‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1291 sur 1729 · POTENTIEL · texte numérisé non relu

POTENTIEL

dos pois en fer), se dit, dans le langage vulg., de deux produits dillérenls : la /'. du cofnmerce, qui est, plus ou moins pur, le carbonate de potassium des chimistes, et la P. caustique, qui est l'hydrate de potassium.

La Potasse du commerce, ou Alcali vi'gétal, est un corps solide, gris ou hlanchàtre, IViablc, d'une saveur acre et caustique. Elle s'obtient en incinérant certaines plantes : dans les pays abondants en l'orèls, on prépare les potasses par l'incinération des arbres dans des l'osses creusées sur les lieux mêmes où le bois a été abattu. Ces cendres sont soumises à des lavages, le résidu qu'on obtient par l'évaporali ):i de ces lessives est connu dans les arts sous le noni de siiliit : il ne prend celui de potasse qu'après avoir été caltin.' au rouge dans un four à réverbère. Les plus belles potasses reçoivent le nom de perlasses (de l'angl. pearl asiies, cendres perlées). Sous le nom de cendres (jravelées on désigne particulièrement la potasse obtenue par la calchiation des lies de vin desséchées, des marcs et des sarments de vigne. La plupart du temps, les potasses sont plus ou moins impures, et par suite plus ou moins colorées. On essaye la qualité d'une potasse à l'aide de l'alcalimétrie [Voy. ce mot). — L'usage ordinaire de la potasse est de servir à la lessive ou au blanchissage du linge et de presque tous les tissus, en raison de la propriété qu'elle possède de dissoudre les matières organiaues, grasses ou colorantes, qui salissent les étoffes. Mais elle est généralement remplacée auj. par les soudes commerciales et plus généralement par le carbonate de sodium artificiel. Elle sert aussi à la fabrication des savons mous, du verre, du nilre, de l'alun, de l'eau de Javelle, etc.

La Potasse raustiqtie, iViie aussi Hydrate de potassium [KOll], est un corps solide, blanc, sans o<leur, très caustique et qui attire promptement l'humidité et l'acide carbonique (le l'air; il fond vers 400°, et se dissout aisément dans l'eau, en développant de la chaleur. Pour l'obtenir, on fait bouillir avec de la chaux caustique une solution concentrée de carbonate de potassium ; il se produit ainsi du carbonate de calcium insoluble, qu'on sépare par le filtre, et de la potasse caustinue, qui reste en dissolution [lessive) ; on évapore le liquide, l'on fait fondre le résidu, et on le coule sur des plaques de fer [potasse à la chaux). Ce produit prend le nom de potasse à l'alcool quand on l'a jmrifié en le traitant par 1 alcool, qui ne dissout à peu près que la potasse pure et laisse les impuretés. La potasse caustique attaque et désorganise promptement les tissus; on n'en peut placer un petit fragment sur la langue sans que celle-ci ne soit cautérisée profondément. Cette propriété la fait employer comme cautère en médecine [pierre à cautère) ; elle constitue la vertu caustique de la lessive des cendres de bois, et intervient dans Beaucoup d'opérations chimiques.

La potasse (en réagissant sur les acides) forme des sels remarquables par leur solubilité dans l'eau [sels de potassium) : les plus importants sont le carbonate, le nitrate (nilre ou salpêtre), le silicate, qui se trouve dans le verre et dans un grand nombre de minéraux, le tartrate ou tartre, le sulfate et le chlorate [Voy. ces mots). Les sels de potasse se distinguent des sels de soude, en ce qu'ils donnent un précipite blanc et cristallin de crème de tartre, quand on y ajoute un excès d'acide tartrique.

lOTASSE HURIATÉE. Voy. SÏLVI.NE.

POTASSE SULFATÉE. Voy. GLASÉRITE.

POTASSIUM ou KALiuM [K^59], corps simple métallique, de la couleur de l'argent, mou comme de la cire et plus léger que l'eau (sa densité est de 0,86). Il est volatil et s'oxyde rapideaient au contact de l'air humide, en se changeant en potasse. Cette rapide transformation oblige de conserver le potassium dans l'huile de naphte. Si on le jette sur l'eau, il la décompose et s'empare de l'oxygène, en produisant une flamme violacée et en se transformant lui-même en potasse qui se dissout. On obtient le potassium en chauflant au rouge blanc, dans un vase dislillatoire, un mélange de charlwn et de carl^nate de potassium. Ce corps a ete isolé pour la première fois en 1807 par H. Davy, au moyen de l'action de la pile voltai'que sur la potasse.

POT-DE-VIN, gratification donnée dans une transaction, bail ou marché quelconque, par l'une des parties intéressées à l'autre partie, ou par tous les deux à un tiers QUI a aide a la conclusion de laffaire. Cette expression vient de ce que dans l'origine la gratification se bornait à un pot de vin — Permis dans les transactions privées, où Us sont ollerts ouvertement, les pots-de-vin deviennent

criminels quand ils sont donnés clandestinement et qu'ils ont pour but de corrom|)re des mandataires ou des fonctionnaires publics. Voy. coiuicption.

POTÉE (de pot), se dit de diverses préparations dont se servent les cliimistes, les fondeurs, les polisseurs de glace, etc. On appelle : potée d'étain, l'étaiii calciné (oxyde d'étain), que l'on emploie pour polir ; potée d'émeri, la matière sèche qui tombe en boue de la meult des lapidaires, et qui contient de la poudre d'émeri impure. — On appelle encore ainsi l'eau dans laquelle on l'ail nissoudre de l'ocre rouge, et dont on enduit une pièce de poterie pour lui faire prendre le plomb. — Les Fondeurs apjicUent moule de potée un moule fait d'argile, de licnte ilc cheval et de bourre.

POTELÉE, nom vulgaire de la Jusquiame noire.

POTENCE (du b.-lat. potentia, soutien, béquille ; sens primitif du mot français potence), instrument qui sert au supplice de la pendaison ; il différait du gibet (ou fourches patibulaires) en ce que ce dernier ne servait qu'à accrocher le cadavre des suppliciés, qui y restaient exposés. Dans plusieurs localités on lui donnait le nom de justice. Il y avait autrefois des potences permanentes dans plusieurs endroits de Paris : à la Grève, aux Halles, à la Croix du Trahoir (rue de V Arbre-Sec], à la barrière des Sergents, au Parvis, au port St-Landry, etc. H y avait à Montfaucon un célèbre gibet [Voy. ce mot). Le supplice de la potence était réservé aux bourgeois et aux manants. Il fut aboli en France le 21 janvier 1790.

En Yélocipédie, on nomme potence la pièce formée d'acier plein ou d'un morceau de tube d'acier coudé à angle droit, qui est fixée sur le cadre d'un cycle et supporte la selle.

POTENTIEL (du lat. potential'is, de potentia, puissance), se dit, en termes de Philosophie scolastique, de ce nui existe en puissance, par opposition à actuel, qui se dit de ce qui existe réellement : les générations futures n'existent ([ue potentiellement.

En Grammaire on appelle mode potentiel le mode qui présente simplement l'action comme possible. On donne souvent ce nom à Voptatif grec, au subjonctif ht\n et au conditionnel français.

poTEXTiEi,. Ce mot a d'abord été employé pour désigner une fonction mathématique utile |>our simplifier les calculs dans certaines questions de mécanique. Quand des corus s'attirent ou se repoussent en raison inverse du carré tic la distance, et proportionnellement à une quantité déterminée (comme les corps pondérables qui s'attirent proportionnellement à leurs masses, ou les corps éleclrisés qui se rejjoussent pro|K)rtionnellement aux quantités d'électricité qu'ils contiennent), il est commode, pour obtenir la force exercée sur un corps placé en un point donné de l'espace, de considérer une lonclion, qu'on appelle fonction potentielle, fonction dont la dérivée, prise en signe contraire, donne la force sur l'unité de masse ou de quantité située en ce point. On a ainsi la valeur numérique de ce qu'on appelle le potentiel extérieur sur un point ; dans le cas de masses électriques, il est proportionnel au travail mécanique qu'il faudrait dépenser pour amener, depuis l'infini jusqu à la position occupée par le point, l'unité de masse électrique. Dans l'intérieur d'un corps électrisé qui est en équilibre, cette quantité est constante; une masse électrique s'y déplace sans travail. La valeur de la fonction potentielle est ce qu'on nomme le potentiel intérieur. 11 est égal au quotient de la quantité d'électricité que contient le corps par une grandeur d'espèce particulière, qui ne dépend que de sa forme ei qu'on appelle capacité électrostatique ; ainsi, notamment, la capacité d une sphère est exprimée par son rayon, et le potentiel d'une sphère électrisée de rayon r, contenant une quantité q d'électricité est 2i. — Quand deux corps sont au même potentiel

et qu'on les met en communication par un long fil très fin, de capacité négligeable, il ne passe pas d'électricité de l'un sur l'autre; dans le cas contraire, l'électricité s'écoule du corps au plus haut potentiel sur le corps au potentiel le plus bas : ceci peut être pris comme définition expérimentale et pratique du potentiel. — Quand deux coi-ps sont à des potentiels diflérents, mais qu'on peut maintenir constants en leur fournissant de l'électricité (c'est ce qu'on appelle des sources électriques, telles sont les machines), et qu'on les met en communication par un fil. ce fil est parcouru par un courant dont l'intensité est proportion-

POTENTILLE

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