‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1328 sur 1729 · LETTE · texte numérisé non relu

LETTE

PSORALIER (du gr. i{/&»oa, gale; à cause des points calleux dont !é calice de cette plante est pai-seniéj, Psoralea, genre de la famille des Papilionacées, tribu des Lotces, sous-tribu des Galégées, renferme des plantes herbacées ou frutescentes : feuilles composées de 3 folioles oblongues, lancéolées; fleurs en tète portées sur un long pédoncule ; le fruit est une gousse monosperme. Ces plantes habitent les pays chauds, principalement le cap de Bonne-Espérance ; une seule espèce se trouve dans le midi de l'Europe : c'est le P. bitumineux, sous-arbrisseau i-ameux, haut de près de i m., à feuilles dun vert noirâtre et à Heurs d'un bleu violacé ; il exhale une forte odeur de bitume. On cultive comme plantes d'ornement le P. odorant, à fleurs bleuàlres et blanches, le P. aiguillonné, le P. tuberculeux, etc. l'ne es[)èce de l'Amérique du Nord, le P. comestible, ou Picquotiane, a une racme féculente qui fournit un aliment sain et abondant.

PSORE du gr. 'ywpa, gale), nom donné à la (jale.

PSORIASIS (du gr. t^wpa, gale), all'ection cutanée, bornée à une partie du corps plus ou moins étendue, plus fréquemment à certaines articulations, telles que le coude ou le genou, et qui se présente d'abord sous la forme d'élevures solides, se transformant ensuite en squames sèches, d'un blanc chatoyant et comme nacré. On distingue : le P. pommelé, à plaques squameuses isolées : il est peu grave : le P. arrondi, dont les plaques sont en huit de cluffre ; le P. diffus, dont les plaques sont conlluentcs; le P. en cercles, avec une partie de peau saine au centre, qui s'appelle aussi Lèpre vulgaire: enfin le P. invétéré, dans lequel la desquamation devient si abondante que les vêtements et le lit du malade sont toujours remplis d'écaillés. I/ége, la malpropreté, la misère aggravent loujoure cette alfeition, et la durée en <'St fort longue. Traitement : frictions avec la pommade au goudron ou l'iodure de soufre; sous-carbonate d'amraoniafiup. sndorifiques ; Iwins sulfureux.

PSORIQUE viRcs). Voy. gale.

PSOROPTE, Psoroples, ou dermatodecte, parasite de la famille des Sarcoptidés, caractérisé par son rostre conique et puissant. On le trouve chez le cheval, le bœuf et le mouton.

PSOROSPERMIE, genre de Protozoaires parasites, microscopiques, du groupe des Sporozoaires. Ils se rencontrent chez les mammifères et les missons, et vivent soit dans les muscles, soit dans les glandes, soil dans les épithéliums.

PSOROSPERMOSE, nom donné, par Rivolta, à la maladie résultant de l'envahissement du foie par les Psorospermies. chez le lapin.

PSYCHÉ nom mytholog.l, genre d'Insectes, de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, groupe des Bombvcides, dont Boisduval fait le t\-pe de la tribu des Psychides. Ses espèces sont communes dans le midi de la France : corps très velu, ailes chargées de peu d'écaillés et presque diaphanes; femelles aptères; chenilles glabres.

PSYCHÉ. La fable de Psyché, aimée en secret par Eros, et cruellement punie pour avoir voulu connaître les traits de son divin amant, n'est pas un mythe, proprement dit; la conception, relativement récente, semble inspirée par les idées platoniciennes, et sjTnbolise dans une allégorie philosophique les joies et les peines que l'amour fait naître dans notre âme («J;y/f,). Apulée l'a intercalé, sous forme d'épisode, dans son roman CAne d'or [Voy. ce mot), en modifiant la légende grecque par des traditions empruntées au merveilleux oriental. La Fontaine s'est inspiré d'Apulée dans les .imours de Psyché et de Cupidon {16o9), roman pastoral, mêlé de prose et de vers.

Au liiéàlre, Molière puise en 1670 dans le roman de La Fontaine, à peine paru, le sujet d'une tragédie-ballet, écrite en collaboration avec Corneille et Quinault (^Corneille a fait presque entièrement le second et le troisième acte).

PSYCHÉ, 16* petite planète, trouvée le 17 mars 1852 par de Gasparis. à Naples. Voy. planètes.

On donne aussi le nom de psyché à un grand miroir mobile qu'on i>eut incliner à volonté au moven d'un axe

I c|ui s'attache par le milieu au montant d'un châssis : à j 1 aide de cette glace, on se voit en pied. Les femmes s'en servent pour s'Iiabiller.

! PSYCH IQU E du gr. 'J'j/'./iû;; , épithète employée quelquej fois pour désiiTuer ce qui se rapporte à l'âme. ^^ — Quelques I auteurs Lucièce, Paraccisc, etc.) ont admis un fluide psychique pour expliquer l'action de l'âme sur le corps. , PSYCHODIAIRES (du gr. Çuyr,, vie, et oiatoéw. divi- I ser), nom proposé jiar Bory de St-Vincent pour un règne I intermédiaire entre le règne animal et le végétal, et com- ; prenant les êtres appelés Zoophytes ou Animaux-Plantes : i il n'a pas été adopté.

PSYCHOLOGIE (du gr. •^■■jyr,. âme, et àôvoî, traité), science de l'âme considérée dans ses phénomènes, ses fa- I cultes et sa nature. C'est la partie de la Philosophie qui I sert de fondement à toutes les autres. Elle se divise en P. expérimentale, qui. à l'aide de la conscieiwe, étudie I les phénomènes de l'âme et ses facultés, sensibilité, \ intelligence et activité {Voy. ces mots) ; et en P. rationnelle, qui, avec le secoure du raisonnement, détermine la ! nature de la substance à laquelle appartiennent ces phéno- 1 mènes [Voy. âme, cause, force, scbstaxce, immortalité). I La méthode employée en Psychologie est la méthode expéj rimenlale: mais on désigne sous ce nom deux procédés fort différents : le 1"^, assimilant la psychologie aux sciences physiques, se home à analyser les opérations de l'âme et à I en tirer des induclions sur la nature de leur cause [Voy. empirisme) ; le 2' établit qu'il v a une différence fondamentale entre les sciences physiques, qui par les sens ne connaissent que des phénomènes sans atteindre leur cause, et la psychologie, qui par la conscience connaît à la fois les phénomènes de son ressort et leur principe : car l'âme se sent comme cause dans chacun de ses actes, comme sujet dans chacune de ses modifications ; par suite, rœu\Te de la réflexion consiste à distinguer, dans une sensation ou une pcrcejition, ce qui l'achève en la faisant nôtre et qui n'est autre que notre activité personnelle; en repliant notre esprit sur lui-même, elle l'habitue à se saisir dans sa réalité toujours vivante au lieu de se conclure de ses effets extérieurs. C'est ainsi que l'esprit tire de son propre fonds les idées A'étre, de cause, de substance, de durée, etc., idées à l'aide desquelles il conçoit les êtres inférieurs, en raisonnant par analogie, et Dieu, en lui attribuant par la raison comme infinies et absolues les perfections «pi'il trouve en lui-même limitées et relatives. La connaissance de l'âme pr la réflexion est donc le vrai fondement de la Métapliysique, et sa certitude la condition de toute certitude.

Dans la question des rapports de l'âme et du corps, la Phvsiologie prête à la Psycnologie son concours pour l'ana- Ivsè des phénomènes complexes, p. ex. de la perceplion. t^rtains physiologistes en ont conclu que le sentiment, la pensée et la volonté sont des phénomènes cérébraux ; mais, puisque les phénomènes psycholc^ques sont connus, comme nous l'avons dit ci-tiessus, par un mode tout particulier d'observation, qui est la conscience, tandis que les modifications du cerveau sont connues par les sens, il est illégitime d'affirmer l'identité des uns et des autres. — Voy. Jouffroy, Légitimité de la distinction de la psychologie et de la physiologie; Ravaisson. la Philosophie au XIX» siècle; Vacnerot, la Science et la conscience.

I.C mot Psychologie a été emplové. dil-oii, pour la première fois par lioclenius en ISOO; mais la chose remonte à la philosophie grecque. Socrate le premier recommanda l'étude de l'âme humaine en invoquant le précepte : connais-toi toi-même. Platon ébaucha celte science dans ses Dialogues, où il admet trois facultés : la sensibilité ou partie concupiscible, à laquelle se rapportent les sensations et les ap|)étits; le courage ou partie irascible, qui correspond à la volonté; la 7-aison, qui conçoit les idées. Aristole com|)osa un Traité de l'Ame, où il définit l'âme la forme du corjis, et distingue dans la vie trois ordres de facultés : 1° fonctions de la vie végétative [nutrition et génération) ; 2° facultés de la vie sensitive ou animale [sensation, imagination et mémoire] : à la sensation, considérée comme aflective, se rattachent le plaisir et la douleur, dont naissent Y appétit et le désir: 3° facultés intellectuelles, propres à l'homme [entendement et raison] : l'entendement combine les notions abstraites et générales tirées des sensations; la raison règle la volonté [R. pratique) et pense l'intelligible [R. théorétique ou

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