‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1292 sur 1729 · POU · texte numérisé non relu

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nelle à la dilférencc de potentiel qui existe entre ses doux extrémités. Ainsi considérée, la ditrérencc de potentiel est au fond la même chose que la force électromotrice.

C'est surtout en ce sens que la notion de potentiel a pris de l'importance au iwint de vue pratique. Par ex., dans les applications de l'éiectricité à l'éclairage, la quantité de chaleur dégagée dans un conducteur pendant l'unité de temps est égale au produit de la résistance par le carre de linlcnsilé du cx)urant [Q = ;i"*], et comme la didérence de (jotentiel [A] aux deux bouts du (il est égale à ri, on voit que la quantité de chaleur qui représente en ce cas spécial l'elFet utile du courant et par conséquent sa valeur marchande, est égale à Ai, absolument comme l'effet utile d'une chute d'eau se mesure par le pnxiuit de la masse qui tombe et de la hauteur de chute, loy. pile, volt.

En .Médecine, potentiel se dit des substances qui, bien qu'énergiques, n'agissent que quelque temps après leur application : les alcalis caustiques sont des cautères polentiels, par opposition au fer rouge, qui est un cautère actuel.

POTENTILLE (dimin. de potentia, à cause des vertus qu'on lui attribuait), Potentilla, genre de la famille des Rosacées, tribu des Dryadées, se compose d'herbes vivaces, rarement d'arbustes, à feuilles alternes, à fleurs assez grandes, portées sur des pédoncules uniflores et gi-oupées en corvmljcs terminaux. Ce genre renferme plus de 170 espèces, qui croissent dans notre hémisphère. Les princi|)ales sont : la P. ansérine [P. anserina) ou Argentine, commune sur le bortl des chemins et parmi les gazons humides : c'est une plante à racines traçantes, à Heurs jaunes ; les divisions du calice sont soyeuses et argentées en dessous; les oies [anseres) en recherchent les feuilles, qu'on mange aussi dans le Nord comme herbe jx)tagère ; les cochons sont friands de ses racines; enfin, cette plante est propre à fertiliser les terrains sablonneux et humides; la P. couchée [P. supina], qui croit sur les collines, les terrains pierreux, un \ycu humides : ses fleui-s sont petites, jaunes, situées le long des rameaux; la P. droite [P. erecta], grande espèce à fleurs nombreuses, terminales, d'un jaune de soufre ; elle croît dans le midi de la France ; la P. rampante [P. reptans; vulg. Quintefeuille, employée en médecine comme astringent, et prescrite, avant l'introduction du quinquina, contre les fièvres intermittentes; la P. dorée {P. aurea], qui se trouve sur les Alpes; la P. blanche [P. alba), à fleurs blanches; la P. à feuilles d'alchemille [P. alcliemilloides) et la P. blanc de neige [P. nivea), qui toutes deux croissent aussi sur les Alpes; la P. rouge-noire [P. atrosan- ^uinea), à lleui-s d'un pourpre noir : elle est originaire du Né|)aul. — Endlicher réunit la Tonnentille au genre Potentille.

POTERIE (de pot). Ce mot désigne à la fois tout vase fait d'argile et l'industrie du potier, industrie qui embrasse la fabrication de toute espèce de vases, vaisselle et ustensiles faits d'argile et autres matières. — M. Brongniarf. dans son Traité des Arts céramiques, classe ainsi les poteries : 1° terre cuite (briques, tuiles, plastique des anciens), pâte sans enduit ou recouverte d'une simple .glaçurc de plomb; 2" poterie commune, pâte recouverte d'un vernis translucide et plombeux; 3° faïence commune (ou italienne], pâte recouverte d'un émail oj)aque. ordinairement stannifère; ¥ faïence fine ou anglaise [\cvre de pipe, etc.), pâte blanche recouverte d'un vernis cristallin, |)lombifère, quelquefois boracique; 5" grès cérame, pâte sans vernis, ou enduite soit d'une glaçure salifère et |ilomi)ifère, soit d'une couverte terreuse; 6' porcelaine dure (ou chinoise), pâle blanche, enduite d'une couverte Icrreuse et dure; '"porcelaine tendre (ou française], |)àt(j translucide, enduite d'un vernis transparent, peu dur, l'iombifère ou boracifère. Les poteries des 4 aernières classes ne sont point rayées par une pointe d'acier, quand elles sont d'une bonne fabrication. Voy. céilvjiiqce, faïehice, PORCELAINE, etc.

On appelle poterie d'étain toute sorte de vaisselle et d'ustensiles d'étain mêlé de plomb, tels que plats, gobelets, mesures, cuillers de toute espèce, tables de comptoir, etc.

L'industrie de la poterie est des plus anciennes, et l'examen des anciennes poteries assyriennes, égyptiennes, étrusques, etc.. retrouvées dans les fouilles nombreuses entreprises au xix" siècle ont pu être d'un grand secours pour l'histoire de la civilisation. Il y avait en France dès Je xiii« siècle deux corporations de potiers : les potiers

d'étain (patron St Fiacre), dont les derniers statuts sont de 1631, et les potiers de terre (jjatron St Bon), dont les stîiluts furent renouvelés en I45(j et lti07 : ces derniei-s furent réunis aux faïenciers-vitriers au xviii" siècle.

POTERIUM, nom latin botanique du genre Pimprenelle. Voy. ce mot.

POTERNE (de posterula, s.-ent. porta, porte de derrière; on disait jadis posterle], galerie voîitee souterraine Placée dans une fortification pour communiquer avec extérieur ; on les fait déboucher toujours dans une partie bien abritée, de manière à garantir le défenseur contre les surprises.

POTESTATIF (du lat. poteslativus, de potestas, puissance). La loi distingue la condition potestative, celle aui déjjend de la volonté d'une personne, mais aussi e certaines conditions extérieures (p. ex., si je fais tel voyage), et la condition purement poiestative, celle qui dépend de sa pure volonté (p. ex., si je veux). Toute obligation contractée sous conditions purement poteslatives est nulle (C. civ., art. H74) ; mais on jjeut s obliger sous condition potestative, excepté dans la donation entre vifs (art. 9U).

POTICHE [de pot^, vase en porcelaine de Chine ou du Japon. — On donne aussi ce nom à tout vase en verre qui, au moyen de papiers peints collés à l'intérieur, imite la porcelaine de Chine.

POTIN (de pot, parce qu'on fabrique les pots de cuivre avec ce mélange). On distingue le potin jaune, mélange de cuivre jaune et d'un peu de cuivre rouge : c'est un métal factice et cassant, avec lequel on fai)rique des médaillés et du billon [Voy. billon) ; et \e potin gris, fabrique avec les lavures que donne la fabrication du laiton, en y mêlant d'ailleurs du plomb ou de l'étain.

POTION [du lat. jwtio], médicament liipiide qu'on n'administre ordinairement que jKir cuillerées : c'est presque toujours un mélange de sirops, d'eaux distillées et d infusés, dans lesquels on introduit des substances actives solides, soit solubles, soit insolubles, mais alors réduites en |K)udre impalpable. On appelle : looch, une |X)tion gommeuse, mucilagineuse ou huileuse, qui a la consistance de la crème ; jidep, un mélange de sirop et d'eau distillée, transj)arent et agréable au goût; médecine, une potion purgative qui se prend généralement en une seule fois; mixture, une potion formée de médicaments très actifs.

POTIRON, Ùucurbita pepo, espèce du genre Couine, famille des Cucurbitacécs : feuilles amples, en cœur, à 5 ou 5 angles plus ou moins marqués, molles et couvertes de poils; fleurs très évasées, limbe de la corolle rabattu en dehors ; fruits très gros, sphériqucs, aplatis et même enfoncés aux deux extrémités. Le Potiron jaune commun est lisse ou brodé : il y a des individus qui pèsent plus de 50 kilogr. On fait avec ce potiron, cuit dans le lait et sucré, des potages, des tourtes, des crèmes, etc. Le Gros Potiron vert a des qualités analogues. Le Petit Potiron vert est recherché parce qu'il se conserve jusqu'à la fin de mars. Le Petit Potiron jaune est le plus hâtif Voy.

COCRGE. citrouille et GIHACMO.V.

POTOROO ou POTOROc, Hypsiprymnus, genre de Marsupiaux australiens, du groupe des Macrojwdes, renferme trois espèces; mais la seule que l'on connaisse bien est 1'//. murinus ou Kangourou rat, qui a la taille d'un petit lapin et la couleur d'une souris.

POTOS. Mammifère. Voy. kiskajou.

POT POURRI, voila podrida des Esjiagnols. ancien ragoût composé de différentes sortes de viandes, de légumes, etc., assaisonnés et cuits ensemble, et qu'on faisait EBur ainsi dire pourrir ou dissoudre à force de cuisson, e ragoût était servi sur la table dans le pot même où il avait cuit.

Par métaphore, on a appliqué ce nom : 1" à un morceau de musique formé d'une suite d'airs différents et connus, ou à une chanson dont les couplets sont sur différents airs; 2" à toute production littéraire composée de clioses rassemblées sans ordre, sans liaison et le plus souvent sans choix.

POTT (mal DEi. Voy. mal vertéiîral.

POU, Pediculus, genre d'Insectes aptères, que l'on range aujourd'hui dans l'ordre des Hémiptères, renferme un grand nombre d'espèces qui vivent sur le corps de plusieurs animaux et sur celui de l'homme. Leur corps est plat; leurs pattes sont terminées par un ongle très fort ou par deux crochets dirigés l'un vers l'autre, ce qui leur

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