‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 127 sur 1729 · ATOME · texte numérisé non relu

ATOME

plaisirs ('•ncrvanls. — Dans la lutte et le pugilat, les couplos se tiraient au sort. Le vainqueur recevait une couronne ; celui qui avait été couronné trois fois aux jeux sacrés était exempt de charges et d'impôts. Les athlètes qui réunissaient les cinq talents de la lutte, du pugilat, de la course, du saut et du disque, avaient le nom de penlafhlfs chez les Grecs, et ae quinqucrtiones chez les Romains.

ATHOR, 161" petite planète, trouvée le 19 avril 1876 par Watson à Aiui-Arbor (Etats-Unis). Voy. planètes.

ATHREPSIE (du gr. à priv. et toemo), nourrir), maladie di's luiuveau-nés, consiste dans la dégradation progressive (if tous les organes et de tous les tissus : c'est I expression la plus avancée de la misère physiologique dans lenfance indigente des grandes cités. Elle a été étudiée particulièrement par les docteurs J. Parrot et Alb. Robin.

ATHYRIUM, genre de l'ordre des Fougères, famille des Polypodiacées, formé aux dépens du genre Aspidium, a |)our espèce principale la Fougère femelle [A. filix fsrmina). Voy. aspidie.

ATLANTE (nom mytli.), Allantea, genre de Mollusques gastéropodes Hétéropodes, voisin des Carinaires et des Finiles, remarquables par la [transparence de leur test et par la rapidité avec laquelle ils peuvent nager. Us habitent pour la plupart les profondeurs du Grand Océan.

ATLANTES (pluriel grec d'Atlas), figures ou demi-figures d'hommes employées en guise de colonnes ou de pilastres pour soutenir un ouvrage d'architecture, tel qu'un balcon ou autres semblables; on les appelle aussi télamones (du gr. TAâw. supporter). Voy. cariatides.

ATLAS (du nom du personnage mytliologique qui soutenait le monde), collection de cartes géographiques. Gérard Mercator, en 1595, fut le premier qui employa ce mot dans ce sens ; depuis il a été étendu à toute collection de planches, de quelque nature qu'elles fussent. Parmi les A. géographiques les plus estimés en France, après les travaux exécutés au nom de l'Etat par le corps d'étatmajor, on cite ceux de Brué revu par Picquet, de Lapie, d'Andriveau-Goujon, de Schrader (libr. Hachette), de Vivien de Saint-Martin, de Cortambert, de Vidal-Lablache, de Kiepert, etc. [Voy. cartes). — Parmi les collections de tableaux historiques, on connaît surtout VA. historique et généalogique de Lesage (Las Cases) et 1'^. historique des Etats européens de Kruse, trad. par Ansart et Lebas.

En Aiiatornie, on donne le nom A' Atlas à la première vertèbre du cou, parce qu'elle supporte la tête comme Atlas supportait le globe céleste : elle s'articule en haut avec le condyle de l'occipital, en bas avec l'axis. — On a formé de ce mot celui d'Atloïde pour désigner tous les organes qui se rattachent à cette vertèbre.

En Entomologie, on nomme Atlas une belle espèce d'insectes Lépidoptères nocturnes, section des Rombycides (tribu des Attacides), dite vulg. Phalène à miroirs, parce qu'elle a sur le milieu de chaque aile une grande tache triangulaire encadrée de noir sur un fond d'un rouge fauve. Elle se trouve dans le midi de la Chine et aux Moluques.

atlas, /des Pléiades. Etoile de grandeur 5, paraît à l'œil nu d'une grandeur supérieure parce qu'elle se confond avec Pléione. Voy. pléiades.

ATMIDOMÈTRE ou atmomètre (du gr. iT|i{î ou àxiiô^, vapeur, et {léxpov, mesure), appareil qui permet d'évaluer la quantité d'eau évaporée, pour un temps donné, dans un vase ouvert, et par suite d'apprécier le degré d'humidité de l'atmosphère.

ATMOLYSE (du gr. iTp.ôî, vapeur, et Xûat;, séparation), méthode d'analyse d'un mélange de gaz, fondée sur l'endosmose. Voy. ENDOSMOSE.

ATMOSPHERE (du gr. àTjxôî et a^sXptx, sphère), couche de gaz ou de fluide élastique qui entoure la plupart des corps célestes ; se dit en particulier de la masse d'air qui enveloppe notre globe. Les observations faites à l'équaleur sur la durée du crépuscule ont permis de reconnaître que la hauteur de l'atmosphère terrestre est d'eny. 60 kilomètres {Voy. air). — Les observations astronomiques s'accordent à faire admettre, autour des planètes, des atmosphères semblables à l'atmosphère terrestre. De la durée de l'occultation des étoiles par la lune, durée que l'existence d'une atmosphère aurait pour effet de raccourcir, on a conclu que la lune n'a pas d'atmosphère, ou du moins que l'atmosphère n'y dépasse pas le sommet des montagnes. Voy. LISE.

Le mot Atmosphère s'emploie aussi comme unité de pression, pour évaluer de très grandes pressions; cette unité est la pression moyenne de l'atmosphère au niveau des mers ; elle correspond à une hauteur barométrique de 0 m. 76 ou à 10333 kilogr. sur un mètre carré de surface; c'est un peu plus de 1 kilogr. sur un centimètre carré, Voy. pression.

ATMOSPHÈRE [Hygiène]. Des différents éléments de l'air, seul l'oxygène joue un rôle important dans la respiration animale. Il pénètre dans le poumon et par échange endosmotique va se combiner avec l'hémoglobine des globules sanguins, tandis que l'acide carbonique des combustions interstitielles est rendu à l'extérieur. — H y a certains milieux où la proportion d'oxygène tombe au-dessous de la normale : dans les mines, par exemple, ou à de grandes .hauteurs dans l'atmosphère (montagnes, voyages en ballon). Dans d'autres cas, la proportion augmente, comme dans les travaux dans l'air comprimé. — Les habitants des hauteurs deviennent facilement anémiques. Si tous les hauts plateaux en général sont exempts de phtisie, en revancne, la pneumonie, les fièvres éruptives y sont meurtrières, comme sur les terres élevées au Mexique. — Les ouvriers qui travaillent dans l'air comprimé ressentent au début une sensation assez désagréable de pression dans les oreilles. Ils sentent moins la fatigue. Puis au bout d'un certain temps, la fatigue et l'inaptitude au travail s'accusent. Les muqueuses pâlissent et cependant le sang est extrêmement rutilant. A la sortie des tubes à air comprimé on voit se produire certains accidents dits de décompression. Le plus grave est la paraplégie qui s'empare de quelques individus. Des tuméfactions musculaires appelées moutons, des démangeaisons connues sous le nom de puces se montrent souvent. — L'humidité de l'atmosphère a une influence marquée sur la santé. Les pluies purifient évidemment l'air en précipitant les microbes sur le sol. Mais elles fournissent en même temps l'humidité nécessaire aux fermentations, d'où des dangers si la porosité ou le drainage du sol ne les préviennent pas. — L'humidité froide paraît favorable à la genèse du rhumatisme chronique et de la scrofule. L'humidité chaude, surtout dans les régions tropicales, produit rapidement l'anémie et rend la peau très susceptible aux refroidissements. — Les courants atmosphériques, les vents peuvent évidemment servir au transport des germes morbides. Voy. poussières. Mais ils ont aussi un rôle d'assainissement en faisant rentrer dans la masse générale de l'atmosphère les parties infectées. On est encore peu fixé auj. sur l'influence de l'état électrique de l'air sur la santé.

ATOME (du gr. aTOjJiOî, insécable), particule hypothétique de la matière, qui résiste à toute division. ' — Les chimistes distinguent l'atome chimique, la plus petite quantité d'un corps simple qui puisse entrer en combinaison, et la molécule, c.-à-d. la plus petite quantité que l'esprit conçoive comme pouvant exister à l'état libre. Dans la molécule d'un corps réputé simple, les atomes sont homogènes ou de même nature; dans les molécules d'un corps , composé, les atomes sont hétérogènes ou de natures différentes. Lorsqu'une combinaison chimique s'effectue, les molécules échangent un certain nombre de leurs atomes, lesquels se juxtaposent alors dans un ordre déterminé ; quand, par exemple, le carbone et l'oxygène se combinent, la molécule de carbone échange un certain nombre d'atomes de carbone contre un certain nombre d'atomes d'oxygène, et réciproquement. — Cette hypothèse des atomes rend parfaitement compte des proportions chimiques. On conçoit que, si la molécule de chaque corps simple se compose d atomes ayant un poids déterminé, ce même poids doit se retrouver n fois dans toutes les combinaisons, ii étant un nombre entier. L'analyse démontre que l'oxyde de carbone contient, sur 28 parties, 16 d'oxygène et 12 de carbone; or, si l'on suppose que la molécule d'oxygène se compose d'atomes, pesant chacun 16 unités, et la molécule de carbone, d'atomes pesant chacun 12 unités, la molécule d'oxyde de carbone se composera de 1 atome d'oxygène et de 1 atome de carbone. L'analyse prouve de même que, dans l'acide carbonique, 32 parties (2 fois 16) d'oxygène sont unies à 12 parties de carbone; dans la théorie atomique, la molécule de l'acide carljonique se compose donc de 2 atomes d'oxygène et de 1 atome de carbone. Dans les exemples ci-dessus, atome devient synonyme de nombre proportionnel ; aussi se sert-on fréquemment en Chimie du mot

ATOMICITE

ATRAGÊNE

poids atomique au lieu de nombre proportionnel ou d'équivalent; la notation atomiqtie est auj. stdjstituée partout à la notation des équivalents [ Voy. équivalents, poius moléculaires). — L'hypothèse des atomes se rencontre déjà dans les écrits des philosophes grecs [Voy. atomisme); mais elle resta longtemps reléguée dans l'oubli. Gassendi la remit en lumière au xvii° siècle; elle devait toutefois rester longtemps encore à l'état de spéculation philosopliique. Dalton [Sew System of chemical Philosophy, 1810) fut le premier qui conforma l'hypothèse des atomes aux lois des proportions chimiques, et en fit ainsi un auxiliaire utile dans la démonstration des vérités de la Chimie. Les idées de Dalton, modifiées par les hypothèses d'Avogadro et d'Ampère, sont auj. admises par la plupart dos cliimistcs; elles forment ce qu'on nomme la théorie alomistiqite ou atomique.

ATOMICITÉ. En Chimie, l'atomicité a deux acceptions bien différentes. A proprement parler, l'atomicité est le rapport qui existe entre les deux nombres proportionnels d'un élément, désignés sous les noms de Poids moléculaire et de Poids atomique, ou, ce qui revient au même, le nombre d'atomes dont est formée une molécule. Ce rapport est 2 pour la plupart des éléments; il est 1 pour le mercure, le zinc, le cadmium (molécule monoatomiqiie) ; il est 4 pour le phosphore, l'arsenic, l'antimoine (molécules tétratomiques). — L'atomicité désigne encore improprement la capacité de combinaison d'un atome pour I hydrogène ou pour le chlore. On dit valence ou atomicité d'un élément Voy. valence).

ATOMIQUES (poids). Les poids atomiques généralement adoptés aujourd'hui sont les suivants

roids atomiques.

Nom des éléments.

Symboles chimiques.

Aluminium

Al

.\utimoine

Sb

Argent

Ag

Arsenic

As

Azote

Az

Barvum

Ba

Bismuth

Bi

Bore

Bo

Brome

Br

Cadmium

Cd

Calcium

Ca

Carbone

Cériuni

Ce

Césium

Cs

Chlore.

Chrome

Cr

Cobalt

Co

Cuivre

Cu

Uidvmium

Di

Ërbmm

Erb

Etain

Sn

Fer

Fe

Fluor

FI

Gallium

Ga

Germanium

Gr

Glucinium

Gl

Hydrogène

Indium

In.

lo.le

Iridium

Ir..

Lanthane

La

Lithium

Magnésium

Mg

Mn

Manganèse

Mercure

Hg

Mo

Molvbdène

Nictel

Niobiuro

Nb

Or

Au

Osmium

Os

Oxvgène

Palladium

Pd

Phosphore

P ou Ph

Platine

Pt

Plomb

Pb

Potassium

Rhodium

Rh

huhidium

Rb . .

Ruthénium

Ru

Sélénium Se 78 87

Silicium Si '. 28*

Sodium Ka 22 09

Soufre S 31,98

Strontium Sr 87 3

Tantale Ta ...'. 182!o

Tellure Te 127,8

Thalhum Tha 203 7

Tliorium Th 23r,96

Titane Ti 48

Tungstène W ou Tu. . . . 183,6

Uranium U 239,8

\anadium V 51 i

Ytterbium Yt 172^6

Yttrium \b 89,7

Zinc Zn 64,9

Zirconium — ... Zr 90 4

Les minéraux qui contiennent le cérium. le lanthane, le didyme renfermeraient encore, d'après divei-s auteurs,

d'autres métaux fort difficiles à séparer les uns des autres et des métaux précédents. A la liste des poids atomiques on devrait ajouter

Gadolinium. .

Holmium

Néodvme.. . .

Praseodyme , Scandium . .

Thulium. . . .

Gd.

Ho.

Ne.

Pr.

Se.

Tu.

Le Samarium, signalé par Lecoq de Boisbaudran. Sorel, Delafontaine, serait un mélange ; il en serait de même du Disprosium de Lecoq de Boisbaudran.

ATOMIQUE (théorie, XOTATION). Voy. ATOMES.

ATOMISME, système de philosophie qui explique la constitution du monde par l'hypothèse des atomes, iloschus de Sidon, qui vivait avant la guerre de Troie, fut. au dire de Posidonius, le 1" auteur de ce sptème; on le trouve également dans l'Inde, où il fut" professé par Kanada, qui recomiaît néanmoins l'existence d'une âme immatérielle dans l'homme et d'une intelligence infinie dans le monde; mais il est surtout connu par la forme que lui donnèrent les Grecs. I.eucippe et Démocrite expliquaient tout par les propriétés des atomes, éléments solides et indivisibles, éternels et indestructibles, tourbillonnant dans le vide et formant, par des combinaisons nécessaires, tous les objets que contient l'univers; dans cette hj-pothèse, l'âme n'est qu'un agrégat d'atomes plus déliés et plus mobiles. Epicure modifia légèrement ce système en donnant aux atomes un mouvement oblique [clinamen], et en faisant présider à leur rencontre, non plus la nécessité, mais le hasard. Le poète latin Lucrèce prêta à cette doctrine le secours de sa riche imagination (Voy. son poème De Rerum yatura). Le philosophe Gassendi ressuscita ce système au xvii' siècle, mais en cherchant à le concilier avec la foi ; Fénelon le réfuta dans son Traité de l'existence de Dieu. Leibniz, dans son svsième philosophique, substitua, sous le nom de monade, l'atome métaphvsique à l'atome matériel des anciens, et remplaça leur mécanisme par son dynamisme. Auj. la doctrine des atomes, réduite à une simple conception de la matière, constitue, sous le nom de théorie atomistique, une hypothèse de la physique et de la chimie. Voy. matière, atome

et MONADE.

ATONIE (du gr. àxov(a), faiblesse générale de tous les organes, et particulièrement des organes contractiles. Il ne faut pas confondre l'atonie, qui n'exprime qu'un relâchement des tissus, avec Vasthénie, qui indique l'afTaiblissement de leurs fonctions. Ou combat Vatonie par les toniques. Voy. ce mot.

ATOUR iA'atourner p. adorner, parer]. Voy. dame.

ATRABILE. Ce mot, qui est la traduction latine du gr. (AEXaYyoXîa, désignait, dans la Médecine ancienne, une humeur de couleur noire, formée, selon elle, d'une partie limoneuse du sang ou de la bile, sécrétée par le pancréas, et qui était supposée engendrer la mélancolie et les manies. — On nommait atrabilaires les hypocondriaques, chez lesquels on croyait que l'atrabilc prédominait ; par suite, on a étendu ce nom à tout homme d'un caractère chagrin et intraitable.

ATRAGÈNC, Atrage.nus, genre de la famille des Benonculacécs, tribu des Clématidées, renferme des plantes qui

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