‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1413 sur 1729 · ROSIÈRE · texte numérisé non relu

ROSIÈRE

donax), dit aussi R. des jardins. Canne de Provence : lige élevée qui attoiiil (|Ui'li|uefois jusqu'à 5 m. ; léuille» larges, lancéolées; épillcls uiullillores et IVuil glabre ; celle espèce est cultivée dans le midi de la France; ses liges servent à faire des manches de quenouilles, des éclialas, des cannes, etc.; sa racine passe pour sudorilique; le li. à balais {A. phragmiles ou Pliragmiles communis], liaut de 1 à 2 m : feuilles assez gi'andes ; fleurs brunâtres, réunies au nombre de 3 à 5 dans chaque calice, entourées, après la floraison, de poils longs et soyeux, et formant une longue panicule plumeuse et touH'ue d un pourpre noirâtre; cette espèce croît sous tous les climats. Les bestiaux rccherclient ses feuilles au printemps : on peut l'aire un pain grossier avec les racines réduites en farine : ces racines sont employées en médecine comme celles du chiendent. En coupant la panicule avant l'épanouissement de SOS fleuri, on en fait de petits balais d'appartement. — C'est avec la lige creuse du roseau que l'on fabriqua les premiers instruments â vent : on s'en sert encore pour fabriquer des flûtes de Pan, des anches de hautbois et de basson.

Parmi les autres espèces, on comptait : le R. de l'Inde ou Bambou {A . bambos] ; le R. des sables, ou Calamagrostis ; le /{. j)anarhc ou Alpiste chiendent {Voy. chiendent); le R. épineux, ou Rotang; le /{. des étangs, le R. de la Passion, ou llassetle, vL\

ROSE-CROIX, secte d'Illuminés. Voij. le Dict. d'IIisl. cl de Géugr.

ROSÉE (de l'anc. verbe roser, du lat. rorare), nom doimé à ces gouttelettes d'eau que l'on trouve souvent le raatin sur la plupart des corps exposés à l'air libre. La rosée ne se dépose que pendant les nuits sereines et calmes ; cependant un vent léger et humide est favorable à sa production ; elle est d'autant plus alwndanle qu'il y a plus de dinérence entre la température de la nuit et celle du jour. Klle se produit surtout sur les corps éloignés de tout obstacle : sous les arbres et dans le voisinage des édilices il n'y a pas de rosée. Enfin elle ne se dépose pas indiiféremment sur tous les corps; les corps mauvais conducteurs sont ceux qui en reçoivent le plus. — C'est au !)'■ Wells qu'on doit la véritable théorie de la rosée (1810- 16). Avec lui, tout le monde admet aujourd'hui que les corps exposés à l'air libre font rayonner leur chaleur vers les espaces célestes, sans en rien recevoir en échange si le ciel est pur, en sorte que leur température s'abaisse rapidement. L'air qui les entoure se refroidit lui-même à leur contact, et la vaneur qu'il contient se dépose à la surface du sol en gouttelettes d'abord très ténues, mais qui grossissent peu à peu par de nouveaux dépôts de vapeur. On comprend d'après cela comment la présence des nuages on la proximité de certains objets est contraire à la production delà rosée en restituant aux corps la chaleur qu'ils perdent par rayonnement, et en empêchant par suite leur refroidissement. Les corps mauvais conducteurs se refroidissant par la surface arrivent plus vite à la température convenable; au contraire, les corps métalliques polis, qui possèdent un faible pouvoir émissit, se refroidissent peu et ne reçoivent pas de rosée. Le dépôt de la rosée a le grand avantage de modérer le refroidissement nocturne par suite du dégagement de chaleur latente qui se produit par la liquéfaction de la vapeur. Quand l'air est très sec (hautes montagnes, p. ex.), le refroidissement est très énergique. Le qivre ou gelée blanche n'est autre chose que de la rosée qui gèle en se déposant. — On appelle drosomctre (du gr. Spôsoç, rosée) tout instrument qui sert à mesurer la quantité de rosée qui se produit pendant la nuit.

uosÉES, tribu de la famille des Rosacées, qui a pour type le genre Rosier. Voij. ces deux mots. ROSE-GORGE, oiseau. Voy. guiraca.

ROSELET, synonyme d'Hermine. Voy. ce mot. ROSELITE, arséiiiate hydraté de cobalt et de calcium, eu petits cristaux à Schneebcrg (Saxe).

ROSEOLE, sorte d'éruption cutanée qui survient quelquefois dans le cours d'atfections internes plus ou moins gi-aves : elle consiste en petites taches roses diversement ligurecs, sans élevures ni papules. Les moules et certains médicaments peuvent la déterminer. Elle a quelquefois un caractère spécifique.

ROSETTE (dirain. de rose). Outre les nœuds de ruban en lormc de rose, on nomme spécialement ainsi l'insigne aue les o hne.s d" a Léj^ion d'honneur portent au-dessus de la croix ou a leur boutonnière. — Les Horlogers appellent

rosellc le petit cadran au centre duquel est l'aiguille qui sert à faire avancer ou retarder une montre. — F^es fabricants de peignes nomment ainsi un instrument d'acier en forme de cône tronqué, dont ils se servent pour faire les dents des peignes.

Cuivre rosette. On" appelle ainsi les plaques de cuivre affiné, à cause des rosaces ou boursouflures qu'olfre ordinairement leur surface.

ROSIER, Rosa, genre type de la famille des Rosacées et de la tribu des Rosées, renferme des arbustes ou sousarbrisseaux presque tous armés d'aiguillons, à feuilles alternes pennées avec impaire, formées de folioles dentées en scie, avec stipules; à fleurs terminales, ciuelquefois solitaires, le plus souvent rapprochées à 1 extrémité des rameaux : calice ovale ou arrondi, resserré au sommet, à 5 divisions, 5 pétales à l'état sauvage; étamines nombreuses ; carpelles nombreux renfermés dans un godet qui n'est autre chose qu'un réceptacle creux; c'est ce réceptacle devenu charnu et rouge que l'on confond d'ordinaire avec le fruit; les fruits sont en réalité de petits akènes qui se trouvent dans la cavité et qui ont l'apparence de graines.

On compte aujourd'hui environ 160 espèces de Rosiers; mais les variétés obtenues par la culture s'élèvent à plusieurs milliers. Lindiey range toutes les espèces dans 11 sections : 1° SimpLicifolix, à fleurs simples, c.-à-d. à 5 pétales, comme le Rosier à fleurs de berbéris; — 1° Féroces, à tige armée de forts aiguillons, comme le R. du Kanilcliallia : rameaux grêles, revêtus d'un fomentum brunâtre, fleurs d'un violet clair; — 5° Bracteatse, à fleurs accompagnées de feuilles bractéales, comme le /{. à Graciées, originaire de la Chine : fleurs doubles, blanches ou couleur de chair; — 4" Cinnamomeœ, oui ont pour type le R. cannelle, ainsi nommé de la couleur de son ccorce : cette espèce a donné naissance à de nombreuses variétés, notamment au /{. de mai; — 5° Pimpinellifoliae, dont la principale espèce, le R. à feuilles de pimprenelle, croît dans les haies, et fournit par la culture des variétés simples, semi-doubles et doubles ; — 6° Centifolix, comme le R. à cent feuilles, si remarquable par la forme arrondie de ses fleurs et par leur odeur exquise : à celle section se rattachent le /{. changeant, le R. mousseux, le R. pompon, le R. œillet, le /{. de Hollande, etc. ; le R. de Damas, originaire de la Syrie et dont les variétés sont souvent désignées sous les noms de R. bifère, R. de tous les mois, R. des quatre saisons; \e R. de Provins, à fleurs violacées, employées en médecine : il paraît être indigène de l'Europe, quoiqu'on ait prétendu qu'il avait été rapporté de Syrie par les Croisés; — 7" Villosw, dont toutes les parties sont revêtues d'un duvet cotonneux, comme le R. blanc, qui croît le long de toutes les haies; — 8^ Rubiginosse, qui ont pour type le /{. rouillé, dont les feuilles sont couvertes, à leur face inférieure, de petites glandes couleur de rouille qui distillent un suc résineux; V Eglantier odorant, à fleurs jaunes, appartient à cette section; — 9" Canime, qui ont pour type le R. de chien ou Eglantier commun, Cynorrnodon (Voy. kglaxtier) : on y rapporte également le R. de l'Inde, importé de la Chine en 1771, et qui a fourni les variétés dites R. du Bengale, à fleurs roses d'une grande fraîcheur, mais inodores: R. de la Chine, h fleurs d'un rouge intense, et R. thé, dont la fleur, d'un blanc jaunâtre ou rose clair, a une odeur de thé très prononcée; — 10' Syslylœ, dont les fleurs ont les styles réunis en un faisceau allongé dépassant la fleur, comme le R. toujours vert, espèce indigène, à feuilles persistantes, à fleurs blanches ou incarnat ; et le R. musqué, originaire du nord de l'Afrique, à fleurs blanches, très parfumées; — 11° Banksians', qui ont pour type le /{. de Banhs, à tiges grimpantes, sans aiguillons, à fleurs blanches et odorantes, ou jaunes et inodores, etc.

On multiplie les rosiers de graines, de boutures, de drageons, d'éclats et principalement de greffes sur l'églantier : ils s'accommodent (le toute espèce de sol ; mais ils préfèrent une terre franche, légère, amendée avec du terreau végétal.

ROSIÈRE, nom que l'on donne, dans plusieurs endroits de la France, à la jeune fille qui a mérité le prix de la sagesse. Ce prix consiste en ime couronne de roses, accompagnée ordinairement d'une somme d'argent. Ce prix fut institué en 555 dans le village de Salcncy. près de >"oycn, par St Médard. cl la première rosière fut la sœur du saint évêque. On couronne encore auj. des rosières non

nOSLNE

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