SCROFULES
SCLTELr.AIRE
SCROFULES ou scrophcles (du lai. scrofulœ). Les scrofulis élaieiit déjà connues d'Hippocrate; mais ce n'est que depuis le Nvui"" siècle qu'elles ont été bien étudiées. On peut dire que le domauie de la scrofule diminue chaque jour au profil de la tuberculose externe localisée. On y faisait rentrer autrefois les adénites chroniques, ccroucUes, humeurs froides, le lupin, l'ozéne, l'otorrhée, les abcès froids, les arthrites fongueuses, le mal de Potl, le spinavenlosa, etc., toutes maladies dont la nature lubcrcufeuse est auj. démontrée. Malgré cela, la scrofule n'a pas encore disparu du cadre nosologique. On décrit encore les attributs du tempérament scrofuleux : le sexe féminin et le tempérament lymphatique paraissent y être plus enclins : on a remarqué que la plupart des scrofuleux ont la peau blanche, fine, rosée, des formes arrondies et une grande apparence de fraîcheur; ils sont sujets au catarrhe nasal, avec production de croûtes dans les fosses nasales, la lèvre supérieure est volumineuse, le nez tuméfié. Les enfants nés de parents scrofuleux sont presque toujours atteints de cette affection : il en est de même de ceux qui sont nés de parents débiles, trop âgés ou syphilitiques. L'humidité, le défaut d'insolation, une mauvaise nourriture, etc., contribuent aussi au développement de cette maladie. — Traitement : un air sec et pur, l'insolation, l'exercice en plein air, des vêtements chauds, une nourriture substantielle et fortifiante ; les vins généreux doivent être avant tout recommandés. On y joindra, suivant les cas, des frictions sèches et des fumigations aromatiques, ou bien des bains sulfureux et des bains froids, surtout les bains de mer. De tous les médicaments réputés antiscrofideux ( Voy. ce mot), l'iode et les préparations iodées paraissent être les plus efficaces; ils ne doivent du reste être employés qu'avec ménagement. On attribue aussi une grande efficacité au vin antiscorbutique, à l'huile de foie de morue, ainsi qu'à l'infusion de feuilles de nojer. On a longtemps vanté la Scrofulaire {Voy. ce mot), mais elle est aujourd'hui abandonnée. Pendant longtemps aussi la superstition attribua aux rois de France la merveilleuse faculté de guérir les écrouellcs par le simple attouchement. Voy.
ADÉNITE.
SCROTUM, nom médical et scientifique de l'enveloppe cutanée qui contient les testicules.
SCRUPULE (en latin scnipulum ou scriptubtm , du lat. scnipulus). Chez les Romains, c'était la 24« partie de l'once et la 288" partie de la livre, c.-à-d. 1 gr. 15(3. Il désignait aussi la 21" partie d'un tout quelconque. — Dans les anciennes mesures françaises, le sanipule était le tiers d'un gros et valait 24 grains. 11 était usité surtout en pliarmacie. — On appelle S. chaldaïques la 18= partie dune minute, mesure de temps dont les Orientaux se servaient dans les calculs astronomiques.
SCRUTIN, opération qui consiste à recueillir les votes soit d'une assemblée délibérante, soit d'une réunion d'électeurs, voles exprimés publiquement avec un bulletin portant le nom du votant et sur lequel il inscrit son vote, ou secrètement avec un bulletin anonyme ou bien avec une lx)ule blanche ou noire [S. secret). Quand il s'agit de nominations, on distingue le S. simple ou individuel, où les votants ne désignent sur leur bulletin qu'une seule personne, et le S. de liste, où l'on écrit sur le bulletin autant de noms qu'il y a de nominations à faire. On appelle S. de ballotaçe, celui auquel on procède lorsque les voix se sont partagées sur deux candidats, sans qu'aucun d'eux ait obtenu la majorité voulue : dans ce dernier cas, l'élection a lieu à la majorité relative [Voy. élection). — On appelle scrutateurs les personnes chargées de recueillir les votes et d'en faire le dépouillement. Voy. vote.
SCUDO, nom de lécu en Itahe. Voy. Écu.
SCULPTEUR, constellation située au nord de la Grue et du Phénix, par 14 h. d'ascension droite moyenne et 35° de déclinaison sud; renferme 15 étoiles de 5° grandeur.
SCULPTURE (du lat. sculptura, de scidpere, graver), art d'imiter en relief les corps organisés, soit en façonnant de l'argile ou de la cire, ce qui constitue la plastique ou l'art de modeler; soit en reproduisant en plâtre un modèle au moyen du moulage; soit en taillant avec le ciseau des matières dures : bois, pierre, marbre, ivoire, etc., ce qui constitue la sculpture propr. dite et la ciselure; soit en coulant dans un moule aes métaux en fusion [Voy. fonte), ce qui constitue la statuaire; soit en composant une statue de diverses pièces assemblées en bois, en marbre et en ' métal coulé ou repoussé au marteau, mode nommé loreu- ]
tique; dans ce dernier cas, si l'on emploie l'or et l'ivoire, comme le fil Phidias {wur sa Minerve d'Athènes ot sou Jupiter Olympien, c'est la chryscléphanline. 11 faut y joindre la sculpture d'ornement, qui est inséparable de rArchitecture [Voy. ornement). — Considéré d'après la manière dont il représente les objets, l'ouvrage se nomme : ronde-bosse, quand la figure est isolée et terminée sur toutes ses faces; bas-relief, demi-relief ou haut-relief, quand elle adhère à un fond sur lequel elle fait plus ou moins saillie. — On rattache à la sculnlure l'orfèvrerie, la serrurerie, Yébénisterie, etc., considérées au point de vue de l'art. Voy. ces mots.
La Sculpture remonte aux temps les plus anciens; on trouve en effet des idoles chez les premières nations dont parle l'Ecriture ; les peuples préhistoriques s'exercèrent à représenter des hommes et des animaux sur la pierre et même à tailler de grandes statues. Cet art fut porté de boime heure à un haut degré de perfection par les Egyptiens, dont il nous reste des œuvres merveilleuses dévie intense, de noblesse et de grâce, par les .\ssyriens, qui ont sculpté de superbes bas-reliefs, et par les Perses ; il atteignit son apogée en Grèce avec Phidias, Praxitèle, etc., et y fut très îlorissant depuis Périclès jusqu'au siècle d'Alexandre. Rome accueillit avec faveur les artistes de la Grèce, mais sans |)ouvoir les égaler : la sculpture, après avoir jeté un dernier éclat sous le règne d'Hadrien, déchut à partir du iii" siècle de notre ère. Elle reparut au moyen âge avec l'architecture religieuse, pour prendre du xii" au xv° siècle un magnifique développement. En Italie, après les gi-ands artistes du xv« siècle, commence une décadence que l'influence des chefs-d'œuvre créés par Miclicl-.\ngc ne fit que précipiter. A la même époque quelques artistes émiiicnts conservaient encore en France des qualités nationales dans leur imitation des formes italiennes. Au xvii"= siècle, la sculpture française n'est plus qu'un art impersonnel et froid, bien qu'elle garde parfois de Jolies qualités d'élégance et de souplesse, qui se développeront encore au xviii* siècle. Voy. art grec, rohain, gotuiqce, italien, moderne et renaissance.
On étudiera l'art de la Sculpture dans les Œuvres de J. Goujon, de Canova et des autres maîtres, ainsi que dans les Leçons sur la sculpture de Flaxman (Lond., 1829) et les écrits de ^Villckelmann. Sous le titre de Musée de sculpture antique et moderne, Clarac a décrit les principaux chefs-d'œuvre de l'art (1827-52). — Voy. Cicognara. Histoire de la sculpture (en ital., Venise, 1815, et Pralo, 1824) ; Em. David, Recherches sur l'art statuaire (1805) et Histoire de la sculpture française (publié par P. Lacroix et Duseigneur, 1853) ; L. et R. Ménara, Histoire de la sculpture antique et moderne (2^ édit., 1868); F. Lenormant et F. Robiou, Chefs-d'œuvre de l'art antique; Beulé, Histoire de l'art grec (1870); Ch. Blanc, Grammaire des arts du dessin ; bibliothèque de l'enseignement des beaux-arts, publiée chez Quantin par divers auteurs.
Sculpture mécanique. On exécute par des procédés mécaniques la plupart des ouvrages de sculpture. Les principaux de ces procédés sont : 1° le moidage des objets dans des formes creuses ( Voy. moulage) ; 2» le tour à portrait, indiqué dès 1753 par La Condamine, perfectionné depuis par llulot; 3° le procédé Am. Durand pour sculpter ou graver en creux sur bois et autres matières (1826); 4° la machine Colas, inventée en 1837, et fondée sur le principe du tour à portrait ; 5° la compression des bois à froid, soit à l'aide de matrices gravées en acier, soit par le refoulement du bois debout (procédé Ardisson, 1839) ; 6° l'estampage ( Voy. ce mot) ; 7° les machines Sativage et Dutel, propres à réduire ou augmenter la dimension des statues (1836) ; 8" la jnachine Grimpé, propre à reproduire et à réduire les formes des reliefs (1858); 9° les machines analogues de Pli. de Girard, Moreau, Lebas, Gervaizot, Combettes, Jordan, etc. Voy. piiotoscclptcre.
SCUTELLAIRE (du lat. scutella, coupe; de la forme de l'appendice que les fleurs portent à leur lèvre supérieure). Scutellaria, genre de la famille des Labiées, tvpe de la tribu des Scutellariées, renferme des plantes herbacées, annuelles ou vivaces. La S. commune (S. galericulala), \u\g. Toque, fournit une couleur ndirc pour la teinture; on fait usage de ses sommités comme l'Arifuges. La S. à qrandes fleurs [S. tnacrantha , de Clihie, se cultive dans les parterres.
SCUTELIE