‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1509 sur 1729 · SPIRALE · texte numérisé non relu

SPIRALE

SPIROPIIORE

balancier des montres, sert à déterminer l'isochronismc de ses oscillations. Vo^. montre.

SPIRALE. En Géométrie, on donne le nom de spirales à une famille de lignes courbes qui font toutes une infinité de tours autour d'un point lixe appelé pôle. Les principales spirales sont la S. d' Archimède et la S. logarithmique, dont les équations en coordonnées polaires p et w sont respectivement p = aw, p=a e"'.

SPI RATELLE, Spiralella, genre de Mollusques gastéropodes, (le l'ordre (les Ptéropodes, famille des llyalidées : coquille papyracéc et fragile, subcarénéc et enroulée un peu obliquement de manière à présenter d'un côté un ombilic profond, et de l'autre une spire peu saillante. L'animal est allongé, muni de deux nageoires triangulaires, et a sa partie supérieure contournée en spirale. Les Spiratelies sont communes dans les mers du Nord. Cuvier et Lamarck les désignent sous le nom de Limacines.

SPIRE (du lat. spira). On donne ce nom à l'arc d'une spirale correspondant à une variation de l'angle polaire égale à 560". Un le donne aussi jKir extension à l'arc d'une hélice compris entre deux jwmts consécutifs situés sur une même génératrice du cylindre. Voy. hélice.

En Histoire naturelle, ce mot s'applique : 1° aux circonvolutions en spirale décrites par une partie quelconque d'un végétal; '2» à l'ensemble des tours que présentent certains coquillages univalves.

SPIRÉE, Spirsea, genre de la famille des Rosacées, type de la tribu des Spirées, renferme des arbrisseaux ou des herbes vivacos, à feuilles alternes; à fleurs blanches ou purpurines : calice à 5 divisions, 5 pétales, étamines nombreuses; plusieurs ovaires libres, surmontés d'autant de styles ; à fruits constitués par un petit nombre de follicules. — La S. ulmaire [S. ulmaria), vulg. Heine-després, embellit le iwrd des ruisseaux et les prés humides : fleurs blanches en corymbes, d'une odeur suave; feuillage velouté et blanchâtre en dessous, d'un vert foncé en dessus. Cette plante est commune dans le INord. Les abeilles ainsi que les chèvres la recherchent avec avidité. On prétend (juc ses fleurs communiquent au vin le bouquet du vin de Malvoisie. La S. fdipendule {S. fdipendula) croît dans les bois : elle doit son nom à ses racines formées de tubercules ovo'ides que soutiennent de petits fdets : feuilles ailées et profondément découpées ; fleurs grandes en corymbes terminaux, blanches en dedans, rougeàtres au dehors. La racine est légèrement astringente. La S. brayèi-e [Voy. brayèue) est vermifuge. La S. bai-be de chèvre [S. ariincus) croît sur les montagnes des Al|jes et des Pyrénées : feuilles 5 fois ailées, composées de grandes folioles et dentées en scie; fleurs blanches, petites, l'ormant une longue paniculc étalée et terminale. La S. à feuilles de saule (S. salicifolia) est commune en Auvergne; c'est un arbrisseau à fleurs d'un blanc rosé réunies en une panicule étroite à l'extrémité des rameaux. Ces deux dernières espèces sont cultivées dans les jardins, ainsi que la S. à feuilles trilobées [S. opul^folia], la S. petit-mai (S. hypericifolia), la S. crénelée (S. crenala), etc.

SPIRIFÈRE, Spirifer, genre de Braehiopodes articulés fossiles, type de la famille des Spiriféridées : coquille libre, inéquivalve, de contexture fibreuse, munie intérieurement d'une ciiarpente osseuse conique , et pourvue, au crochet de la gi-ande valve, d'une ouverture triangulaire simple , et sans deltidium , qui occupe toute la largeur de l'aréa et entame un peu le crochet de la petite valve. Ces coquilles se trouvent de l'étage silurien à l'étage saliférien. — I^es Spiriférincs, qui ne diffèrent des précédentes qu'en ce que leur ouverture est bordée d'un bourrelet et n'entame pas le crochet de la petite valve, se trouvent de l'étage sinémurien à l'étage toarcien.

SPI RIGERE, Spirigera ou athyris, genre de Braehiopodes articulés fossiles,dilférent des Spirifer par la présence d'une ouverture ronde placée à l'extrémité du crochet de la grande Talve, sans deltidium ni aréa. Les Spirigères se trouvent du terrain silurien au rhétien.

SPIRILLE, Spirillum, espèce de Vibrions. Voy. cemol.

SPIRITISME, doctrine d'après laquelle les esprits, c.-à-d. les âmes de ceux qui ont vécu, pourraient être évoqués et mteripogcs. Les réponses des esprits se manifesteraient par certains bruits, par des coups frappés ou par des mouvements particuliers d'objets ordinairement inertes [tables frappantes, tables tournantes, chapeaux tournants, etc.) : ces bruits seraient produits soit spontanément, soit sous

l'influence de certaines personnes, dites médiums, douées du pouvoir surnaturel d évoquer les esprits, dont la bonne volonté, prétend-on, va jusqu'à se laisser photographier.

— C'est vers 1850, aux Etats-Unis d'Amérique, que ces

f rétendus phénomènes attirèrent pour la première fois attention; dès 1853 on commença à s'en préoccuper en Europe : ils sont habituellement le résultat de la superciierie, parfois de mouvements plus ou moins suggérés, plus ou moins inconscients. Le spiritisme est devenu une sorte de culte; la niaiserie de ses |)ratiques, les réponses et les occupations ridicules prêtées aux esprits permettent assurément de rejeter sans examen cette grossière doctrine : il est instructif et attristant de constater qu'elle a été prise au sérieux par des gens intelligents, et qu'elle a eu des adeptes jusque parmi les savants. Yoy. clievreul. Journal des Savants (1855-54) ; Agénor de Gasparin, Des tables tournantes, du surnaturel et des esprits (1854); Allan Kardec, le Livre des esprits (1861) et le Livre des médiums (1802); Edgar Savcney, le Spiritisme et les spirites [Revue des Deu.v Mondes, sept. 1865); 11. Martin, les Sciences et la Philosophie (Essai VI, § 8); et la collection de la Hevue spirite.

SPIRITUALISME (du lat. spiritus, esprit), doctrine philosophique qui se présente sous deux formes. Dans l'une, sans nier l'existence de la matière, elle affirme qu'il y a, à côté de la matière, une substance toute dilfércnte, l'esprit, sans qu'elle puisse d'ailleurs parfaitement expliquer comment ces deux substances agissent l'une sur l'autre (Descarlcs, Malebranche, V. Cousin). C'est pour résoudre cette difficulté que la doctrine spiritualisle en est arrivée à dire, .sous sa seconde forme, plus radicale (Leibniz), que toutes choses, au fond, sont de la nature de l'esprit ; que tous les êtres sont des esprits d'ordre plus ou moins élevé; mais alors elle n'explique pas parfaitement d'où vient l'apparence de matérialité que présenlent les êtres inférieurs.

— Voy. Ravaisson, la Philosophie en France au xix° siècle.

SPIRITUEL (du XsX. spiritualis), se dit, par opposition à temporel, de tout ce qui regarde l'Eglise. La détermination des limites qui doivent séparer le spirituel et le temporel a donné lieu, pendant le moyen âge, aux luttes les plus vives. Voy. au Dict. d'Hist. et de Géogr. les articles PAPE et investiture.

Spirituel se dit aussi de ce qui intéresse la dévotion ou la conscience, de ce qui regarde la conduite de l'àinc; il s'oppose alors à corporel, à sensuel ou à mondain. C'est en ce sens que les écrits de Ste Thérèse sont ajjjjelés des livres spirituels ou livres de spiritualité. — On appelle : communion spirituelle, la part que ceux qui ne communient point prennent à l'action du prêtre f|Hand il communie, en s'unissant avec lui en esprit ; concert spirituel, un concert que l'on donne ordinairement dans la semaine sainte, et qui se compose de morceaux de musique religieuse. — En ])arlant de riiilcr|)rétation des Ecritures, spirituel s'oj)pose à littéral, et se dit du sens mystique ou allégorique.

SPIRITUEUX (de l'angl. spirituous). Le vin, la bière, le cidre, etc., sont, à des degrés différents, des liquides spiritueux ; mais on entend ordinairement par spiritueux les liqueurs alcooliques, l'eau-de-vie, le rhum, sous quelque forme qu'on les prenne. — Sur l'abus des spiritueux, voy. alcoolisme.

SPIROGYRE (du gr. CTrETpa, spire, et -^1)^01;, tour), Spirogyra, genre d'Algues vertes, du groupe des Conferves : ce sont de petites plantes d'aspect filamenteux, présentant dans chacune de leurs cellules un ruban de matière verte disposé en spirale.

SPIROPHORE, appareil imaginé par le D"" Woillez pour rappeler à la vie les asphyxiés. C'est un cylindre en tôle dans lequel on renferme le corps de l'asphyxié, jusqu'à la tête, qui reste libre au dehors. Un fort soufflet, communiquant avec ce cylindre par un gros tube, est nus en mouvement par un levier dont l'aliaissement diminue la tension de l'air confiné autour du corps, et dont le relèvement produit Icfiet contraire. Lorsqu'on abaisse le levier du soufflet, l'air extérieur pénètre dans l'intérieur de la poitrine, dont on voit les parois se soulever comme pendant la vie. Tout revient en place quand le levier est relevé. On peut répéter ces mouvements respiratoires de 15 à 18 fois par minute, comme le fait l'homme vivant. Notons toutefois que la respiration artificielle ne saurait être efficace que durant la période qui sépare la mort

SPIRORRE

SPOUADIQUE

apparente de la mort réelle, c'est-à-dire alors que les mouveinciils du cœur subsistent encore.

SPIRORBE, Sph-orbis, genre d'Annélides tubicoles, du groupe des Serpules : ce sont des tubes blancs contournés en spire circulaire, qu'on trouve sur les fucus et toutes les matières sulimergées.

SPIROSPERME, Spù-ospermiim , genre de la famille des Ménispcrmées. établi pf)ur un arbrisseau de l'ile de Madagascar. Voy. mémspebmées.

SPIRULE, Spi7iila. genre de Mollusques céphalopodes, .de l'ordre des Acétabulifères décapodes, et Ivpe de la famille des Spirulidées : coquille raultiloculaîre, mince et transparente, contournée en spirale à tours disjoints; cloisons concaves et nacrées: siphon latéral, ouverture jorbiculaire. L'animal a la tète armée de dix bras, dont deux contractiles: tous sont jx>urvus de ventouses. Le corps est terminé inférieuremcnt par deux lobes qui cachent presfjuc toute la coquille. — Bien que les Spirales soient très communes dans l'océan .\tlantique et notamment à l'île d'Haïti, où leurs coquilles couvrent le rivage, on a longtemps ignoré la l'orme de l'animal. C'est à MM. Pérou et Lesueur qu'on en doit la connaissance.

SPIRULIROSTRE. SpiruUrostra, genre de Mollusques céphalopodes, de l'ordre des j^cétabulifères décapodes, famille des Spirulidées : coquille formée de loges aériennes constituant une spirale, et enveloppée dans un rostre calcaire acuminé. La seule espèce connue est fossile, et appartient aux terrains faluniens des environs de Turin.

SPITHAIME (du gr. JTî'.Baiif,). ^)Ctilc mesure de longueur emi)loyée par les Grecs, valait 12 doigts ou la moitié de la coudée ^0 m. 2245).

SPIZAÈTE, Morphnus. dit aussi Aigle atitoitr, suMivision du genre Aigle, comprend des espèces qui tiennent des éperviers et des autours par Icui-s tai"ses grêles et des aigles par leur taille et leurs tarses : on les trouve surtout en Amérique. Tels sont le .S. huppé de la Guyane, Vl'rubitiiHja, V i'rulaurana ou S. varié, le S. noir huppé, d'Afrique, etc.

SPLACHNE (du gr. CTrXàyy/a. viscères), Splachnum, genre de la famille des Mousses acroiarpes. On trouve aux environs de Paris le S. ampullariuni, qui forme des gazons sur le lx»rd des marais tourl)eux,

SPLANCHN IQUE (du gr. STTAïvy va, viscères). On nomme : cavités splanchniques, les deux grandes cavités du corps humain, la poitrine et l'abdomen: nerfs splanchniques, des nerfs qui appartiennent au nerf grand sympathique.

SPLANCHNOLOGIE du gr. s-Xivyvov" viscère, et AÔyo;. discours), partie de l'Anatomie qui s'occupe de l'étude des viscères.

SPLEEN [forme anglaise du mot grec vicX^iv, rate), sorte d'hypocondrie, qui consiste en un état de consomption engendré par la mélancolie et caractérise par la tristesse du malade, le dégoût de la vie, une grande apathie, de l'indilîérence pour toute chose. Cette maladie entraîne souvent la mort et jHjrle au suicide. Son nom vient de ce qu'on a longtemps placé dans la rate la bile noire mélancolie), qui, disait-on, déterminait par son action sur le cerveau les accidents de tristesse qui constituent le spleen.

SPLÉNECTOIVIIE. extirpation de la rate, a été employée pour des rates llotlantcs et douloureuses. Malheureusement cette opération a été très souvent suivie de mort par collapsus au moment où on tirait le pédicule. Elle reste une opération d'exception.

SPLÉNIQUE, qui a rapport à la rate (en gr. OTÙày). Il y a une artère, une veine, un plexus spléniques, etc.

SPLÉNITE (du gr. T7-X\'i, rate, et de la désin. ite), inflammation de la rate. Cette affection, en dcliors des coups et blessures reçus dans la région occupée par la rate, est le plus souvent consécutive à une maladie générale : lièvre typhoïde, infection palustre, pyohémie.

SPLÉNIUS (du gr. s-XVjv.ov. bandage), muscle long et

t)lat, à la partie postérieure du cou et su|XTieure du dos. l sert à tendre la tète en avant et à l'incliner.

SPLÉNOTOIMIE. incision de la rate, a été utilisée pour traiter des kystes ou des abcès de la rate.

SPODUMÈNE (du gr. j-ooôî, centre). Voy. triphaxe.

SPONDÉE (du lat. spondietis, du gr. u-rovSeïoî), nom donné, dans la poésie grecque et latine, à un pied composé de deux syllabes longues, comme surgunl. Le spondée est grave, et convient dans les sujets majestueux ou tristes : son nom vient du gr. tto'/S-^, libation, parce que ce pied élail en usage dans les chants qui accompagnaient les liba-

tions. — On apjMîlle vers spoudafqtie un hexamètre dont les deux derniers pieds sont des spondées : Cara de { um sobo | les ma | gnum Jovis [ incre { memtum.

SPONDIAS (du gr. irnovô'.iî. prunier sauvage), genre de la famille des Térébinthacées, se compose d'arbres propres aux contrées chaudes, à feuilles alternes, impari-

[tennées; à fleurs blanches ou rouges, en panicules axilaires et terminales : le fruit est un drupe charnu à noyau ligneux. Le S. rouge {S. purpurea), vutg. Prunier d'Espagne, donne des fruits d'une saveur aigrelette et aromatique dont on fait aux Antilles des confitures et des gelées ; il fournit aussi une gomme connue sous le nom de hucare.

SPONDYLE (du gr. urd'^ôuXoçl, vertèbre en général, et spécialement la 2° vertèbre du cou.

spoNDVLE, Spondylus. genre de Mollusques acéphales, de l'ordre des Plcuroconques et de la famille des Peclinidces : coquille inéquivalve, auriculée. adhérente, à côtés ravonnantes, présentant à la valve supérieure une facette cardinale externe, divisée par un sillon : charnière pourvue à chaque valve de 2 fortes dents, et d'une facette intermédiaire destinée au ligament et qui communique avec le sillon externe. Les Spondyles vivent, comme les Huîtres, fixés aux rochers de toutes les mers : le S. pied d'âne, de la Méditerranée, est comestible. On trouve des espèces fossiles depuis l'étage néocomien.

I es Podopsides de Lamarck ne sont que des Spondyles modifiés \)ar la fossilisation.

spo.NDYLE. Spondylis, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères télramères, famille des Longicornes, tribu des Prioniens, auquel on rapporte le S. bvprestoides et le S. upi foi mis .

SPONDYLIUM, plante. Voy. behce.

SPONGADE (en ital. spongata), sorbet de composition italienne, très usité à Rome et à Naples. Les blancs d'œuf, la crème fraîche, le marasquin, les fruits entrent dans sa composition.

SPONGIAIRES (du lat. spongia, éponge), classe d'Animaux inférieurs, nue l'on range dans l'embranchement des Cœlentérés. Certams zoologistes en font un embranchement s|)écial intermédiaire entre les Protozoaires et les Cœlentérés. Ce sont des êtres qui n'ont d'autre apparence de mouvement qu'une très fainle contractilité. Leur corp, de forme variable et irrégulière, est gélatineux ou albummeux, et soutenu par un squelette corné (genres Spongia, Achillea, Ciiona, Tethya, Spongilla, etc.) ou testacé (genres Eiidea, lerea, Siphonia, Lymnorea, etc.) : il est traversé par des canaux sans cesse parcourus par des liquides et dont les orifices apparents extérieurement ont reçu suivant leur forme les noms de pores, A'oscules et de tubules. A l'exception des Spongilles, qui sont fluviatiles, tous les genres de la classe des Spongiaires sont marins. — De nombreuses classifications ont été proposées par les zoologistes pour cette classe encore peu connue: nous nous bornerons à mentionner celles de Guellard, Grant, Fleming, Goldfuss, J. Hogg, Aie. d'Orbigny, Fromentel, etc. Voy.

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