‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1312 sur 1729 · INVENTAIRE · texte numérisé non relu

INVENTAIRE

PRISME (du gr. itpîsfxa). En Géométrie, on appelle prisme un solide terminé par deux polygones égaux et à côtés parallèles, qu'on appelle ses bases, et par des parallélogrammes que déterminent les côtés parallèles pris deux à deux. Sa hauteur est la distance de ses bases. — Le prisme est dit triangulaire, quadr angulaire, penlaqonal, etc., suivant que ses bases sont des triangles, des quadrilatères, des pentagones, etc. Il est droit quand ses arêtes latérales sont perpendiculaires sur les bases, et alors

les parallélogrammes que forment ses faces latérales sont des rectangles ; il est oblique, dans le cas contraire. — Le parallélépipède n'est autre chose qu'un prisme dont les bases sont elles-mêmes des parallélogrammes. — Le volume d'un prisme a pour mesure le produit de sa base par sa hauteur, ou le produit de sa section droite par son arête. Sa surface latérale a pour mesure le produit de son arête par le périmètie de cette même section droite.

Eu Physique, prisme se dit particulièrement d'un prisme triangulaire, en verre blanc ou en cristal, dont on se sert pour décomposer, par la réfraction, les rayons lumineux [Voy. SPECTRE SOLAIRE et RÉFRACTION). Outre ce prisme ordinaire, on fait des prismes à angle variable, à comparlirnents, achromatiques, à vision directe, etc. [Voy. spectroscope).

Prisme de Nicol. Voy. polariseurs (appareils).

PRISON (du lat. prensio, action de saisir, d'emprisonner), lieu où l'on enferme les accusés, les criminels, etc. Notre législation distingue : 1° les maisons de police municipale, établies dans chaque canton pour recevoir les individus condamnés à l'emprisonnement par les tribunaux de simple police : chaque commune est tenue d'avoir une prison, que l'on désigne, suivant l'usage des Ueux, sous les noms de dépôt, salle de police, violon, geôle, custode, etc. ; '2" les maisons d'arrêt, établies dans chaque arrondissement jK)ur recevoir les inculpés, les prévenus et Ids condamnés à un emprisonnement qui ne dépasse point un au; 5° les maisons de justice, placées au chef-lieu judiciaire du département, et qui reçoivent surtout les indivi ■ dus qui se pourvoient en appel devant les tribunaux du chef-lieu et les cours d'appel; 4" les maisons de détention ou de force, dites aussi maisons centrales, où l'on enferme les individus condamnés à la réclusion ou à un emprisonnement de plus d'un an, ainsi que les femmes condamnées aux travaux forcés : ces maisons sont au nombre de 26; aucune d'elles ne renferme à la fois des condamnés des deux sexes, aucune ne reçoit de jeunes détenus. Il faut encore ajouter à la liste des prisons : les bagnes, auj. supprimés, et qui étaient destines aux criminels condamnés aux travaux forcés et à perpétuité; les maisons de correction et les maisons ou colonies pénitentiaires, pour les jeunes détenus; \cs prisons d'Etat, les prisons militaires. Voy. emprisonnement, détention,

CORRECTION, etc.

Le régime des prisons a fréquemment varié. Dans les temps anciens, et bien longtemps encore dans les temps modernes, la prison était considérée comme un lieu de supplice, comme un moyen de vengeance, bien plutôt que de correction. Les prisonniers, renfermés dans des espaces étroits, privés d'air et d'exercice, étaient soumis aux plus dures privations, exposés à la brutalité des guichetiers ou geôliers et torturés à plaisir. C'est aux Chrétiens qu'on doit les premières améliorations du sort des détenus : le concile de Nicée, en 3'25, établit des procureurs des pauvres, chargés de visiter les prisonniers, et de travailler à leur délivrance. Au xvi" siècle St Charles Borromée, au xvii" St Vincent de Paul, se consacrèrent au soulagement des captifs. Au xviii'' siècle, J. Howard, Beccaria, Bentham travaillèrent, au nom de la philanthropie, à la réforme des prisons; néanmoins il fallut bien du temps pour que la voix de l'humanité se fit entendre : au commencement de ce siècle, les carceri duri de l'Autriche, les j)lombs li piombi) de Venise étaient encore célèbres. Enfin la reforme s'accomplit de nos jours d'alxird en Angleterre, puis aux Etats-Unis et dans la plupart des Etats de l'Europe : elle a été consommée en France par la loi du 18 mai 1845. Depuis l'adoption du système pénitentiaire ( Voy. pénitencier), on a souvent varié sur le mode d'emprisonnement le plus convenable ; le système cellulaire a été essayé plusieurs fois. Le travail, supprimé dans les maisons centrales, par le décret du 4 mars 1848, a été réorganisé en 1852, mais de manière à ne pas entraîner une concurrence funeste pour l'industrie libre. — Consulter : Howard, Des prisons et des fnaisons de force (1777); D"" Villermé, Des prisons telles quelles sont et telles qti'elles devraient être (1820) ; Ch. Lucas. De la réforme des prisons (1836) ; Moreau Christophe, Etal des prisons en France (1837), les Prisons de l' Angleterre, de la Suisse, de la Hollande, etc. ; L. Faucher, De la réforme des prisons (1838) ; AVatteville, Du travail dans les prisons (1850); Perrot, Statistique des prisons (1855-56), et le Bulletin de la Société Générale des prisons.

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