MINORITÉ
Urgence s'est dit aussi du gouvernement, de certaines villes (régence d'Amsterdam, de Kiel, etc.), ou de certains Etats, notamment des anc. Etats barbaresques.
RÉGÉNÉRATION [du lat. regeneratio], faculté que possède tout être vivant de se compléter, de reproduire les I arties qui lui ont été enlevées. Cette tendance, qui se manifeste avec énergie chez les Végétaux [boiilure] et chez ceux des Animaux où les facultés vitales sont réparties uniformément dans la masse entière, est de moins (^n moins évidente chez ceux où la localisation des fonctions atteint un degré plus élevé. En coupant en plusieurs fragments les Polypes appelés Hydres, on voit chacun de ces fragments (hormis ceux des bras) reproduire l'être entier. Chez les Vers, la régénération s'étend à des parties entières du tronc. Vn Lombric étant divisé en deux, chaque moitié reproduit ce qui lui manque, tète ou queue ; chez les Sais, cette régénération de la tète ou de la queue peut être répétée jusqu'à 12 fois de suite. On a observé la régénération des pattes, des serres et des antennes chez la plupart des .\rliculcs, des nageoires chez les Poissons. Chez les Reptiles on a observé la reproduction presque indéfinie des crochets des serpents venimeux ; celle de la queue, chez les Orvets, les Seps, les Geckos et les Lézards. On a vu des Salamandres régénérer leurs quatre pattes et même la mâchoire inférieure enlevée ou un œil détruit. Chez l'Homme, la régénération se borne à une production de tissus (épilhélium, épiderme, poils, ongles, tissus cicatriciels des os, des fibres et des nerfs). — Voy. palin-
GÉNÉSIE.
RÉGENT, celui qui exerce la régence. Voy. ci-dessus nÉGLNCE et l'art, kégent au Dicf. d'fiisl. et de Géogr.
On donnait autrefois le nom de régents aux professeurs des collèges communaux : cette dénomination n'existe plus aujouixl'hui. — On appelait docteurs régents les docteurs qui professaient la théologie, le droit ou la médecine.
On nomme encore régent chacun des membres qui composent le conseil de la Banque de Fraix'e.
Le Régent, diamant célèure. Voy. diamant.
RÉGICIDE [du lat. regicida, regicidiitm), se dit et de celui qui assassine un roi et du crime lui-même. Le régicide a été longtemps puni des supplices les plus cruels : en France, avant 1789, les régicides étaient écartelés ou périssaient sur la roue : depuis ils ont été punis de la peine du parricide [Voy. ce mot). — Parmi les plus fameux régicides, on cite : J. Clément, meurtrier de Henri 111; Ravaillac, de Henri IV ; Damiens, qui attenta aux jours de Louis XV; Louvel, meurtrier du duc de Berrv; Fiesihi, Oi-sini, auteurs de machines infernales contre Louis-Philippe et Napoléon 111.
\ l'époque de la restauration des Stuarts en Angleterre et de celle des Bourbons en France, les partisans de ces deux familles appliquèrent la qualification de régicides aux personnes qui avaient condamné à mort Charles 1" et Louis XVI : ces derniers furent baimis de France en 18i5.
RÉGIE (de régir], administration de biens à la charge d'en rendre compte. Ce mode de perception peut s'appliquer aux revenus privés et aux revenus publics. Un particulier donne ses biens en régie, quand il confie à un fiers, dit alors régisseur, la perception des revenus qu'ils peuvent produire, moyennant un salaire fixe ou éventuel, se réservant les chances de plus-value ou de moins-value. (luand il s'agit de revenus publics, on appelle régie la
rerception directe de ces revenus par les employés de Etal, notamment celle des impôts fondés sur un monopole ; c'est ainsi que l'on dit : la régie des tabacs, la régie des poudres, des cartes, des contributions indirectes. On ap()elle régie intéressée celle où le régisseur a une part des produits, comme cela a lieu pour les droits «l'enregistrement. — La régie a remplacé la ferme dans la perception des revenus publics.
Mettre des travaux publics en régie, c'est faire exé- • uter ces travaux, sous la surveillance a agents de l'Etat, au <<>m}»te du soumissionnaire qui n'a pas tenu ses engagements.
RÉGIME [du lat. regimen). En Economie sociale, on
entend par ce mot toute manière de gouverner un Etat, de conslitucr une société. On dit en ce sens : régime féodal, despotiaue, représentatif, constitutionnel, etc. — On oppose à Vaurien régime, qui existait en France avant 1789, le nouveau régime, qui est né de la Révolution.
En Jurisprudence, on distingue pour le règlement des intérêts pécuniaires des époux quatre régimes dilférents : l" le régime de communauté, où certains biens des époux deviennent communs entre eux, tandis qu'ils gardent en propre certains autres; 2" le régime de séparation de biens, où chaque é|x»ux conserve en propre tous ses biens et où la femme conserve la jouissance et l'administration des siens ; 5" le 7-égime sans communauté, où les époux conservent en propre tous leurs biens, mais où le mari a la jouissance et l'administration de ceux de sa femme; 4" le régime dotal, où les époux conservent en propre tous leurs biens et où le mari a la jouissance et un dioit d'administration particulièrement étendu sur les Liens de la femme : de plus, à moins de convention contraire, l'immeuble dotal ne peut être aliéné ni hypothéqué, et la femme peut se réserver la jouissance et l'administi-ation de certains biens qu'on appelle paraphernaux ( Voy. dot et commcxacté). A défaut de contiat de mariage, les époux sont mariés sous le régime de la commimauté (C. civ., ari. 1595;.
En .Médecine, on entend par régime l'usage raisonné et méthodique des aliments et de toutes les choses essentielles à la vie, dans l'état de santé comme dans celui de maladie. Voy. diète et iitgiène.
RÉGIME. En Grammaire, le régime est le mot qui dépemi d'un verbe ou d'une préposition, et qui en forme le complément. En parlant du verbe, on distingue le R. direct, sur lequel tombe directement l'action du verbe, ou qui est l'objet immédiat de cette action (ex. : aimer Dieu, servir son pays) ; et le R. indirect, sur lequel cette action ne tomljc pas directement : en français, le régime indirect est toujours précédé d'une préposition exprimée ou sousentendue (ex. : plaire à Dieu, lui adresser ses prières, venir d'Amérique).
RÉGIME. En Botanique, on appelle ainsi un mode d'inflorescence et de fructification propre à certains palmiers et aux bananiers : c'est un assemblage de fleurs ou de fruits, formant une grappe énorme à l'extrémité des rameaux. On le nomme aussi spadice.
RÉGIMENT (du b.-lat. regimentum, de regimen, administration), corps de troupes commandé par un colonel. — Dans l'Armée française, le régiment est l'unité d'instruction et forme en quelque sorte la famille militaire du soldat; il est aussi l'unité mihtaire administrative. Il y a des régiments d'infanterie, de cavalerie, d'artillerie et du génie. Le régiment d'infanterie comprend en temps de guerre 5 bataillons ; en temps de paix il possède les cadres d'un 4° bataillon plus une compagnie de dépôt; chaque bataillon compte 4 compagnies, son effectif de guerre est d'ennron 1 OOO hommes. — Le régiment de cavalerie possède 5 escadrons en temps de paix, 4 en temps de guerre, l'effectif de chacun d'eux est de 150 sabres. — Le régiment d'artillerie est à 15 batteries, celui du génie à 4 ou 5 bataillons de 4 compagnies chacun.
Chaque régiment a son état-major et son conseil d'administration (l'oy. ces mots). lia un drapeau, emblème autour duquel se rallient les hommes et qui porte inscription du nom des batailles où le régiment a figuré avec honneur. — Les régiments d'infanterie et du génie possèdent une musique, ceux de cavalerie une fanfare. — Les régiments sont groupes par deux en brigades.
Le nom de régiment parait avoir été employé d'abord par les Espagnols; il fut introduit en Allemagne par Charles-Quint; Maximilien I'^ l'appliqua à un corps de troupes formé de plusieurs compagnies de lansquenets. En France, les prenaiers régiments furent constitués par Henri II en 1558.
RÉGINA, 285" petite planète, trouvée le 5 août 1889 par Charlois, à Nice. Voy. planètes.
RÉGIONALES (écoles), écoles d'Agriculture établies dans dilférentes parties de la France jxjur enseigner et pratiquer les procèdes de la culture perfectionnée. Les principales sont celles de Rennes (llle-et-Vilaine), Grignon (Seine-et- Oisel. Montpellier (Hérault).
RÉGISSEUR. Voy. régie.
REGISTRE. Outre son acception ordinaire, par laquelle ce mol [dérivé du lat. regesta, choses rapportées, cnregis-