‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1242 sur 1729 · PIQUET · texte numérisé non relu

PIQUET

vminfcx^ ; ios norfirx. qui ont l'axo du fournoau à angle droit sur le lujîiu; U'f> (/iiinffueltes, doul le l'ourncau est très petit; les anglaises, qui ont io talon jK)intu, etc. Les principaux centres de fabrication de ces sortes de pipes sont, en France, St-Onier, Forges, Givet, etc., et, en Hollande, la ville de Gouda. — Les pii)es les plus rcchcrcliées sont laites d'ambre jmme; mais elles s<jnt fort chères. On estime également les pipos A'écumc de mer [ Voy. ce u>ol), espèce de talc qu'on trouve en Anatolie. On lire de Constant iiiople des jtipes ronges, faites avec de la |X)udre de ciment tami.sée et mêlée avec de l'angilc grasse; elles ont le fourneau bas, uni ou cannelé. Les pipes en porcelaine se fal>ri<iuenl surtout en Saxe. L Alsace fajjrique toutes sortes de pipes en lx)is et surtout en buis ; diverses autres matières ont été essayées. — On ap|K'llc : caltmtet, la pipe de l'Indien d'Amérique ; chibouqtte, celle de l'Arabe ; narguilè, la i)ipc turque, qui com|)orte un très grand fourneau, d'où la fumée passe dans un récipient rempli d'eau odorante et peut être aspirée par plusieurs personnes au moyen de longs tuyaux flexibles.

l'U'E, ancienne 'mesure vinairc", valant i muid 1/2. Elle variait comme le muid selon les pays : ainsi dans l'Armagnac elle ne contenait que 394 litres; elle en contenait aillcui's jusf|u'à 450.

La ]}ipe aeau-de-vie est comptée pour 620 litres.

PIPEAU (dimin. de pipe, du lai. pipa], se disait autrefois d'une sorte de chalumeau ou flûte cliamplre, mais ne s'emploie jilus guère en ce sens qu'en poésie. Aujourd'hui on appelle proprement jtipeau : 1° un petit instrument à l'aille duquel l'oiseleur imite le cri de différents oiseaux pour attirer le gibier : c'est une simple feuille d'arbre, ou bien un petit bâton ayant à l'un de ses Ijouts une fente où l'on met une feuille de laurier ou de chiendent ; on fait passer le souffle à travers cette fente ( Voy. appeau) ; 2" de petites branches ou brins de paille qu'on enduit de glu pour prendre les oiseaux.

Par suite, on a appelé jyipeaux tous les artifices par lesf|ucls on cherche à tromper.

PIPÉE (de pipe), chasse que l'on fait aux petits oiseaux, dans laquelle, à l'aide de pipeaux ou de la voix, on contrefait leurs appels pour les attirer dans les pièges qui leur sf»nt tendus ou sur des gluaux. Cette chasse est destructive et nuisible à l'agriculture.

PIPER, nom latin du genre Poivrier.

PIPÉRACÉES (du g.-type Piper), genre de plantes Dicotylédones apétales, renferme des végétaux herbacés ou frutescents et sarmenteux, à fleurs jxîtites constituant des chatons grêles, cylindriques, ordinairement opposées aux feuilles : ces chatons se composent de fleurs mâles et de fleurs femelles mélangées sans ordre et souvent entremêlées d'écaillcs. — La famille des Pipéracées se partage en deux tribus, les Pipêrâes et les Saumrées. Genres : Piper, Macropipcr, Cubeba, Pcperomia, etc. Voy. poivre.

PIPÉRINE (du lat. piper, j)oivre), matière cristalline découverte en 1820 par Œrsted dans le poivre noir, et indiquée depuis dans le piment et autres espèces voisines {Voy. poivre). C'est une substance incolore, cristallisée, insoluble dans l'eau froide et très soluble dans l'alcool. Ce corps peut se combiner aux acides; traité par la potasse à lébuHilion, ce corps se dédouble en pipéridine et acide pipérique qui s'unit à l'alcali.

PIPÉRINE. Voy. PEPERINO.

PIPE-ROLLS, rôles de l'Echiquier d'Angleterre. Voy. le Met. d'Hist. et de Géogr.

PIPETTE (dimin. de pipe, tuyau, chalumeau), tul^e de verre effilé à l'une de ses extrémités, évi/lc à l'autre, de telle sorte qu'en y appliquant le doigt on puisse le fermer exactement ; la pipette porte le plus souvent un renflement cylindrique ou sphérique qui en augmente la capacité. Elle sert, dans les laboratoires, à enlever un liquide d'un vase, et à le transporter dans un autre sans en répandre et sans agiter la liqueur.

PIPISTRELLE, Pipistrellus, genre de Chauves-Souris, de la famille des Vespertilionidés, que l'on trouve communément dans toute l'Europe : elle ressemble à la Noctule; «îs couleurs varient du brun au roux. C'est la Chauve- Souris qui s'approche le plus de nos habitations. Voy.

CIIACVES-SOURIS.

PIPIT (onomatopée), Anthus, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux dentirostres, groupe des Becs-fins, et qui lient le milieu entre les Bergeronnettes et les Alouettes : bec droit, cylindrique, en alêne, à jjointe légèrement

cchancrée. Le P. des buissons (A. arboreus). ou liée figue d'hiver, est un petit oiseau d'un brun olivâtre, <iui arrive^ en automne dans nos provinces méridionales. 11 niche dans, les touffes d'herbes, les bruyères, les buissons. Sa ponte est de 5 ou 6 œufs, d'un blanc rougeâtre, totalement couverts de nombreuses taches d'un rouge fonce. Le P. farlouse [A. pratensis) a le plumage brun-roussâtre comme le précédent, mais il a la poitrine et la gorge plus grivelées : on le trouve partout. Viennent ensuite le P. rousse- Une, le P. riehara, etc.

PIPRA, nom latin scientifique du genre Manakin.

PIQUANTS. Voy. aiguim-qn et roii..

PIQUE (de pùjuer), sorte d'arme de main, coinjiosée d'une hampe en liois dur et d'un fer aigu. La longueur de celle arme a varie de 4 m. jusqu'à G m. La pique est surtout à l'usage de l'infanterie : dans la cavalerie, elle prend le nom de lance. Dans les légions romaines, la pique était l'arme des triaires [triarii). Les Flamands cl les Picardsen firent un grand usage dans le moyen âge; après eux,, elle fut adoptée par les Suisses, puis par les Espagnols, et enfin par les Français : on commença à s'en servir sous- Charles VII. — On appelait pinuiers les soldats qui la jwrtaient. Aliaiidonnée en 170<), la pique reparut dans la Uévolution et aux Cent-Jours : on arma alors le peuple de piques. Elle a tout à fait disparu auj.

Dans les Jeux de cartes, le pique est l'une des deux couleurs noires; son nom vient de ce que sa forme rappelle celle d'un fer de pique. Voy. cartes.

En Histoire naturelle, on nomme vulgairement : Piquebœuf, un genre de Passereaux ( Voy. ci-après) ; Piquebois, le Pic noir; Pique-brol, l'Eumolpe de la vigne; Pique-mouche, la Mésange commune; Piqtie-véron , le Martin-pêcheur.

PIQUÉ, étoffe de colon formée de deux tissus, l'un fin» l'autre plus gros, qui sont appliqués l'un sur l'autre et unis par des points, rangés ordinairement en losange. On en fait des gilets, des jujwns et des vêlements d'enfants.

PIQUE-BŒUF, Buphaga, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux coniroslres, famille des Sturnidés, a éléainsi nommé parce qu'il a l'habitude d'entamer à coups de liée la peau des bestiaux |X)ur en tirer les larves ou insectes qui peuvent s'y trouver. L'esi)èce type, le Piquebœuf rousscitre (B. africana), se trouve au Sénégal.

PIQUE- NIQUE (de l'ang. pick-nick, de pick, choisir, et nick, instant précis), rejias ou partie de plaisir, où se réunissent plusieurs ixirsonnes qui se sont donné rendezvous, et qui payent chacune leur écot.

PIQUEPOUL, nom de divers cépages du lianguedoc. Ils donnent un vin agréable, d'où l'on relire la majeure partie des caux-de-vic d'Armagnac.

PIQUET (dimin. de piqué). Dans l'Art militaire, on appelle ainsi tout pieu, perche ou jalon fichés en terre |)Our prendre un alignement, pour tendre ou retenir les cordages d'une lente, d'un pavillon, etc. ; de là les expressions : planter le piquet, [xnir camper; lever le piquet, pour décamper. — On a donné aussi ce nom à une punition militaire, qui consistait à passer deux heures debout près d'un piquet, punition employée aussi quelquefois dans les collèges.

On appelle encore piquet un certain nombre de cavaliers ou de fantassins qui se tiennent prêts à marcher au premier ordre ou à monter une garde.

PIQUET (jeu de). Le piquet a été inventé, dit-on, sous le règne de Charles VII [Voy. cartes). Ce jeu se joue ordinairement à deux et avec 32 cartes. L'as est la plus forte carie et vaut 11 points; les figures valent 10 et les autres cartes le nombre de points qu'elles portent. La partie se joue le plus souvent en 400 points : chaque joueur reçoit 42 cartes, sur lesquelles le premier en caries peut en écarter 5 et le second 3. L'écart fait, celui qui a le plus fort point compte autant de points qu'il a de cartes au point; on annonce ensuite les séquences : la tierce vaut

3 points; la quarte, 4; la quinte, 45; la sixième, 46, etc.; enfin, on compte les quatorze (on nomme ainsi 4 as,

4 rois, 4 dames, 4 valets ou 4 dix réunis, parce qu'ils valent 44 points) ; si chacun des deux adversaires a un

Îuatorze, celui qui a les cartes supérieures l'emporte, ous ces points étant comptés, le premier en cartes joue et compte un point pour chaque levée ; l'autre commence à compter quand il prend, et ainsi de suite : la dernière levée vaut 2 points. Celui qui a fait plus de six levées compte 40 points ; celui qui fait capot en compte 40. Si le

Page 1