‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1404 sur 1729 · ROB · texte numérisé non relu

ROB

— liio

nocïiE

En Asie, le riz tient lien de blé et de Ions les autres grains propres aux climats tempérés. La culture de cette plante est très productive : dans l'ilindoustan, une rizière donne trois ou même quatre récoltes par année : mais cette culture a ses inconvénients : en Piémont et en Lomliardie, où elle est 1res développée, les fièvres intermittentes et malignes sont presque endémiques. On a essayé plusieurs iois d'introduire la culture du riz dans le midi de la France, mais on a dû y renoncer, à cau»c des exhalaisons malfaisantes qui s'élevaient des rizières. En Chine, les rizières sont (les espèces d'îles flottantes formées avec des nattes de bamlwus et chargées de terre, dans lestjuellcs les racines sont eu contact avec l'ei.u courante.

Le riz est un aliment de facile digestion. Réduit en farine {crbtnc de riz), le riz cuit plus proniptement que lorsqu'il est en grain. En Chine, on fait fermenter le riz eu le mettant dans l'eau avec quelque substance sucrée; on en lire par la distillation une liqueur alco<}lique, Varack, «ui enivre proniptement. Un emploie dans ce pays la farine ^le riz en gui<c d'amidon, et même on en conifiose du papier, du carton, des ouvrages de sculpture d'une grande <lureté et dune grande blancheur. Les Turcs préparent •avec le riz un mets dont ils font continuellement usage : l'est la pilait [Voij. ce mot). En Europe, on consonmie le riz en [wtage, en gâteau, ou avec des viandes et des graisses qui lui servent de condiment. Les balles de riz se <lonnent aux chevaux, et les grains de déchet à la volaille. Avec la paille on fait des chapeaux. La médecine prescrit l'usage de l'eatt de riz comme adoucissant. Avec la farine <le riz on fait des cataplasmes éniollicnts.

Riz du Canada ou lîiz- sauvage. Voy. zizanie.

ROB (de l'arabe robb, suc de fruits), nom donné, en l'harmacie, à l'extrait concentré d'un suc eu de toute ,nutre substance sucrée et succulente. On lire des robs <li's baies de nerprun, de berbéris, de sureau, de groseille, (le raisin, etc. Ces médicaments sont auj. complè- Icment inusités.

ROBE (ilu b.-lat. raitba, dépouille, puis vêlement). Outre le vêtement ordinaire des femmes, ce mol désigne i le vêtement plus ou moins semblable que iwrtent les magislrals, les avocats, les professcui-s, etc., ilans l'exercice de leurs fonctions. Par extension, il désigne aussi la profession de la judicature; c'est en ce sens qu'on disait : les (jeiis de robe, la noblesse de robe. Autrefois on appelait (jcns de robe longue les magistrats et le clergé, par opposition aux gens de robe courte, qui exerçaient la jnofession militaire; on donnait le nom ac juges de robe courte aux prévois, maréchaux, lieutenants et autres ofiicici-s non gradués, qui siégeaient l'épée au coté.

Chez les anciens, en Orient, en Grèce et à Rome, la robe était le vêlement ordinaire des hommes aussi bien que des femmes. A Rome, les ciloyens portaient une espèce de gi-andc robe appelée toge [toga]. Les candidats revêtaient une robe blanche [candida) ; les triomphateurs |K)rlaient. ainsi nue les augures et les rois, une robe de cérémonie appelée trabée; les jeunes gens de (|ualité portaient de 15 à 17 ans la robe prétexte, robe longue et blanche, ainsi appelée parce que les bords en étaient tissus (texli) de pourpre : ils la quittaient |)our prendre la robe virile [pura ou libéra). Voy. toge et trabke.

l'tobe se dit, en Histoire naturelle, du pelage d'un animal, en parlant de sa couleur : c'est en ce sens qu'on dit : la panthère, le serval ont une robe mouchetée. — Il se dit aussi de l'enveloppe de certains fruits, de certains légumes : on appelle liobe de sergent une variété de Prune cultivée dans les environs d'Agen, et dont on fait des pruneaux.

ROBINET (de Robin [moulon]; parce qu'on donnait Autrefois aux robinets des fontaines publiques la forme <l"nne lêle de mouton), pièce d'un tuyau de fontaine qui >erl à retenir l'eau ou à la faire couler. On distingue : le /î. à boisseau, dont la clef, de forme coni(|ue, s'engage <lans un boisseau creux qui a la même forme; le R. à tète, dont la clef est surmontée d'une poignée en forme de béquille; le R. à deux ou trois eaux, dont la clef est percée de manière à correspondre à volonté à 2 ou 5 tuyaux diirérenls; le /{. de jauge, à 2 ou 3 clefs, dont une, celle <lu milieu quand il y en a 3, porte dans l'œil un diaphragme (>ercé d'un trou jaugé pour fournir un volume il'eau déterminé : le R. /lotlcur, dont la clef est horizontale et se manœuvre au moyen d'un levier, à l'extrémité tluquel est fixé un cylindre creux, en mêlai, flottant à la

j surface tlu réservoir que le robinet est destiné à entretenir

! plein : le 7/. en cul-de-lavipc, qui verse l'eau par un

j orifice ouvert à son extrémité inférieure; le /{. à col de

! cygne, dont la clef, disposée en col de cygne, renferme

elle-même l'orifice; le R. à valve, dont" la valve peut

monter et descendre à volonté ; le /{. papillon, qui con-

! sisto en une boite de tonte séparée en deux capacités par

I un diaphragme, alin de défendre ou de permettre à l'eau

'de passer de la case supérieure à la case inférieure: le

' R. à siphon, qui puise à la surface d'un liquide qui

dépose, de manière à n'en prendre que la partie clarifiée.

On appelle : robinet de deux, de trois pouces, un robinet

|)ar où (Kisscnt deux ou trois pouces d eau (0 m. 05 ou

0 m. 08] ; robinet de demi-pied, un robinet par où passe

un dcmi-pied (0 m. 16 d'eau).

Robinet, nom vulgaire de la Lychnidc dioïque. ROBINIER ou FAUX acacia, Robinia pseudo-acacia (de J. Robin, médecin et naturaliste), genre de la famille des Papilionacées, se compose d'arbres exotiques, mais depuis longtemps acclimatés en Europe, et connus sous le nom A' Acacias. Voy. ce mot.

On rap|x»rte aussi au Robinier le Caragan [Robinia caragana], arbrisseau d'agrément, qui dilfère fort peu du Robinier propr. dit.

ROBINSON CRUSOÉ (vie et surprenantes aventures de), Life and surprising adventures of Robinson Crusoe, célèbre roman anglais de Daniel Defoe (et non De F^oe). La première partie fut publiée en 1719; on sait qu'elle nous raconte les efforts persévérants cl ingénieux du héros pour s'assurer l'existence et la sécurité dans lile déserte où l'a jeté un naufi-age. Le fond de l'hisloiie est vrai. C'est celle d'yn matelot écossais abandonné de 1704 à 1709 dans l'île Juan Fernandès. Passionnément aimé |iar le public anglais qui retrouve en Robinson Crusoe la personnification de son génie colonisateur et maritime, le roman a été popularisé dans le monde entier par une foule de traductions, et a inspiré de nombreuses imitations, entre autres le Robinson Suisse de J.-R. AViss. en Allemagne, et chez nous Seul! de Saintine. — Consulter : Taine, Histoire de la Littérature anglaise (Paris) ; A. Filon, id. (Paris, 1891).

ROBLOT, nom vulgaire d'un Maquereau. ROBRE de l'anglais rubber), se dit, au jeu de ^Vhist, d'une certaine manière de lier les parties. On a fait un robre lorsqu'on a gagné deux parties de suite, ou lorsque, après avoir réussi dans une des deux premières parties et perdu l'autre, on gagne la troisième.

ROC, ROCHE, ROCHER (du lat. rttpicus, de ittpes, roche). Ces trois mois, presque synonymes, ne se distmguent que par de faibles nuances : selon l'Académie, le mr est une masse de pierre très dure, qui tient à la terre: la }-vclte est aussi une masse de pierre dure, mais qui entre moins dans la terre et peut être isolée; le rocher est ordinairement élevé, escarpé. En outre, roche a un sens spécial en Géologie. Voy. i;oche et rocher.

ROCAILLE (de roc), nom donné, dans r.\rcbilecture rustii|ue, à certaines comiKJsitions, telles que voûtes, grolles. salles, etc., faites en coquillages, en pierres irrégulières et brutes, où l'on fait entrer des matières stùt naturelles, soit aitificielles, mais qui semblent être un protluit de la nature. lx)s rocailles sont en usage depuis le xv siècle.

On a donné aussi ce nom au style des boiseries, meubles, objets d'arl, etc., à la mode sous Louis XV, dont l'ornemenlation s'inspire souvent des formes stylisées des coquillages, des rochers, des cascades, des plantes aquatiques, etc. ROCAMBOLE, dite aussi Ail d'Espagne qXAH rouge, en lat. Alliian scorodoprasum, espèce du genre Ail, d'une saveur assez douce. On mange les petits bulbes purpurins et blanchâtres qui couronnent la lige et qui se voient entremêlés aux fleurs.

ROCCELLE, Roccella, genre de Lichen ainsi appelé parce qu'il s'attache aux rochers. Voy. orseiile.

ROCHE (du lat. rupea, de rupe.^). En Géologie, on appelle roches les masses minérales coiislitnanl l'écorce solide du globe. Les roches sont : simples, quand elles sont formées d'une seule espèce minérale; comjwsécs. quand plusieurs espèces de minéraux concourent à leur formation. En se basant sur leur mode de formation, on peut diviser les roches en roches d'origine interne ou cndogcni-s et en roches d'origine externe ou exogènes. Les roches endogènes sont les roches érupttves, les roches exogènes sont les

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