‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 149 sur 1729 · BALISE · texte numérisé non relu

BALISE

BALAUSTE (du gr. jîa).aûflrTiov), fleur du Grenadier [Voij. ce mol). — On a donné aussi te nom à tous les fruits qui ont pour caractère l'adhérence au calice, comme dans le grenarlier : ils ont l'écorcc dure, et renlerment, dans un f,Tand nombre de loges superposées, des graines entourées de pulpe, mais conservant leur point d'attaché.

BALBUZARD (de l'angl. bald blizzard, busard chauve), Paiidioii, Falco haliœtus, sous-genre d'Oiseaux de proie diurnes, de la famille des Falconidés. Le balbuzard a 0 m. 70 de long; il porte un manteau brun, et a la têlc plus ou moins variée de blanc. Il se nourrit de ptoissons, qu'il va chercher jusqu'au fond de l'eau, après avoir plané au-dessus, et s'être précipité du haut des airs, comme le fait le faucon. On le trouve sur le bord des étangs, des lacs et des rivières.

BALCON (de l'ital. balcone, qu'on fait dériver du b.-lat. balais, poutre), saillie pratiquée sur la façade extérieure d'un bâtiment, ordinairement portée sur des colonnes ou des consoles et fermée par une balustrade. Les balcons ne

faraissent pas remonter au delà du moyen âge; ils ont été réquemmcnt employés dans les édifices publics et privés de l'Espagne et de l'Italie; ils sont beaucoup plus rares dans les pays du Nord. — Dans une salle de spectacle, on a appelé balcon certaines places réservées aux deux extrémités de la première galerie, près des loges d'avant-scène ; on étend quelquefois le nom de fauteuils de balcon à la première galerie tout entière.

BALDAQUIN (du b.-lat. baldakinus, sorte d'étoffe que l'on fabriquait à Bagdad). On appela d'abord ainsi le dais sous lequel, dans les processions, on porte le Saint Sacrement. Plus tard on aonna ce nom à un ouvrage d'architecture en bois, en marbre ou en bronze, élevé en forme de dôme sur des colonnes, et servant à couvrir l'autel d'une église. Le plus célèbre baldaquin de ce genre est le baldaquin de Saint-Pierre de Rome, construit par le Bcrnin : il est en bronze, provenant du portique du Panthéon, et porté sur 4 colonnes torses. On remarque aussi ceux de Saint-Jean de Latran à Rome de Sto Spirito à Florence, des Invalides et du Val-de-Grâce, à Paris. — On appelle encore baldaquin la tenture dressée,|dansles églises, au-dessus de la chaire épiscopale ; celle qui couvre le trône d'un souverain, et même encore le ciel d'un lit.

BALEINE (en lat. balsena; du gr. tpàî^aiva), Balœna. Les Baleines sont des Mammifères gigantesques, de l'ordre des Cétacés mysticètes, dont les espèces assez nombreuses sont répandues dans presque toutes les mers. On distingue les B. propr. dites, ou B. franches, et les Fausses Baleines ou Rorquals, dites encore Baleinoptères et B. à rentre plissé, à cause des larges rides qui sillonnent la partie inférieure de leur corps. — Les baleines diffèrent des autres cétacés par plusieurs caractères importants. Leur tête énorme occupe près du tiers de la longueur de leur corps et ne se distingue du tronc que par une légère dépression. Leur bouche atteint 2 ou 3 mètres de largeur sur 4 ou 5 de hauteur lorsqu'elle est ouverte. On y voit une langue énorme, comme adipeuse, et, de chaque côté de la mâchoire supérieure, est insérée une rangée de corps lamelleux ou fanons, au nombre de 8 à 900 : ce sont eux qui fournissent la substance employée dans les arts sous le nom de baleine. Les deux moitiés de la mâchoire inférieure ne sont pas réunies entre elles ; elles n'ont pas d'armure ou ne portent des dents que dans le très jeune âge. Malgré leur immense taille (20 à 25" de longueur sur 10 à 13°" de circonférence), les baleines ne se nourrissent que d'animaux très petits ; ce sont des mollusques nus, ou de très petits crustacés. Du reste, leur pharynx assez étroit ne leur permettrait pas d'avaler une proie de grand volume, comme serait un poisson de forte taille et encore moins un homme. En même temps que leur proie, les baleines engloutissent de grands volumes d'eau ; cette eau passe à travers les fanons comme à travers un crible, en y laissant pris les animaux qu'elle contenait, et va s'amasser dans dans une cavité particulière communiquant avec les fosses nasales ; puis les muscles qui entourent ce réservoir, en se contractant, la chassent avec violence par les éveiits ou narines percées au-dessus de la tête : de là les jets d'eau

a ni ont valu à ces cétacés le nom de souffleurs. Le dos e la baleine franche est lisse, sans bosse m nageoires ; sa peau est une sorte de cuir mollasse et huileux qui porte rarement quelques poils. Sous ce derme se dépose une coucne dense d'un tissu graisseux, qui atteint souvent près de U m. 40 d'épaisseur. — La disposition horizontale de la

queue de la baleine indique que cet animal est surtout organisé pour plonger et revenir à la surface avec une extrême rapidité, tandis qu'elle ne peut guère avancer de plus de 10 kilomètres à l'heure. Elle vit toujours dans l'eau, et lorsque, par suite de fausse manœuvre ou de quelque gros temps, elle s'est échouée, il lui est presque imjiossible de se remettre à flot. -- A chaque portée la femelle ne produit qu'un seul baleineau, qu'elle semble élever avec beaucoup de tendresse.

Jadis la baleine était assez commune dans nos mers : a l'époque des invasions des Normands en France, les baleines se montraient encore en assez grand nombre dans la Manche. Poursuivies sans cesse par les pêcheurs, elles se sont retirées peu à peu vers le Nord, et ne se rencontrent plus aujourd'hui que dans les mers glacées qui avoisinent le pôle. — La pêche de la baleine est une branche importante du commerce maritime : c'est l'école où se forment les marins les plus hardis et les plus expérimentés. Jadis aux mains des Basques, elle a passé maintenant aux Anglais et aux Américains. Pour s'emparer d'un ennemi si redoutable, un homme robuste, monté.sur un solide canot, s'en approche avec précaution'pendant son sommeil, et lui lance un harpon près d'une nageoire pectorale. La baleine, surprise, plonge aussitôt, emportant avec elle le fer du harpon, auquel est attachée une immense corde qui suit l'animal jusqu'au fond de l'eau ; bientôt la baleine reparaît à la surface de la mer pour respirer; on la frappe encore, et l'on répète les coups jusqu'à ce qu'elle soit affaiblie et meure. Elle est ensuite traînée aux vaisseaux ou au rivage, où on la dépèce pour en mettre la graisse dans des tonneaux. On se sert quelquefois, pour frapper de loin la baleine, de fusées à la Congrève et de la pile électrique.

L'huile qu'on extrait de la graisse de baleine est employée à l'éclairage, dans la fabrication des savons noirs, à la détrempe des couleurs, dans la préparation des cuirs. Sa chair, fraîche ou salée, sert souvent de nourriture aux populations maritimes. Ses intestins fournissent une mem- Drane transparente, et ses excréments mêmes sont employés pour teindre les toiles en rouge. Les fanons nous arrivent en paquets de 10 à 12, tantôt entiers, tantôt ayant déjà subi une subdivision qui les Vend plus jiortatifs. On scie ces fanons suivant leur longueur et on les ramollit dans l'eau chaude ; la force, la légèreté et la gi-ande élasticité qu'ils possèdent après ce traitement les font employer dans beaucoup d'industries (confection des parapluies, ombrelles, corsets, etc.). Chaulfée dans un bain de sable, de vapeur ou d'eau, la baleine se ramollit et peut se travailler, comme la corne et l'écaillé, en tabatières, pommes de canne, etc.

Les Baleines franches comprennent les espèces : B. mysticetus, glacialis, austrahs, antarctica , japonica, marginata, etc. — Pour les Fausses Baleines, voy. RORQUAL. — On trouve encore aujourd'hui un grand nombre d'ossements de Baleines fossiles, surtout dans l'Asie septentrionale. On appelle B. de Lamanon une baleine fossile décrite par ce naturaliste, et qui avait été découverte à Paris, rue Dauphine, sous le sol d'une cave.

BALEINE (la), grande constellation de l'hémisphère austral, située sous les Poissons et près de l'eau du Verseau. Cette constellation renferme trois étoiles de 2"= grandeur, 4 de 5*, 9 de 4°, 16 de 5". Son ascension droite moyenne est 2 h. 0 m, sa déclinaison 12°. L'une des étoiles de cette constellation o, appelée aussi Mira Ceti, est la l" des étoiles périodiques qui ait été observée. Sa période est de 334 jours environ, et dans cet espace de temps elle passe progressivement de la 2"^ grandeur à l'invisibilité ; puis, après être restée 3 mois invisible, elle revient à la 2' grandeur, en passant par des phases inverses des premières.

BALEINOPTÈRE. Voy. baleine et rorqual.

BALISAGE. Une loi a été promulguée le 27 mars 1882 pour la protection des balises, bouées, feux flottants, etc. Voir à cet égard YOfficiel du 28 mars 1882

BALI-SAUR (c'est-à-dire cochon des sables], Arctonyx, genre de Mammifères, de l'ordre des Carnassiers, famille des Ursidés, a le port d'un ours, le museau, les yeux et la queue d'un cochon. Le B. de Duvaucel [A. collaris) habile l'Hindoustan : il est omnivore et grogne comme l'ours.

BALISE (orig. dont.). En termes de Marine, c'est précisément une perche surmontée d'un pavillon ou de tout autre objet pouvant servir d'indice aux navigateurs ; mais on donne aussi le nom de balises aux bouées flottantes.

Voy. BOCÉE.

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