POIRIER
POINTE (fcmin. du participe point, de poindre], insliuniciit d'acier avec lequel le graveur à reau-t'orte dessine sur le vernis dont la planche est enduite, et découvre ainsi les parties où lacide doit mordre. Si l'on forme avec une pointe aiguë des traits ou des hachures sans recourir à l'eau-lorte, cela s'appelle graver à la pointe sèche. La pointe sèche ouvre le cuivre sans en rien détacher. On l'emploie dans le fini aux objets les plus tendres, les plus légers, aux ciels, aux lointains; et son travail, contraslant avec celui de l'eau-lorte ou du burin, est toujoui-s heureux et piquant. Par suite, on a appelé pointe la manière d'opérer, la touche du graveur; c'est dans ce sens qu'on dit : Avoir la pointe délicate, légère, lourde, etc. Voy. gravure.
Ou appelle de même pointe l'outil acéré dont on fait usage dans diverses industries, p. ex. une tige de cuivre à l'extrémité de laquelle est monté un diamant qui sert aux graveui-s en pierres fines à creuser les parties des pierres qu'ils veulent graver; le petit ciselet pointu dont se servent les ciseleurs pour achever les figures et leur donner plus de relief ; l aiguille montée sur un manche avec laquelle les typographes soulèvent les caractères des formes |)our faire les corrections ; un clou long et mince, etc.
Pointe de diamant, se dit, en Architecture, d'une pierre terminée en pyramide quadrangulaire aplatie : ce genre d'ornement se rencontre communément dans les constructions du style latin. Voy. tète de clou.
Coup de pointe. Voy. estoc.
POINTER, sorte de Chien d'arrêt, de race anglaise.
POINTILLÉ (de pointillé, de rital.puniijr/'o), manière de peindre, particuhèrement à l'usage du peintre en miniature, consiste à poser les couleurs par petits points, au moyen d'un pinceau bien affilé : le />oi«/j/Z^ s'emploie surtout [K)ur peindre les chairs. On procède quelquefois de même pour les dessins à la pierre noire ou à I encre de Chine : les dessins ainsi faits prennent le nom de dessins au pointillé. — On fait aussi entrer un travail par petits jKjints dans un genre de gravure que l'on appelle gravure au pointillé. Voy. gravure.
POINTURES [du lat. punclura, piqûre], désignent, en Typographie, les instruments emplovés pour faire retomber exactement, au moment du tirage, les pages du verso de la feuille sur les pages du recto. Sur la presse à bras, les pointures se composent de deux pointes d'acier fixées, à angle droit, sur deux tiges de fer vissées de cliaque côté du tvmpan. La pression donnée à la feuille de papier pour imprimer le premier coté perce dans le papier les deux trous des pointures : le papier remis sur le tympan est guidé à son second passage sur la forme des caractères par les trous de pointures percés lors de la première pression.
Actuellement, pour les machines typographiques, les pointures sont fixées dans l'intérieur du cylindre. Elles sont munies d'un ressort et apparaissent, suivant le mouvement de la machine, pour recevoir la feuille et elles s'abaissent alternativement loi-squc le papier est saisi et entraîné par les pinces du cylindre. Il existe différents systèmes de pointures perfectionnés, la pointure automatique, par exemple, où le papier, étant perforé à l'avance sur une machine spéciale, assure plus de précision au repérage.
POIRE. Pyrum ou Pirum. fruit du Poirier. La poire a généralement la forme d'une toupie : d'abord d'un vert clair, ensuite jaunâtre, avec de nombreux points grisâtres, elle renferme une chair blanche, qui au commencement est ferme et très acerbe, mais qui, à l'époque de la maturité, devient molle et pleine d'un suc assez délicat. On compte de nombreuses variétés de poires [Voy. ci-après poirier). Quant à leur usage comme fruits comestibles, on range les poires en deux classes : 1° les poires à couteau, tendres, savoureuses, d'une conservation difficile: 2° les poires à cuire, dont la chair est plus ferme, un peu acerbe, et qu'on ne mange guère que cuites. Ces dernières servent à faire des compotes ; c'est aussi en leur faisant subir certaines préparations au four qu'on fait les poires séchées ou tapées, qui se conservent longtemps, surtout si on les tient dans un lieu sec. Avec les poires on fait encore une espèce de confiture connue sous le nom de raisiné [Voy. ce mot). On relire des poires une liqueur fermentée qu'on appelle poiré, dont on fait une grande consommation dans le nord-ouest de la France : le |)oiré est d'une, saveur agréable, mais un peu capiteux ; quand il
est clair, il ressemble beaucoup au vin blanc, et il pctilb comme le vin de Champagne. On peut en retirer du vinaigre et de l'eau-de-vie. Voy. cidre.
On appelle ^'ulgairement : Poire d'acajou, le fruit du Cassuvium ; P. de bachelier, une espèce de Morelle ; P. de terre, le Topinambour, etc.
Essence de poire. Voy. valérianiqde (acide}.
Poire d'angoisse. Voy. angoisse.
POIRÉ. Voy. cidre.
POIREAU ou PORREAU, .illium porrum, plante potagère du genre Ail et de la famille des Liliacées. Le poireau se reconnaît à son bulbe allongé, à sa tige haute de 0 m. 08 à 0 m. 10, pleine, garnie de feuilles planes, mais pliées en gouttière, linéaires, lancéolées, de couleur glauque. 11 est cultivé dans les jardins pour l'usage des cuisines : on le fait aussi entrer dans quelques préparations pectorales. Le l'oireau est originaire du midi de l'Europe. Les Egyptiens et les Romains en faisaient un bien plus grand cas que nous, sans doute parce que, sous leur climat, ce légume acquérait plus de saveur.
POIREAU ou PORREAC (du lat. vorTellus, dimin.de »omi«), excroissance verruqueuse qui se développe spécialement aux mains, et dont la substance est tantôt lisse, tantôt inégale et raboteuse, prend naissance dans le corps muqueux.
Voy. VERRUE.
POIRÉE, plante potagère du genre Bette, à laiçes feuilles et à côtes fort épaisses, dont on se sert pour certains pansements. Voy. bette.
POIRIER, Pirus, genre de bi famille des Rosacées, tribu des Pomacées, se compose d'arbres ou d'arbrisseaux, à feuilles simples, entières ou dentées : à fleurs blanches, grandes, en corymbes simples ou rameux : calice demiadhérent, limbe divisé en o segments étalés ou réfléchis; 5 pétales : ovaire adhérent à 5 loges. Le fruit qui lui succède est la Poire. Voy. ce mot.
Le Poirier commun [P. communis] croît dans les régions tempérées de l'ancien continent. Sa hauteur atteint ÏO et 12 m. et il se termine par ime belle tête ; mais dans les jardins potagers on étale ses branches en espalier, ou bien on le fait pousser en quenouille et on lui donne une forme pyramidale. Le tronc des vieux poiriers est recouvert d'une écorce rugueuse et gercée ; les jeunes pousses ont une peau lisse d'un brun verdàlre. Les feuilles sont ovales, un peu coriaces, d'un vert luisant en dessus et un peu cotonneuses eu dessous. Les fleurs sont blanches, réunies par Iwuquets le long des rameaux. Les fruits, très petits et très âpres à l'état sauvage, ont été considérablement améliorés par la culture. C'est par eux que l'on dislingue les nombreuses variétés de ce genre, qui s'élèvent aujourd'hui à près de 600. Les plus estimées parmi les
{mires à manger sont : 1" les P. fondantes, telles que es Beurrés (B. d'Arembci^, B. royal, B. gris, B. d'Angleterre, dit vulg. Poire d'. Angleterre, etc. ) : les Doyennés (D. roux, f). d'hiver, etc.) ; les Bergamotes B. d'automne, B. d'Angleterre, Crassane, etc.) ; les Muscats, la .Mouillebouche, la Virgouleuse, le Saint-Germain, le Sucré vert, les Colmar et Passe-t'.olmar, le Blanquet, etc. ; 2" les P. cassantes, p. ex. les Bons-chrétiens (B.-chrétien d'été, d'hiver, d'Espagne, d'.\uch, turc, etc.) ; les P. oranges (0. d'été, d'automne, d'hiver) ; le Messire-Jean, la Poire de certeau, le Catillac et la Poire d'une livre, remarquables par leur volume, et qui ne se mangent que cuites, etc. Quant aux Poiriers à cidre, leurs noms sont moins comius ; cependant on remarque parmi les meilleures espèces : le P. de sauge ou Sauger {P. salvifolia), dont les feuilles rappellent celles de la sauge ; le P. à feuille* de saule, le P. de Perse P. persica), etc. — On élève le poirier franc en pépinière pour y greffer les autres poiriers ; les jjoiriers destinés à former des espaliers se greffent sur des cognassiers.
Le bois du poirier est dur, pesant, d'un tissu mii, serre, d'une couleur im peu rougeâlre ; les vers ne l'attaquent pas. Il prend très bien la couleur noire, et alors il ressemble beaucoup à lébène : c'est un des meilleurs bois qu'on puisse employer pour la sculpture et la gravure en bois. Il acquiert un beau poli : on en fait des ouvrages de tour et de menuiserie. Les ébénistes l'emploient pour la marqueterie ; les luthiers en font des flûtes et autres instruments. Enfin c'est un bon bois de chauffage.
Parmi les maladies de ces plantes, on peut citer le chancre iln Poirier, qui est dû au Mectria ditissima. On appelle vulgairement : Poirier des Antilles, P> des