‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1450 sur 1729 · ÉCOLÂTRE · texte numérisé non relu

ÉCOLÂTRE

SCOLEX (du gr. îixwXti^, ver), nom donné aux larves de certains Vers intestinaux, des Polypo-Méduses, etc. Voy.

CYSTICERQUE Ct MÉDCSE.

SCOLEXÉROSE, minéral du groupe des Wernérites (Foy. ce mot), de formule CaO.Ap0^.5SiO* ; se trouve à Pargas (Finlande).

SCOLÉZITE (du gr. oxwXtiÇ , ver), minéral du groupe des Zéolites [Voy. ce mot), de formule CaOAl^O'.SSiO*, -|- 3H-0, en cristaux blancs clinorhombiques, formant des masses bacillaires radiées. La scolézite se tord au chalumeau, d'où son nom; elle est pyro-électrique. Elle se trouve aux îles Feroë, au Grœnland, dans l'Inde, etc.

SCOLIASTE, annotateur grec. Voy. scolie.

SCOLIE ou scHOLiE. Les anciens Grecs appelaient scolie (oxÔAiov) une chanson de table que l'on chantait en s'accompagnant de la lyre et dont le mètre était très irrégulier : il nous reste quelques scolies de Callistrate, d'ilybrias de Crète, etc. (Voy. Th. Bergk, Poetse lyrici grseci). — On a donné le nom de scolie : 1» en Littérature, à des notes de grammaire ou de critique rédigées pour servir à l'intelligence, à l'explication de quelque ancien auteur classique, ftarticulièrement des auteurs grecs; Alexandrie vit naître es premiers et les plus célèbres scoliastes : Eustatbe, Tzetzès, Didyme, Emm. Moschopule; 2° en Géométrie, aune remarque qui a rapport à une proposition précédente.

sconE (du gr. cxxoX'.d;, courbe), Scolia, genre d'Insectes, de l'ordre des Hyménoptères, famille des Fouisseurs et type de la tribu des Scoliètes : mandibules tridentées chez les mâles, sans denfs ct fortement arquées chez les femelles. La S. des jardins [S. hortorum), comnuine dans le midi de la France, est longue de 0 m. 032, noire, avec le front jaune, et l'abdomen traversé sur les deux premiers segments par une large bande jaune souvent interrompue.

SCOLIOSE (du gr. axo>^(a)!7t!;, courbure), déviation latérale du rachis. Voy. gibbosité et orthopédie.

SCOLOPAX, nom lat. scientifique du genre Bécasse.

SCOLOPENDRE (du gr. oxoAÔTTSvSpa), Scolopendra, vulg. Mille-pieds, genre de Myriapodes, de l'ordre des Chilopodes : corps mince, allongé, et divisé en de nombreux segments ; 21 ou 17» paires de pattes, non compris les piedsmâchoires dont les deux postérieurs sont terminés par un crochet contenant une liqueur venimeuse. Les Scolopendres vivent sous les pierres, dans les fentes des murs et, en général, dans les lieux humides et obscurs; elles courent très vite, sont carnassières, et se nourrissent de vers de terre, d'araignées et d'insectes vivants. Les Scolopendres d'Europe n'ont tout au plus qiie 0 m. 10 de long; celles de l'Inde atteignent jusqu'à 0 m. 50. La 6\ cingtUée [S.

I cingidata) est commune dans le midi de l'Europe et de la France. La S. mordante [S. niorsicuns), de la Guinée ! et des Antilles, est de couleur ferrugineuse verdàtre ; sa morsure est très douloureuse. — On confond avec les vraies ! Scolopendres des Myriapcxles qui en diffèrent par plusieurs caractères, notamment la S. électrique [ Voy. geophile) et les Cryptops.

On donne quelquefois le nom de Scoloj)endrcs de mer aux Néréides. Voy. ce mot.

SCOLOPEXDRE, Scolopendriuui, genre de la famille des Fougères, tribu des Polypodiacées, sous-tribu des Aspléiiiacées. L'espèce la plus commune, la S. officinale [S. rulgare), vulg. Langue de cerf, croît dans les lieux humides et ombragés, sur les murs des puits et les fentes des rochers. Son odeur est peu prononcée, sa saveur très acerbe. Elle a été employée comme astringente.

SCOLYME, Scolymus, vulg. Cardousse, Epine jaune, genre de la famille des Composées, tribu des Chicoracées. Le S. hispanicus et le S. macidalus sont des herbes qui croissent dans toute la région méditerranéenne, et dont on peut manger les racines ; on cultive le S. hispanicus comme alimentaire.

SCOLYTE, Scolytus, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères tétramères, famille des Xylophages : ils causent de grands dégâts à quelques arbres, dont ils perforent l'écorce tout à l'entour. On distingue les Scolytes de l'orme, du chêne, du frêne, du pin, etc. Voy. omophrox.

SCOMBÉRO'lDES (du g.-type Scomber, Maquereau), famille de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes : opercules non dentelés, écailles petites et lisses, nageoires verticales généralement sans écailles, cœcums nombreux. Ces poissons sont marins et vivent en troupes. Ils offrent une nourriture saine et délicate, et leur pêche est l'objet d'une industrie avantageuse. — La famille des Scombéroïdes est partagée en 5 grandes tribus : 1° S. à fausses pinnules et sans armure à la ligne latérale (genres Maquereau, Thon, Auxide,Pélamide, Tassard, Tyrsite, Gempyle, Léptdope, Trickiure, Espadon, Téli-apture, Makaira, Voilier); 2" S. à rayons épineux du dos séparés (g. Pilote, Elacate, Liche, Chorinème, Trachinote, Apolectus, Bhynchobdelle, Mastacemble, Notacanthe) ; 3" S. à ligne latérale cuirassée (g. Caranx, Saurel, Olisle, Scyris, Blépharis, Gai, Argyréiose, Vomer, Hynni) ; 4° S. sans fausses pinnules, sans épines libres au dos, sans armures aux côtes de la queue (g. Sériole, Temnodon, Lactaire, Pasteur, Nauclère, Porthinée, Psène, Coryphène, Lampuge, Cenlrolophe. Astroderme, Ptéravlis, Stromatée, Bhombe, Louvarlon, Séserin, Kurle); 5° S. à bouche protractile (g. Zée, Capro, Lampris, Equida, Mené).

SCOMBRE, Scomber, poisson. Voy. maquereau.

SCOMBRÉSOCE (de Scombre et a'Esoce), poisson de la famille des Esoces. fort semblable aux Orphies, et qu'on trouve dans la Méditerranée.

SCOPS, ou PETIT DUC, oiseau de proie. Voy. duc.

SCOPUS, nom latin scientifique de VOmbrette.

SCORBUT (du néerl. scheurbitck), maladie caractérisée par la pâleur de la face et un état de faiblesse général ; le plus souvent par la tuméfaction, la mollesse, l'état fongueux, l'ulcération et le saignement des gencives, avec fétidité de l'haleine et déchaussement des dents ; par des ecchj-moses à la surface du corps, des hémorragies passives, de l'œdème, etc. Cette maladie paraît consister dans une altération profonde de la masse du sang; le malade succombe dans un accès d'oppression on une syncope, ou bien épuisé par les hémorragies S'il y a guérison, la maladie laisse longtemps après elle de la pâleur, de la débilité et des douleurs articulaires. Les causes ordinaires du scorbut sont le froid humide, l'insalubrité des habitations, une alimentation insuffisante ou de mauvaise qualité, l'abus des salaisons, l'excès du travail et des fatigues, les peines morales, la nostalgie, etc. : souvent il se produit sans causes appréciables. Aussi est-il fréquent dans les villes assiégées, les prisons, les navires. Le traitement de celte aflection est surtout hygiénique : une habitation saine, des vêtements chauds, un bon régime, l'exercice, le passage d'une température froide et liimiide à une température chaude et sèche, sont j)articulièrement indiqués. Pour les marins, le transport des malades à terre amène toujours un prompt rétablissement. Comme médication, on recommande les toniques, les amers, les acides, surtout le citron, les végétaux frais dits antiscorbutiques [Voy. ce mot), la gentiane ou le quinquina. On combat le gonflement des

SCORDIUM

SCROFULARiNÊES

gencives au movcn de l'eau de Rabel (alcool sulfurique), de la (lissoiulion d'alun ou d'un mélange de miel rosat et d'acide chlorhydriquc : on fait sur les taches scorbutiques des fomentations alcooliques, camphrées, etc. Les marins regardent l'usage de la pomme de terre comme un excellent préservatif. Le scorbut de mer est devenu beaucoup plus rare depuis qu'on fait usage di conserves alimentaires, et que les progrès de la marine et surtout l'introduction de la vapeur ont abrégé la durée des traversées.

SCORDIUM (teucrium), nom latin de la Gennandrée aquatique, qui entre dans la composition du Diascordium.

Yoy. DIASCORDIUM et GERMANDRÉE.

SCORIE (du lat. scoria), mot usité pour désigner : 1° en Métallurgie, les matières vitrifiées qui viennent à la surface des métaux que l'on purifie par la fusion : ce sont des silicates, des sulfures ou des oxydes métalliques [Voij. mâchefer) ; — 2" en Minéralogie, les substances qui présentent un aspect boursouflé, et olTrent, comme la pierre ponce, des trous de toute dimension, substances qui proviennent d'éruptions volcaniques.

SCORODITE , arséniate de fer hydraté naturel (Fc*0'.As'*0^.4H*0), en cristaux orthorhombiques d'un vert bleuâtre; on l'a trouvé à Chanteloube (Haute- Vienne), en Sibérie, au Brésil, etc.

SCORODON, scoRODUM, nom grec et latin de V Ail. — On en a fait Scorodoprasum (ail-poireau) , nom latin botanique de la llocambole.

SCORPÈNE, Scorpœna, genre de Poissons acanthoptcrygiens, de l'ordre des Squamodernes, famille des Jouescuirassécs, remarquables par leur laideur et leur forme extraordinaire, qui leur a valu les noms de Scorpions, de Crapaud et de Diables de mer. Deux espèces vivent dans la 3Iéditerianée : la Grande Scorpène rouge [S. sera fa], longue de 0 m. 60, et la Petite Scorpène brune [S- porcus], dite aussi Rascasse. Leur chair est assez délicate.

Voy. SYNAXCÉE.

SCORPION, Scorpio, genre d'Arachnides, type de l'ordre des Scorpionides : palpes ou deuxième paire des appendices buccaux disposés en pinces analogues à celles des homards ; corps allongé, formé de segments distincts ; abdomen intimement uni au tronc dans toute sa largeur, offrant à sa base deux lames mobiles en forme de peignes, et terminé brusquement par une queue longue, grêle, de 6 articles, le dernier s'effilant en une pointe arquée, très aiguë, qui forme dard: à la base de ce dard sont deux orifices qui laissent couler une liqueur venimeuse sécrétée par un appareil particulier. Les scorpions sont vivipares, se nourrissent de vers, d'insectes, etc., et sont tellement voraces qu'ils se dévorent entre eux. Ils habitent les contrées chaudes des deux continents, et vivent cachés sous les pierres, dans les troncs d'arbres et jusque dans l'intérieur des maisons. En Europe, les Scorpions n'ont guère plus de Om. 05 do long; en Afrique et dans l'Inde, ils atteignent jusqu'à 0 m. 15. Le Scorpion d'Europe [S. flavicaudus) est nrun ; le S. d'Afrique, ou Souvignargue [S. occitanus], est d'un gi-is roussâtre. La piqûre du premier est rarement dangereuse ; au contraire, celle du second et des autres espèces qui composent le sous-genre /l«rfroc<oHe, peut donner lieu à des accidents graves. On combat l'inllamraation locale produite par cette piqûre, ainsi que la fièvre et les symptômes spasmodiques qui en résultent, à l'aide de l'ammoniaque liijuide, prise intérieurement à la dose de quelques gouttes dans un verre d'eau sucrée, et instillée extérieuromcnt dans la plaie pour y détruire le venin ; la cautérisation au fer rouge est plus sûre encore, lorsqu'elle peut être opérée immédiatement. — On appelait autrefois huile de scorpion, de l'huile dans laquelle on avait fait mourir des scorpions, et que l'on employait contre les malaihes dos voies urinaires, contre la' paralysie, l'épilepsie, etc.

On appelle vulg. : Scorpion aquatique, la Ranâlre ; S. de mer, la Scorpène et quelques autres poissons, tels que le Lliabot.

scoRPiox, constellation située entre la Balance et le Sagittaire, renferme une étoile de !■■' grandeur, Antarès ou le cœur du Scorpion, 1 de 2% 10 de 3=, 7 de 4% 15 de 5«. 9fi" ^f *^"^'°n^'''o»lc moyenne est 16 h. 15 m., sa déclinaison ZD . 4nfa»-es est accompagné dune étoile plus petite, qu'on a appelée le Compagnon d' Antarès et qui le suit dans son mouvement, sans tourner autour de lui comme les satellites. Antarès oITre une coloration orangée; son compagnon est d un vert emeraude approchant du bleu. Elle était.

chez les Romains, consacrée au dieu Mars: on croyait qu'il était funeste d'être né sous son influence. — Cette constellation donne son nom au 8" signe du Zodiaque, dans lequel le Soleil entre le 23 octobre.

Les anciens donnaient le nom de Scorpion : 1° à une petite machine de guerre appelée aussi nianubalieta, c.-à-d. baliste à main, avec laquelle on lançait de petits dards, dits eux-mêmes scorpions ; 2° à une arme formée d'un manche court, auquel étaient attachées par des chaînes plusieurs balles de métal.

SCORPIONIDES, ordre de la classe des Arachnides, se subdivise en trois sections suivant qu'ils ont : 1° l'abdomen sans peigne et supportant une queue sétiforme ( Thélyphones) ; 2° l'abdomen pourvu de peignes et d'une queue articulée vcnénifère [Scorpion et ses sous-genres Androctonus, Centrurus, Atreus, Telegonus, Buthus, etc.) ; 3° l'abdomen sans peigne, sans queue ni aiguillon [Pinces ou Chélifères).

SCORPIURE (du gr. axopT:(oupoî), Scorpiurus, vulg. Chenillette, genre de la famille des Papilionacées, tribu des Hédysarées, renferme des plantes herbacées, annuelles, employées pour la fourniture des salades. Leurs fruits sont hérissés, écailleux, et ressemblent à des clienilles roulées surellcs-inêmcs,ouàdes queues de scorpion : d'où laornom.

SCORSONÈRE ou scorzonère (de l'ital. scorza nera, écorce noire ; à cause de la couleur de sa racine), Scorsonera, genre de la tribu ou famille des Chicoracées, renferme des plantes herbacées, vivaces, à tiges simples ou rameuses, à feuilles lancéolées, entières, demi-crnbrassantcs à la base; à Heurs en capitules terminaux solitaires. L'espèce la plus im|)ortaiite est la S. d'Espagne [S. hispanica], vulg. Salsi/is noir : racine longue, charnue, laiteuse, cylindrique, noire à l'extérieur ; tige haute, rameuse vers le sommet, chargée de 5 à 6 fleurs jaunes; feuilles planes ou ondulées ; elle est originaire d'Espagne; on la trouve aussi dans les pâturages de nos montagnes du Midi. Sa racine se mange comme le salsifis ; les bestiaux l'aiment beaucoup ainsi que les feuilles.

SCOTIE, dite aussi Hond-creux et Trochite, moulure ronde en creux, bordée de deux filets plats, qui se place entre les tores des bases d'une colonne.

SCOULÉRITE, var. de Thomsonite.

SCRIBE (du lat. scriba), nom qu'on donnait chez les Juifs aux secrétaires des rois de Juda, aux commissaires chargés de tenir registre des troupes, et aux docteurs de la Loi, qui devaient enseigner et commenter l'Ecriture. — Chez les Grecs et chez les Romains, les scribes étaient des employés subalternes qui transcrivaient les lois, les édits, les jugements et tous les actes publics. Il y avait des scribes prétoriens, questoriens, édi liens, etc. — Ce mot désigne aujourd'hui un copiste, un homme qui gagne sa vie à écrire, à faire des copies.

SCRIBLA6E, opération qui a ]X)ur but de dégrossir la laine avant de la soumettre au cardago.

SCRIPULUM ou scRiPLUM. Voy. scrupule.

SCROBICULÉ, se dit, en Botanique, des parties des plantes dont la surface est parsemée de petites cavités.

SCROFULAIRE, Scrofularia, genre type de la famille des Srofularinées, renferme des plantes herbacées qui tirent leur nom de la propriété qu'on leur attribuait autrefois de guérir les scrofules : feuilles opposées ou alternes; fleurs personnées, tantôt axillaires, tantôt en épis ou en grappes terminales ; fruit capsulaire s'ouvrant en deux valves. Les principales espèces sont : la S. noueuse [S. nodosa), vulg. Herbe aux écrouelles, à tige légèrement membraneuse, à racine tuberculeuse, qui croît dans les lieux couverts, un peu humides : outre la vertu antiscrofuleuse, qu'on croyait propre à tout le genre, on lui attribuait celle de guérir les hémorroïdes; la S. aquatique iS. aquatica), vulg. Bétoine d'eau, à tiges tétragones, à eurs rouges, qui croît sur le bord des eaux courantes.

SCROFULARINÊES, famille de plantes Dicotylédones giimopétales à ovaire supère, dont les limites ont souvent varié : elle comprend actuellement les deux familles des Pédiculaires ou Rhinanthées, et des Scrofulaires ou Personnées de Jussieu. — On la divise en 15 tribus : Salpiglossées, Calcéolariées, Verbascées, Hémiméridées, Antirrhinées, Ckélonées, Escobédiées, Gratiolées, Sibthorpiées, Buddléiées, Digitalées, Véronicées, Buchnérées, Gérardiées et Euphrasiées. Ses principaux genres sont la Scrofulaire, la Digitale, la binaire, le Muflier, le Rhinanthe et la Véronique.

Page 1