‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 140 sur 1729 · AZOTE · texte numérisé non relu

AZOTE

AYAPANA, Eupatoriiim ayapana, plante du genre Eu-

raloire, originaire <lii Brésil, d'où elle a élé transportée à île (le France : c'est un arbuste dont les feuilles, étroites et lancéolées, ont une odeur aromaliciui' et une saveur faiblement amère. On lui attribuait jadis la vertu de puérir la morsure des serpents. Elle n'est plus puère cultivée que pour la beauté de ses fleurs, d'un pourpre très vif.

AYE-AYE. niiunmifère. l'oy. ciikiromïs.

AYLANTE. arbre. Voy. au.a.nte.

AYUNTAMIENTO (de l'espagnol aymilar, réunir). C'est, en Kspagne, le corps des conseillers municipaux d'une comnuuie, d'une cité. Il est présidé par l'alcade, et annuellement élu par le peuple. Cette institution remonte à une liante antiquité.

AZALÉE (du gr. àÇaXÉoç, sec), Azalea, genre de la famille des Ericacées, tribu des Rbododendrées, remarquable par la beauté et nuelquefois par la bonne odeur de ses fleurs en corymbe, de couleur très variable, depuis le blanc le plus piir Jusqu'au rouge écarlate. La culture a multiplié à l'inlini les variétés de cette plante gracieuse, (|ui au |)rintemps fournit à nos jardins d'élégants buissons. On reciierebe les A.poiUica, visco8a,nudiflora, speciosa, sinensis. etc.

AZÉOARACH (mot arabe), Melia, genre type de la famille des Méliacées, ne renferme que deux espèces : i" VA. bipinnc, joli arbre, originaire de l'Inde et de la Perse, où il atteint 10 ou 12 mètres, et qui vient bien en Italie et même dans le midi de la France, mais n'y atteint guère que 3 mètres. Ses fleurs, placées au bout des rameaux, sont d'un blanc mêlé de bleu et de violet, et répandent une odeur très suave, surtout pendant la nuit. Elles font place a des fruits semblables à des cerises, d'une saveur amère, dont les propriétés vénéneuses ont été exagérées; ils fournissent une assez bonne buile. La racine est employée comme vermifuge. On le nomme aussi Faux Sycomore, Lilas de la Chine, Margousier, Arbre à chapelet, Arbre saint : on fait en Italie de ses noyaux cannelés des chapelets ; 2" 1'^. ailé, de l'Inde, plus haut que le précédent, à fleurs plus petites, de couleur jaune. Ses fruits donnent aussi de l'buile.

AZEROLIER, Crat^gus azaroliis, vulg. Epine d'Espagne, genre de la famille des Rosacées, tribu des l'omacées : c'est un arbre assez semblable à l'alisier et à l'aubépine ; il en diffère cependant par son fruit, qui est plus gros, par ses feuilles plus grandes, sa tige plus haute et sans épines. Ses fleurs sont en grapj)es ; le fruit, nommé azerole, est rouge, acide, sucré et rafraîchissant; il sert à faire des confitures très agréables. Cet arbre est surtout cultivé en Provence, en Italie et en Espagne : on le greffe sur l'aubépine.

AZIMUT (de ï arabe al-seml, le droit chemin), se dit, en Astronomie, de l'angle qu'un plan vertical fait avec le plan méridien. Il est mesuré par l'angle de la trace horizontale de ce plan avec la méridienne. L'azimut se compte, à partir du point sud. positivement vers l'ouest. On le détermine à l'aide du théodolite. Voy. ce mot.

AZO..., préfixe servant à désigner les composés azoïques. Voy. les mots azoïques ou diazoïques.

AZOCH ou AZOTii, terme d'Alchimie, désignait le mercure, considéré comme la matière première de tous les métaux, ainsi que certaines combinaisons dont il formait la base. L'azolh de Paracelse et celui d'IIelsmgius, ou or horizontal, étaient renommés.

azoïques (composés). On appelle composés azoïques des corps provenant de l'oxydation des aminés aromatiques et renfermant 2 atomes d'azote liés entre eux. Si les 2 atomes d'azote sont liés à 2 groupes aromatiques, on a les composcs azoïques proprement dits; s'il n'y a qu'un groujie aromatique, on a les composés diazoïques. — Les composés azoïques, qui sont obtenus par l'oxydation des aminés, sont des corps stables, cristallises, solubles dans la benzine, et donnent des matières colorantes rouges ou jaunes, qu'on appelle tropéolines. — Les corps diazoïques s'obtiennent par l'action de l'acide azoteux sur un sel d'une aminé rromatique. Ils sont très instables et se transforment en composés azoïques.

AZOLLE, Azolla, genre de plantes Cryptogames vasculaires llvdroptéridées, famille des Salviniàcées. Les espèces principales sont 1'^. microphylle ou à petites feuilles, du Brésil, et VA. filiculoïde, de l'Australie. Elles sont très petites et flottent à la surface des eaux stagnantes. Cette dernière espèce envahit en ce moment les eaux stagnantes du sud-ouest.

AZOTATES ou nitrates, sels formés par l'acide azotique ou nitrique. Tous les azotates sont soliibles dans l'eau, ils se décomposent par la chaleur, en donnant comme résidu l'oxyde métallique et en laissant dégager l'azote à l'état d'une combinaison volatile qui est le plus souvent le peroxyde d'azote AzO*. Les azotates alcalins, plus difficilement décomjwsables par la chaleur, donnent inlermcdiairement un azotite. Quand on les projette sur un charlwn incandescent, ils fusent, c.-à-d. produisent une vive déflagration. — Quelques azotates se trouvent ou se forment dans la nature; tels sont l'azotate de potassium (nitre ou salpêtre, Voy. ce mot) ; Vazotate de sodium {Voy. sodium). — Les autres azotates se préparent {lar l'action de l'acide azotique sur le métal [azotate d'argent), sur l'oxyde ou sur le carbonate [azotate de baryum). — L'hydrogène de l'acide azotique AzO'II peut aussi être remplacé par un : radical hydrocarbure ; on a ainsi des éthers azotiques : l'étber AzO'. C*IP est l'éther azotique proprement dit ou azotate d'éthyle.

AZOTE (du gr. à priv. et Çiofi, vie), dit aussi Nitrogène, ancien Air phlogis tiqué de la théorie de Stahl, gaz incolore, inodore et insipide, formant environ les 79/100 de l'air atmosphérique, et plus léçer que l'air (sa densité est 0,972) ; il est irrespirable et éteint les corps en combustion. Très difficilement liquéfiable, il ne peut être obtenu liquide que si on abaisse sa température au-dessous de 146". Très différent de l'oxygène, qui se combine facilement avec la plupart des autres corps simples, l'azote ne se combine par voie directe que difficilement, et au rouge avec un petit nombre de corps [Voy. azotures). Il forme un des éléments de l'ammoniaque, de l'acide nitrique ou azotique, du salpêtre, et d'un grand nombre de composés organiques, tels que la fibrine, l'albumine, la gélatine, les alcalis végétaux, etc. — On le sépare de l'oxygène en faisant passer l'air sur un métal tel que le cuivre qui, légèrement chauffé, fixe l'oxygène à l'état d'oxyde. — L'azole n'est connu que depuis 1772; la découverte en est duc à Rutberford et à Scheele. En 1775, Priestlev et Lavoisier iiarvinrenf , à peu près en même temps, à le retirer de l air.

AZOTE (oxydes d'), combinaisous de l'azote avec l'oxygène. On distingue des corps neutres, des anhydrides et des acides : protoxyde d'azote, bioxyde d'azote , peroxyde d'azote, anhydride et acide azoteux, anhydride et acide azotique, acide perazotique.

Le jwotoxyde d'azote, dit aussi oxyde azoteux [Az*0], est un gaz incolore et inodore, d'une densité de 1,52. Il se liquéfie et se solidifie même par l'action d'un grand froid et d'une forte pression. Il se décompose aisément par l'action de la chaleur : quand on y plonge une allumette présentant encore quelques points d'ignition, il la rallume entièrement, comme le ferait le gaz oxygène pur ; c'est que le mélange d'azote et d'oxygène, qui resuite de la décomposition du protoxyde d'azote, renferme, sous le même volume, plus d'oxygène que l'air atmosphérique (53,55 p. 100 au lieu de 21). Le protoxyde d'azote ne peut être respiré impunément que pendant quelque temps : il finirait, en effet, par asphyxier comme l'hydrogène et lazote, par privation d'oxygène. Suivant quelques-uns, le protoxyde d'azote produirait, quand on le respire, une sensation délicieuse, accompagnée d'un rire insolite : ce qui l'a fait nommer gaz hilarant. On l'emploie quelquefois comme anesthésique [Voy. ce mot). On l'obtient en soumettant à l'action de la chaleur l'azotate d'ammoniaque. Ce sel renferme de l'azote, de l'hydrogène et de l'oxvgène [AzO^AzH*! dans des proportions telles, que, par l'effet d'une simple transposition moléculaire, il peut en résulter de l'azote et de l'eau [Az^O-}- 211*0].

Le bioxyde d'azote, dit aussi oxyde azotique (Az*0*), est un gaz incolore comme le protoxyde. Il est impossible d'en apprécier l'odeur, car il se convertit immédiatement, au contact de l'air, en vapeurs rutilantes, très eorrosives. connues sous le nom de peroxyde d'azote. Il se produit le plus souvent dans l'action de l'acide nitrique sur les métaux : on l'obtient, entre autres, en versant de l'acide azotique atfaibli sur de la tournure de cuivre.

Le peroxyde d'azote, improprement appelé acide hypoazotique [AzO*], résulte de la combinaison directe de 1 oxygène avec le bioxyde d'azote ou de la décomposition par la chaleur des azotates métalliques tels que les azotates do plomb et de baryum. Gaz rouge, condensable en un liquide rouge bouillant à 22". L'eau le décompose en bioxyd;^ d'azote et acide azotique ou, si l'eau est froide, en acide azoteux et bioxyde d'azote. Au contact des alcalis dissous.

AZOTEUX

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