RÉFRACTION
loi qui s'applique à la fois à la lumière, à la chaleur et au son : I' le i*avon incitlent, le rayon réfléchi et la normale au jx>int d'incidence sont dans iin même plan ; 2° l'angle de réllexion est égal à l'angle d'incidence, ces angles étant n^spectivement formés par le rayon incident et le rayon rértéchi avec la normale. La j^rlie de la Phvsique qui traite de la réflexion de la lumière prend fe nom de l'.atnptrique [ Voy. miroir, anamorphoses, chambre claire, .virai;e. chaleur, etc.). — II va aussi une réflexion irréguliére qui s'elFeclue dans tous les sens et qui produit ce qu'on appelle la diffusion. Voy. ce mot.
Réflejcion totale. Quand un ravon lumineux passe d'im milieu plus réfringent dans un milieu moins rélringenl, il s'éloigne de la normale ( Voy. réiractios) ; pour un certain angle d'incidence qu'on appelle angle limite, le rayon iviracté ne sort plus du milieu ; toute la lumière incidente est réfléchie ; c'est ce qu'on nomme la réflexion totale. Le sinus de l'angle de réflexion totale à la surface de Si-paration de deux milieux est égal au rapport inverse de l(Mii-s indices de réfraction. Ou utilise beaucoup actuellement ce phénomène pour la mesure des indices; les inslrumenls sont dits réflectomètre ou réfractomètre.
Instruments à réflexion, nom générique des instruments d'astromimie analogues au sextant [Voy. ce mot).
RÉFLEXION. Eu Pliilosopliie, on entend par ce nK)t la faculté qu'a l'àme de se replier sur elle-même |)our observer ses propres opérations : c'est l'exercice volontaire de la conscience, comme l'attention est l'application de l'esprit aux données des sens. Voy. conscie.ncb et psychologie.
REFLUX (du préf. re et de fliur), mouvement rétrograde de la mer et qui est l'opposé au flux. Voy. marée.
RÉFORMATION du lat. ref'onnatio), acte par lequel une décision judiciaire est supprimée et remplacée par une autre. Les voies de réformation des jugements sont ordinaires (appel, opposition) ou extraordinaires (tierce opposition, requête civile, pourvoi en cassation, prise à partie) : on ne }>eut recourir aux dernières qu'à défaut des premières. — Réformation est aussi synonjTne de réforme. Voy. ce mot.
RÉFORME. En matière de Religion, on entend par réforme tantôt le retour à l'ancienne discipline, par ex. la réforme des Bernardins de la Trappe, due à Rancé. celle des Carmélites, due à Ste Thérèse, etc. ; tantôt le changement introduit au xvi" siècle dans la religion par Luther. Calvin et leurs adliérents. Voy. réforme au Dict. d'Hist. et de Géogr.
En Politique, le mot réfoi'me a été employé, surtout en France et en Angleterre, pour désigner la réforme électorale, la réforme parlementaire. Une réforme parlementaire a été accomplie en Angleterre en 1832. On sait à quelles conséfpiences l'abus du mot réforme a conduit la France en 18i8.
Congé de réforme, congé délivré au militaire incapable de faire un service actif, sur le certilicat des médecins délégués à cet effet. Il en existe de deux espèces : le congé n' 1, délivré aux militaires réformés pour blessure ou infirmité contractées au service, comporte Vallocation d une pension : le congé n" 2 n'en comporte pas : il est délivré aux hommes devenus impropres au service, mais pour des causes étrangères à celui-ci.
Traitement de réforme : c'est celui de l'officier sans emploi qui, par mesure disciplinaire ou pour motif de santé, n'élant plus susceptible d'être rappelé à l'activité, n'a pas de droits acquis à la pension de retraite : la quotité en est déterminée d'après le minimum de la retraite de son grade, à raison d'un trentième pour chaque année de service elfectif. 11 n'est acquis qu'aux officiers réformés après 20 ans de service et n'est payé que pendant un nombre d'années égal à la moitié du nombre d'années de service. — Les fonctionnaires civil* forcés de cesser leurs fonctions avant l'âge de la retraite peuvent aussi obtenir un traitement de réforme (Loi du 9 juin 1855, art. 11).
Reforme julienne, R. grégorienne. Voy. antsée.
REFOULOIR (de refouler^ Iwton garni, à l'une de ses extrémités, d'un ,gn)s bouton aplati, et qui sert à assujettir le projectile d'une pièce dans son logement.
RÉFRACTAIRE du lat. refractarius . de refractum, supin de refringere], se dit. en Chimie, de toute substance difficilement altérable par la chaleur et infusible ou peu fusible : tels sont certains grès, les arples qui ne renferment point de calcaire, la chaux, la magnésie, le char-
lx)n.-etc. Ces substances sont d'un grand secours pour la construction des fourneaux et des creusets.
RÉFRACTAIRE. Pendant la Révolution, ce mot devint svnonyme de rebelle à la loi. On le donna d'abord indfstinctement à tous les prêtres ou fonctionnaires publics qui avaient refusé de prêter serment à la constitution civile du clereé. — On l'appliqua ensuite aux soldats qui, appelés par le sort à faire partie de l'armée, refusaient de se rendre sous les drapeaux ou désertaient avant d'arriver au corps. Les décrets du 12 oct. 1802 et du 28 oct. 1808 créèrent des dépôts ou compagnies de discipline pour recevoir ceux des réfractaires qu'on |X)urrait arrêter : ils étaient surtout employés aux travaux des routes, des canaux, des réparations des places fortifiées, etc. Les lois du 10 mars 1818 et du 21 mars 1832 ont attribué aux tribunaux civils et militaires l'application des lois relatives à cette sorte de réliellion. Les réfractaires sont actuellement appelés insoumis. Voy. rechutemest.
RÉFRACTION fdu fat. refractio], déviation ou changement de direction qu'éprouve un rayon lumineux, calorifique ou sonore, en passant d'un milieu dans un autre. L'étude de la réfraction de la lumière est l'olijet de la Dioptrique. — On appelle : angle de réfraction, l'angle que forme le rayon réfracté avec le prolongement de la normale au point de rencontre du ravon avec le second milieu ; plan de réfraction, le plan tle l'angle de réfraction. Un rayon iiKident ne donne souvent naissance qu'à un seul rayon réfracté : on dit alors que la réfraction est simple: on appelle double réfraction, le phénomène qui se présente pour la lumière dans les corps solides cristallisés dans un système autre que le système cubique.
Réfraction simple. Les phénomènes de la réfraction de la lumière et de la chaleur se résument ainsi : 1' le plan de réfraction coïncide toujours avec le plan d'incidence; 2" le rapport des sinus des angles d'incidence et de réfraction est constant pour une même lumière dans les mêmes milieux : ce rapport s'appelle Vindice de réfraction [Voy. ce mot). — I.a réfraction de la lumière est la cause d'un certain nombre de phénomènes faciles à constater : un bâton plongé dans l'eau parait brisé; le fond d'un vase rempli de liquide paraît plus rapproché de la surface qu'il ne l'est réellement; les astres paraissent, par suite de la densité inégale des couches d'air traversées par la lumière, s'élever au-dessus de l'horizon plus qu'ils ne le sont. Un phénomène analt^ie, bien que plus compliqué, produit le mirage [Voy. ce mot).
Double réfraction. Lorsqu'on tient un rhomboèdre de spath d'Islande au-devant de l'œil, et qu'on regarde au travers un objet délié, on en voit deux images distinctes, et. si l'on fait tourner le rhomboèdre autour d'une parallèle au ravon incident, on voit l'une des deux images tourner autour de l'axe de rotation. On observe les mêmes effets si l'on pose le rliomboèdre sur une feuille de papier blanc où l'on a tracé des lignes. On constate ce phénomène, avec un dispositif expérimental convenable, dans tous les solides cristallisés qui n'appartiennent pas au système cubique. — Dans un cristal doué de la double réfraction, il y a toujours une ou deux directions suivant lesquelles un rayon de lumière ne se divise pas. Ces directions, appelées axes optiques du cristal, sont en rapport avec la symétrie intérieure du milieu, symétrie accusée extérieurement par les faces cristallines. Dans les cristaux « un axe, comme le sjwth d'Islande, la tourmaline, le quartz, la glace, etc., la forme cristalline présente im axe principal (systèmes quadratique, rhomlxîédrique ou hexagonal [Voy. cristallixs [systèmes]) et l'axe optique coïncide avec l'axe cristallogjaphique; lorsqu'un ravon de lumière ne se meut pas suivant l'axe du cristal, il donne, en se réfractant, deux rayons, dont l'un, apjielé rayon ordinaire, reste soumis aux lois de la réfraction simple, tandis que pour l'autre, nommé rayon extraordinaire, le plan de réfraction ne coïncide jws. en général, avec le plan d'incidence, et les sinus d'incidence et de réfraction cessent d'être dans un rapport constant. Dans les cristaux à deux axes, comme le salpêtre, l'aragonite. le borax, le sucre, le feldspath, etc.. qui appartiennent aux autres systèmes, la marche de la lumière est plus compliquée : il n'y a plus, en général, de rayon onlinaire, et les deux rayons qui y naissent par la division d'un rayon incident ne suivent ni l'un ni l'autre les lois générales de la réfraction. Les deux rayons sont toujours polarisés dans des plans rectangulaires [Voy. po- LARisATio.N). Dans le cas des cristaux à un axe, le rayon
RÉFRACTOMÈTRE