RONDEAU
faut pas les confondre avec les cancioneros, qui renferment des coinposilions étudiées, île valeur inégale, mais toutes u'uvrt's de poètes plus ou moins connus [Voy. cancionero). 11 existe un grand nombre de romanceros. Le plus important est le Romancero gênerai de don Pedro de Flores, pulilié pour la première fois en 1604 et dont la meilleure édition est celle qu'a donnée M. Durand [Madrid, 1850). — On a imité, dans toutes les langues, les plus remarquables <les romanceros espagnols. M. Paulin Paris a publié, sous le litre de Romancero français, un recueil de chants tiamour et de guerre du xui'' siècle.
RO.VIANCHE (langue). Voy. romanes (langues).
ROMANES ou NÉOLATINES (langues). On appelle ainsi en général toutes les langues dérivées au moyeu âge du latin vulgaire, c.-à-d. le français, l'italien, Vespagnol, le porhifiais. le valaque ou roumain, le rhélien ou romanclie des Grisons, le ladinique des paysans de l'Ença- <iinc [Voy. langues). — Consulter : J. Planta, Histoire ties langues romanes (Coire, 1776); F. Diez, Grammaire tics langues romanes (trad. eu fr. par M. Gasion Paris, etc.) ; la Revue des langues romanes 1 1870 et suiv.), etc.
0 1 ai)|;ellc spécialement langue romane, ou romane, la langue vulgaire de la France du vn'= au xi° siècle. Elle se composait de plusieurs dialectes, dont les deux principaux étaient la langue d'oïl, qui se parlait au nord de la l.oire, et la langue d'oc, qui se parlait au sud de ce fleuve. — Voy. : Raynouard, Grammaire de la langue romane (1816), Lexique de la langue rustique romane (1835), et Roquefort, Glossaire de la langue romane (1808- 20).
ROMANTIQUE (littérature ou genre), genre de littérature cullivé par des écrivains qui aifectèrent de s'af- Irancliir des règles de composition et de style établies d'après les auteurs classiques de l'antiquité et du xvu" siècle, et qui puisèrent de préférence leurs modèles parmi les vieux auteurs de notre liltérature nationale, dans les romans des trouvères, dans les romances du moyeu âge (d'où le nom de romantiques], etc. — Déjà L. rieck en Allemagne avait mis en honneur ce genre de littérature, lorsque, au commencement du xix" siècle, M""' de Staël, dans sou livre De l'Allemagne, puis Chateaubriand, dans ses premiers ouvrages, et Lemercier, par son Théâtre et son Cours de littérature, commencèrent la réaction contre l'école classique. Lamartine la continua sous la Restauration ; Victor Hugo l'acheva, et fut longtemps considéré comme le chef de V école i'omantique, qui compta parmi ses adeptes : Théophile Gautier, Ste-Reuve, Alfred de Vigny, etc. Alexandre Dumas est un de ceux qui contribuèrent le plus à la populariser au théâtre. Pen- «lant quelques années la lutle fut vive entre les classiques et les romantiques. Le « mouvement romantique » a duré environ depuis 1810 jusqu'à 1850.
ROMARIN, Ros marinas, genre de la famille des Labiées, se compose il'arbustes très rameux, à feuilles linéaires et persistantes, luisantes en dessus et blanchâtres en dessous, et à fleurs d'un gris bleuâtre ou d'un bleu cendré, disposées en petites grappes terminales. Toutes les parties de la plante répandent une odeur aromatique. Le /}. commun [H. officinalis), vulg. Encensier, est un arbrisseau de 1 à 2 m., qui croît sur les lx)rds de la Méditerranée. Les anciens l'avaient surnommé Herbe aux couronnes, parce qu'on l'entrelaçait dans les couronnes avec le myrte et le laurier. Dans certains pays on en plaçait une branche dans la main des morts ou on le plantait sur les tombeaux. Dans le midi de la France on en fait des palissades. La bonté du miel de Narbonne et de Mahon est due au parfum des fleurs du romarin; les moutons le recherchent avidement. Le romarin s'emploie comme condiment et en médecine comme tonique et excitant; c'est un des principaux ingrédients de Veau de la reine de Hongrie. — Dans le Langage des fleui-s, le Romarin est le symlxjle de la franchise et de la bonne foi.
On appelle vulgairement : Romarin de Roliême, le Lédon des marais; R. du Xord, le Gale odorant; R. sauvage, le Rhododendron ferrugineux.
ROM El NE (dédiée à Rome de l'Isle), antimoniate de chaux [3Ca0.2Sb*0^j, se trouve en cristaux octaédriques dus à des groupements de rhomlwèdres, d'un jaune de miel ou rouge hyacinthe, dans le minerai de manganèse de St-Marcel (Piémont).
ROMESTECQ, jeu de cartes peu connu et fort compliqué, qui se joue à 2, 4 ou 6 persoimes, avec un jeu de piquet
auquel on a ajouté les six. Sou nom vient des «leux mots rome Qi slecq, employés dans ce jeu, le 1" pour exprimer une levée de 2 cartes inférieures semblables, h; 2" nomla dernière levée, qui vaut toujours un point à celui qui la fait.
RONCE (du lat. rumex, rumicis), Rubus, genre de la famille des Rosacées, tribu des Drvadécs, se compose de plantes frutescentes, quelquefois iierbacées, en général sarmenteuscs et armées d'aiguillons, s'cnracinant par la pointe de leur tige à l'automne ; à feuilles simples ou composées et pourvues de stipules ; à fleurs en grappes ou en Iwuquets ; chaque semence est enveloppée par une pulpe succulente d'oii résulte une baie composée. On distingue : la /{. des haies [R. fruticosus). vulg. Muron, Mûrier sauvage, M. de renard. Framboisier sauvage, qui croît dans les broussailles, les haies, etc. : tiges anguleuses, feuilles à 5 folioles, ovales-aiguës, vertes en dessus, cotonneuses ot blanchâtres en dessous; fleurs blanches; les fruits ont une saveur acidulé, assez agréable. Les tiges servent dans les campagnes à chaulfer le four; les feuilles sont employées contre les maux de gorge ; on fait avec les fruits un sirop et des confitures assez agréables : on les emploie aussi à colorer les vins blancs ; la /{. à fruits bleus [R. cœsius], également très comnmne, surtout dans les terres en jachère : tiges grêles ; baies couvertes d'une ix)ussière bleuâtre, et dont les grains se séparent à la maturité; la R. faux mûrier {R. chamsemorus], plante herbacée, à racines rampantes, qui croît dans les marais tourbeux de la Suède, du Danemark, etc. ; baies ovales d'un roux clair, d'une saveur aigrelette; en Suède, on en fait une espèce de limonade: la R. des rochers [R. saxalilis), à liges droites, à baies rougeàtres dune saveur aigrelette, se trouve sur les rochers des Alpes et dans les contrées du Nord.
Ronce du mont Ida [Rubus idseus). Voy. framboisier.
RONCINÉ (du lat. runcina, instrument à crochet), se dit, en Botanique, des feuilles découpées, divisées à droite et à gauche par des découpures latérales en lanières aiguës, inclinées, et dans lesquelles le sommet des incisions est recourbé vers le bas comme le fer d'une faucille (feuilles du Pissenlit).
ROND (du lat. rotundus). En Anatomie, on donne ce nom à plusieurs muscles à cause de leur forme. Tels sont, à la partie postérieure de l'épaule, le muscle grand-rond, qui porte le bras en arrière et en dedans, et le muscle petit-rond, qui abaisse le bras.
RONOACHE, grand bouclier de forme ronde, en usage dès le temps de Cliarlemagne. Il était également porté par la cavalerie et par l'infanterie. C'était l'arme défensive des chevaliers errants. Don Quichotte porte une rondache. 11 exista longtemps dans nos troupes un corps de rondachers.
RONDE. A l'Armée, on nomme ainsi : 1° la visite que fait un officier aux postes pour voir si les sentinelles sont éveillées, si tout est en bon ordre ; 2° la troupe même qui fait la ronde : la ronde major est celle que fait le major de la garnison ou tout autre officier supérieur. En temps de guerre, les rondes ne circulent que dans l'intérieur de la ligne occupée' par les sentinelles et sont uniquement •chargées de surveiller le service de celles-ci ; les patrouilles. au contraire, vont au dehors de la ligne pour reconnaître l'ennemi.
Ronde, air de danse populaire composé pour être chanté, et divisé en couplets avec un refrain que l'on ré])ète en chœur, et sur lequel les danseurs sautent en rond eu se tenant la main. 11 y a des rondes à la fin des revues, des vaudevilles, etc. : ce sont des couplets chantés successivement par chaque acteur avec un refrain que tous chantent en chœur.
RONDE. Dans la notation musicale, une ronde est ime note de musique de forme circulaire sans queue lO)^ Elle vaut 2 blanches, 4 noires, 8 croches, 16 doubles' croches, 52 triples croches, 04 quadruples croches. On l'appelait autrefois semi-brève. La ronde est la plus longue de toutes les notes, celle qui a le plus de valeur. Elle sert d'unité pour la mesure.
En Calligraphie, la ronde est une écriture arrondie dont les caractères ne sont pas inclinés.
RONDEAU, petit poème dont la forme a souvent varié. Le plus souvent il se compose de treize vers sur deux rimes, formant deux stances de cinq vers séparées par un tercet, et dans lesquels on répète, à la lin du tercet et de la