‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1421 sur 1729 · RUMINANTS · texte numérisé non relu

RUMINANTS

fois les cannelures des c«)loniics juscju'an tiers de leur hauteur, à partir d'en bas. Les colonnes à ritdentwes sont dites riidentccs.

RUDIMENT (du lat. rtidimentum, apprentissage), se dit, on général, des principes, des éléments d'une s«"ience ou d'un art quelconque. Par suite, il s'est dit de tout ouvrage élémentaire, et, en particulier, d'une grammaire à l'usage <le la jeunesse. Parmi les plus !tncieMS ouvrages de ce genre, on cite les liitdùnenla grainiiiaficcs, de N. Perotto (1473), et les Hudimcnta novilioruin, de Comestor (l'î^75), abrégé d'bistoirc universelle. !>a Grammaire latine de Lliomond est souvent désignée sous le nom vulgaire de rudiment.

Kn Histoire naturelle, rudiment se dit des premiers linéaments ou des vestiges de la structure des organes, et <rorganes mêmes, lorsqu'ils se trouvent réduits à de très petites dimensions. Ces organes sont dits alors être à Vétat rudimentaire .

RUDISTES, ordre des Mollusques lamellibrancbcs fossiles, voisins des Cbamacés actuels : est très épais, deux dents cardinales dans l'une des valves, qui peut être tantôt la valve droite, tantôt la valve gauche, selon que l'on a alfairc à une forme normale ou à une forme inverse; une dent cardinale, s'engrenant (dans l'intervalle des deux autres) dans la valve opposée, qui est d'ordinaire la valve fixe; deux impressions musculaires très développées, souvent accompagnées de lames myophores ; ligament externe ou interne, quelquefois absent. Les Rudistes comprennent les familles des Monopleuridés, des Caprotinidés, des Caprinidés, des Hadiolitidés, des Hippuntidés, etc. Ils se rencontrent exclusivement dans les terrains crétacés.

RUE (du lat. ritga, sillon), espace de terrain qui, dans les villes, les bourgs, les villages, reste libre pour la voie publique, entre les bâtiments dont elle est liordée. Dans les villes, les rues sont assujetties à certaines règles pour l'îilignement, le nettoyage, la largeur et quelquefois même pour la hauteur des maisons ( Voy. alignement, façade et voirie). — La multiplicité des rues des grandes villes a rendu nécessaires des plans détaillés et des dictionnaires

Î[ui j>ermissent de s'y diriger. Voy. pour Paris, Lazare rères. Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris (1844-49), et Fr. Lock, Guide alphabétique des rues de Paris.

rue, Huta, genre type de la famille des Rutacées, contient une dizaine d'espèces à tiges herbacées ou ligneuses, à feuilles composées et alternes, et à fleurs disposées en corymbe terminal. La hue commune ou fétide [Ruta graveolens] a des tiges dures, des feuilles d'un vert glauque et des fleurs jaunes. Elle exhale une odeur repoussante, et a une saveur acre, chaude, très amère. Placée sur la peau, elle y détermine de la rubéfaction; à l'intérieur, elle cause de l'agitation, de la sécheresse dans la Ijouche, des maux de gorge. On prétend qu'elle fortifie la vue. Cette esuèce croît sur les montagnes et dans les lieux stériles au Midi.

Rue sauvage, plante de la même famille, mais qui forme un genre à part sous le nom de Peganum harmala. Elle exhale une odeur désagréable : ses fleurs sont blanches, grandes, solitaires. Elle croît en Espagne et en Afrique : on en retire une substance tinctoriale, Vharmaline.

Hue ou Doradille des murailles {Ruta muraria), espèce du genre Asplénie ( Voy. asplenium) : c'est une petite fougère dont le feuillage a de la ressemblance avec celui <ie la Rue. Comme les autres capillaires, elle est pectorale. Elle croît partout dans les fentes des vieux murs et des rochers.

On nomme : Rue de chèvre, le Galéga officinal ; Rue de chien, une Scrofulaire; Rue des prés, un Pigamon, etc. RUELLE (dimin. de rué). Outre sa signification propre de petite rue, ce mot désigne l'espace qui, dans les chambres à coucher, surtout dans celles qui ont des alcôves, se trouve libre entre le lit et le mur. Au xvn' et au xviii' siècle, on appelait ruelles les alcôves mêmes qui servaient de salon aux dames de qualité connues alors sous le nom de précieuses. On s'y réunissait autour de la dame du logis, qui s'assevait sur son lit pour recevoir les visites. Cest en prenant le mot dans ce sens que Boileau a dit [Art poét., IV, 200) :

Bcnserade ea tous lieux amuse les ruelles. RUELLIE, Ruellia, genre de îa famille des Acanthacées, type de la tribu des Ruelliées. Ce sont de» herbes caules-

ccntes, iKiilues, à feuilles opposées; à fleurs médiocres, de couleurs variées, disposées eu épis axillaires ou terminaux, ou groupées en capitules. Elles croissent dans l'.Vsie tropicale et l'Australie. On cultive dans les jardins les R. strepens. patula, clandestina, paniculala, repens, etc.

RUFI... (du lat. rufus, roux), entre dans la composition d'un grand nombre de mots d'histoire naturelle, comme ruficaude, rufinerve, rufipalpe, rufirostre, etc., qui s'expliquent d'eux-mêmes.

RUGINE (du lat. runcina, raljot?), instrument dont se servent les Chirurgiens et les Anatomistes |)our racler ou ratisser les os et pour en détacher le périoste : il est terminé par une plaque d'acier tranchante, de forme variable. — Les Dentistes ont un instrument analogue |x»ur déchausser les dents ou enlever le tartre qui les couvre.

RUGISSEMENT (du lat. rugitus). cri que font entendre le lion, le tigre, la panthère et quelques autres animaux féroces du grand genre Chat. « Le rugissement du lion est si fort, dit Buiron, que, quand il se fait entendre par échos la nuit dans les déserts, il ressemble au bruit du tonnerre : c'est un cri prolongé, une espèce de grondement d'un ton grave, mêlé d'un fremissiîmcnt plus aigu. »

RUGUEUX (du lat. mgosus), se dit de toute surface qui présente des rides. En Botanique, les feuilles rugueuses sont celles dont les nervures forment des rides sur la surface, comme celles de la Sauge, du Marrubc et du Lorantbe rugueux, etc.

RUINE (du lat. ruina, du verbe mère, tomber), débris d'une ville détruite, d'un édifice abattu ou abandonné à l'action du temps. Parmi les ruines les plus célèbres, on cite : celles de Thèbes et de Memphis, en Egypte; de Ninivc. de Palmyre, d'Angkor, en Asie; du temple de Boro-Boudor, à Java ; de Palenque, au Mexique ; de Pomj)éi et d'Ilerculanum, en Italie; du Parthénon dans Athènes, du (x)lisée à Rome, du temjile de la Concorde et de celui des Dioscures à Agrigente, des Thermes de Julien à Paris, et les nombreuses ruines des monuments du moyen âge qu'on rencontre en France et dans le reste de l'Europe.

Volncy a intitulé Ruines (1791) un ouvrage fameux sur les causes des révolutions des empires.

Ruines factices, constructions en forme de ruines. C'était, au xviii» siècle, la mode d'orner les jardins anglais de ruines de ce genre.

RUINIQUE ou RuiMFORME (marbre), espèce de marbre dont les marbrures offrent l'apparence d'édifices en ruines. Foj/. marbre.

RUMB (de l'angl. rhumb, de rhombe, losange, parce que dans les cartes on désigne ordinairement les quatre points cardinaux par deux losanges allongés et disposés en croix). Voy. aire de vent.

RUMEX, nom latin du genre de plantes qui renferme la Patience et YOseille. Voy. ces mots.

RUMINANTS (du lat. ruminare, de rumen, estomac des herbivores), subdivision de l'ordre des Artiodactyles, classe des Mammifères, se compose d'animaux ainsi appelés à cause de leur mode particulier de digestion, dit rumination. Après avoir mâché leurs aliments et les avoir engloutis dans un premier estomac, dit panse ou herbier [rumen], ils les font remonter dans la lx)uclie en passant à travers un second estomac, le bonnet ou réseau, dans lequel ces aliments s'imbibent et se compriment en petites pelotes, ce qui rend la seconde mastication plus facile; les aliments remâchés redescendent ensuite par l'œsophage dans un troisième estomac, le feuillet, ainsi nommé à cause de la disposition de ses parois qu'on dirait feuilletées; de là, les aliments se rendent dans un quatrième et dernier estomac, la caillette, qui remplit chez ces animaux les fonctions de l'estomac des autres mammifères. Il paraît résulter des observations de M. Chauveau et de M. Toussaint que la rumination est un phénomène beaucoup plus complexe qu'on ne l'aurait cru jusqu'ici; que la raréfaction ae l'air dans le poumon est la principale cause du passage des matières alimentaires du rumen [panse) et du réseau [bonnet] dans l'œsophage, et que, par suite, il n'y a pas formation préalable de bol ; qu'en outre la déglutition exige le concours du diaphragme et des côtes.

Les Ruminants sont encore caractérisés par l'absence d'incisives supérieures, qui chez eux sont remplacées p.ir un ! ourrelet dur et calleux, et par leurs pieds fourchus, où les deux métacarpiens et métatarsiens principaux font

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