‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1273 sur 1729 · POLE · texte numérisé non relu

POLE

de soude, jouissent <lc la polarisalion rotatoirc à l'état \ solide: Biot a reconnu le premier que des corps organii|ues dissous possèdent celte même propriété : telles sont les solutions du sucre de canne, «lu glucose, de l'acide tartri((ue.de l'essence de térébenthine, etc. M. l'asteur a montré tinc ceux de ces corps qui peuvent cristalliser présentent Ions lies cristaux hémièdrcs à hémiédrie non supt^r|)osable \Voy. jiKMiÉoniï: et tartrique (acide)]. On utilise ces pliéno- \ mènes j^»our reconnaître les quantités de sucre contenues dans un jus sucré, sans avoir recours à l'analyse chimique. . Voy. SACCHAKiMÈTRE. — On nomme ciexlrogyres les sul> i stances qui dévient à droite le plan de polarisation.

La découverte de la polarisation a été faite par Malus j en 1810; parmi les savants qui s'en sont occupés, on doit citer avant tout le nom de Fresnel, ceu.x de Ùiot, Arago, Drewsler, de Senarmont, Cauchy. etc.. plus récemment de j Jamin, Bertin, MM. Descloizeaux, Coniu, Mallard. Forbes a ! découvert que les rayons de chaleur se polarisent comme , les ravons lumineux.

Polarisation rolaloire niagnrlique. Quand on place un corps transparent à l'intérieur d'une spirale parcourue 1 par un courant, c.-à-d. dans les conditions où s'aimanterait un barreau de fer doux, et qu'on fait traverser le corps î dans le sens de l'axe de la spirale par un rayon de lumière iwlarisée rcctilignemenl, le plan de polarisation est dévie, comme dans un corps doué de pouvoir i-otatoire. Il y a là une relation bien curieuse et encore mal expliquée entre les phénomènes d'électricité et d'optique.

Polarisalion des électrodes. Si l'on fait passer un courant dans un voltamètre, pour décomposer l'eau par exemple, le courant s'affaiblit d'abord; les gaz se condensent sur les électrotles, qui, séparées du courant, se comportent conmie les pôles d'une pile, d'où le nom du phénomène; il a reçu récemment d'importantes applications dans les accumidaleurs. Voy. ce mot.

POLARISCOPE de polarilé et du gr. Txorew, examiner . Voy. ci-après poi.arisedrs (appareils:.

POLARISEUR^ (appareils', instruments d'Optique, qui ont pour objet soit de polo.riser la lumière [polariseurs], soit de mettre en évidence les phénomènes cfe la polarisation [polariscopes ou analyseurs) et d'en mesurer l'intensité [polarimètre]. — Tout appareil qui fournit un rayon de lumière polarisée dans un certain plan ipolariseur) est en même temps un analyseur, car il éteint un rayon p<jlarisé dans un plan perpendiculaire à celui du rayon qu'il fournit Les polariseurs ou analyseu7s les plus usités sijnt : 1° la çjlace noire, lame de verre noir placée sous l'angle de polarisation maximum, peu employée à cause du |)eu d'intensité de la lumière; "2" la pile de glaces, iormée d'une série de lames de A^erre séparées par des lames d'air, et employée sous l'angle de 55" 25' ; la lumière renvoyée par des réflexions multiples est beaucoup plus intense ; ô" la tourmaline ( l'oy. ce mot) : les tourmalines vertes du Brésil sont très dicliroïques; les vibrations lumineuses perpendiculaires à l'axe sont aljsorbées, celles qui lui sont parallèles traversent la plaque; il en résulte qu'un rayon de lumière qui a lravei"sé une plaque parallèle à l'axe a toutes ses vibrations suivant l'axe et est complètement polarisé (Voy. polarisation). De même, un rayon iwlarisé sera éteint par une plaque de tourmaline si ses vibrations sont normales à l'axe; 4" prisme de Nicol, prisme quadrangulaire oblique en spath d'Islande, obtenu par un clivage, que l'on coupe en deux par une section oblique passant par les sommets obtus des deux bases, et dont on recolle les deux moitiés en interposant entre elles une couche de baume de Canada, le rayon lumineux ordinaire, en passant du spath dans le Iwume, subit la réllexion totale, et le rayon extraordinaire jmissc seul dans la seconde portion du prisme, où il ne se divise pas de nouveau, étant polarisé dans un plan perpendiculaire à la S(?ction principale du milieu qu'il traverse. On peut remplacer le baume de Canada par une mince couche d'air : c'est alors le prisme de Foucault.

La plupart de ces polariseurs permettent de mesurer la pro|)ortion de lumière polarisée qui se trouve dans un faisceau de lumière naturelle. Les appareils, assez nombreux, (pii [Mîrmettent cette recherche prennent le nom de polai imètres.

POLARITÉ ^de polaire], propriété qu'a l'aiguille aimantée de prendre une direction (léterminée en chaque lieu terrestre. — II se dit également de l'état d'un corps quelconque, lorsqu'il se sub»Iiviseen deux ou plusieurs parties,

produisant des effets analc^ues, mais inverses : tel est le sens des mois Polarité électrique, P. magnétique.

POLATOUCHE ou écureuil volant. Voy. écureuil.

POLDERS, nom donné en Hollande et en Flandre à des terres d'aliuvion formées par les atterrissements qui ont lieu au liord de la mer ou aux embouchures des grandes rivières, surtout de l'Escaut. Défendues par des digues, ces terres sont très propres à la culture, notamment à celle de la garance.

PÔLE, polaire (du lat. palus, du gr. ttôXoî; de iro^tv, tounier) . Le mot pôle a des sens divei-s en Mathématiques. — Dans la Géométrie sphérique. les ptMcs d'un cercle d'mie sphère sont les extrémités (lu diamètre perpendiculaire au plan du cercle. Le triangle polaire d'un triangle sphérique est le triangle dont les sommets sont trois des pôles des cercles qui forment les côtés du triangle sphérique (chaque pôle doit se trouver dans l'hémisphère, limité |)ar le cercle correspondant, qui contient le sommet du triangle sphérique primitif i . La courbe polaire d'une courbe sphérique est à la fois le lieu'des p<iles des grands cercles tangents à celte courbe et l'enveloppe des grands cercles dont les pôles sont les points de la courbe : celle-ci est la courbe polaire de sa courbe polaire. — En Géométrie plane : si l'on considère une conique C et un point A ; si jwr le point A on mène une sécante variable, le lieu du conjugue harmonique du point A par rapport aux points d'intersection de la sécante et de la conique est une droite .A' qui est dite polaire du point A par rapport à C; inversement, A est le pôle de A'; si A est extérieur à C, A' est la corde de contact des tangentes issues de A ; si A est un point de C, A' est la tangente à C en A. Si A décrit une courbe ?, A' enveloppe une courbe 9'; ç' peut être aussi regardée comme le lieu des pôles des tangentes à ç ; ç et 9' sont dites courbes

folâtres réciproques par rapport à C; des propriétés de une des courlies on peut déduire les propriétés de l'autre; la méthode de translormation par polaires réciproques, due à Poncclel, est une des plus importantes de la Géométrie moderne. — Dans la théorie des courbes gauches, on appelle encore droite polaire la perpendiculaire au plan osculateur menée par le centre de courbure ; .c'est l'intersection de deux plans normaux infiniment voisins. — Dans la théorie des fonctions d'une variable imaginaire, on appelle pôle d'une fonction f [x] une valeur a de la variable z, telle que, aux environs de a, la fonction /" x] puisse se

mettre sous la forme + ■ " ' „ . -*-■•■ -t ^-^

(X — aj" (j- — n;"-' x — a

-\- P [x — a) ; n étant un entier positif, A. .\|..... Ah-i des

constantes et P [x — a] une série procédant suivant les

puissances entières et positives de x — a, convergente

quand x est voisin de a. A«, est le résidu du pôle. Le

rôlecapilnl des pôles et des résidus a été mis en évidence

par Cauchy. — Pôle se dit encore jwur un point lixe qui

joue im nMe essentiel : le pôle dans les coordonnées polaires.

Voy. COORDONNÉES. — Pôle d'inversion. Voy. inversion.

pôles. En Cosmographie, on appelle : pôles célestes les extrémités du diamètre autour auquel la sphère céleste paraît accomplir sa révolution diurne : et pôles terrestres les extrémités du diamètre autour duquef la terre tourne d'occident en orient en '24 heures sidérales. On dislingue le pôle boréal ou jfôte arctique, qui est le p<'')le situé dans notre hémisphère; et le pôle sud ou antarctique, qui est le pi'ile opposé. La hauteur du pôle en un lieu donné est l'angle que fait la ligne des pôles avec le plan de l'horizon de ce lieu. Elle est égale à la latitude [Voy. ce mot). — Par extension on a donné le nom de pôles aux extrémités du diamètre d'une sphère perpendiculaire au plan d'un cercle tracé sur cette sphère. Les pôles d'un cercle jouissent de la propriété d'être chacun à égale distance de tous les points de la circonférence de ce cercle. On profite de cette propriété pour tracer, à l'aide d'un compas dit sphérique, des cercles à la surface d'une sphère.

En Physique, on appelle pôles magnétiques les deux points opposés d'un aimant, dans lesquels parait concentrée la vertu magnétique, et qui jouissent de propriétés opposées ( Voy. aimant) . Les pôles magnétiques du globesonl situés : |)our le pôle Nord, par 70^ 7 de lat. N. et '259° de long. E. : pour le p«')le Sud, par 76" lat. S. et 155° long. E. — Ce sont les points où la force magnétique terrestre est verticale. Voy. INCLINAISON. — Les pôles d'une pile sf>nt les deux extrémités de celte pile, qui manifestent des actions contraires. On y distingue le pôle positif et le pôle négatif. Voy. PILE.

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