‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1505 sur 1729 · SPÉCULAIRE · texte numérisé non relu

SPÉCULAIRE

celles qui produisent constammonl des effets identiques et prévus ; tous les virus, qui donnent lieu à des maladies spécifiques, sont des causes de ce genre.

Dans les Sciences naturelles, spécifique se dit de ce qui appartient à l'espèce : caractères spécifiques, nom spécifique, etc. Voy. CLASSIFICATION.

Spécifique (chaleur). Voy. ciiai-ecr.

Spécifique (poids). Voy. densité.

SPECTACLES (du lat. speclaculum). Dans tous les temps, chez tous les peuples, il y a eu des spectacles pour le divertissement du public; tels étaient : chez les Grecs et les Romains, les jeux publics (jeux olympiques, pytliiques, isthmiques cX néméens; jeux du cirque, combats de gladiateurs, d'animaux féroces, naumac/iies, etc.) et les représentations théâtrales de tout genre; clicz nos ancêtres, \cs joutes, les tournois, les carrousels, les mystères, les moralités, les farces, les soties, auxquels succéda le théâtie inoderne. — Aujourd'hui les représentations théâtrales sont le spectacle le plus univei'sellement répandu; cependant quelques pays ont conservé leurs spectacles nationaux : l'Espagne a ses combats de taureaux ; rAnglelerre, ses combats de coqs et ses courses hippiques; la Belgique, ses hermesses; Rome et Venise, leurs carnavals; la France, ses bateleurs et ses spectacles forains, etc. Voy. tiiéàtiies, fêtes, JEUX, ciBQUE, etc.

Les Moralistes ont discuté sur les spectacles, les uns les condamnant, les autres les justifiant. JNicole, dans son Traité de la comédie et dans ses Pensées sur les .spectacles, a montré le danger de ce genre de distractions; J.-J. Rousseau a écrit une célèbre Lettre à D'Alembert, où il condamne également les représentations théâtrales, quoiqu'il ait écrit lui-même pour le théâtre.

SPECTRALE (analyse). Voy. analyse.

SPECTRE (du lat. spectrum], fantôme, figure fantastique qui présente les formes d'un être mort, et que l'imagination montre à certaines personnes. Les anciens croyaient à l'existence des spectres, qu'ils appelaient ombres : ils s'imaginaient que, quand le cadavre était déposé dans le tombeau, il en surgissait une figure entièrement semblable qui se manifestait aux parents, aux amis des morts. Aussi avaient-ils établi des fêtes pour conjurer les spectres, afin qu'ils ne vinssent pas elfrayer les hommes par leur api)arilion. La croyance aux spectres, comme celle aux reoenanls (Voy. ce mot), était encore en pleine vigueur au xvi» siècle, et elle a donné lieu à de graves publications. — Voy. sur ce sujet : L. Lavater, De spectris, lemttribtis, etc. (Zurich, 1570) ; Leloyer, Les spectres se montrent visiblement aux hommes (Angers, 158(i) ; Lenglet-Dufresnoy, Traité des apparitions (Paris, 1750). Voy. VISION.

En Zoologie, on a donné le nom de Spectre : X" à une tHiauve-Souris du genre Phylloslome (Voy. ce mol et vampire) ; 2° à des insectes Orthoptères, de la famille des Coureurs et de la tribu des Mantiens.

si'ECTiiE SOLAIRE. Eu Physiquo, on nomme ainsi l'image oblongue et colorée qui se proiluit par le passage des rayons solaires à travers un prisme. Avec Newton, on y dislingue sept couleurs, qui dans l'ordre de leur réfraction croissante sont les suivantes : rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet. Elles ne sont pas d'ailleurs séparées, mais se fondent les unes dans les autres; le jaune et le bleu proprement dits existent à peine. C'est ce qu'on appelle couleurs du prisme, du spectre, de l'iris ou de l'arc-enciel, couleurs simples, clc. L'impression que produit un rayon dans l'œil dépend uniquement de sa longueur d'onde (Voy. ce mot), à laquelle est liée sa réfrangibilité par un milieu transparent donné. Th. Young a indiqué une théorie, perfectionnée par llelmhollz et par lord Rayleigh, où l'action produite par un rayon de longueur d'onde déterminée s'explique par l'excilalion différente qu'il détermine dans trois sortes d'éléments nerveux contenus dans la rétine. Quant aux essais assez nombreux qu'on a faits pour réduire le nombre des couleurs primitives, ils reposent tous sur une confusion entre l'eflét d'un rayon simple et l'effet, pouvant produire la même sensation, d'un mélange de rayons différents. — On peut recomposer la lumière^ blanche en ramenant toutes les couleurs du spectre au même point, à l'aide d'un miroir concave ou d'une lentille; on y parvient aussi en faisant tourner rapidement autour de son centre un cercle en carton, sur lequel on a collé des bandes de papier ayant la couleur et la dimension

des sept nuances du spectre; on obtient les couleurs composées en mélangeant quelques-unes des couleurs du spectre dans diverses proportions. — Quand on produit avec une lentille l'image d'une fente étroite éclairée par les rayons solaires, et qu'on place un prisme après la lentille, on obtient autant d'images de la fente (ju'il y a de rayons différents; on voit alors que certains rayons manquent, par la production de fines raies noires dans le spectre ( Voy. baie) ; cette découverte est duc à Fraunhofer. — Les rayons solaires présentent encore des propriétés calorifiques ou chimiques, qui se manifestent soit dans le spectre lumineux, soit sur son prolongement. Ainsi les premières se montrent en deçà du rouge, les dernières au delà du violet. On a|)pelle spectres calorifique, chimique l'espace où s'étalent à la sortie du prisme ces séries de rayons; ces spectres présentent des raies, c.-à-d. des points où les rayons font défaut. La photographie est une application des rayons chimiijucs. Les rayons ultra-violets produisent la phosphorescence et la fluorescence, de même que les ravons visibles les plus réfrangibles, mais à un plus haut degré. On admet généralement que ces divers rayons ne diffèrent pas physiquement les uns des autres; ainsi le même rayon peut être apte à produire la lumière, l'action chimique, la chaleur, etc. Les rayons visibles sont ceux qui, traversant sans être absorbés les milieux de l'œil, peuvent venir exciter la rétine. La loi générale des phénomènes de fluorescence et de phosphorescence [loi de Slokes), c'csl que les substances lluorcscentcs ou phosphorescentes absorbent des rayons très réfrangibles, <|uelquefois invisibles, et en émettent de moins réfrangibles (|ui sont alors visibles.

SPECTRES DADsoRPTioN. Quaud la lumière blanche traverse un milieu coloré, certaines couleurs sont absorbées, et la lumière analysée ensuite, à l'aide d'un prisme, présente un spectre avec des bandes noires plus ou moins étendues. Elles sont diffuses et dégradées sur les bords pour les milieux solides et liquides, et nettes |)our les gaz (Voy. raies DU spectre). Les sels de didyme présentent celle remar-

3uable exception qu'à l'état dissous ou solide ils donnent os bandes d'absorption nettement limitées. Ces spectres peuvent servir à différencier les matières colorantes organiques.

spectre magnétique. Si on place au-dessus d'un aimant une feuille de carton et qu'on la saupoudre de limaille de fer, celle-ci forme des lignes régulières, tenant à ce que chaque grain de limaille devient par influence un aimant. Ces petits aimants s'attirent par leurs pcMes de nom contraire, et les lignes ainsi formées ont en chaque point pour tangente la direction des forces égales et de signe contraire exercées par les deux pôles de l'aimant principal sur chaque grain de limaille.

SPECTROSCOPE, spectromètre (de spectre et du gr. axoTÉw, examiner, et p.£xpov, mesure). Le spectroscope ordinaire se compose d'un prisme triangulaire sur lequel tombent les rayons de la source lumineuse rendus parallèles au moyen d'un collimateur ( Voy. ce mot) ; les rayons réfractés et dispersés par le prisme sont reçus dans une lunette astronomique au foyer de laquelle ils forment une image réelle du spectre qu'on examine avec l'cxîulaire. Pour augmenter la dispersion, on emploie souvent plusieurs prismes. — Le spectroscope à vision directe emploie des prismes dits à vision directe formés de prismes de croivn et de flint tournés en sens inverse, disposition qui annule la |dévialioii des rayons moyens (rayons jaunes) sans annuler la dispersion ; c'est exactement le problème inverse de celui de l'achromatisme des prismes (Voy. achromatisme). Pour les applications du spectroscope, voy. analyse spectrale et raies du spectre.

SPECTROSCOPIE, élude et description des spectres lumineux.

SPÉCULAIRE (du lat. spéculum, miroir), se dit de foui ce qui offre des lames brillantes et propres, comme un miroir, à réfléchir la lumière.

Fer «péc«Zaîrc, Oligisfe en lamesbrillantes (Fo!/. oligisteI.

Pierre spéculairc, ancien nom du Mica (Voy. mica), donné également au Gypse.

SPÉCULAIRE, Specularia, vulg. Miroir de Vénus, genre de la famille des Campanulacées, tribu des Campanulées, se compose de petites plantes herbacées, annuelles, communes dans les moissons : tige rameuse, divisée supérieurement en rameaux triflores: fleurs d'un violet foncé, plus pâles en dehors, qui ne s'ouvrent qu'au soleil.

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