‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 146 sur 1729 · BAILLON · texte numérisé non relu

BAILLON

BAJET

BAILLON DENTAIRE, appareil destiné au redressement des dénis.

BAILLOQUES (de baillet, cheval à poil roux tirant sur le blanc), plumes d'autruche mêlées naturellement de brun obscur et de blanc. Les plumassiers les emploient à l'état naturel; seulement on les savonne pour leur donner de l'éclat.

BAIN (du lat. balneum). Employés le plus souvent pour des raisons d'hyg:iènc et de propreté, les bains sont, en outre, pour le médecin, un puissant moyen thérapeutique. Un dislingue les bains entiers ou généraux et les bams partiels ou locaux [demi-bains ou bains de siège, pédiluves. manuluves, etc.]. L'eau est la base de presque tous les bains, mais elle peut être employée de mille manières : dans une baignoire IB. chaud), dans une eau courante ou stagnante [B. froid] ou dans la mer (B. de mer], à l'état liquide [B. ordinaire] ou de vapeur [B. de vapeur] ; l'eau peut être naturelle [B. simple] ou tenir en dissolution des substances étrangères, soit mucilagineuses et aromatiques [B. comjwsé ou de toilette], soit alcalines, sulfureuses, etc. (iS. médicamenteux, B. d'eaux minérales], etc. On emploie encore les bains de lait, d'huile, de vin, de marc de raisin, de gélatine, les bains de sable et même de boue : suivant leur composition, ces bains sont adoucissants, relâchants, toniques, stimulants, rubéliants, sudorifiques, etc.

Bains froids. On les prend ord. en plein air, pendant l'été, et dans une eau courante. De 12 à 18° centigrades, ce sont des bains froids propr. dits; de 18 à 25°, ce sont des bains frais. Ces bains agissent comme toniques par la réaction cjui en résulte ; mais s'ils sont prolongés, ils deviennent calmants; pris avec excès, ils finissent par allaiblir. L'exercice de la natation contribue à en augmenter les bons efl'ets. Les B. de mer, si en vogue de nos jours, se distinguent jiar leur action excitante et tonique, dont l'énergie tient aux principes salins qui s'y trouvent en dissolution, ainsi qu'à la percussion produite par le choc continuel des lames, et à la plus grande densité de l'eau. Les bains froids sont utiles dans une foule de maladies nerveuses et inflammatoires, dans l'aliénation mentale; dans certaines hémorragies opiniâtres; dans la chorée, la clilorose, les scrofules, etc. ; mais ils sont contraires aux l)lélboriques, aux personnes qui toussent, ou qui ont la diarrhée ; aux anévrismatiques, aux asthmatiques, aux femmes enceintes et aux vieillards.

Bains chauds. Leur température varie de 28 à 35° cenligr. : ce sont les bains hygiéniques par excellence. Ils teint calmants et relâchants; ils augmentent la transpiralion, et délassent mieux que le bain froid. Ils conviennent particulièrement aux tempéraments secs, irritables; aux vieillards, aux enfants. La propriété sédative des bains chauds est précieuse dans les maladies inflammatoires et <louloureuses, telles que les rhumatismes, les convulsions, les névroses, la péritonite, l'entérite, à l'approche des couches, etc.

Bains de vapeur. On n'élève guère leur température au-dessus de 50 à 75° centigr. Ils agissent par le calorique combiné avec de l'eau en vapeur cliargée ou non de substances aromatiques volatiles. Ils sont recommandés contre les douleurs rhumatismales, la sciatique, les dartres et autres dermatoses chroniques, etc. Le bain de vapeur s'administre auj. au moyen d'appareils ingénieux, commodes et simples, dans lesquels on introduit soit le corps entier, excepté la tète, soit une partie du corps seulement. On le porte à domicile ; on le nonne partout, dans le lit même, sous les couvertures, où l'on fait pénétrer par un tube la vapeur dégagée au moyen de la lampe à alcool. — On appelle B. à l'kydro/ère un bain qui consiste dans l'administration (l'une certaine quantité d'eau pulvérisée que l'on peut charger au besoin de substances médicamenteuses. — Les B. électriques sont administrés en plaçant le sujet sur un cadre en bois et en toile qui l'isole d'une baignoire en communication avec le pôle négatif d'une pile. Le malade tient dans sa main le pôle positif. Le courant s'établit par le liquide du bain, qui doit être salé.

Bains d'eaux minérales. Voy. eaux minérales.

Bains russes. En Russie, on les prend dans une salle où se trouve un fourneau de fonte chargé de cailloux de rivière rougis par le feu. En versant de l'eau sur les cailloux, Vétuve [Voy. ce mot), de sèche, devient humide. Les personnes qui fréquentent ces bains se mettent sur des banquettes ou sur des matelas de foin. — Les bains

russes ont été introduits récemment dans les grandes villes de l'Europe, et en particulier à Paris, où ils ont été perfectionnés : auj. la vapeur, préparée dans des chaudières, arrive par des tuyaux dans une chambre revêtue de faïence. Après le bain, on se fait frictionner et masser; puis on reçoit une douche froide.

Bains turcs et égyptiens. C'est l'étuvc sèche : ils consistent à subir graduellement tous les degrés de la chaleur jusqu'à celui de l'étuve, et à redescendre ensuite graduellement de la chaleur de l'étuve jusqu'à la température ordinaire. Les édifices destinés à ces bains sont construits en pierre de taille et composés de plusieurs pièces pavées de marbre et chauffées à des degrés différents au moyen de tuyaux qui en parcourent les parois. Après avoir pris le bain et s'être fait frictionner et masser, on se repose sur un lit, où l'on prend du café ou des sorbets.

L'usage des bains a existé de tout temps; mais ce sont les Romains qui, chez les anciens, leur ont donné le plus grand développement. Ils avaient un grand nombre de bains publics et gratuits ou presque gratuits (le pauvre y était admis, à Rome, moyennant un quadrans, ou environ 2 centimes) : les empereurs en bâtirent un grand nombre pour capter la faveur populaire : on y trouvait non seulement toute espèce de bains, bains chauds et bains froids, bains de vapeur, étuye sèche, massage et frictions; mais aussi des salles pour les exercices gymnastiques [Voy. thermes). — Chez les modernes, les bains russes et les bains turcs rappellent quelque peu, en Orient du moins, les bains publics des anciens.

BAIN-MARIK (du nom de l'inventeur), appareil employé en Chimie pour chauffer d'une manière douce et uniforme les substances qui redoutent l'action immédiate et inégale de la flamme. C'est un vase rempli d'eau ou de tout autre liquide en ébullition, dans lequel on plonge un autre vase contenant la matière sur laquelle on veut opérer. On emploie le bain-marie en Chimie pour les concentrations et les distillations ; on l'emploie également en Cuisine. Au lieu d'eau on peut employer, selon la température à obtenir, d'autres corps pour chauffer ; on aura ainsi les bains d'huile, bains de sable, bains métalliques et bains de nitrates. Ces deux derniers sont faits avec des métaux fondus (plomb, étain, etc.) ou avec des mélanges fondus de nitrates de potasse et de soude.

BAÏONNETTE, sorte d'épéeou de sabre qui peut sartapter à l'extrémité d'un fusil, tire son nom de Rayonne, où elle fut employée, vers 1641. C'était alors un poignard dont le manche en bois entrait dans le canon du fusil. Vauiian imagina d'en couder la lame et de remplacer le manche par une douille creuse. Ainsi modifiée, la baïonnette pouvait être laissée au bout du fusil pendant le tir, et son adoption en 1703 pour l'armée française y détermina l'abandon définitif de la pique. La baïonnette à douille, qui ne peut être utilisée que fixée au fusil, a été remplacée vers le milieu du xix° siècle par un sabre dont la poignée pouvait s'adapter au canon du fusil. Cette disposition a été conservée depuis, mais on allège de plus en plus la baïonnette, afin de permettre d'exécuter un tir prolongé en la laissant au canon. On est ainsi arrivé en France à l'épée-baïonnette très légère actuellement en service.

BA'l°OQUE|(de l'ital. bajocco], monnaie de cuivre qui avait cours dans l'Etat romain, est le 20» de la lire (livre) et valait à peu près 0 fr. 05.

BAISEMAIN. Dans l'origine, le vassal rendait hommage à son seigneur en lui baisant la main. Plus tard, le baisemain ne fut plus qu'une partie de l'étiquette des cours : cet usage subsiste encore en Espagne et en Russie. — On nomme aussi baisemain l'audience que le sultan donne aux ambassadeurs, parce que ceux-ci lui baisaient jadis la main. — On appelle encore baisemain la cérémonie qui a lieu au moment de l'offrande : autrefois le curé donnait sa main à baiser ; il ne donne plus auj. que la naix.

BAISEMENT des pieds. Il se dit : 1° ae l'action de baiser les pieds du pape ou plutôt la croix brodée sur sa mule; 2° de la coutume observée dans l'Eglise par laquelle, le jeudi saint, l'officiant qui a célébré la messe lave et baise les pieds de 15 vieillards ou de 13 enfants, en commémoration du lavement des pieds, aux Apôtres, par Jésus-Christ avant la Cène eucharistique.

BAISERS, eu termes de Cuisine, petites meringues garnies d'une glace quelconque.

BAISSE et hausse des fonds. Voy. docbse.

BAJET, espèce d'Huître, commune sur les côtes oceiden-

BAJOCIEN

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