TYRANNEAU
ROLAND, personnage légendaire des chansons de geste et plus tard des romans de chevalerie. Dans toutes ces compositions, Roland est le neveu de Charlemagne et la personnification du courage, de la loyauté et de la force chevaleresques. On trouve Roland dans une foule de poèmes du moyen âge et des temps modernes, surtout dans la (Chanson de Roland, la geste de Girard de Viane, le Roland furieu.r de l'Arioste, le Roland amoureux de Boyardo, plusieurs poèmes de la Légende des Siècles de V. Hugo.
RÔLE (du lat. rottdus, rouleau). Dans son acception primitive, ce mot désigne une feuille de papier ou de parchemin, roulée ou non, sur laquelle sont écrits des listes de noms, des états, des expéditions. C'est en ce sens qu'on (lit : en termes de Marine, le rôle d'un équipage; dans l'Administration des Finances, le rôle des contributions; an Palais, telle alTaire est ytiise au rôle ou sera plaidée à tour de n.le. — En termes de Pratique, un rôle est un feuillet écrit, comprenant la page et le verso. Les expéditions des actes chez les notaires et les avoués se pavent à tant le rôle : le nMe a un nombre de lignes déterminé.
En Angleterre on appelle rôles [rolls] les anciens actes du parlement, les lettres royales, les titres ou chartes, etc. — Le maitrc des rôles est un magistrat de la cour de la chancellerie qui supplée le chancelier dans ses fonctions •udiciaires.
Rôles d'Oleron, recueil de coutumes et usages marilimes, rédigé à Oleron par ordre d'Eléonore de Guyenne, femme du roi de France Louis VII.
Au Théiïtre, on appelle rôle la partie d'une pièce que chaque acieur doit jouer. On distingue ordinairement : pour les hommes, les p?vmie}-s rôles tragiques et comiques, les jeunes premiers ou amoureux, les seconds amoureux, les troisièmes rôles ou raisonneurs, les pèi'es nobles, les rôles à nianteaux ou de financiers, les premiers et seconds comiques et les utilités; pour les femmes : dans la tragédie, les reines ou grands rôles tragiques, les jeunes princesses ou amoureuses et les confidentes; dans la comédie, les roquettes, les amoureuses, les soubrettes, les mères nobles, les duègnes, les agnès, etc.
ROLLE, Eurystomus, Colaris, subdivision du genre Rùllier, renferme des oiseaux particuliers aux îles de la mer des Indes : bec plus court que celui des RoUiers, très déprimé à la base et plus large que haut; tarses courts, robustes, annelés; ailes pointaies, assez longues; queue presque égale. Les Rolles sont remai-quables par la fraî-
cheur et l'élégance de leurs couleurs. Le R. de Madagascar ou Grand R. violet {E. violaceus) est d'un violet pourpré avec le ventre bleu clair; le R. n gorge bleue {E. cyanicollis], des Grandes-Indes, a la gorge et le devant du cou bleus, les ailes vertes, et le reste du corps brunâtre : le Petit R. violet [E. purpuraceus) est d'un brun pourpré, avec la gorge bleue, etc.
ROLLIER, Coracias, genre d'Oiseaux, de l'ordre de:; Passereaux conirostres, famille des Corvidés : bec fort, comprimé, crochu au bout, élargi à la base; tarses courts : plumage rude et peint de couleurs vives et métalliques. Les Rolliers sont des oiseaux insectivores, voisins des Pies et des Martins-pêcheurs. Ils sont farouches et ne s'écartent des bois qu'ils habitent que pour manger. Ils nichent sur les arbres. — Le génie Roliier forme trois subdivisions : les Rolliers proprement dits, les Rolles et les Pirolles.
Le Roliier commun (C. garrula) a le dessus de la tête et le haut du cou d'un bleu clair, à reflets verts, le dos fauve, les ailes d'un bleu violet éclatant, avec les parties inférieures d'un bleu d'aigue-marine plus ou moins foncé. Il est assez commun en Allemagne et en Suède : on lui donne les noms vulgaires de Perroquet d'Allemagne, Geai de Strasbowg, Pie des boideaux. Parmi les espèces exotiques, on remarque : le R. à longs brins, d'Afrique ; le /{. vert, le R. de Temminck et le R. du Bengale, tous deux des Grandes-Indes; le /{. à ventre bleu, de Java, etc.
ROMAIN (du lat. romanus), nom donné au type des caractères d'imprimerie créés vers 1465 après les types gothiques et qui est devenu en France le caractère usuel (Voy. CARACTÈnEs). Le romain désigne le caractère courant tout aussi bien pour le livre que pour le journal. — En outre, dans chaque (!orps de caractère, on distingue le romain et Yitaluiue. Les traits du romain sont perpendiculaires, et ceux de l'italique inclinés et imitant l'écriture.
ROMAIN (artI. Les Romains empruntèrent les premiers rudiments de leurs arts et de leur industrie aux Etrusques déjà célèbres pour le travail des métaux (bijoux d'or et d'argent, statues de bronze, armures, etc.) et pour la céramique (vases et statues). Ils se perfectionnèrent ensuite au contact de la civilisation grecque. — En Architecture, ils adoptèrent les ordres grecs pour la structure de leurs temples [T. de Vesta, de la Fortune virile, de Jupiter tonnant. Panthéon d'Agrippa, basilique de Constantin, dite T. de la Paix, etc.) et pour la parure de leurs autres édifices [Aî'cs triomphaux de Titus, de Septime Sévère, de Constantin : colonne Trajane ; Théâtre de Marcellus, Cotisée; thermes; tombeaux, con)mc la Tour de Cécilia Métella, le Môle d'Hadrien), mais en les altérant, surtout l'ordre dorique, qu'ils rapprochèrent de leur ordre toscan, emprunté à la décoration étrusque. Dans l'ossature de leurs monuments, les temples ordinaires exceptés, les Romains employèrent l'arc et la voûte, et furent les premiers qui firent de ces éléments la base d'un système de construction (voûte en berceau, Aoùte d'arête ou voûte hémisphérique), ce qui les obligea à renforcer les murs et les piliers (murs de 5 mètres d'épaisseur au Panthéon), superposèrent en étages les ordres, employèrent souvent de petits matériaux en les liant par un excellent mortier et augmentèrent l'intervalle des points d'appui. Ils bâtirent aussi de nombreux monuments du même style dans les diverses provinces de leur empire : p. ex. en Gaule, la Maison carrée de Nîmes, le Théâtre d'Orange, les Arènes de Nîmes et d'Arles, les Thermes de Paris, les .Arcs d'Orange et de Saintes, les Portes d'Autun et de Reims, l'aqueduc appelé Pont du Gard, etc. — La sculpture n'apparaît réellement à Rome qu'avec les Tarqiiiiis, se développe au v" siècle, sous l'influence de modèles grecs (statues honorifiques, de magistrats, des fondateurs de la cité, etc.) et surtout après la guerre d'Orient et le riche butin rapporté de Syracuse, de Macé<loine, de Corinthe. Du i""^ siècle av. J.-C. date l'école de sculpture hellénique implantée en Grèce [Gladiateur par Agasias d'Ephèse, torse du Belvédère par Apollonios, Hercule Farnèse de Glycon. Vénus de Médicis de Cléoménèsl, à côté de laquelle se développe une sculpture romaine, plus originale. L'art du bronze ainsi que le travail des métaux précieux fut très habilement pratiqué par les Romains, qui nous ont laissé une foule de statuettes et d'ustensiles: les statues des empereurs, de leurs épouses ou de grands personnages que l'on conserve dans les musées, sont souvent des ))ortraits où la nature est reproduite avec une vérité frappante (statues à' Auguste, d'Agrippine, biisici
ROMALNE
de Lncius Verus, «lo Marcellus, etc.; lias-rclicfs de la colonne Trajane, de l'arc de Marc-Aiircle. de la colonne Anlonine, etc., sarcophages). — T-a Peinture ne l'ut d'alH)rd cultivée à Rome que par des Grecs, puis, sous l'empire, s'attacha surloiit à décorer l'intérieur des maisons [Vofi. PEiNTuiiEJ. Yov. Mardia, Archéologie étrusque et romaine; Choisy, l'Art de bâtir chez les liomains (1875); Deticfsen, De arte liomanoruni antiquissima (Glikkstad. 1861); Urliclis, die Malerei in Rom (Wurzhourja^, 1876) ; Mau, Geschichte der decorativen Wandnialrrei in Potnpei (Berlin, 1882); MuUer-VVieseler, Denkmaeler der allen Kunst (1854); Hobiou et Lcnorinant. Chefs-d'œuvre de l'art antique (1867).
Chijfres romains, clùlFres composés de lettres numérales, comme (i, U, 1, L. M, V, X. Voy. chiffre.
Droit romaiti. Voy. droit.
lUt romain. Voy. rit et liturgie.
ROMAIN, nom d'un des meilleurs cépages de l'Yonne; il est vigoureux et donne un raisin de maturité liàlive, dont le vin est de bonne qualité et prend du corps et de la finesse en vieillissant.
ROMAINE, sorte de balance employée pour peser avec un seul poids. Elle est composée d'un fléau inflexible, divisé en deux bras inégaux. Au bras le plus court est un crochet auquel on attache le corps qu'on veut peser. Un curseur, ou anneau mobile, qu'on fait glisser le long de l'autre bras, porte un poids invariable. On amène cet anneau sur le point où l'équilibre a lieu entre les deux poids, ainsi suspendus à des bras de levier inégaux. Des chitrres gravés près des traits de oîivision du long bras indiquent les poids correspondants à chaque trait, quand le curseur du poids équilibrant y doit être amené. — Cet instrument était employé par les Romains : d'où son nom.
Voy. DAI.ANCE et PESON.
ROMAINE, variété de Laitue cultivée. Voy. laitue.
ROMAN (jadis romant, cas régime de romance]. 1" Dans l'origine, ce mot ne désignait point un genre distinct de littérature, mais toute com[)osition écrite en langue vulgaire par opposition à celles qui étaient écrites en latin. Aussi sapplique-t-il, dans le moyen âge, à des compositions de nature très diverse, qu'on peut ranger en trois classes : Homans de chevalerie, Romans d'amour et Romans satiriques.
Les Romans de chevalerie forment trois cycles : ceux du cycle de Charlemaqne, belliqueux, sans mélange de galanterie (la Chanson àe Roland, les Quatre Fils Aymon de lluon de Villeneuve) ; ceux du cycle de la Table ronde, qui roulent sur les exploits guerriers ou galants des chevaliers de la cour du roi Artus (le Lancelol du lac de Chrestien de Troyes) ; ceux du cycle d'Alexandre, qui olFrent un mélange bizarre de traditions de l'antiquité et de coutumes féodales, et dont le héros est le plus souvent Alexandre et quelquefois Hector, César, etc. Lambert le Court et Alexandre de Bernay sont les principaux écrivains de ce cycle. — Voy. Essai de classification méthodique et synoptique des romans de chevalerie inédits et publiés (Paris, Didot, 1870).
Parmi les Romans d'amour, on cite surtout : Aucassin et Nirolette, poème demi-sentimental et demi-burlesque; Narcissus; Pyramus et Thysbé, imités d'Ovide; le Châtelain de Coucy et la dame du Fayel, récit touchant, dont le fond est historique.
Les Romans satiriques ou allégoriques, postérieurs aux précédents, offrent deux compositions remarquables : le Roman de la Hose, de Guillaume de I^orris et de .lehan de Meung, et le Roman de Henart, de Pierre de St-Cloud [Voy. ces mots). — Consulter : Lenient, la Satire au moyen âge.
2° Aujourd'hui on entend par roman toute histoire feinte, écrite en prose, où l'auteur cherche à exciter l'inlérèl, soit par le développement des passions, soit par la peinture des mœurs, soit par la singularité d'aventures purement imaginaires. On distingue le Roman de mœurs, le R. pastoral, le R. historique, le R. philosophique, le R. cotnique, le ft. satirique, le R. humoristique, qui B est qu'une variété du roman satirique, etc. ( Voy. aussi CONTE, NOUVELLE, etc.). — Sous le rapport de la forme, on dis|ingue le roman dont la narration est suivie, et le /{. éjnstolaire ou par lettres, comme Clarisse, la Nouvelle Héloïse, etc.
Historique. L'existence du roman est fort ancienne. Les Orientaux ont cultivé de tout temps ce genre de com-
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position. Les Alexandrins le leur empruntèrent : les Histoires éthiopiqucs d'iléliodore, \ci Amours de Daphnis et Chloé de Longus, sont encore lus. Au moyen âge dominèrent les romans chevaleresques. Au xvii° siècle, l'auteur de Don Quichotte couvrit de ridicule ces récits fabuleux et surannés; mais à la même époque naissait le roman pastoral : VAstrée de D'Urfé, le Cyrus et la Clélie de .Mlle de Scudéry, la Cassandrc et la Cléopâtre de La Calprenùde ne prêtaient pas moins au ridicule i)ar leur style précieux, par l'alféterie des sentiments et une fade galanterie. Lesage mit en honneur le roman de mœurs, dans lequel brillèrent au xviii" siècle Richardson, Marmonlel et .Marivaux. Voltaire excella à la même époque dans le ro.iuiu philosophique et satirique. A la lin du xviu* siècle, Pigaiill- Lcbrun donna des romans comiques, qui jouirent d'une grande iwpularité. Le rmnan historique, en vogue surtout depuis le commencement de ce siècle, a été [orlé à un haut degré de perfection par Walter Scott. De nos jours, tous les genres ont été confondus; la production des romans, favorisée par les revues et par la presse quotidienne [romans- feuilletons], est devenue prodigieuse. (Juelques romanciers conlein|)oraijis se sont fait un nom par leur verve et leur fécondité : tels sont V. Ducange, P. de Kock, Ralzac, Fr. Soulié, E. Sue, A. Ikimas, Mme G. Sand, .1. Sandeau, 0. Feuillet, Paul Féval, Ponson du Terrail, etc. A l'étranger, on cite, outre les auteurs déjà nommés, Aug. Lafontaine et Zschokke en Allemagne, Ch. Dickens, Tbackeray, Georges Eliot, Bulwer, Lytton en Angleterre, F. Cooper, Washington Irving aux Etals-Unis, Pouscbkinc, N. Gogol. Tolstoï en Russie, etc. — 11 a été publié à diverses époques de vastes collections de romans : telles sont la Ribliothèque universelle des romans (224 vol., Paris, 1775-89), la Nouvelle Ribliothèque des romans [112 vol., 1798), etc. — On doit : à Huet. un Traite de l'origine des l'omans (1770); à Dunlop, une Histoire de la fiction (1816): à V. Wollf, une Histoire générale du roman (1841, en allem.) ; à A. Chassang un savant mémoire sur les Narrations fabtdeuses dans Tanlir/uité (1860) , etc.
Lenglet-Dufresnoy a discuté les dangers que peut olfrir la lecture des romans dans les deux écrits suivants : De l'usage des romans [llôi] et l'Histoire justifiée contre les romans (1755).
Style roman. On nomme ainsi l'arcbiteclure romaine épurée et complétée suivant les besoins de la liturgie catholique et le génie particulier des |)Ouples qui l'ont mise en œuvre du ix° au xn° ou au xiii" siècle. Par épuration on entend ici la suppression des ordres grecs, qui, malgré leur beauté, étaient un élément hétérogène et de soi incompatible avec la voûte, dont l'architecture romane amena le tri(jmphe définitif. L'architecture romane finit d'alxwl là où naquit le style gothique, c.-à-d. dans l'Ile-de-France vers 1150; mais dans les autres pays la substitution définitive du gothique au roman ne se fit que cinquante, cent et même cent cinquante ans plus tard.
ROMANCE. On appelait ainsi au moyen âge certains poèmes populaires, écrits en langue romane, ayant généralement |)our objet quelque fait historique ou les louanges d'un héros, etc. : c'est surtout en Es|)agne, sous le nom de romrtHccro, que cette forme de poésie fut cultivée. Depuis, le mot de romance a été appliqué à foute chanson tendre ou plaintive, divisée en couplets avec refrain, et ayant pour sujet une histoire, un regret, une plainte. On cite au moyen âge les romances du châtelain de Coucy, d'Adam de la llalle, de Lescurel, etc. Aux xvi= et xvii" siècles, les plus célèbres compositeurs de l'époque créèrent un graml nombre d'airs de romances, qui devinrent bientôt populaires. Au xviii° siècle appartiennent une foule de romances encore bien connues aujourd'hui, telles que : Que ne suisje la fougère! de RilKuitté; U pleut, il pleut, bergère, de Fabre d'Eglantine (musique de Simon) ; Plaisir d'amour ne dure qu'un moment, de J.-P. Martini, etc. C'est surtout à |)arfir du Directoire et j>endant la première moitié du xix" siècle que la romance française prit une vogue extraordinaire ; rappelons seulement les noms de Garât, Boieldieu, Romagnesi, Monpou, Clapisson, etc.
Langue romance. Voy. romanes (langues).
ROMANCERO, c.-à-d. en espagnol recueil de romances. Les romanceros ne contiennent que des chants jwpulaires, souvent anonymes et célébrant quelque histoire héroïque ou louchante. Ce sont des espèces de chroniques, en strophes avec refrain, qui chantent les exploits de Bernard del Carpio, de Fcrnand Gonzales et surtout du Cid. 11 ne