POISON
f /es, deux espèces de Bignones ; P. avocat, l'Avocalicr; p. bergamote, une variété de Cilronnior ; P. de Cayenne, une espèce de Couma dont on mange le fruit ; P. des Indes, le Goyavier, dont le fruit ressemble beaucoup à une poire; JP. rouge, un arbre du Cap qui a le j)ort du poirier.
POIS, Pisnm, genre de la famille des Papilionacécs, tribu des Viciées, se compose de plantes herbacées annuelles, presque toutes grimpantes et armées de vrilles au moyen desquelles elles montent en s'attaclianl soit aux autres plantes, soit aux rames ou supports qu'on leur a préparées ; à feuilles ciliées, accompagnées de stipules ; à Heurs portées sur des pédoncules axillaircs; le fruit est une gousse allongée reulermant plusieurs semences globuleuses, apjjelées elles-mêmes pois. — Le Pois cultivé [Pisum sativum), à fleurs blanclies, tachées de rouge, est connu de tout le monde ; ses nombreuses variétés se rapportent à 5 races principales : 1° le P. sucré, qui comprend presque toutes les sous-variétés dont les primeurs sont reclierchces sous le nom de petits pois, et que les jardiniers appellent jwis à ramer : tels sont le pois Miclianl ou de Francfort, le dominé, le pois de Marly, le sans pareil, le pois géant, etc. ; on les mange le plus souvent verts ; secs et concassés, ils fournissent une excellente purée ; 2° le P. ffl gros fruit, qui renferme des variétés, les unes naines, les autres à ramer, quelques-unes à cosse blanche, dites jmis sans parchemin, mange-toitt, parce qu'on mange le pois avec sa gousse ; 3" le P. à bouquet, remarquable par ses pédoncules chargés de Heurs nombreuses et pr ses grosses graines brunâtres ; 4° le P. carré, dont les graines, très serrées dans leur gousse, finissent par prendre une forme polyédrique : à cette section appartiennent le pois de Clamart ou ca?vv; fin, qui est très estimé ; le carré blanc et le carré à œil noir; 5° le P. nain, dont la tige ne dépasse guère 0 m. 20, et qui comprend le nain hâtif, le nain de Hollande, le gros nain sucré, et les nains verts. On sème les petits jK)is au printemps ou à l'automne. Les cosses des pois verts forment une bonne nourriture pour les vaches laitières. — Le Pois des champs [P. arvense), dit aussi P. gris ou P. de pigeon, Bisaille, espèce que l'on cultive en grand, a des Heurs solitaires, blanches ou purpurines; la hauteur de sa lige ne dépasse pas 0 m. 70, et elle ne se rame pas ; sa graine est grise, et n'est guère employée que pour nourrir les pigeons. Le pis gris cou|)é en vert riomic un excellent fourrage. — Le Pois chiche ou P. pointu (P. cicer) a des fleurs petites, violettes, quelquefois blanches, une gousse enflée, rhomboïdale, à deux ou trois semences ; cette gousse sert d'aliment aux hommes, dans le Midi, sous le nom de cicerole. Dans le Nord, le pois chiche n'est employé que comme fourrage.
Pois de senteur ou Gesse odorante, espèce du genre Lathyrus. Voy. gesse.
On appelle : Pois d'Angola, du Congo ou de sept ans, les fruits du Cytise de l'Inde ; P. de brebis, P. trrelon, la Gesse cultivée ; P. cochon ou patate, le fruit du Dolic ; P. grecs ou de lièvre, plusieurs espèces de Gesses; jP. pouilleux ou à gratter, certaines Légumineuses dont les gousses sont hérissées de iwils raides qui se détachent à ma^ turité, et qui, en s'implantant dans la peau, causent une vive démangeaison ; P. i-ouge, le Haricot sphérique, etc.
POIS À CAUTÈiiE, corps globuleux que l'on plaçait dans la plaie d'un cautère pour exciter la suppuration, et empêcher le rapprochement des lèvres de la plaie. Les i)harniaciens préparaient ces pois avec des substances végétales, dures el poreuses, comme des pois secs ou de Iwules de racine d'iris. le Florence ou de guimauve, du sain-bois, etc.
Voy. CAtîTÈRt
POISON (du lat. potio, potion). On nomme ainsi toute substance non organisée qui. prise intérieurement, ou mtrodiiite par voie intra-cellulaire, ou veineuse, ou cutanée, ou pulmonaire, ou appliquée de quelque manière que ce soil sur un corps vivant, est capable de détruire ou d'altérer les fonctions vitales. Il existe, dans les trois règnes, des substances vénéneuses douées de ces funestes propriétés. Celles qui provieiment des animaux sont spécialement désignées sous le nom de venins, lorsqu'elles existent mdcpendammcnt de toute espèce de maladie; et sous celui de virus, lorsqu'elles constituent une maladie, ou qu elles se développent dans une maladie; mais ce ne sont point la des poisons à proprement parler. On réserve surtout lu nom (le poisons aux substances délétères du règne
minéral ou du règne végétal. On appelle antidotes, ou contrepoisons, les substances qui sont propres à contrebalancer l'effet des poisons.
Une classification rigoureuse des poisons est cliose presque impossible. Néanmoins on peut, en se basant sur leurs effets physiologiques principaux, les diviser en 3 classes : 1» poisons acres, dits aussi irritants, caustiques, escarotujues ou corrosifs; "i" poisons narcotiques ou stupéfiants; 3° poisons narcotico-âcres. On forme quelquefois, mais à tort, une 4° classe des venins et des virus, sous le nom de poisons septiques. Les poisons proprement dits agissent proportionnellement à la aose ingérée. Les virus au contraire n'agissent pas pro|X)rlionnellement à la dose; ils peuvent se multiplier dans l'économie, ce qui n'a lieu ni pour le poison, ni jxiur le médicament.
Poisons acres. On range dans cette classe les composé» mcrcuriels, arsenicaux, antimoniaux, le phosphore, le chlore, divers composés métalliques (sels de cuivre, de plomb, etc.); les acides et alcalis concentrés, etc.; l'cupliorbe, la coloquinte, le garou, les cantharides, le crolon, etc. Ces poisons ont une saveur chaude, brûlante à la gorge; ils occasionnent des coliques violentes, des vomissements et des déjections alvines répétés, une soif vive, enfin les signes d'une inflammation gastro-intestinale très intense. Si l'empoisonnement est causé par les acides, on fait boire de l'eau contenant de la magnésie, ou, à défaut, de l'eau de savon ; puis on combat l'inflammation par les sangsues, les bains, les lavements, les Iwissons douces, etc. S'il est dii aux alcalis, à l'eau de Javelle p. ex., on fait vomir au moyen de l'eau tiède ou en titillant la luette avec la Iwirbc d'une plume; puis on emploie les émoUients à l'intérieur et à l'extérieur. S'il est l'elVcl de l'arsenic, il faut d'abord provoquer le vomissement et donner des lavements laxatifs; puis administrer comme contrejjoison le peroxyde de fer hydraté ou le sulfure de fer préparé par voie humide et exlemporanément en versant du sulfure de potassium dans du sulfate de fer. Contre l'empoisonnement par les sels de cuivre, de plomb ou de mercure, on emploie : eau tiède en abondance, vomitifs, blancs d'œufs délayés dans de l'eau ou du lait.
Poisons narcotiques. Ce sont ceux qui, comme l'opium, la morphine, l'acide cyanhydrique, la jusquiame, agissent spécialement sur le cerveau, mais sans enflammer les organes avec lesquels ils sont mis en contact. Les symptômes de ce genre d'empoisonnement sont : vertiges, afl"aiblissement des contractions musculaires, stupeur, coma, respiration difficile. Faire vomir en administrant l'émétique ; faire avaler comme antidote une forte décoction de noix de galle ; comliattre le narcotisme par du café à l'eau très fort. Pour l'acide prussiquc en |)articulier, faire respirer de l'air contenant un peu de chlore, et produire à tout prix la respiration artificielle.
Poisons narcotico-f'icres. Ce sont ceux qui à la fois agissent sur le cerveau et enflamment les parties sur lesquelles ils sont appliqués : tels sont l'aconit, la noix vomique, la belladone, la digitale, le stramonium, l'ellébore, la scille, etc., leurs préparations pharmaceutiques et les alcaloïdes qu'elles renferment, la strychnine, la nicotine, le camphre, l'alcool, le chloroforme, les émanations de certaines fleurs, les gaz acide carlwnimie et oxyde de carbone, le gaz d'éclairage, l'acide sulfliyarique et les gaz des fosses d'aisance, etc. Ils produisent des spasmes, des convulsions, de l'agitation, du délire, des cris, le coUapsus, une respiration très pénible, etc. On y oppse le vomissement par l'éinélique, les lavements purgatifs, des affusions froides sur la tête; le café à l'eau, contre le narcotisme; la saignée, contre la congestion cérébrale; les boissons acidulés, les révulsifs, etc. Le lavage de l'estomac est, dans les cas d'ingestion stomacale d'un poison, une excellente pratique. Lorsque le malade ne peut avaler aucun vomitif, on peut avoir recours, pour ol)tenir le même effet, à une injection hypdermique d'apomorphine.
Pour les Poisons septiques, vo.y. venin, virus, septicémie et TOXINES.
Dans tous les temps il s'est trouvé des êtres pervers qui ont fait une étude des poisons pour en faire l'usage le plus criminel (Locuste à Rome, la Voisin, la marquise de Brinvilliers en France, etc.) ; mais ce n'est que de nos jours qu'on en a fait l'objet d'une étude vraiment scientifique, dans le but de découvrir d'unt manière incontestable les preuves du crime ou de trouver les moyens d en