‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1339 sur 1729 · PRÉCIEUSES · texte numérisé non relu

PRÉCIEUSES

PURPiJRA, c.-à-d. pourpre. On comprend sous cette dénomination plusieurs maladies qui ont pour caractère commun et générique de se manifester intérieurement par des hémorragies , et à l'extérieur par des pétéchies ou des ecchymoses. Le purpura indique toujours une altéralion du sang [Voy. scorbut). Le traitement varie suivant la maladie.

PURPURA, genre de Mollusques. Voy. pourpre.

PURPURATES, sels d'un acide que l'on n'a pas encore obtenu isolé et qui sont d'une belle couleur rouge pourpre. Le plus im|X)rtant de ces composés est le purjmrate d'ammouiaque ou mtirexide, que l'on obtient en traitant l'acide urique par l'acide nitrique, évaporant celui-ci et ajoutant un peu d'ammoniaque. C'est un corps d'un beau pourpre quand il transmet la lumière, et jouissant de reflets métalliques dorés quand il la réfléchit. Les autres pur- Furates sont également cristallisés et sont solubles dans eau en donnant une liqueur pourpre. La pourpre des anciens, tirée du coquillage appelé murex ou pourpre, parait être la murexide. Cette couleur a été utilisée pour la teinture en rouge, mais elle a été rapidement délrônéc par le rouge d'aniline. La murexide a été découverte par Scheele en 1776.

PURPURINE (du lat. purpura], matière colorante rouge

aui existe, d'après Robiquet et Colin, avec Valizarine, ans la racine de garance. Elle est en aiguilles volatiles rouges, plus solubles que celles d'alizarine. Les alcalis dissolvent la purpurine avec une nuance pourpre bien distincte de la coloration bleue des solutions alcalines d'alizarine. Cette réaction permet de distinguer ces deux substances.

PURULENT (du lat. piirulentus), ce qui est de la nature du pus. On appelle foyer purulent l'endroit où s'amasse le pus dans un alx;ès. — Voy. puriforme.

PUS (du lat. pus, puris), liquide morbide formé à la suite d'un travail inflammatoire [Voy. ixfi.ammatio.n). Le pus des inflammations franches est un liquide crémeux, opaque, homogène, de couleur jaunâtre, de saveur douceâtre et dune odeur fade, un peu plus pesant que l'eau, à réaction d'abord alcaline, puis acide, par la formation d'acide lactique. Le pus est le résultat de la pénétration, dans nos tissus, de microbes dits pyogènes, dont les principaux sont les staphylocoques et les streptocoques. Il est constitue par la désintégration granuleuse des différents éléments anatomiques et en particulier des globules blancs iesus par diapédèse et des cellules du tissu conjonctif ( Foi/. phagocytose). On dit que le pus est caséeux lorsqu'il est très chargé de particules solides ; parfois, au contraire, il est séreux. Les caractères du pus et sa coloration varient avec l'espèce microbienne génératrice. Le staphylocoque blanc donne du pus blanc ; le staphylocoque doré, du pus jaune. Le bacille pyocyanique donne du pus bleu. Certains bacilles lui communiquent une odeur fétide.

PUSEYISME, doctrine religieuse anglaise. Voy. le Dict. d'Ilist. et de Gébgr.

PUSTULE (du lat. pustula), terme générique sous lequel on comprend toutes les petites tumeurs cutanées qui contiennent du pus.

Pustule maligne, gangrène à marche envahissante, provoquée par l'inoculation de la bactéridie charbonneuse. On comprend que les individus en contact avec le bt'tail malade (bouchers, vétérinaires) ou avec leurs dépouilles (mégissiers, équarrisseurs) soient surtout atteints. Le taon, les guêpes carnassières peuvent, par la piqûre, donner la pustule maligne. La maladie débute par une petite tache rouge, comme une piqûre de puce ; la démangeaison apparaît et le malade, en se grattant, déchire une petite vésicule qui laisse à nu un petit point noir,

l'eschare. Un petit noyau dur se développe au niveau de la piqyre. En même temps une collerette oe petites vésicules comme un collier de perles entoure l'eschare. Une auréole d'un rouge cuivre se forme au pourtour des vésicules, de sorte que la pustule maligne présente 3 zones : l'eschare, les vésicules, l'auréole rouge. A une période plus avancée, la maladie s'étend ; le gonflement gagne le cou, la poitrine, des lymphangites, des phlébites se produisent, des hémorragies intestinales ont lieu ; le malade s'affaisse et meurt dans le coma. La guérison peut parfois survenir spontanément, mais cela est rare. C'est à la cautérisation pratiquée énergiquement au début qu'on devra recourir.

PUTATIF (du lat. putativus, Acputarc, penser, croire), se dit, en Droit, de celui qui est réputé être ce qu'il n'est pas : héritier putatif, mariage putatif, père putatif.

PUTIET, Prunus padus, Padus avium, dit aussi Laurier-putiet. Merisier à grappes. Faux Bois de Ste-Lucie, espèce du genre Prunier, qui croît spontanément dans les bois de l'Europe, et s'élève à 4 ou 5 m. L'élégant effet et l'odeur suave de ses grappes de fleurs, qui se développent dès le mois d'avril, le font admettre dans les bosquets d'agrément. Ses fruits ont, ainsi que son bois, une saveur désagréable et nauséabonde : d'où son nom.

PUTOIS (du b.-lat. putacius, de putere, juier), Putorius, espèce du genre Marte, tire son nom de l'odeur désagréable qu'elle répand, et se distingue des Martes pjopr. dites par le système dentaire (2 petites molaires en haut et 5 en bas), ainsi que par un museau plus court et plus gros. Le Putois commun est plus pciit que la fouine. Son pelage est d'un brun noirâtre assez clair, avec le museau, lajpointe des oreilles et une partie du front blancs. Cet animal est la terreur des poulaillers et des garennes; il fait la guerre aux rats, aux taupes, aux mulots, aussi bien qu'aux perdrix, aux cailles et aux alouettes, dont il mange les œufs et les petits. Il détruit

fiendant l'hiver un grand nombre de ruches dont il dévore c miel. Il est nocturne et vit solitaire. La femelle met bas 5 ou 6 petits à la fois. La fourrure du putois est douce et chaude. — On distingue en outre : le P. de Sibérie, d'un fauve clair uniforme ; le P. de Pologne, brun tacheté de blanc et de jaune ; le P. des rivici'es, brun-roussâtre ; le P. du Caj) ou Zorille ( Voy. ce mot) ; enfin, i'He7'mine (Voy. aussi ce mot).

Le Putois d'Amérique est une esjièce du genre Moufette [Voy. ce mot).

PUTRÉFACTION (du ht. putiefacere, se putréfier), décomposition que subissent les corps organisés, animaux ou végétaux, que la vie a abandonnés. La putréfaction est un acte mal défini : quand une substance organique s'altère en donnant un dégagement de gaz infects, on dit qu'elle est en putréfaction.

Les putréfactions ne diffèrent des fermentations (Voy. ce mot) que par la complexité du phénouîène. Un animal mort est un assemblage de substances chimiques multiples, pouvant donner naissance à des fermentations différentes non seulement par leur complexité même, mais aussi par la multitude des ferments qui entrent en jeu. C'est à l'ensemble de toutes ces fermentations, s'eflèctuant simultanément ou successivement, qu'on donne le nom de putréfaction.

Dans les putréfactions entrent en jeu d'abord les ferments aérooies [Voy. ce mot), dont le nombre est d'autant plus considérable que la substance putrescible est exposée à l'air. L'activité avec laquelle ils absorbent l'oxygène est tellement grande que bientôt ils n'en laissent plus pénétrer aucune trace à l'intérieur. Ces aérobies sont en général des inicrocoques et des bacilles.

Dans les parties profondes, où il n'y a plus d'oxygène, les anaérobies commencent alors à se développer ( Voy. A.NAÉROBiEs). La plupart de ces derniers sont des ferments des matières albuminoïdes, qu'ils transforment en acide carbonique, hydrogène, hydrogène sulfuré ou phosphore, etc., et ce sont ces gaz qui donnent aux putréfactions les odeurs infectes qui les caractérisent. Les anaérobies n'étant pas susceptibles de transformer complètement la matière organique, cette dernière est finalemojit entièrement brûlée par les aérobies, et fait ainsi retour à l'état gazeux [Voy. ferment, fermentation). Dans les cas de substances solides, interviennent en même temps des actions de diastases [Voy. ce mot), qui dissolvent les matières insolubles (fibrine, caséine, etc.), et en font uir

PUTRIDITE

PYRALLOTJTE

milieu convenable pour les ferments. Ces diastases sont d'ailleurs sécrétées par les ferments eux-mêmes.

La putréfaction peut être empêchée par la stérilisation, c.-à-d. la destruction de tous les ferments, et la conservation des substances stérilisées à l'abri des germes : cela n'est vraiment applicable qu'aux liquides organiques. Un autre procédé consiste à ajouter aux substances putrescibles des antiseptiques [Voy. ce mot).

Les Egyptiens conservaient les cadavres en enlevant les intestins, et les remplaçant par des substances aromatiques qui empêchaient le développement des ferments Voy. momie). Dans la pratique moderne, on opère de préférence en injectant des antiseptiques forts, comme le bichlorure de mercure, les sels arsenicaux, le sulfate ferrique, le chlorure de zinc, etc. La dessiccation rapide est aussi un excellent procédé, surtout lorsque [son action est aidée de celle des antiseptiques, qui retardent le commencement de la putréfaction.

PUTRIDITE, KTAT PUTRIDE (du lat. putridus, pourri). Les médecins humoristes donnaient le nom de tnaladies putrides à toutes celles qu'ils attrii)uaient à la corruption des humeurs, et dans lesquelles l'haleine et les excrétions du malade répandent une odeur fétide, comme dans le typhus et dans certaines fièvres. Ce qu'on appelait alors fièvre putride est auj. la fièvre typhoïde. Voy. ce mot.

Fermentation putride. Voy. fermentatios et putréfac-

TIOX.

PUTRILAGE (du lat. pulrilago], matière pultacée qui se forme sur les plaies de mauvaise nature. Voy. pultacé.

PUY (du lat. podium), nom que l'on donne aux montagnes volcaniques ou non volcaniques dans certaines contrées du centre et du midi de la France et surtout dans l'Auvergne : le Puy de Dôme, le Puy de Sancy, le Puy d'issolud, et, par suite, à des villes assises sur ces sommets, comme le Puy-en-Velay\ Puy-l'Evéque, Puy mirai, etc. — Par allusion aux assemblées politiques qui, dans plusieurs contrées de la France, se tenaient sur les puys, on donna ce nom, au moyen âge, à certaines fêtes littéraires où l'on faisait des concours de poésie. Les pièces de vers présentées à ces concours avaient généralement pour sujet l'éloge de la Vierge : d'où les. noms de puys yotre-Dame, dormes souvent à ces concours. — On a dit aussi puy d'amour comme synonyme de cour d'amour. Voy. ce mot.

PYCNITE (de tuxvôî, compact), variété bacillaire de Topaze. i|u'on trouve dans des filons stannifères en Saxe et on lîohême.

PYCNODONTES, poissons fossiles de l'ordre desGanoïdes, caractérisés par des dents en pavé recouvrant le palais.

PYCNOGONIDES (du gr. Tuvtvô;, épais, et vôvu, genou: à cause de la forme des pattes), groupe d'Arachnides, se com|)ose de petits animaux marins analogues aux Cyames. qui vivent en parasites sur les poissons, les mollusques, les cétacés, etc., ainsi que sur les varechs et les conferves. Ils ont 8 pattes : les deux premières portent à leur base deux autres pattes ovifères. Le canal digestif olfre des expansions qui se prolongent jusque dans les membres. — Le genre type Pycnogonon se trouve sur les Ascidies et divers Poissons.

PY ÉLITE (du gr. tÛ£)>oî, bassin, et de la désinence ite), inflammation de la memhrane muqueuse qui tapisse les bassinets et les calices des reins.

PYGARGUE (du gr. -iijvapvoî), vulg. Cul-blanc, Queueblanche, mots qui sont la traduction du nom grec, espèce d'Aigle de la division des Aigles pêcheurs ou Haliètes. Lorsqu'il est jeune, on lui donne le nom d'Orfraie {Voy. ce mot); à 1 état tout à fait adulte, il change de plumage et prend le nom de Pygargue : alors il a tout le plumage du corps et des ailes d'un brun sale ou cendré, sans aucune tache, la tête et la partie supérieure du cou d'un cendré brun clair, la queue d'un blanc pur et le bec presque blanc. Le Pygargue habite les forêts qui avoisinent la mer ou les lacs au nord du globe; pendant l'hiver, il est commun sur les côtes d'Angleterre et de France. Sa voracité est extrême.

PYGASTER, genre d'Echinides fossiles de la famille des Galéritidées : test subpentagonal. ambulacres simples, l)ouche centrale; anus très développé, allongé, occupant une grande partie de l'espace situé entre l'apex et le bord inarginal. Les Pygasters se trouvent dans les terrains jurassiques et crétacés et l'on en connaît également une espèce vivante.

PYGIDIUM, régiônjDoslérieure du corps des Trîlôbi'tes (Voy. ce mot).

PYGME (du gr. ■zu^\L-f\, poing fermé), petite mesure des anciens Grecs, ' valait un pied olympique, plus un huitième. Rapportée à notre système métrique, la pygme eût valu 0 m. 547.

PYGIMÉES. Voy. NAix.

PYGURUS, genre d'Echinides fossiles, de l'ordre des Atéloslomes : test subpentagonal ; anus infra-marginal, longitudinal; ambulacres pétaloïdes. Les Pygurus se trouvent dans les terrains jurassiques et crétacés.

PYLÔNE (du gr. tjawv, portail). On appelle ainsi, dans les monuments égyptiens, ces grands massifs de forme pyramidale qui se [trouvent souvent placés en avant des temples. On montait à leur sommet par des escaliers intérieurs, et leurs quatre faces étaient couvertes d'hiéroglyphes et d'ornements.

PYLORE [du gr. itJÀwpo;), orifice inférieur de l'estomac, a été ainsi appelé par les anciens parce au'il forme comme la porte (TryATj) du canal intestinal. Il est garni d'un bourrelet circulaire aplati qui sert à l'ouvrir ou à le fermer, et qui s'appelle valvule pylorique. L'intérieur de ce iKJurrelet contient un anneau fibreux, désigné par quelques auteui-s sous le nom de muscle pylorique. — Le pylore peut être le siège de maladies graves, surtout du cancer de l'estomac.

PYOHÉMIE (du gr. i:uov, pus, et aTp.a, sang), synonyme d'Infection purtilente. Résorption purulente. Fièvre purulente; caractérisée,' au point de vue analomique, par la suppuration fréquente des séreuses et la formation d'abcès multiples dans les viscères (poumon et foie surtout). La pyohémie est due à l'introduction dans le sang d'un pus contaminé. Cette complication des plaies, la plus fréquente et la plus redoutable, se montre surtout dans les grandes agglomérations de blessés, chez les surmenés et les alcooliques, chez ceux qui sont atteints de plaies à gi-and fracas, avec anfracluosités, et d'où le pus s'écoule mal.

Survenant la plupart du temps à la fin du premier septénaire, la pvoliémie débute par un accès de fièvre violent, rappelant celui de la fièvre intermittente [Voy. ce mot) avec les trois stades de irissons, chaleur et sueur. La plaie s'affaisse, les bourgeons charnus se décolorent; la sécrétion purulente se tarit Plusieurs fois l'accès se reproduit ; après chaque accès, l'état général s'aggrave ; il y a du délire ; la respiration devient anxieuse et oppressive. Le foie douloureux déborde les côtes, les jointures se prennent ; la dynamie se prononce, et la mort arrive.

Le mécanisme de la pyoliémie, encore obscur, est dû à la pénétration de germes à travers la membrane granuleuse de la pluie qui est lésée ou afl'aissée. Le véhicule des germes est une embolie formée tantôt par un caillot infecté venant d'une veinule de la plaie, tantôt par des gouttelettes huileuses dans les fracas osseux ; ou bien encore ce sont des leucocytes infiltrés de microbes, qui sont charriés au loin.

Il n'y a qu'un traitement de la pyohémie, c'est le traitement prophylactique par l'antisepsie [Voy. ce mot). En effet, la thérapeutique de la pyohémie confirmée est plus que précaire.

PYR ACANTHE. Voy. buisson ardext.

PYRALE (du gr. TtupaAÎ;), Pyralis, genre d'Insectes, de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, et type de la tribu des Pyralides : ailes entières ou sans fissure, en toit écrasé dans l'état de repos; antennes filiformes; corselet ovale, abdomen conico-cylindrique, terminé par une pointe chez les femelles et par une houppe de poils chez les mâles; pattes courtes. Les chenilles des Pyralos ont 16 pattes, toutes propres à la marche, le corps ras ou garni de poils courts et isolés. Ces chenilles sont fort nuisibles aux arbres fruitiers, surtout à la vigne. Elles habitent pour la plupart dans les feuilles i-oulées en cornet, ou plissées sur leurs bords, ou réunies en paquets ( Voy. TORTRix) ; quelques-unes seulement vivent dans l'intérieur des tiges et des fruits à pépins et à noyau, ou bien se nourrissent aux dépens des bourgeons de la vigne. B. Raclet, vigneron de la Romanèche, a trouvé en 1841 le moyen de détruire la p y raie de la vigne : il suffit d'él)ouillanter les souches pour empêcher l'éclosion des œufs.

Pyrale de la pomme, Voy. carpocapse.

PYRALLOLITE, silicate de magnésium hydraté, qui parait

Page 1