans une plaie septique ou septicémie, ûèrre typhoïde), soit un trouble de nutrition (|)hlel>ite goutteuse), soit enfin une action toxique comme celle qu'exerce l'alcool. Les raicrocoques, une fois établis dans l'endothélium de la paroi veineuse, amènent une coagulation. Le caillot ainsi formé (thrombose) est infecté et peut, en se détachant, aller former au loin des foyers de suppuration. Dans les cas légers, le caillot ainsi formé se laisse pénétrer par des capillaires en même temps qu'il y a prolifération cellulaire, et la veine s'oblitère définitivement (phlébite adhésive], ou bien le caillot subit un ramollissement puriforme et il V a des abcès échelonnés le long de la veine dans son Intérieur ou en dehors d'elle {phlébite suppvrative). Les symptômes dans la forme atténuée sont ceux de la phlegmatia alba dolens : douleur locale, œdème du membre, fièvre. Dans la forme plus intense, la veine forme un cordon dur, rouge, douloureux, en même temps que les parties molles sœdéraatient. Des alx^ès peuvent s'ouvrir le long de son trajet. Dans la phlébite suppurative diffuse, on a le tableau de la pyohémie {Voy. ce mot).

Le repos absolu, les bains antiseptiques, l'ouverture et le lavage des abcès sont les moyens à opposer à la phlébite.

PHLÉBOTOMIE (du gr. oXc6oTO[ita), ouverture faite à une veine pour en tirer du sang (Voy. saicsée). — On nomme phlébotome ou flamme, flammette une sorte de lancette à ressort, de forme variable, dont on s'est servi, surtout en .\llemagne, pour opérer la saignée [Voy. lancette). On ne s'en sert plus auj. que dans la chirurgie vétérinaire.

PHLEGMASIE (du gr. çXsyixaaîa), synonvrae d'inflammation, se dit surtout des inflammations chroniques internes. Brotissais a donné une Histoire des 2>hlegmasies, qui contient toute sa iloctrine.

PHLEGMATIE (du gr. çXéyiAa), Phlegmatia, accumulation de sérosité [phlegma] sous la peau. Il est synonyme d'anasarque ou d'œdème. — On appelle Phlegmatia alba dolens ou Leucophlegmalie un gonflement douloureux des membres abdominaux, auquel les femmes sont sujettes à la suite des couches. Ce gonflement n'affecte quelquefois qu'un seul membre [Voy. phlébite).

PHLEGIMATIQUE. Voy. phlegme.

PHLEGME (du gr. çÀî'vaa). l'une des quatre humeurs naturelles des anciens, celle qui, sous le nom de pituite, formait la lymphe et toutes les sérosités, le mucus nasal, celui des intestins, la salive, etc. Le vulgaire emploie encore le mot phlegme pour désigner les mucosités filantes que l'on rend par l'expectoration ou par le vomissement

On donne le nom de phlegmatique au tempépament où la lymphe prédomine. Voy. lymphatique.

On appelait jadis phlegmes les produits aqueux dus à l'action de la chaleur sur les matières végétales. — Auj., dans le Commerce, on appelle plegmes certains alcools communs, comme l'alcool brut de betteraves.

PHLEGMON (du gr. oXsyjxdvTi, tumeur enflammée). Le phlegmon est dit : circonscrit lorsque lamas de pus ( Voy. inflammation) qui en résulte, est limité par une sorte de membrane; diffus lorsque du foyer principal partent des fusées purulentes et des décollements étendus. Les différents microbes de la suppuration, streptocoque, staphylocoque, etc., peuvent s'associer pour prwkiire le phlegmon. Mais il semble que le phlegmon circonscrit soit surtout le résultat du staphylocoque, tandis que le phlegmon diffus relève du streptocoque. Comme ce dernier parasite donne en même temps l'érjsipèle, on conçoit que. dans certains cas, érysipèle et phlegmon diffus aient pu se succéder et mériter le nom de phlegmon érysipélateux, érysipèle phlegmonexix.

Toute solution de continuité des téguments capable de laisser passer le microorganisme suffit à amener le phlegmon. .\insi les excavations, les plaies les plus insignifiantes comme les plus graves peuvent donner naissance au phlegmon. Les symptômes du phlegmon circonscrit sont ceux de l'inflammation : tuméfaction avec rougeur, et élévation de température, douleur lancinante, puis l'induration du point enflammé fait place à la fluctuation, qui annonce la formation de Xabcès.

Dans le phlegmon diffus, la marche de l'inflammation est beaucoup plus envahissante, la peau se mortifie souvent et se perfore; par ses orifices elle laisse sortir des lambeaux de tissu cellulaire mortifié, analogue à de la filasse

PHLEGMONEUX

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