‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 145 sur 1729 · BAILLIAGE · texte numérisé non relu

BAILLIAGE

sur le maladroit. C'est notre jeu du baguet, que les Beljji's noiniiit'iit nivelle.

BAGUENAUDIER, Colutea, genre de la famille des Pauilionacées, tribu des Lotées, renferme des arbrisseaux qui croissent naturellement dans nos climats. Le B. ordinaire (G. arborescens) ou Faux Séné, très commun en France, atteint de 3 à 4 m. : feuilles pennées à folioles ovales, arrondies, un peu échancrccs au sommet; fleurs jaunes, disposées en épis, paraissant en mai et durant jusqu'à la lin de l'automne. Les fruits, ou baguenaudes, sont des gousses vésiculcuses d'un vert rougeâtre, qui éclatent avec bruit quand on les presse entre les doigts.

BAGUET (jeu du), forme populaire de la course à la bague [Vog. ce nom).

BAGUETTE divinatoire. On a toujours armé d'une baguclte les magiciens, les sorciers, les devins, par souvenir sans doute de la verge miraculeuse de Moïse et d'Aaron, ou de la baguette magique de Circé ou de Médée ; mais on désigne particulièrement sous le nom de baguette divinatoire une baguette de coudrier, courbe ou fourchue par un bout, au moyen de laquelle certains individus prétendent découvrir les sources d'eau cachées, les mines, les trésors enfouis, etc. L'opérateur tient la baguette horizontalement entre ses mains, en la laissant libre de se mouvoir, et dès qu'il approche de l'endroit cherché, elle se met spontanément à tourner entre ses doigts. L'art de s'en servir s'appelle rhabdomancie, et celui qui est doué de la vertu île découvrir ainsi les sources, rkabdomancien, hydroscope et sourcier. A la fin du xvn" siècle, un paysan lyonnais, nommé J. Aymar, et plus tard un nommé lUeton se sont donnes pour d'habiles rhabdomanciens. — Consulter Chevreul, la Baguette divinatoire. Voy. source.

BAGUETTE DOR, Hom vulg. dc la Giroflée jawie.

BAGUETTES (pASSER PAR LEs), punitiou corporcUc qu'ou infligeait sous l'ancien régime aux soldats pour des fautes contre la discipline; elle consistait à passer, nu jusqu'à la ceinture, entre deux huies de soldats armés de baguettes ds saule ou d'osier, dont ils frappaient le patient lorsqu'il passait devant eux. Pendant ce temps les tambours nattaient la charge.

BAHUT (ong. inc). Ce mot, qui désignait d'abord une sjrte de coffre dont le couvercle, fait en voiîte, était recouvert de cuir et garni de clous rangés avec soin, s'applique auj. à toutes sortes de coffres, pourvu qu'ils s lient anciens. Quelques-uns de ces vieux meubles, sculptés a. '00 art, sont recherchés par les amateurs.

En Architecture, on nomme pierres taillées en bahut celles qui sont arrondies par-dessus, comme les couvercles ilc! bahut : telles sont, p. ex., les pierres qui forment l'appui d'un quai, d'une terrasse, etc.

BAI (du lat. badius). Le cheval bai est celui dont les poils présentent ime des nuances du rouge, avec les crins et les extrémités noires. On distingue le bai clair, le bai ordinaire, le bai foncé, le bai cuivré, le bai brun, le bai châtain, le bai fauve, le bai cerise. On dit bai miroité, lorsque la robe du cheval est parsemée de taches rondes d'une teinte plus claire que la teinte générale.

BAIE. En Botanique, on appelle baies (en lat. baccx) tous les fruits charnus, sans loges distinctes, dont les graines (ou pépins) nagent sans ordre au milieu de la pulpe : tels sont les grains de raisins, les groseilles, etc. ; on étend ce nom à la fraise, à la framboise, à la mûre, etc., fonnées de fruits agrégés ou syncarpés. On le donne aussi à des fruits dont les graines sont contenues dans des loges, tels que ceux de la belladone, de la morelle, du genévrier, etc.

En Architecture, le mot baie (du vieux français bayer, ouvrir la bouche) désigne toutes sortes d'ouvertures percées dans les murs pour y placer une porte ou des fenêtres.

BAIE. Voy. GOLFE.

BAIÉRINE. Voy. ntobite.

BAIL (du b.-lat. balium ; <le bajulare, bailler, donner), variété du Louage [Voy. ce mot), contrat par lequel l'une des parties s'engage, moyennant un prix que l'autre partie s'oblige à payer, à procurer à celle-ci, pendant un certain temps, l'usage ou la jouissance d'une chose. Si celte chose est un bien rural, le bail prend le nom particulier de bail à ferme. Celui qui fournit la chose s appelle bailleur; celui qui paie le prix, preneur, et aussi métayer ou colon partiaire, si le prix consiste dans une portion des fruits.

Le bail peut être fait verbalement ou par écrit, sous seing privé ou par-devant notaire. La durée des baux

varie au gré des parties contractantes : on les fait ord. de 3, G ou 9 ans. A défaut de convention, la durée du bail d'une maison est réglée par l'usage des lieux : le bail d'un fonds de terre dure tout le temps nécessaire pour que le preneur en recueille les fruits. Il ne cesse point par la mort du bailleur, ni par celle du preneur; mais il peut cesser par la perte dc la chose louée et par la résiliation

four cause d'inexécution des engagements contractés. — es obligations du bailleur sont : 1° de délivrer la chose, 2» de l'entretenir en bon état (cependant les réparations simplement locatives sont à la charge du preneur), 3» d'en garantir la jouissance paisible. Les obligations du preneur sont : i' d'user de la chose en \mn père de famille, 2» de payer le prix aux époques convenues, à peine de résiliation du bail, 3» de faire les réparations locatives, 4° à la lin du bail de restituer la chose telle qu'il l'a reçue. Il a le droit de céder son bail ou de sous-louer à un autre, si cette faculté ne lui a pas été interdite.

On nomme : Baux par anticipation, ceux que l'on fait longtemps avant l'expiration du bail courant; ceux qui seraient faits plus de 2 ans avant cette expiration s'il s'agit de maisons, et plus de 3 ans s'il s'agit de biens ruraux, lorsqu'ils émanent d'un simple administrateur, sont réputés nuls si l'administrateur n'a plus ses pouvoirs au moment de l'ouverture du bail; — B. judiciaires, ceux qui sont faits, par la seule autorité de justice, des biens saisis sur un propriétaire poursuivi par des créanciers; — B. à longues années, ceux qui ont une durée de plus de 9 ans; — B. à vie, ceux qui sont faits pour toute la vie du preneur ou du bailleur : ils peuvent être continués sur trois têtes successivement. — H y a aussi des B. à complant ou à champart, par lesquels un propriétaire concède la jouissance d'une terre à charge de la cultiver ou même de la planter; et des B. à convenant ou à domaine congéable, usités dc temps immémorial en Bretagne, par lesquels une personne concède la jouissance perpétuelle d'un fonds avec faculté perpétuelle aussi de congédier le preneur. — Il y avait enfin, dans l'anc. Droit, des B. à rente, contrats de vente où le prix consistait dans une rente foncière non rachetable [Voy. rente), et des B. à culture ou localairie perpétuelle, par lesquels on concédait la jouissance perpétuelle d'un fonds. Voy. C. civ., art. 1713-1778. — Voy. aussi cheptel, location,

TERME, CONGÉ et RECONDUCTION (taCITe).

BAILE. Voy. bajule.

BAILLARD ou baillarge (de bailler, donner), variété très productive de YOrge commune. Voy. orge.

BAILLE, sorte de baquet plus large du fond que du haut, dont on se sert dans la Marine pour divers usages, notamment pour y mettre le brai dont on enduit les fentes et les joints du navire.

BÂILLEMENT (de bâiller, pour bayer, ouvrir la bouche) Le bâillement consiste en une inspiration lente et profonde, la bouche étant grande ouverte, suivie d'une expiration lente aussi et graduée. Le voile du palais se tend par un mouvement convulsif devant l'ouverture des fosses nasales ; le diaphragme s'abaisse profondément, puis il se relève avec lentefur. Ce phénomène échappe à l'influence de la volonté, qui peut à peine le modifier : son point dc départ est dans un état particulier du système nerveux, sorte d'action réflexe dont les conditions sont mal connues. II paraît avoir pour effet d'introduire une plus grande quantité d'air dans les poumons et de la proportionner à la quantité dc sang qui a besoin d'être revivifiée : aussi le voit-on se produire toutes les fois que la circulation se ralentit, sous l'influence du froid, du sommeil, de la digestion, de l'affaiblissement qui résulte de toute fatigue. On peut, à ce point de vue, le citer comme un des symptômes habituels de l'anémie et de beaucoup de maladies graves, à leur début, comme l'épilepsie, l'hystérie, etc. Dans d'autres cas, on ne lui connaît pas d'autre cause qu'un fait purement psychique : l'ennui, la monotonie des sons, la vue d'une personne qui bâille, etc.

BAILLEUR (de bailler), celui qui dans le contrat de bail concède la jouissance d'une chose [Voy. bail). — On appelle Bailleur de fonds celui qui fournit de l'argent pour une entreprise ou pour une société en commandite. Voy. commandite.

BAILLIAGE (de bailli), se disait sous l'ancien régime et du tribunal qui rendait la justice au nom ou sous la présidence du bailli ot de la région qui était sous la juridiction d'un bailli. Voy. bailli au Dict. d'Hist. et de Géogr.

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